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06.10 - France : L'Eglise face à l'avortement.
Mgr Olivier de Berranger, évêque
de Saint-Denis en France et président de la Commission sociale de la
conférence des évêques de France, a exprimé toute son inquiétude
devant le vote par du Parlement français en faveur de la nouvelle
loi sur l'avortement qui prolonge le délai légal d'avortement
à douze semaines.
Il y
voit le "diktat" du politiquement correct", sans débat véritable dans
l'opinion publique, et dommageable à la démocratie : "On nous dit, commente
l'évêque dans un entretien avec l'agence Zénit, que les Français
sont "contents", d'après un sondage: il n'y a plus de repère objectif.
La norme, c'est ce que l'on fait penser aux gens; pour l'euthanasie,
le Comité éthique a lancé un ballon d'essai, on veut aller vers une
loi similaire à celle adoptée en Hollande; c'est valable pour la pilule
"du lendemain" ou la raccourci du délai légal pour l'avortement, et
la "déresponsabilisation" des parents".
Sur ces questions éthiques fondamentales, les religions représentées
en France, le Judaïsme, les Chrétiens des différentes confessions ou
l'Islam n'ont pas été consultées et le "laïcisme" du gouvernement les
marginalise. Mais c'est dans
les milieux catholiques que la mobilisation contre, notamment, l'allognement
du délai d'avortement, s'organise.
Le président de la Conférence des évêques
de France, Mgr Louis-Marie Billé déclare :"Nous ne
regarderons pas passer le train." Mgr Raymond Bouchex, archevêque
d'Avignon argumente ainsi :"Nous devons nous engager dans la défense
des sans-papiers. Nous devons tout autant, pour l'honneur de notre société,
prendre la défense des petits d'hommes non encore nés.
L'avortement à douze semaines est un nouveau pas en arrière."
L'archevêque de Marseille, Mgr Panafieu, critique les propositions
"qui aboutissent à légaliser et à banaliser
un peu plus le droit à l'avortement comme un acte naturel."
Sans que cette question soulève de sa part une mobilisation réelle,
le manque de concertation agace également le grand rabbin de
France, Joseph Sitruk :"Nous ne manquerons pas de nous exprimer
fermement tant devant les responsables gouvernementaux que devant l'opinion
publique qui, sur ces sujets éminnement humains, attend la parole
des religions."
L'Islam en France rappelle sa position de principe, par l'intermédiaire
de l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) :"Sur
le principe, l'Islam s'oppose à l'avortement. Mais les familles
que je rencontre semblent aujourd'hui surtout préoccupées
par un contexte général de libéralisation des moeurs
dont l'avortement n'est qu'une conséquence."
Du côté des protestants, l'on ne semble pas pressé
de prendre position. Si les nouveaux aménagements légaux
de la loi Veil sont à l'ordre du conseil de la Fédération
protestante de France, on déclare :"C'est plus la question
de la distribution de la pilule du lendemain dans les lycées
qui risque de provoquer des réactions."
Pour plus d'informations : Conférence
des évêques de France
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