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du 14 au 16 janvier 2016 (semaine 02)
 


- 16 janvier
2016- Inde
DES LIBERTÉS RELIGIEUSES EN DANGER

En Inde, l’année 2015 a été émaillée d’incidents visant la communauté chrétienne, et même si leur intensité n’égale pas les violences de 2008, elle inquiète John Dayal, l'ancien président de l’organisation "All India Catholic Union"

En 2008 en effet 38 chrétiens avaient été tués et plusieurs milliers avaient dû fuir l’Etat de l’Orissa. "All India Catholic Union" (AICU) milite depuis quarante ans pour la défense des droits de l’homme dans le sous-continent indien.

Un radicalisme hindou suscite une vague de tweets haineux de la part d’extrémistes, et de nombreuses menaces. Et ces menaces pourraient prendre une tournure dramatique.

L ’Eglise catholique en Inde subit une pression constante de la part du gouvernement. Dans un contexte où les incidents visant la communauté chrétienne sont nombreux, l’Eglise a peur et est divisée.

Elle est composée de petites paroisses, qui doivent répondre à des débats et des enjeux divers et variés: les chrétiens du sud de l’Inde, les dalits (les ex-"intouchables"), les adivasi (populations aborigènes), etc. Les questions liées à la liberté religieuse passent au second plan. Personne n’a le temps de trouver, collectivement, une réponse adéquate à la menace globale qui pèse sur la minorité chrétienne en Inde.

Il y a un proverbe en hindi: "Aujourd’hui le boucher (le musulman); demain le chrétien". Quand la population sera radicalisée au point de trouver acceptable de massacrer un musulman qui a consommé de la viande de bœuf, alors notre tour viendra", fait remarquer John Dayal..

Nos équipes recensent trois à quatre événements antichrétiens par jour, et ce dans tous les Etats de l’Inde. Dans la majorité des cas, ce sont des membres du RSS qui portent plainte contre des chrétiens et la police se fait complice.
Les forces de l’ordre sont presque entièrement composées d’hindous.

Dans l’Etat d’Uttar Pradesh, le musulman Mohammad Akhlaq a été lynché par ses voisins hindous, accusé à tort d’avoir consommé de la viande de bœuf, la vache étant considéré comme un animal sacré par les hindous.

John Dayal fait aussi état d'un projet de loi du BJP visant à interdire les conversions en Inde." Actuellement il est illégal d’user de la force pour convertir quelqu’un. Mais nous ne sommes qu’une petite communauté. Dans le village, le prêtre, ou le pasteur, est seul, isolé, et il n’est en aucun cas en position de force.

" Il est possible qu’en écoutant les psaumes, certains hindous se sentent attirés par la foi chrétienne. Mais cette décision relève d’un choix individuel. Pourtant, la liberté religieuse est en danger, comme le sont d’autres libertés. La raison en est que ceux qui veulent interdire aux hindous de se convertir à une autre religion sont au pouvoir et détiennent la majorité dans les Assemblées législatives.

Dans un autre domaine, il existe une autre difficulté.Le gouvernement n’agit pas de la même manière avec tous. Il ne donne pas de visas aux missionnaires chrétiens étrangers, même si les missionnaires ne constituent en aucun cas une menace sérieuse. Les missionnaires "blancs" sans visa missionnaire ne représentent que 1 % des missionnaires présents en Inde.

Un autre problème vient des dalits qui sont toujours une réalité en Inde et l'un des grands combats est de défendre les dalits convertis au christianisme.

Par ailleurs la division de la communauté chrétienne, si elle est une richesse peut devenir un handicap . " Je suis catholique, dit John Dayal, ma femme est de tradition syrienne, et je travaille avec un baptiste. C’est une force mais aussi une faiblesse, en raison de la dispersion linguistique, théologique et démographique.

Le gouvernement actuel de M. Narendra Modi n’a jamais caché ses intentions. Son agenda est de créer une nation hindoue. Il s’agit notamment d’"hindouiser" les populations et la stratégie de ce gouvernement est de faire de l’Inde une théocratie culturellement homogène. (source
: Mepasie)

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