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au rythme de l'Eglise universelle.
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FlashPress - Infocatho |
du 17 au 23 mars 2009 |
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![]() LE PAPE BENOÎT XVI EN AFRIQUE du 17 au 23 mars 2009 |
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| Le programme du voyage |
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| Mardi 17 mars Benoît XVI quittera l’Italie le 17 mars à 10 h (heure locale, GMT +1), au départ de l’aéroport romain de Fiumicino, à bord d’un Boeing 777 de la compagnie italienne Alitalia. Après 6 heures de vol, son arrivée à l’aéroport international Nsimalen de Yaoundé (Cameroun) est prévue à 16 h (heure locale, GMT +1). Lors de la cérémonie d’accueil, il prononcera alors son premier discours sur le sol camerounais. Mercredi 18 mars Benoît XVI célèbrera une messe en privé dans la chapelle de la nonciature apostolique de Yaoundé, son lieu de résidence dans la capitale camerounaise. 10h : le Pape sera reçu par le président de la République du Cameroun, Paul Biya, au palais de l’Unité. Le pape rencontrera ensuite à 11h 15 les évêques du Cameroun dans l’église du Christ-Roi, à Yaoundé, et leur adressera un discours, avant de déjeuner en leur compagnie à la nonciature à 12h45. 16h 45 : dans la basilique Marie-Reine-des-apôtres, Benoît XVI présidera la cérémonie des vêpres avec les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, les diacres, les mouvements ecclésiaux et des représentants des autres confessions chrétiennes du Cameroun. Il prononcera un nouveau discours au cours de cette célébration. Jeudi 19 mars 8h 45 : le Pape recevra les représentants de la communauté musulmane du Cameroun à la nonciature apostolique. 10 h : Benoît XVI célébrera une messe dans le stade Amadou Ahidjo de Yaoundé à l’occasion de la publication de l’Instrumentum Laboris du Synode des évêques pour l’Afrique, prévu en octobre prochain à Rome. 16h 30 : le Pape se rendra au Centre national de réhabilitation des handicapés de Yaoundé - Centre cardinal Paul-Emile Léger - où il prononcera un discours devant “le monde de la souffrance“. 18h 30 : il rencontrera ensuite les membres du Conseil spécial pour l’Afrique du Synode des évêques à la nonciature apostolique. Il leur adressera un discours avant de les recevoir à dîner, en compagnie des cardinaux et des évêques de la délégation pontificale, à 19 h 30. Vendredi 20 mars Après avoir célébré en privé la messe dans la chapelle de la nonciature, le pape rejoindra l’aéroport de la capitale camerounaise. 10h : lors de la cérémonie de départ, Benoît XVI prononcera un discours, avant de s’envoler vers l’Angola à 10h30 Pour mieux connaître le Cameroun |
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Vendredi 20 mars : Lundi 23 mars : |
| Pourquoi le Pape vient en Afrique |
| Le premier Synode africain - Ecclesia in Africa |
LES TRAVAUX PRÉLIMINAIRES |
| Le second Synode africain - Octobre 2009 |
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L'Église et le continent africain |
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A travers les interventions de Benoît XVI ces derniers temps, plusieurs thèmes peuvent être relevés qui seront sans doute présents dans ses discours lors de son voyage en Afrique. BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DU CAMEROUN Le 18 mars 2006, Benoît XVI leur rappela la solidarité pastorale dans tout le continent à la suite du premier Synode et il ajouta : " Il s’agit de faire pénétrer l’Évangile au plus profond des cultures et des traditions de votre peuple, caractérisées par la richesse de leurs valeurs humaines, spirituelles et morales, sans cesser de purifier ces cultures, moyennant une nécessaire conversion, de ce qui, en elles, s’oppose à la plénitude de vérité et de vie qui se manifeste dans le Christ Jésus. Cela requiert aussi d’annoncer et de vivre la Bonne Nouvelle en entrant sans peur dans un dialogue critique avec les cultures nouvelles liées à l’émergence de la mondialisation, pour que l’Église y porte un message toujours plus pertinent et plus crédible ." ... " Vos rapports quinquennaux soulignent le contexte économique et social défavorable, qui fait s’accroître le nombre des personnes en grande précarité, fragilisant le lien social et entraînant la perte d’un certain nombre de valeurs traditionnelles telles que la famille, le partage, l’attention aux enfants et aux jeunes, le sens de la gratuité, le respect des aînés. L’offensive des sectes, qui profitent de la crédulité des fidèles pour les entraîner loin du Christ et de l’Église, les différentes pratiques de religiosité populaire qui fleurissent dans les communautés et qu’il convient de purifier sans cesse, ainsi que les ravages du sida, sont autant de défis actuels auxquels vous êtes invités à apporter des réponses théologiques et pastorales précises, pour évangéliser en profondeur le cœur des hommes et pour réveiller leur conscience." " Dans cette perspective, il convient d’aider tous les membres de l’Église sans exception à développer une intimité toujours plus grande avec le Christ, nourrie par la Parole de Dieu, par une vie de prière intense, par une vie sacramentelle régulière. Puissiez-vous les guider sur les chemins d’une foi plus adulte et plus solide, capable de transformer en profondeur les cœurs et les consciences, pour faire naître des relations toujours plus fraternelles et plus solidaires entre tous." BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE CENTRAFRIQUE Le 1 juin 2008, rencontrant les évêques de Centrafrique, le Pape a évoqué le Synode des évêques pour l'Afrique. ..." Les plus pauvres sont particulièrement victimes de situations dramatiques qui conduisent inévitablement à de profondes divisions dans la société, ainsi qu'au découragement. La deuxième Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques -a ajouté le Pape- sera un temps fort de réflexion sur l'annonce de l'Évangile dans un contexte marqué par de nombreux signes d'espérance, mais aussi par des situations préoccupantes". "Je souhaite vivement que l'Afrique ne soit plus oubliée dans ce monde en mutation profonde, et qu'une authentique espérance se lève pour les peuples de ce continent", a ajouté le Saint-Père. "Il est du devoir de l'Église de défendre les faibles et de se faire la voix des sans-voix. Je voudrais donc encourager les personnes qui travaillent à susciter l'espérance par un engagement résolu pour la défense de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. La promotion de la paix, de la justice et de la réconciliation est une expression de la foi chrétienne dans l'amour que Dieu nourrit pour chaque être humain". |
| Brève histoire du continent africain |
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Il est impossible de résumer toute l'histoire de ce continent depuis la présence romaine des premiers siècles de l'ère chrétienne au nord du continent, la présence chrétienne en Égypte et en Éthiopie, l'extension de l'islam, le vie des royaumes d'Afrique centrale que nous connaissons par de nombreuses traditions orales. L'arrivée des chinois sur les côtes de l'Océan indien et l'installation portugaise sur les côtes de l'Atlantique influenceront ces royaumes souvent en guerre les uns contre les autres. Nous ne pouvons que recommander un livre très documenté :Catherine Coquery-Vidrovitch, La découverte de l’Afrique, éditions L’Harmattan (réédition avec préface actualisée) |
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| L'ÉVANGÉLISATION DANS LE CONTINENT L'Exhortation Apostolique du précédent Synode en donne un rapide résumé en la synthétisant en trois phases. Ce dossier concernant l'Afrique subsaharienne, nous ne citerons que quelques citations de la "première phase".ce qui est dit de l'évangélisation en Afrique du Nord, faisant l'impasse sur cette première phase. |
| Troisième phase. La troisième phase de l'évangélisation systématique de l'Afrique commença au XIXe siècle, période caractérisée par un effort extraordinaire accompli par les grands apôtres et promoteurs de la mission africaine. Ce fut une période de croissance rapide, comme le montrent clairement les statistiques présentées à l'Assemblée synodale par la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples. Cette croissance rapide fut l'oeuvre de nombreux missionnaires européens : Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), Religieux spiritains, SMA, Capucins, Saint Joseph de Cluny, Sœurs missionnaires d’Afrique, Notre Dame des apôtres, Franciscaines Missionnaires… Elle fut aussi l'oeuvre des catéchistes autochtones, du clergé autochtone. En 1880, les jeunes Martyrs de l’Ouganda deviennent semence de chrétienté. Dans ces dernières décennies, plusieurs pays africains ont célébré le premier centenaire du début de leur évangélisation. L'Exhortation apostolique commente ainsi cette période : " Vraiment, la croissance de l'Église en Afrique depuis cent ans est une merveille de la grâce de Dieu." ... ' En face de la croissance formidable de l'Église en Afrique durant les cent dernières années, devant les fruits de sainteté qui ont été obtenus, il n'y a qu'une explication possible: tout cela est don de Dieu, car aucun effort humain ne pourrait avoir accompli une telle œuvre dans cette période relativement brève. |
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Il n'y a cependant pas de place pour un triomphalisme humain. En rappelant la splendeur glorieuse de l'Église en Afrique, les Pères synodaux ne désiraient rien d'autre que célébrer les merveilles que Dieu a faites pour la libération et le salut de l'Afrique." (source : Ecclesia in Africa - VIS) |
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| Les statistiques |
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| Superficie : 30 206 704 km2 Densité : 30.38 habitants/km2 Nombre de pays et territoires : 57 Nombre de fuseaux horaires : 6 Nombre de langues parlées : 2011 |
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Espérance de vie : 52 ans
Taux de natalité : 38 ‰ Taux de mortalité : 15 ‰ Taux de mortalité infantile : 89 ‰ PNB/habitant (2003) : 2170 $USD |
| Évolution de la population catholique - 2004-2050 |
| L’Afrique est le continent qui connaît la plus forte croissance de fidèles catholiques à travers le monde mais l’Église catholique y est confrontée à la concurrence des Églises évangéliques protestantes et de l’islam. Environ un quart de la population du Cameroun est catholique et les deux cinquièmes en Angola. |
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| Projection de la croissance catholique - 2004-2050 |
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| Les défis religieux actuels |
| Jean-Paul II a incontestablement marqué le continent africain. Sur les 110 voyages de son pontificat, il en consacra 40 à ce continent où ses visites furent toujours très remarquées. L’Afrique avait une place à part dans le cœur du Pape. L’histoire retiendra que c’est Jean-Paul II qui a convoqué en 1994 le premier Synode africain de l’Eglise catholique. Au début de son pontificat en 1978, l’Afrique avait 48 à 50 millions de baptisés et au moment où il nous a quittés, elle en avait à peu près 130 millions. |
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A la veille de son voyage en Afrique et dans la perspective du prochain Synode, Benoît XVI a multiplié les mentions concernant les perspectives cette visite pastorale. La lettre qu'il fit parvenir à la récente rencontre de Bagamoyo en Tanzanie, en juillet dernier, en est l'expression. " Vos réflexions sur les Perspectives Pastorales pour la Nouvelle Evangélisation dans le contexte de la globalisation, et sur les cultures africaines est un vaste domaine d’étude, particulièrement important parce qu’il inclut la double tâche d’évangélisation de la culture et de l’inculturation de l’Evangile. " C’est là une mission antique et toujours nouvelle ‘qui a son origine dans le mystère même de l’Incarnation, et sa raison, dans la capacité intrinsèque de l’Evangile, de s’enraciner dans chaque culture. " Que vos délibérations aident l’Eglise en Afrique à trouver des moyens nouveaux et efficaces pour présenter la vérité immuable de l’Evangile, et en particulier les valeurs de la joie pour la vie, pour le respect envers les enfants à naître, pour le rôle important de la famille, et pour le sens profond de communion et de solidarité, présentes dans les cultures africaines (cf. Ecclesia in Africa, n°43)." Le président du Conseil pontifical, Mgr. Gianfranco Ravasi, commentant ce message, soulignait les défis issus de la mondialisation : " l'oubli du bien commun, les comportements sociaux guidés par des logiques de marché, la destruction de modèles de vie transmis par la famille, l'école et la paroisse ainsi que l'exaltation de l'individualisme." ... " Ce sont les pays les plus pauvres, surtout en Afrique, qui subissent les effets les plus néfastes d'une mondialisation mal comprise, qui donne lieu à la "destruction de valeurs véhiculées par les traditions culturelles ancestrales, la déstabilisation des consciences et le déracinement culturel de générations entières entraînées dans une spirale qui les mène de la pauvreté à la misère". ... " C'est dans ce contexte de sécularisation globale que l'Eglise peut montrer comment faire renaître un humanisme chrétien, en reproposant les grandes valeurs d'une manière nouvelle, à l'aide de la Parole, seule en mesure de féconder les déserts de l'indifférence et de la superficialité." |
| Les trois grandes religions africaines |
| L'Afrique connaît actuellement trois grandes religions: l'animisme, le christianisme et l'islam. Le développement des diverses communautés évangéliques est difficile à cerner. Aujourd'hui l'une débute qui disparaîtra demain quand son pasteur cessera ses prédications. Leur complexité est grande qui ne permet pas de les analyser, ni même de les chiffrer. On ne peut que constater les situations qu'elles créent. |
| LE CHRISTIANISME EN AFRIQUE Les Catholiques, latins et orientaux, sont actuellement 139.157.160. Les Protestants, principalement luthériens et baptistes, sont 87.190.000. Les Orthodoxes Églises orientales (Coptes et patriarcat d'Alexandrie) : 33.660.000. Les Anglicans : environ 20.551.000, surtout dans les régions anciennement sous influence britannique |
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L'ISLAM EN AFRIQUE Les 315.000.000 musulmans se répartissent en deux grandes traditions: les Sunnites (83.0%) et les Shi'ites (16.0%), sont principalement dans le nord de l'Afrique, mais progressent au Nigeria, au Kenya, en particulier. Les États du nord du Nigeria ont adopté la charia, la législation islamique. L'islam du Sénégal connait des courants différents de celui du Maroc ou de l'Égypte. |
| L'ANIMISME EN AFRIQUE Sous le terme "Animisme" sont regroupées de manière assez large toutes les religions dites "primitives" dont les fondements reposent, entre autres choses, dans le rapport de l'homme et la nature. En Afrique on estime à 97.200.000 les adeptes des diverses religions autochtones. Bien souvent l'animisme connait un véritable syncrétisme entre les dieux africains et les saints catholiques. |
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C'est la religion la plus ancienne de l'Afrique noire et celle dont les adeptes sont restés les plus nombreux: plus de la moitié (au moins) de la population. C'est ce que les Européens ont appelé fétichisme, parce qu'ils croyaient que les gens « adoraient des fétiches », ceux-ci pouvant être aussi bien des objets que des forces naturelles. La technique particulière qui l'exprime, c'est la transe, c'est-à-dire la perte du contrôle, souvent extériorisée par une danse. On touche là au fond même du culte: celui des danses dites de « possession », le « révélateur » est entré en contact et en possession avec l'au-delà divin. Le but est d'abord d'accepter et de s'intégrer une entité favorable en exorcisant un mauvais esprit qui pourrait vous en empêcher L'animisme recherche donc l'intégration de la société dans l'autre société. Le religieux imprègne la vie quotidienne. et la multiplicité de ses formes a beaucoup désorienté les premiers Européens qui attribuèrent aux représentations d'ancêtres ou de génies figurées par des masques et des statuettes le ternie de fétiches. Mot d'origine portugaise (feitiçio) signifiant « factice ». On ne peut réduire, en effet, les religions traditionnelles à un simple polythéisme pratiqué par des populations n'ayant pas la notion de la transcendance. Ici, Dieu, l'Infini. l'Esprit ou la Force vitale se manifestent dans le monde visible et leurs auxiliaires sont honorés sous des noms de génies ou de divinité. La Force vitale anime toute chose. en particulier la nature sauvage qui procurait aux hommes leur nourriture à l'époque où ils étaient chasseurs- collecteurs. Cette nature incluant animaux, plantes, rivières, montagnes, est le domaine des forces surnaturelles et des génies avec lesquels il importe de vivre en bonne intelligence et qu'il faut donc se concilier en toute circonstance. L'important est de maintenir l'ordre dans l'univers, un ordre souvent remis en question par des éléments perturbateurs ou par l'inconséquence des hommes. Ainsi, couper un arbre pour faire un tambour ou construire une maison doit s'accompagner d'une prière rituelle ou d'une offrande destinée à apaiser cette force vitale que l'on a atteint par le prélèvement fait sur la forêt Mais tout le monde ne peut pas accéder aux mystères de la nature ni avoir un contact avec ses forces invisibles. Comme dans les autres religions, seules des personnes qui ont suivi une ascèse, reçu un enseignement ou subi une initiation sous la conduite d'un maître sont en mesure d'interpréter les signes envoyés par l'au-delà ou de pratiquer les rituels appropriés pour retenir l'attention des forces qui le peuplent. Ces personnes ont peu de chose à voir avec les « sorciers » dont les explorateurs et même les missionnaires du XIXème siècle se plaisaient à décrire et à railler les gestes incompréhensibles. Il en est de même des danses, rappels de cette force vitale génératrice de vie, en particulier le masque porté par le danseur, personnage dont on ignore tout car il fait partie du masque qu'il porte et qui doit être toujours en mouvement, comme la vie qu'il incarne. La musique est la parole de l'invisible, notamment le tambour dont les sons évoquent le dieu du tonnerre et servent à transmettre les ordres. Dans un rituel animiste, danse, musique et représentation sculptée du génie ou de l'ancêtre civilisateur sont intimement liées et composent un ensemble audiovisuel parfait où se rejouent les grands mythes fondateurs de la société. L'on peut dire que l'animisme est une religion de la vie où le monde de l'au-delà participe à tout instant à la vie d'ici-bas à travers la présence des ancêtres, inhumés à proximité des vivants, parfois sous les maisons. Étant donné que des dizaines de millions d'Africains ont plongé - et plongent encore dans cette ambiance, on ne s'étonnera pas de la persistance des vieux rites et des anciennes croyances, même chez les convertis au christianisme d'autant que certains sont proches des rituels chrétiens. Les Africains, dit Jean Paul II dans son Exhortation, ont un profond sens religieux, le sens du sacré, le sens de l'existence de Dieu Créateur et d'un monde spirituel. La réalité du péché, sous ses formes individuelles et sociales, est très présente dans la conscience de ces peuples, comme le sont également les rites de purification et d'expiation. « . Ils croient instinctivement, dit encore Jean Paul Il avec les évêques africains, que les morts ont une autre vie, et leur désir est de rester en communication avec eux. Ne serait-ce pas, en quelque sorte, une préparation à la foi dans la communion des saints? « Aussi, ajoute encore Jean Paul II, faut-il traiter avec beaucoup de respect et d'estime les adeptes de la religion traditionnelle, en évitant tout langage inadéquat et irrespectueux. A cet effet, les enseignements qui conviennent seront donnés dans les maisons de formation sacerdotales et religieuses sur la religion traditionnelle. |
| Les défis de la société africaine |
| Il n'y a pas que des tragédies |
" Les médias défendent l'idée qu'Afrique veut dire tragédie", s'insurge l'archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya. "Ce n'est pas vrai ! Les médias ont la grande responsabilité d'informer de manière équilibrée, mais surtout en respectant la vérité afin que l'on puisse se rendre compte de ce qui se passe... Ils ne diffusent que les « tragédies » qui touchent l'Afrique, sans jamais voir le « positif »." |
| Des conflits qui s'apaisent |
Certes, il y a en République démocratique du Congo les conflits du Kivu, il y a les tensions au Darfour et celles en Somalie avec les pays voisin. Mais l'Angola a retrouvé la paix civile après 27 ans de tragédie. Quatre conflits sont également en cours de résolution, souvent inspirée par l'expérience de la Commission "Vérité et Réconciliation" initiée en Afrique du Sud. Le Liberia : après vingt cinq ans de guerre civile et de coups d’État, la première république indépendante d’Afrique a atteint une certaine stabilité. Une commission Vérité et Réconciliation a été établie. La présidente Ellen Johnson Sirleaf, élue en 2005, bénéficie de la confiance des bailleurs de fonds internationaux. Elle a renégocié certains contrats conclus par son prédécesseur, Charles Taylor. Ce dernier est détenu depuis 2006 à La Haye, où un tribunal international le poursuit pour des crimes contre l’humanité commis en Sierra Leone. Sierra Leone : ravagée de 1991 à 2002 par une guerre civile dont l’objet était le contrôle des zones diamantifères, la Sierra Leone vit désormais en paix. Les embargos de l’ONU ont été supprimés et les casques bleus ont quitté le pays fin 2005. Des chantiers énormes restent ouverts pour améliorer les conditions de vie de la population et moraliser la vie publique. La Côte d’Ivoire tourne la page de la crise de septembre 2002. Les derniers accords de paix, signés sous l’égide du Burkina Faso, ont permis au pays de progresser dans la voie du désarmement et de l’organisation d’élections. L’ONU et la France ont récemment diminué le nombre de leurs soldats. Le Burundi, au cœur des Grands Lacs, a vécu à partir de 1993 une guerre civile cruelle à base ethnique, avant de retrouver progressivement la stabilité. À la différence du Rwanda, le Burundi a fait le choix d’un rééquilibrage entre ethnies au sein de l’appareil d’État. Le président, Pierre Nkurunziza, un ancien chef rebelle, a été élu en 2005. La dernière rébellion active, les Forces nationales de libération (FNL), et l’État burundais sont liés par un fragile accord de cessez-le-feu signé le 7 septembre 2006. |
| L'évolution d'une société de la case à la mégapole |
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L'Afrique ne vit plus dans des cases en paille mais, de plus en plus, dans des cabanes de bidonvilles. En 1900, elle était le continent le moins urbanisé. 3% seulement de la population y vivait en ville, contre 9% pour l'ensemble des pays en développement. Entre 1950 et 2000, sa croissance urbaine a été de 4,4%, l'Amérique latine ne suivant qu'avec 3,5% et l'Asie avec 3,4% aboutissant à multiplier par onze le nombre de ses citadins. En 2003, ils sont devenus majoritaires avec 55% de la population, achevant ainsi le rattrapage urbain de l'Afrique par rapport au reste du monde. Entre 1950 et 1970, l'exode rural a été la principale source de la croissance urbaine, les deux tiers des nouveaux citadins venant des campagnes, la proportion de la population au-dessous du seuil de la pauvreté y étant, en moyenne, trois fois moins élevée que dans les villages et, à l'inverse, les chances d'accès aux principaux services publics (eau, électricité, soins dans santé) trois fois plus grandes. Ce choix a perdu sa rationalité dans les années 1980, quand les habitants des villes africaines ont commencé à payer le prix fort de la pression migratoire - qui, depuis, a fortement diminué. Leurs revenus, auparavant bien supérieurs à ceux des ruraux, ont été laminés. À cette paupérisation s'est ajoutée une forte dégradation de l'environnement des citadins, qui vivent de plus en plus dans des bidonvilles et dans l'insalubrité. Une classe sociale est née, administrative, minière ou commerciale, en relation avec les États-Unis et l'Europe, avec le Brésil, pour les pays lusophones, et désormais avec la Chine envahissante En 2025, désormais essentiellement du fait de leur croissance propre, les villes africaines devront abriter environ 600 millions de personnes, contre 209 en 2000 et 19 millions en 1950. |
| La transmission culturelle et les racines d'une civilisation |
| De nos jours, s’il n’est plus possible d’observer une société africaine fonctionnant exclusivement sur le modèle tradiionnel,on ne rencontre pas non plus de société radicalement transformée comportant aucun élément de ses fondements traditionnels. En effet, en Afrique, l’adolescent doit encore se déterminer par rapport à sa culture d’origine que certaines méthodes éducatives peuvent pérenniser au sein de la famille et aux exigences d’une modernité aux contours souvent mal définis. L’environnement socio-familial de la majorité des adolescents des villes africaines se caractérise aujoud'hui par l’oscillation plus ou moins réussie entre ces deux pôles référentiels. |
| LA CELLULE FAMILIALE Traditionnellement en Afrique noire d’une manière général e,le droit coutumier s’organise autour d’un référent quasi religieux : le Père, au sens de représentant des ancêtres. A ce titre et ce encore de nos jours dans beaucoup de régions, il est comme d’essence divine, il est craint, intouchable. Il avait même droit de vie et de mort sur ses enfants et son entourage. Cette considération et ce respect accordés aux aînés, aux anciens et aux personnes âgées en général est l'un des traits dominants des sociétés africaines. Les rapports entre les individus consistent souvent en devoirs et obligations : partage, tolérance, dignité, solidarité, soumission. Le droit coutumier est transmis et exercé de façon orale par les chefs de village (auxiliaires de l’administration) assistés d’un conseil de notables dont l’intégrité et la probité morale sont reconnues de tous. Malheureusement l'introduction des moeurs occidentales a dénaturé cette culture comme le soulignait récemment l'archevêque de Kinshasa : "les défis issus de la mondialisation sont alors : " l'oubli du bien commun, les comportements sociaux guidés par des logiques de marché, la destruction de modèles de vie transmis par la famille, l'école et la paroisse ainsi que l'exaltation de l'individualisme." |
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Selon les coutumes ancestrales, l'enfant n'appartenait pas à ses géniteurs, mais au lignage, à la communauté Ainsi, le sevrage marque sa prise en charge par le reste du groupe familial, la fratrie, les grands-parents,les cousins et les cousines, mais aussi,tout adulte de la communauté et de la génération des parents. Cette prise en charge collective se fait sur la base du principe de deux espaces : à l’intérieur de la maison où règne le père, et à l’extérieur de la maison où les enfants sont sous la sur- veillance de tous les adultes». Dans ce système éducatif, une certaine logique privilégie la parenté sociale et prend le pas sur la parenté biologique. En effet, on n’est pas le fils de tel ou tel, mais de tous ceux de la génération du père et de la mère. |
| De l'alphabétisation à la recherche universitaire |
Selon des projections partielles, en 2015, il y aura encore environ 29 millions de jeunes non scolarisés, une estimation à considérer comme optimiste parce qu'elle ne considère pas des pays en proie à de violents conflits, comme la République Démocratique du Congo ou le Soudan. |
![]() ![]() ![]() ![]() campus de l'université catholique d'Ekounou (Cameroun) |
Les hémorragies de l'Afrique |
| Siècle après siècle, en plus de la pauvreté générée par des conditions climatiques ou par l'aridité des sols, l'Afrique a connu des tragédies qui ont marqué les hommes et les femmes de ces pays jadis et d'autres contemporaines. Tragédies multiples comme la traite vers un esclavage en d'autres lieux, conflits ethniques, exploitation des richesses minières ou des forêts, émigration à l'intérieur ou vers d'autres continents. |
| LA TRAITE DES NOIRS ET LES DÉPORTATIONS "La traite des Noirs a connu quatre grands courants de déportation des Africains hors du continent. Le courant trans-saharien, vers le nord et le nord-est de l'Afrique, dura jusqu'au dernier tiers du XIXème siècle. Formé au VIIIe siècle avec l'expansion islamique, le deuxième courant installa sur la côte orientale d'Afrique principalement Zanzibar, jusqu'au XIXe siècle. Beaucoup plus brève - quatre siècles et demi - la traite des Noirs à travers l'Atlantique constitua la plus lourde ponction sur les populations de l'Afrique noire. Enfin, une " traite intérieure " nourrit un esclavage "domestique " Les historiens s'accordent ces chiffres : la traite transsaharienne aurait déporté 5 300 000 de personnes, la traite par la mer Rouge et la côte orientale, 2 900 000 ; la traite par l'Atlantique, 11 700 000. Il n'est pas possible d'estimer le chiffre de la traite intérieure. |
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LES CONFLITS ARMÉS Nous ne pouvons en donner une liste exhaustive. Ni tout évoquer : les massacres, les millions de réfugiés, les enfants-soldats. " En Afrique de l'Ouest, Guinée-Conakry, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone ; en Afrique de l’Est, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Somalie, le Soudan et l’Ouganda ; en Afrique centrale, le Burundi, la République démocratique du Congo et le Rwanda ; enfin en Afrique australe, l’Angola et le Zimbabwe. " " Depuis le début des années 90, la plupart des conflits et guerres opposent les populations ou une partie des populations à leurs gouvernants. Autrement dit, il s’agit de conflits internes ou de guerres civiles. Parfois elles sont soutenus par des pays étrangers ou des organisations de toutes sortes." " Une fois la guerre éclatée, elle est d’une violence inouïe et d’une inhumanité inqualifiable." (source : Multipol) |
| L'ÉMIGRATION Parmi les menaces émanant du continent, les risques sanitaires ne sont pas à passer sous silence. Le SIDA cause des ravages, mais aussi des épidémies nombreuses comme le choléra récemment. |
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LE PILLAGE DES RICHESSES |
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Documents en annexe ou sources à consulter : Le dossier de l'agence Fides (très complet) - Ecclesia in Africa - Les OPM - Les nouveaux venus en Afrique |
| Nous remercions tout particulièrement les nombreuses agences et oeuvres missionnaires qui qui nous ont autorisés à utiliser leur documentation ++++photographique. Nous nous excusons auprès de celles que nous n'avons pu rejoindre ignorant leur adresse. L'équipe d'infocatho.++ |