-
9 février 2012-
POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE
Du 28 janvier au 1er février, à l'occasion d'un colloque du Conseil œcuménique des Églises (COE) organisé à Kigali, plus de 90 Églises et responsables œcuméniques se sont penchés sur les questions de " la paix et de la sécurité en Afrique."
Ensemble et dans le même temps, ils ont entamé une réflexion sur la violence ethnique et le génocide que le Rwanda a connus par le passé, ainsi que sur les précédentes initiatives des Églises en faveur de la réconciliation dans ce pays.
Ce colloque, qui était organisé par la Commission des Églises pour les affaires internationales (CEAI), qui relève du COE, et la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA). s'est ouvert par un moment de recueillement au Mémorial du génocide, à Kigali, avant la session d'ouverture qui s'est tenue au siège de l'Église presbytérienne du Rwanda.
Dans le sillage du colloque, un cours de formation des formateurs sur «La guérison des mémoires» s'est tenu du 1er au 3 février également à Kigali.
Durant ces journées, les
responsables œcuméniques ont abordé plusieurs questions ayant des incidences en matière de paix et de sécurité au Nigeria, au Soudan, en Somalie, au Zimbabwe, en Côte d'Ivoire et en République démocratique du Congo.
Les questions portaient sur les violations des droits de la personne, les conflits ethniques et religieux, l'État de droit et la gouvernance démocratique, la liberté de religion, la prolifération des armes, la militarisation et la violence sexiste.
" L'expérience des Africains qui sont contraints de vivre dans des situations de vulnérabilité oblige le mouvement œcuménique à proposer des solutions permettant aux populations d'Afrique de célébrer la paix et de ressentir celle-ci en jouissant de la sécurité et de la dignité humaine", a déclaré l'archevêque Valentine Mokiwa, président de la Conférence des Églises de toute l'Afrique, la CETA.
Pour ce faire, ils
ont suggéré des réponses œcuméniques à l'exploitation des ressources naturelles en Afrique et à la dynamique des pouvoirs économique et politique. "Les changements géopolitiques qui se dessinent et le nouvel ordre mondial justifient un autre modèle en matière de sécurité. Ce modèle doit affirmer le principe cardinal de la "sécurité humaine" qui garantira les droits humains et la dignité humaine."
Patrick Mazimhaka, ancien vice-président de l'Union africaine, a affirmé dans son discours que " les guerres civiles en Afrique sont le résultat d'un processus de décolonisation infructueux. Ainsi a-t-on, dans un contexte moderne animé par une géopolitique complexe, donné les rênes de pays créés artificiellement à des dirigeants qui n'avaient jamais été confrontés à l'art de gouverner."
"
Ce colloque doit permettre aux Églises et aux responsables œcuméniques d'Afrique d'examiner les problématiques liées aux conflits, à la violence et au droit de chaque individu à la vie et à la dignité en Afrique aujourd'hui" , a déclaré Nigussu Legesse, responsable de programme au COE pour le continent africain.
«Le colloque s'est par ailleurs penché sur diverses expériences de consolidation de la paix dans le contexte africain, dans une perspective chrétienne et théologique. Les débats ont permis d'élaborer des stratégies de plaidoyer œcuménique sur les thèmes de la consolidation de la paix et des efforts de réconciliation en Afrique», a-t-il ajouté.
Un rapport sur "la paix et la sécurité dans le nouveau contexte mondial", fondé sur les expériences des colloques régionaux portant sur l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine, sera présenté à la prochaine réunion de la CEAI. Cette réunion aura lieu en Chine en juin prochain", a indiqué Mathews George Chunakara, son directeur. (source : COE)
Retour aux dépêches
retour à la page d'accueil
|