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du 10 au 12 janvier 2013 (semaine 02)
 

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12 janvier 2013 -
LES CARTES BANCAIRES ET LE VATICAN


Si la désactivation par la Banque centrale italienne des terminaux électroniques de paiement en activité sur le territoire du Vatican sème indubitablement le trouble, il faut y voir plus qu’une simple incohérence administrative.

Des dizaines de milliers de touristes présents à Rome ces jours-ci, s'en sont étonnés. Or, depuis plusieurs mois, se multiplient les signes d’agacement de la Banque d’Italie vis-à-vis de la « Banque du Vatican », l’IOR (Institut pour les Œuvres de Religion), considérée comme « extra-communautaire », c’est-à-dire non européenne, et donc pouvant être utilisée par des tiers, faisant craindre des blanchiments d’argent, voire, n’ayons pas peur des mots, de financement du terrorisme ….

L’IOR bénéficie en effet d’un statut international particulier fondé sur l’extraterritorialité propre au Vatican. Cette banque est une institution privée qui gère 44 000 comptes courants destinés aux « oeuvres de religion et de charité ». Son accès est, en théorie, réservé aux résidents de la Cité du Vatican, aux membres de la Curie, ainsi qu’aux congrégations et ordres religieux.

En vertu de son privilège d’extraterritorialité, l’IOR n’est pas tenue de respecter les normes financières en vigueur pour les établissements italiens et européens. Cette particularité facilitait les transferts financiers à destination d’institutions religieuses, notamment dans des pays aux gouvernements hostiles à l’ Eglise.

Mais elle pourrait permettre en raison de ce statut, des transferts inavouables, par exemple, dans les années 1980, à la suite de la faillite de la banque Ambrosiano. Sans bruit et avec une grande lucidité, Benoît XVI a, à de nombreuses reprises, exigé la mise en place d’une réelle transparence financière mettant le Vatican au niveau des autres pays occidentaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Et le Conseil de l’Europe a reconnu, en juillet 2012, les efforts considérables réalisés.

La vigilance de la Banque d’Italie sur les terminaux de paiement électroniques du territoire du Vatican a été éveillée lors d’une inspection de routine en 2010. Depuis plusieurs années, aucune autorisation n’avait été demandée à cet effet. Et lorsque, en 2012, elle a été formulée, la Banque l'a refusée, toujours en raison de ce caractère « extra-communautaire ».

Paradoxalement, en interdisant de fait les paiements électroniques, la Banque centrale italienne semble accroître les flux en liquide, par définition non traçables. Il y a donc, derrière cette mesure, d’autres signes à interpréter.

Il ne suffira probablement pas au Vatican de changer de banque partenaire ou de prestataire électronique pour apaiser la méfiance, feinte ou réelle, de la banque d’Italie. (source : AP)

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