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du 24 au 27 janvier 2016 (semaine 04)
 


- 27 janvier
2016-
LE NON DU GRAND RABBIN DE ROME


" Nous n’accueillons pas le Pape pour discuter de théologie. Chaque système est autonome, la foi n’est pas un objet d’échange et de négociations politiques", déclare le grand rabbin de Rome le 17 janvier lors de sa rencontre avec le Pape.

C’était un "non" préventif, parce que, tout de suite après, le Papa a pris la parole. Et c’est en vain que, dans son discours, le Pape a proposé aux juifs de procéder ensemble à un approfondissement théologique du rapport entre le judaïsme et l’Église. Cette proposition que le rabbin Di Segni avait déjà refusée.

Afin de motiver sa proposition de dialogue théologique François a cité deux documents.

Le premier est la déclaration "Nostra ætate" du concile Vatican II, qui – a-t-il dit – " a défini théologiquement pour la première fois, de manière explicite, les relations de l’Église catholique avec le judaïsme", sans, bien évidemment, résoudre tous les problèmes mais en "fournissant une stimulation très importante pour des réflexions supplémentaires nécessaires".

Le second document cité avait été publié le 15 décembre 2015 par la Commission vaticane pour les relations religieuses avec le judaïsme, document qui – a déclaré le pape – "aborde les questions théologiques ayant émergé au cours des décennies qui ont suivi la promulgation de 'Nostra ætate'".

Et le Pape précise :"La dimension théologique du dialogue entre juifs et catholiques mérite d’être toujours plus approfondie, et je désire encourager tous ceux qui sont engagés dans ce dialogue à continuer dans ce sens, avec discernement et persévérance.

" D’un point de vue théologique, précisément, le lien indéfectible qui unit les chrétiens et les juifs apparaît clairement. Les chrétiens, pour se comprendre eux-mêmes, ne peuvent pas ne pas faire référence aux racines juives, et l’Église, bien que professant le salut à travers la foi en Jésus-Christ, reconnaît l’irrévocabilité de l’Ancienne Alliance et l’amour constant et fidèle de Dieu pour Israël".

En s’exprimant de cette façon, le Pape se place pleinement dans la continuité de ses prédécesseurs, en particulier Benoît XVI. Ce dernier a certes refusé de faire de la foi un objet de dialogue entre le christianisme et les autres religions, mais il a toujours reconnu qu’il y a, entre le christianisme et le judaïsme, une relation unique, très spéciale, qui rend non seulement possible mais même nécessaire un dialogue commun, y compris au plan théologique.

Le document du 15 décembre dernier se présente non pas comme "un document magistériel ou un enseignement doctrinal de l’Église catholique" mais simplement "comme point de départ d’un approfondissement de la pensée théologique destiné à enrichir et à intensifier la dimension théologique du dialogue juif-catholique".

Ce discours théologique, en revanche, a été reporté à plus tard de manière explicite par le monde juif, au nom de l’invitation à des pratiques, des actions, des projets communs, comme le grand rabbin Segni a tenu à le souligner. Reporté à plus tard, peut-être, mais pas abandonné. (source
: Chiesa)

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