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- 20 janvier 2016
-Japon
L'EGLISE ET LES FEMMES DE RÉCONFORT

Pour les catholiques engagés auprès des "femmes de réconfort", l’accord signé en leur nom avec le Japon "est inacceptable", a déclaré Theresa Kim Sun-shil, laïque catholique et co-présidente du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort".

Pour les associations de défense sud-coréennes des anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise, ce sont essentiellement les intérêts politiques qui ont été pris en compte.

Le terme de "femmes de réconfort", un euphémisme établi par les Japonais, désigne les femmes victimes du système d’esclavage sexuel organisé dans des camps militaires japonais pendant les années 1937-1945. Alors qu’elles pensaient travailler dans des usines, ces femmes, principalement coréennes et très souvent mineures, étaient placées dans des "maisons de confort", et mises "au service" de l’armée japonaise. Les historiens estiment leur nombre à 200.000.

Selon le ministre des Affaires étrangères nippon, cette fondation servira à restaurer l’honneur et la dignité de toutes les anciennes femmes de réconfort, et à soigner leurs blessures psychologiques. Les deux pays s’engagent également à ne pas se critiquer ou s’accuser sur cette question, au plan international.

Pour Mgr Lazzaro You Heong-sik, évêque de Daejeon, président de la Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence épiscopale, l’accord n’a pas été conclu en fonction des intérêts des victimes mais seulement pour répondre aux besoins des gouvernements concernés.

"Si cet accord avait été conclu au nom des droits de l’homme pour réhabiliter l’honneur et la réputation de ces femmes brisées, aujourd’hui, elles seraient heureuses et soulagées, mais ce n’est pas le cas. Elles sont affligées et bouleversées".

L’Eglise catholique en Corée du Sud s'est engagée depuis des années dans un travail de réconciliation et de pardon réciproques avec l’Eglise catholique au Japon.

Theresa Kim Sun-shil, laïque catholique et co-présidente du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort" a souligné qu’en attribuant au gouvernement sud-coréen la propriété et la gestion de la fondation de compensation, le gouvernement japonais s’exonérait de facto de ses propres responsabilités. Pour l’association, "l’attitude floue et incomplète du gouvernement sud-coréen dans cet accord est très choquante".

Theresa Kim Sun-shil estime que le Japon devait adresser une demande de pardon officiel et assumer ses responsabilités juridiques", s’indigne-t-elle. C’est, en effet, lors d’un simple entretien téléphonique avec la présidente sud-coréenne et non à l’occasion d’une déclaration officielle que le Premier ministre japonais Abe Shinzo at présenté "ses excuses et ses remords sincères", le 28 décembre dernier.

Pour Séoul, le dossier des "femmes de réconfort" était le principal obstacle à l’amélioration de ses relations avec le Japon. Pour être définitif, le texte de l’accord devra encore être soumis aux deux gouvernements respectifs, ce qui ne sera pas facile compte tenu des élections à venir en 2016, dans les deux pays. (source
: Mepasie)

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