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08.10
- L'inculturation et la Révélation.

La Commission théologique internationale vient de se réunir au Vatican, depuis le lundi 2 jusqu'au samedi 7 octobre et, parmi les thèmes étudiés, celui de" l'inculturation de la Révélation" a marqué cette session plénière annuelle. La Commission devait débattre de trois thèmes : la diaconat, l'inculturation et la création de l'homme.

Les discussions concernant le diaconat ont révélé la difficulté doctrinale de situer actuellement le diaconat permanent depuis son introduction par le Concile Vatican II. Auparavant, dans l'Eglise romaine latine, à la différence des Eglises orientales et orthodoxes, le diaconat était une étape vers le sacerdoce. Aujourd'hui, l'image du diacre oscille entre une proximité ministérielle avec le sacerdoce et un engagement qui se rapproche de celui des laïcs.

Le deuxième thème concernait le lien entre la Révélation et l'inculturation, un point capital pour aborder la question de l'évangélisation à notre époque. Il a été abordé à partir d'un document de travail élaboré par le père jésuite Miranda Mario de França, membre de cette commission composée de 30 théologiens, originaires des cinq continents et nommés pour cinq ans par le Pape lui-même. Le document de travail, s'appuyait sur les Exhortations Apostoliques "Ecclesia in Africa", "Ecclesia in Asia", etc ... et reprenait les données essentielles de la pensée du Pape Jean Paul II en lui donnant toutes les conséquences théologiques qui en découlent.

Ce problème se pose particulièrement depuis 30 ou 40 ans. Autrefois en effet, l'évangélisation était davantage liée à l'expansion de la culture occidentale. En évangélisant, les missionnaires l'exportaient en toute bonne foi. Cette méconnaissance des cultures rencontrées a été à l'origine d'un handicap dans l'évangélisation, comme ce fut le cas en Chine, en Amérique indienne et, plus récemment, en Afrique. Aujourd'hui, on ressent davantage la nécessité de se mettre à la portée du peuple auquel on s'adresse, de parler sa langue et de s'exprimer selon ses catégories de pensée.

Mais dans le même temps, tout acte d'évangélisation entraîne des changements dans la culture qui reçoit l'Evangile. La révélation chrétienne annonce aussi ce qu'est l'homme, et donc la manière de vivre humainement. Le christianisme, tout en prenant la couleur locale du peuple auquel il s'adresse, transforme forcément sa culture sur ces questions de morale. On touche là une limite de l'inculturation.

Enfin, il faut tenir compte du fait que le contenu de la foi a été approfondi par les premiers grands conciles grâce à l'apport de concepts appartenant à la philosophie grecque. Il serait difficile d'exprimer ce qu'est la réalité de la Trinité selon d'autres catégories culturelles, on le voit bien en terre africaine où la divinité du Christ est incomprise d'une culture qui connaît la notion de paternité et vit dans des catégories où l'Esprit peut être rapproché des spiritualités originelles.

La dernière journée fut consacrée à la question de la création de l'homme. Ce n'est encore qu'une ébauche de réflexion qui doit se poursuivre durant les années à venir. L'image de l'homme aujourd'hui est largement tributaire de celle que la Bible a donnée. La dignité de l'homme créé par Dieu est à la racine de la notion des droits de l'homme, qui est propre à la culture judéo-chrétienne. La notion de "personne", qui est le fondement du droit occidental, vient elle aussi de la culture biblique où la personne apparaît comme étant "une substance, une liberté, une relation". On ne trouve pas la même notion de personne dans les cultures asiatiques, où l'homme est plutôt une étincelle de divinité dans un univers matériel.

Créée en 1969 par Paul VI, à la demande du premier synode des évêques, cette commission compte parmi ses membres, Mgr Roland Minnerath, professeur à l'Université catholique de Strasbourg, et le P. Jean Loup Bruguès, dominicain, qui est actuellement évêque d'Angers. C'est le P. Georges Cottier, théologien personnel de Jean Paul II qui en est le secrétaire général.

Pour plus d'informations : Service de presse du Vatican

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