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du 15 au 18 novembre 2015 (semaine 47)
 


- 18 novembre
2015 -
LA PROXIMITÉ À VIVRE AVEC NOS FRÈRES

" Nous sommes à l’heure de la 'différence réconciliatrice' entre luthériens et catholiques", a lancé le Pape, dans la soirée du 15 novembre, lors d’une rencontre à l’église évangélique luthérienne de Rome.

Le Pape avait préparé son homélie, en fait il a prononcé son allocution d’abondance du cœur. Il avait été accueilli par de nombreux fidèles luthériens et un discours d’accueil du pasteur Jens-Martin Kruse, dans une cérémonie sobre et chaleureuse.

Après la lecture de l’Evangile, délaissant son texte préparé, il a entièrement improvisé son homélie.

" Mais nous, luthériens et catholiques, s’est-il exclamé, il y a eu des temps durs entre nous, n'est-ce pas ?". "Je pense aux persécutions entre nous qui avons le même baptême", a-t-il poursuivi, avant d’inviter à se "demander pardon pour le scandale de la division".

" Car tous, luthériens et catholiques, nous avons à faire ce choix, pas un autre: le choix du service, d’être le serviteur du Seigneur".

Et d’inviter à être des "serviteurs de l’unité", à "cheminer ensemble, travailler ensemble pour les pauvres". Bien que les dogmes luthériens et catholiques soient "différents", l’heure de la "différence réconciliatrice" est arrivée, a conclu le pape.

Au début de la rencontre, le Pape François a été invité à répondre librement à plusieurs questions de la part de fidèles luthériens.

Répondant à la question d’une femme engagée auprès des réfugiés, le pape a déploré que "l’égoïsme humain" veuille "se défendre, défendre son propre pouvoir". "Au fond, les murs sont comme un suicide, ils te ferment", a-t-il repris.

Les attentats de Paris. " C’est une mauvaise chose d’avoir le cœur fermé, et nous le voyons aujourd’hui, dans ce drame", a-t-il ajouté en référence aux attentats de Paris: "Le nom de Dieu aussi est utilisé pour fermer le cœur". Alors, a-t-il conseillé, il faut "parler clair, prier parce que la prière est forte, et servir".

Une autre question, déroutante de simplicité, a été posée par un petit garçon: "Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait d’être pape ?". Après avoir ri de bon cœur, a expliqué qu’il aimait "faire le pape avec le style du curé, du service", en allant visiter des malades, parler avec des personnes "désespérées", et surtout en allant visiter des prisons.

"A chaque fois, je me demande: ‘pourquoi eux, et moi, non ?’ Je sens alors le salut de Jésus Christ, a-t-il confié. C’est lui qui m’a sauvé, je ne suis pas moins pêcheur qu’eux". "Si un pape ne fait pas l’évêque ou le curé, le pasteur, il sera certainement très intelligent, important, il aura beaucoup d’influence dans la société. Mais je pense… que dans son cœur, il n’est pas heureux".

Une autre femme issue de la communauté évangélique luthérienne, mariée à un catholique, lui a demandé ce qu’elle pouvait faire pour pouvoir communier avec son époux. Visiblement gêné par cette question, le Pape a d’abord répondu par une boutade suscitant les rires de l’assemblée: " Il m'est très difficile de répondre, surtout devant un théologien comme le cardinal Kasper (présent à la rencontre, ndlr), j’ai peur !".

" N’avons-nous pas le même baptême ?, s’est-t-il ensuite interrogé. Et si nous avons le même baptême, nous devons cheminer ensemble". " C’est une question à laquelle chacun doit répondre personnellement, en étant sincère avec lui-même.

" La vie est plus grande que les explications et interprétations" sur le sens à donner à la communion eucharistique, a-t-il ajouté.

Le chef de l’Eglise catholique a cependant refusé de donner une réponse qui tranche: "Je ne peux vous donner le permis de faire cela, ce n’est pas ma compétence. Mais nous avons un baptême, un Seigneur, une foi. Parlez avec le Seigneur et avancez. Je ne saurais dire plus".

Dans son homélie écrite, il déclare : "

« Nous serons jugés sur la base de la proximité que nous manifestons à notre frère dans sa situation réelle, dans sa condition de vie »,... « Si nous voulons que l’œcuménisme ait un avenir, il nous faut absolument partir des préoccupations et des problèmes de l’homme aujourd’hui ».... « Un autre aspect très important pour avancer vers l’unité est de retrouver toute la richesse de la prière commune », ajoute le P

Rappelons que le Le 18 décembre 2014, le Pape avait reçu au Vatican une délégation de l'Eglise luthérienne allemande conduite par l'évêque Gerhard Ulrich. Il avait prononcé un discours en allemand. (source
: cath.ch)

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