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du 16 au 20 septembre 2010 (semaine 38)
 

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2010-09-20 -
IL A SU PARLER DE LA SOUFFRANCE INTÉRIEURE


On peut critiquer ce Pape, mais une approche raisonnable des choses doit inclure d'entendre ce qu'il dit pour ne le pas juger a priori comme rétrograde et donc inaudible. Alors parler de la Croix et de la souffrance, est-ce inaudible.

C'est bien à partir de cette croix du Christ, "à l'ombre" comme il l'a dit, d'une immense croix suspendue dans le choeur de la cathédrale catholique de Westminster de Londres, qu'il a médité le mystère de la vie. C'est bien elle qui était sous-jacente lors de sa rencontre avec les victimes de la pédophilie de certains prêtres, comme elle le fut à la maison de retraite des Petites Soeurs des Pauvres.

Langage dépassé pour beaucoup aujourd'hui mais qui a inspiré le pape dans son homélie consacrée au thème de la souffrance. Sujet difficile dont on ne veut d'ailleurs jamais parler et qui est connoté chez les catholiques par cette réputation à la fois fausse, injuste et tenace du "dolorisme", qui serait entretenu et manipulé par la hiérarchie pour "tenir" les fidèles dans une spiritualité névrotique.

Dans son blog, Jean-Maris Guénois, du quotidien "La Croix" nous confie : " Je ne pensais pas écrire une note sur cette homélie, où il parle, c'est vrai, de la pédophilie mais cela commence à ne plus être une "nouvelle" au sens journalistique ! Mais j'ai été frappé, en la lisant, par sa pertinence qui me pousse à vous partager cette impression."

"Pertinence", parce qu'il me semble qu'elle répond à un des drames de notre société qui cache la souffrance, sous prétexte de l'avoir dépassée, sans reconnaître que ce voile est aussi une forme de névrose."

" En conclusion de son homélie, poursuit Jean-Marie Guénois, , Benoît XVI, avance : " L'un des plus grands défis de notre époque est de savoir comment parler avec conviction de la sagesse et de la puissance libératrice de la Parole de Dieu à un monde qui considère trop souvent l'Évangile comme une limitation de la liberté humaine, et non comme la vérité qui libère nos esprits et éclaire nos efforts pour mener une vie raisonnable et droite, à la fois comme individus et comme membres de la société".

" À travers lui, avec lui, et en lui, disait le Pape, nous offrons nos propres corps en sacrifice saint et agréable à Dieu (Cf. Rm 12, 1). En ce sens, nous sommes pris dans son éternelle oblation et nous complétons dans notre chair, comme le dit saint Paul, ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps, qui est l'Église (cf. Col 1, 24). Dans la vie de l'Église, dans ses épreuves et dans ses vicissitudes, le Christ continue, selon l'expression radicale de Pascal, d'être en agonie jusqu'à la fin du monde.

" Il se reflète aussi dit encore Benoît XVI, dans nos frères et soeurs du monde entier qui, aujourd'hui encore, subissent discrimination et persécution à cause de leur foi chrétienne. De même, il est encore présent, souvent de façon cachée, dans la souffrance de tous ces Chrétiens qui unissent chaque jour leurs sacrifices à ceux du Seigneur pour la sanctification de l'Église et la Rédemption du monde. Ma pensée va tout spécialement vers tous ceux qui sont spirituellement unis à cette célébration eucharistique, et, en particulier, vers les malades, les personnes âgées, les personnes handicapées et tous ceux qui souffrent mentalement et spirituellement."

Jean-Marie Guénois poursuit ainsi sa réflexion : " Pour dire le fond de ma pensée, je suis très frappé de voir combien on peut être attentif, réceptif, voir admiratif, quand le Dalaï Lama parle de la souffrance et de la façon dont le Bouddhisme aborde et cherche à dépasser ce problème humain fondamental (et fondateur, d'ailleurs, de cette sagesse). Mais que l'on rejette comme "dépassé" et "ringard" tout discours d'Eglise sur ce même sujet.

" J'en abuserai pas, pour être déjà trop long, mais, reconnaissons le, tout cela fait réfléchir et pourquoi pas méditer. Ce dolorisme janséniste dont on affuble souvent les catholiques est une erreur de perspective psychologique. Si les chrétiens sont attentifs à la souffance c'est plutôt pour essayer de la soulager en eux mêmes et autour d'eux," conclut-il. (source : La Croix)


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