Pour vivre au rythme de l'Eglise universelle.
FlashPress - Infocatho
du 16 au 20 septembre 2010 (semaine 38)
 

-
2010-09-20 - Londres
UN OECUMÉNISME EN DEMI-TEINTE

Si l'archevêque de Canterbury, le Dr Rowan Williams, et Benoît XVI ont prié ensemble lors des vêpres oecuméniques en l'abbaye de Westminster, il est notable que les obstacles au dialogue n'ont été véritablement abordés à ce que l'on sait.

Pas plus d'ailleurs que la substance de ce dialogue. Et pourtant la rencontre et les temps de prière commune sont significatives. C'est peut-être aussi que l'Église romaine tout comme la Communion anglicane ressentent la nécessité de mieux situer le dialogue en vue d'une Communion ecclésiale dans un monde qui s'éloigne des Églises.

L'archevêque de Canterbury le suggère dans son entretien à Radio-Vatican :" Il est clair que quelque chose s'est produit et une part de ce quelque chose est un retour aux sources, quelque chose dont le Pape et moi avons parlé....Il est urgent de renforcer ce travail en commun et de savoir comment s'engager dans un dialogue rationnel avec le monde laïc."

Jamais un Pape ne s’était rendu à Lambeth Palace, la résidence officielle à Londres de l’archevêque de Canterbury, primat de la Communion anglicane. Et jamais un Pape n’avait participé à une célébration œcuménique à l’abbaye de Westminster, véritable icône de l’histoire nationale, religieuse et spirituelle des Britanniques.

De même chaque fois qu'ils pris la parole, es deux responsables se sont voulus extrêmement positifs. Dans son adresse d’ouverture, le Dr Rowan Williams, " Notre présence ici, ensemble, en tant qu’évêques britanniques, est le signe de la manière dont nous voyons notre tâche comme une et indivisible."

En ajoutant des propos chers à Benoît XVI sur le rôle du christianisme. "Nous sommes prêts à répondre à certaines tendances dans notre environnement culturel qui cherchent à présenter la foi chrétienne à la fois comme un obstacle à la liberté humaine et comme un scandale pour l’intelligence humaine."

De son côté, Benoît XVI veut souligner les aspects positifs de ces moments vécus ensemble : " Il n’est pas dans mon intention aujourd’hui de parler des difficultés que les chemins de l’œcuménisme ont rencontrées et continuent d’expérimenter.

Il préfère donc dresser la feuille de route d’un œcuménisme engagé pour le bien commun, soulignant que les chrétiens devaient avoir " les moyens de témoigner de la dimension transcendante de la personne humaine et de l’appel universel à la sainteté...La coopération œcuménique pour cette mission reste essentielle." », ajoute-t-il.
Les obstacles au dialogue ont-ils été abordés ?

Ni Benoît XVI ni Rowan Williams ne sont donc revenus sur ce qui divise les deux confessions. Et cela va même plus loin.

Lors des vêpres anglicanes auxquelles ils assistaient, assis sur deux fauteuils similaires, plusieurs femmes-prêtres anglicanes sont présentes. L’une d’elles, Jane Hedges, chanoine de Westminster, a salué le Pape à son entrée, dans une grande sérénité de part et d’autre.

Mais de son côté, le dimanche, devant les évêques catholiques, Benoît XVI revient sur la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus, qui ouvre la possibilité aux communautés anglicanes d’intégrer l’Église catholique. Et d'insister : " Il faudrait que cela soit compris comme un geste prophétique qui peut contribuer à développer de manière positive les relations entre anglicans et catholiques." », dit-il alors.

Dans l’entourage du Pape, fait savoir Frédéric Mounier du quotidien catholique "La Croix", on explique que ces propos ne manifestent pas un recul de sa volonté œcuménique. Simplement, Benoît XVI souhaite répondre à la demande de quelques anglicans qui se tournent vers Rome. " S’il est resté plus que discret durant ce voyage, il a voulu, dit-il, juste avant de quitter le sol britannique, avoir un mot à destination de ces groupes." Discret d'ailleurs comme le nombre de ceux qui se tournent vers la Communion romaine plutôt que vers la Communion anglicane. (source : La Croix)


Retour aux dépêches