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du 13 au 15 mai 2011 (semaine 19)
 

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15 mai 2011- Chine
UNE SITUATION COMPLEXE, UNE VITALITÉ ÉTONNANTE

Si l'Église en Chine connaît actuellement des difficultés - et notamment une situation complexe entre des communautés « officielles » et des communautés « clandestines »sa vitalité n'en est pas moins étonnante.

Dans un pays gigantesque, au visage moderne et prestigieux, l'Église, même minoritaire, n'est pas indifférente aux gouvernements des diverses provinces.

Car le coût humain de cette transformation du pays est énorme et les inégalités se sont creusées. Une minorité d'enrichis étale son luxe au sein d'une majorité de pauvres qui luttent pour leur survie. Un flot de migrants des campagnes vers les villes charrie des millions de familles en situation précaire.

La Chine veut se mettre au diapason du monde moderne développé. Alors les critiques malveillantes qui tendent à déstabiliser le régime ne sont pas tolérées. Elles entraînent au contraire un raidissement de la discipline intérieure.

Le non-respect des droits de l'homme, le manque de liberté religieuse ou encore l'absence du droit à l'indépendance dans le cas des Tibétains ou des Ouighours, sont mal ressentis, dans toute une couche de la population. Alors, le maintien de l'ordre demeure nécessaire pour ne pas contre-carrer les progrès.

La petite minorité chrétienne doit se situer dans cet ensemble instable.

Au moment des JO de Pékin en 2008, le P. Jean Charbonnier, MEP, écrivait des remarques qui restent d'actualité que nous relevons ici même.

L'information sur l'Église en Chine, diffusée par la presse ou certains programmes télévisés, peut donner aux lecteurs européens une impression générale plutôt négative de la situation religieuse en ce pays. Les nouvelles d'arrestations d'évêques, de prêtres et de fidèles, de même que les destructions d'églises, encore relativement fréquentes, laissent le sentiment que les chrétiens de Chine sont toujours persécutés.

L'intérêt de nombreux lecteurs pour tout ce qui est dissidence face à un régime totalitaire contribue en outre à forger l'image idéale d'une Église « clandestine » fidèle à Rome confrontée à une Église « officielle » ,« patriotique », inféodée au Parti communiste chinois.

Ces images demandent à être nuancées et plus finement interprétées. Contrairement aux stéréotypes communs, il n'y a pas « deux Églises » en Chine. Il n'y a pas non plus d'« Église patriotique », mais seulement une Association patriotique des catholiques chinois, chargée de faire le lien avec les organismes gouvernementaux et d'assurer le respect de la ligne politique officielle à l'intérieur de l'Église.

La lettre de Benoît XVI à tous les catholiques de Chine fait la clarté sur ces divisions entre ces divers catholiques. Elle en dénonce leur origine politique. Elle appelle à une réconciliation entre les fidèles des deux bords car le témoignage de leur solidarité et de leur amour mutuel est indispensable face aux besoins spirituels de la société chinoise actuelle.

Le Pape y adopte une attitude positive et optimiste. Il prend en compte les progrès rapides de la Chine contemporaine et il souhaite que les catholiques apportent au pays leur force spirituelle. Il revendique en même temps l'autonomie interne de l'Église en matière religieuse et morale, car l'Église a besoin de cette liberté religieuse pour remplir sa mission.

Ceci implique que les évêques doivent être nommés par le Saint-Siège, dans le cadre d'un mode d'entente à préciser avec les gouvernants chinois. Confiant dans cet avenir, le Pape va jusqu'à suggérer aux catholiques « clandestins » de normaliser leur situation dans la mesure où leur foi est respectée. Il les autorise en tout cas à recevoir les sacrements dans les églises officiellement ouvertes, pourvu que les évêques et les prêtres de ces églises soient en pleine communion avec Rome.

Cette situation varie selon les régions et selon l'application temporaire des exigences politiques. "Dans le même temps, les diverses instances de l'Église, qu'elles soient "clandestines" ou officielles" veulent être présence de l'Évangile dans ce monde. Les "clandestins" maintiennent le primat de la fidélité à l'Église. Les "officiels" font l'effort de s'intégrer à leur société et à sa culture."

Le Pape veut tenir compte de la ferveur et de la fidélité de l'immense majorité des catholiques de Chine, prêtres et fidèles, même si certains évêques sont dit "opportunistes", car parfois cet "opportunisme" veut sincèrement témoigner du Christ.

Mais nous ne pouvons oublier ces martyrs qui, pendant 10, 20 ans de travail forcé et d'emprisonnement, jusqu'à la mort, offrent toute leur vie pour le Christ. (source : Mepasie )

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