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du 16 au 20 septembre 2010 (semaine 38)
 

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2010-09-20 -
TIMIDE, FRÊLE ET CHALEUREUX


La presse britannique salue le succès de la visite du Pape qui était précédé par une image de "rottweiler du Vatican", alors qu'au cours de toutes les rencontres Benoït XVI est apparu affable, chaleureux et direct.

Malgré les rencontres plus "politiques" ou plus "cérémoniaires", la presse unanime souligne que Benoît XVI a su aussi essaimer durant ce voyage quelques touches plus personnelles, qui sont allées droit au coeurs des Britanniques : samedi, la rencontre spontanée et même affectueuse devant la cathédrale de Westminster avec ce jeune britannique d’origine nigériane Pascal Uche, et le thème de son discours :Au fond, leur -a-t-il dit, "nous sommes créés pour l'amour...., pour recevoir l'amour. Et nous l'avons reçu... Nous sommes aussi créés pour donner de l'amour, pour en faire la source qui inspire de toutes nos actions et la réalité la plus consistante de notre existence.

Tout cela ne sentait pas la phraséologie, mais exprimait son coeur. Il en fut de même dans ces confidences qu'il a glissées sous forme d’aveu aux résidents de la maison de retraite Saint-Pierre, à Londres, :" Je viens vers vous non seulement comme un père, mais aussi comme un frère qui connaît bien les joies et les combats qui viennent avec l’âge".

"La visite a permis avant tout d'unifier les Catholiques et de rendre plus humain un pape qui a trop souvent été perçu comme froid, distant et autoritaire", écrit Catherine Pepinster de l'hebdomadaire catholique The Tablet, soulignant sa façon de prendre "tout le temps pour saluer les gens, notamment les plus jeunes et ceux de sa génération".

Avant cette première visite d'Etat d'un Pape au Royaume-Uni, Benoît XVI était considéré comme un "lointain extrémiste teuton", affirme le Times. Il est apparu sous une lumière totalement différente et ses remarques destinées à diminuer les tensions entre Anglicans et Catholiques, comme celles sur la communauté de traditions et de culture, ont joué un grand rôle dans cette transformation, estime le quotidien.

Il faut prendre acte du renversement de l’opinion médiatique, déjà observé lors d’autres voyages. Devant le succès populaire remporté par le pape en Écosse, puis à Londres, les médias britanniques, plus qu’acides jusque-là, ont dû admettre que le public, au moins catholique et qui plus est multiculturel, multicolore, était largement au rendez-vous : 100.000 personnes à Glasgow, presque 75.000 à Hyde Park, 200.000 sur le Mall londonien.

Malgré son manque de charisme (par contraste avec son prédécesseur, Jean-Paul II), " le doux et modeste Benoît XVI a charmé beaucoup de monde, analyse Peter Stanford dans le Guardian, un quotidien pourtant très à la pointe des critiques contre le pape. Il a même convaincu quelques sceptiques avec ses mots venant du cœur sur son "profond chagrin" (…) concernant les "crimes innommables" des prêtres pédophiles."

Et pourtant, Benoît XVI n'a rien modifié de sa personnalité et de son message. Fort de ces convictions, depuis son élection, chaque année à l’automne, Benoît XVI choisit un vieux pays d’Europe occidentale pour lui adresser une sorte de leçon inaugurale académique, reprenant les fondements de la foi catholique et envisageant son application concrète dans ces sociétés post-modernes et sécularisées. Après Ratisbonne, Vienne, Paris, Prague, de jeudi à dimanche, ce fut Londres et le Royaume-Uni.

On peut donc s’étonner de la modestie de Benoît XVI présentant son voyage comme essentiellement pastoral. Si modestie il y eut, elle fut avant tout formelle : aucun faste royal n’a été déployé durant cette visite. Assurément, ce voyage fut politique, dépassant le cadre des îles britanniques : Benoît XVI a parlé, à nouveau, aux démocraties occidentales.

Sa visite de quatre jours dans ce pays majoritairement anglican qui l'a conduit à Edimbourg, Glasgow, Londres et Birmingham "a eu un succès beaucoup plus grand que ce que la hiérarchie catholique avait osé espérer", écrit le Daily Mail, tandis que pour The Sun "la visite pontificale s'est révélée beaucoup plus substantielle que prévue".

Malgré la satisfaction générale sur la visite - et l'étonnement de voir le Pape s'en sortir aussi aisément - certains commentateurs s'interrogent cependant sur les relations à long terme entre l'Eglise catholique et le Royaume-Uni.

Selon Catherine Pepinster, le Vatican n'a pas fait les pas nécessaires pour la réconciliation avec l'aile la plus libérale de l'Eglise. "Les gays catholiques et les femmes continueront de se demander: comment le Vatican et le pape Benoît XVI nous considèrent et considèrent notre rôle, non dans la société, mais au sein de l'Eglise", écrit-elle.

Le quotidien The Guardian affirme que le pape n'a pas réussi à rapprocher un tant soit peu les croyants et les athées dans une société de plus en plus laïque.

"Le rapprochement aujourd'hui n'était pas tellement à réaliser entre les Protestants et les Catholiques qu'entre les croyants et les autres et Benoît XVI est parti sans réduire cette séparation", affirme-t-il. Ce que Ruth Glendhill, correspondante religieuse du Times, traduit habilement : " Le nouveau schisme n’est plus entre les Églises, mais entre les mondes parallèles du religieux et du laïc."

Pour beaucoup d'autres la visite a simplement été "une curiosité anachronique"."Pour faire en sorte que son royaume spirituel et le Royaume-Uni entrent en contact, le Pape aurait du s'impliquer dans les réalités actuelles et le pays aurait du l'écouter", écrit-il.

The Independent ajoute cette remarque : "Peut-être aura-t-il quitter la Grande-Bretagne un peu plus large d'esprit qu'il ne l'avait trouvé".

Arrivé en Grande-Bretagne face à un barrage de protestations, Benoît XVI aura, de l’avis des médias britanniques, réussi à apaiser les tensions pour ce voyage historique. Si les protestataires – athées militants, défenseurs du droit à l’avortement et à la contraception, associations d’homosexuels, victimes d’abus sexuels… – ont su se mobiliser ce week-end, la visite en tant que telle a été un succès, que ce soit la rencontre avec l’archevêque de Cantorbéry, la prière à Hyde Park ou la béatification du cardinal Newman.

La journée de samedi a probablement le mieux résumé ces sentiments contradictoires. D’un côté, plusieurs milliers de personnes – probablement 10.000 – ont défilé à Downing Street contre la visite du Pape. C’était beaucoup plus qu’attendu. Dans le même temps, à Hyde Park, à quelques centaines de mètres de là, plus de 80.000 personnes participaient à une soirée de prière en présence de Benoît XVI.

Le Daily Mail a consacré dimanche quatre grandes pages très positives à cette veillée de prière à Hyde Park, célébrant son succès populaire. Et le premier ministre David Cameron a insisté sur le caractère religieux de la Grande-Bretagne : « La foi fait partie du tissu de notre société. » (source : La Croix)


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