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12 janvier 2013 - Venezuela
POURQUOI ENFREINDRE LA CONSTITUTION
Devant l’absence confirmée du président Chavez à sa prestation de serment prévue jeudi 10 janvier, l’opposition dénonce une violation de la Constitution et l’Eglise elle-même entre dans le débat constitutionnel.
Le lundi 7 janvier appellant au respect de la Constitution, Mgr Diego Padron, président de la Conférence épiscopale a jugé « moralement inacceptable » d’enfreindre la Constitution pour « réaliser un objectif politique », et a averti sur le risque d’« ingouvernabilité ».
L’absence d’Hugo Chavez,désormais officielle, en raison de son état de santé, plonge le Venezuela dans le doute.La Constitution du pays prévoit que le président – réélu cet automne – doit prêter serment le 10 janvier devant l’Assemblée nationale. Mais, pour le pouvoir, le texte fondamental donne une certaine flexibilité, puisqu’il évoque la possibilité pour le chef de l’État de prêter serment devant le Tribunal suprême de justice en cas d’incapacité le 10 janvier.
Sans attendre cette solution, une forte tension est apparue entre autorités et opposition, chaque camp privilégiant son interprétation de la Constitution en pareil cas. L’opposition privilégie l’article 233, qui indique que, face au « défaut absolu » du président, une nouvelle élection doit être organisée « dans les trente jours consécutifs suivants ». L’intérim jusqu’à l’élection et la prise de fonction du nouveau président serait alors assuré par le président de l’Assemblée nationale, actuellement Diosdado Cabello.
L’Église catholique du Venezuela n’est pas restée hors du débat.
Bien que prudent, et voulant rester au-dessus de la mêlée politique, Mgr Padron a toutefois déploré le manque d’informations précises sur l’évolution de l’état de santé du président. « Altérer la Constitution pour réaliser un objectif politique est moralement inacceptable. » La population est troublée, et une bonne partie d’entre elle est irritée », a-t-il observé, car à ce jour « elle n’a eu officiellement aucun communiqué médical vénézuélien » sur l’état de Hugo Chavez.
Le président n’est pas apparu en public depuis près de quatre semaines. La nature et la localisation exactes de ce cancer sont tenues secrètes par les autorités. (source : ACI et AP)
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