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du 14 au 17 mars 2010 (semaine 11)
 

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2010-03-17 -
UN NOUVEAU GÉNÉRAL POUR LES LÉGIONNAIRES DU CHRIST


La Légion du Christ attend un nouveau général, nommé par le Vatican va prendre le commandement des Légionnaires du Christ, orphelins de leur fondateur Marcial Maciel qui a été emporté par les scandales.

Alors que la tempête qui secoue l’Eglise catholique à cause des abus sexuels commis par des prêtres sur des mineurs fait rage, la visite apostolique ordonnée par le Saint-Siège chez les Légionnaires du Christ, la congrégation fondée par Marcial Maciel, est terminée.

L’affaire Maciel est extrême à tous points de vue. Elle repousse à des limites exceptionnelles le contraste entre l'image et la réalité. Entre l'image agréable du prêtre fondateur d’une congrégation religieuse ultra-orthodoxe, ascétique, dévote, riche de vocations dont certaines sont exemplaires, et la réalité de sa seconde vie, dissolue, faite de violations incessantes non seulement des vœux qu’il avait prononcés mais des commandements, de continuelles aventures coupables avec des hommes et des jeunes de tous âges et de toutes conditions, avec des enfants et des femmes, en nombre encore indéterminé, actuellement, disséminés partout dans le monde.

La visite apostolique a commencé le 15 juillet 2009 et les cinq évêques visiteurs sont arrivés au terme de leur mandat au milieu du présent mois de mars, lorsqu’ils ont remis leur rapport aux autorités vaticanes. Ces cinq évêques étaient Ricardo Watti Urquidi, évêque de Tepic (Mexique) ; Charles J. Chaput, archevêque de Denver ; Giuseppe Versaldi, évêque d’Alexandrie (Italie) ; Ricardo Ezzati Andrello, archevêque de Concepción (Chili) ; et Ricardo Blázquez Pérez, évêque de Bilbao.

Ce sera ensuite les autorités vaticanes qui décideront ce qu’il faut faire. Les trois cardinaux chargés de l’affaire sont Tarcisio Bertone, secrétaire d’état, William J. Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, et Franc Rodé, préfet de la congrégation pour les instituts de vie consacrée.

Mais, de toute façon, le dernier mot reviendra à Benoît XVI, le plus clairvoyant de tous. Déjà avant d’être élu pape et alors que Maciel comptait encore de très puissants protecteurs au Vatican, Joseph Ratzinger avait fait enquêter à fond sur les accusations lancées contre le fondateur des Légionnaires. Et, en tant que pape, il l’avait condamné, le 19 mai 2006, "à une vie réservée de prière et de pénitence".

Après cette condamnation, la congrégation des Légionnaires s’est pliée aux ordres du Pape. Mais elle avait continué à vénérer son "père" fondateur, considéré comme une "victime innocente" d’accusations fausses.

C’est seulement après sa mort et avec la découverte d’autres scandales que les dirigeants de la congrégation ont commencé à reconnaître certaines fautes de leur fondateur, même si elles ne suffisaient pas à les amener à nier la valeur de son œuvre.

Aujourd’hui encore, après les huit mois de visite apostolique, le successeur de Maciel en tant que directeur général de la congrégation, le Père Álvaro Corcuera, et le vicaire général, Luis Garza Medina – qui ont été pendant des décennies, en particulier le second, de très proches collaborateurs du fondateur – ne manifestent aucunement l’intention de quitter la direction. Il en est de même pour d’autres dirigeants centraux ou locaux. de niveau moyen-supérieur.

Leur ligne de défense est qu’ils n’auraient jamais rien su de la seconde vie du P. Maciel et que leur fidélité à l’Église et au pape, ainsi que leur expérience de dirigeants, permettraient d’assurer de la meilleure manière possible la continuité de la congrégation.

Le 5 février dernier, "L'Osservatore Romano" publiait un article dans lequel le père Luis Garza Medina, imperturbable, décrivait ce que devrait être la "vie vertueuse" du prêtre idéal. Lui qui a vécu plus que quiconque aux côtés de Maciel, qui connaissait tous ses secrets et gérait son argent et qui l’a toujours présenté comme un modèle.

Mais il est tout à fait invraisemblable que les autorités vaticanes laissent les chefs actuels des Légionnaires à la tête de la congrégation. La décision la plus probable est que le Saint-Siège nommera un commissaire de son choix, doté de pleins pouvoirs, et fixera les lignes directrices d’une refondation complète, y compris le remplacement des dirigeants actuels.

Le congrégation est encore aujourd’hui très forte. Ce sera donc une entreprise difficile.

Au cours des derniers mois, un ancien secrétaire personnel de Maciel, le père Felipe Castro, a travaillé avec d’autres prêtres de la Légion à sélectionner, dans la très abondante correspondance du fondateur, un groupe de lettres à "sauver" pour l’avenir, afin de garder vivante une image positive du P. Maciel.

Au cours des huit mois de la visite apostolique, ce contrôle ne s’est relâché que partiellement. Certains prêtres ont signalé aux visiteurs les éléments qu’ils considéraient comme mauvais. D’autres ont abandonné la congrégation et se sont fait incardiner dans le clergé diocésain. D’autres sont restés pour défendre l’héritage de Maciel. D’autres apparaissent comme égarés. D’autres encore, enfin, croient à la renaissance, sur de nouvelles bases, d’une congrégation religieuse qui est une partie de leur vie et qu’ils continuent à aimer. (source : Chiesa)


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