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du 8 au 13 août 2016 (semaine 32)
 


- 13 août 2016 -
Chine
AU COEUR DES DÉSACCORDS ENTRE PÉKIN ET LE SAINT-SIÈGE

Dans l'hebdomadaire de son diocèse, le cardinal John Tong Hon, évêque de Hong Kong, confirme que le gouvernement chinois « est maintenant prêt à parvenir à un accord avec le Saint-Siège sur la question de la nomination des évêques.

Le texte, rapporté par "America Magazine," a été publié en chinois, anglais et italien.C'est une des questions délicates qui sont au cœur des désaccords entre Rome et Pékin, qui n’ont plus de relations diplomatiques officielles depuis 1951.

Dans ce contexte, le cardinal assure aussi que le Pape n’acceptera aucun accord qui nuirait à l’intégrité de la foi ou à la communion dans l’Eglise catholique.

Depuis l’expulsion du représentant pontifical en 1951 par le régime communiste, note le cardinal qui est spécialisé dans l’histoire de l’Eglise en Chine, « l’unité entre l’Eglise catholique en Chine et l’Eglise universelle est devenue de plus en plus difficile ».

Mais « heureusement, ajoute-t-il, après avoir travaillé pendant des années sur ce problème, l’Eglise catholique a progressivement gagné la reconsidération du gouvernement chinois, qui est maintenant prêt à parvenir à un accord avec le Saint-Siège sur la question de la nomination des évêques dans l’Eglise catholique en Chine et recherche un projet mutuellement acceptable pour l'Église.».

Cet accord, explique le cardinal Tong, tiendra compte de « ne pas nuire à l’unité de l’Eglise catholique et au droit essentiel du pontife romain de nommer les évêques » et d’éviter que « le droit du Pape de nommer les évêques soit considéré comme une interférence dans les affaires internes de la Chine ».

Le cardinal note que « beaucoup de personnes en Chine et sur la scène internationale », tout en « se réjouissant que l’effort des derniers papes ait finalement atteint quelque résultat préliminaire », sont « inquiètes ». « Bien que les termes concrets de l’accord mutuel n’aient pas été rendus publics, assure-t-il cependant, nous croyons que le pape François, en tant que protecteur de l’unité et de la communion de l’Eglise universelle, n’accepterait aucun accord qui nuirait à l’intégrité de la foi de l’Eglise universelle ou à la communion entre l’Eglise catholique en Chine et l’Eglise universelle ».

Dans ce long article, le cardinal, qui est aussi consulteur de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, fait le point sur de nombreuses questions, « afin d’éviter tout malentendu inutile ». Parmi ces questions : la situation des évêques « illégitimes » non reconnus par le Vatican, celle des évêques « clandestins » non reconnus par Pékin, et celle de la Conférence épiscopale du pays.

Le dialogue entre la Chine et le Vatican se poursuit. Les discussions s’approfondissent sur l’accord initial annoncé en février dernier sur le délicat sujet de la nomination des évêques en Chine. Un accord final sur le sujet se fera sans trahir les fondements de l’Église : « Une, sainte, catholique et apostolique » et sans abandonner ni sacrifier les fidèles et prêtres de l’Église clandestine de Chine.

C’est en substance ce que le cardinal de Hong Kong, Mgr John Tong a écrit dans un long texte intitulé « Communion de l’Église de Chine avec l’Église universelle » publié dans les éditions du week-end de l’hebdomadaire catholique diocésain Kung Kao Po.Tous les détails de ce texte commun ne sont pas encore définitivement fixés.

La situation de l’Église de Chine étant d’une grande complexité, certaines situations diocésaines demandent un traitement particulier. Ainsi on ne sait pas clairement quel pourra être le destin de certains évêques souterrains déjà reconnus par Rome mais non par Pékin. À l’inverse, l’accord ne dit rien sur l’avenir des évêques illégitimes élus par Pékin et que Rome ne reconnaît pas. Enfin, on ne sait pas ce qu’il pourrait advenir si aucun des noms proposés par Pékin n’est acceptable pour le Pape

Devant ces informations, le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong, Kong, se montre méfiant à l’égard de Pékin selon son habitude.

Très bien informé sur l’évolution du dialogue entre Rome et Pékin, le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong, Kong, s’est toujours montré très réservé sinon très critique à l’égard du moindre accord signé avec un « État athée » comme il l’a écrit sur son blog en décembre 2015.

À ses yeux, on ne peut pas faire confiance au régime communiste de Pékin et il redoute qu’une reprise des relations diplomatiques entre Rome et Pékin ne se fasse qu’en sacrifiant certains dogmes et les nombreux fidèles, prêtres et évêques de l’Église souterraine chinoise qui n’a jamais voulu faire le moindre compromis avec le régime.

De fait on peut analyser le long texte du cardinal Tong comme une volonté de confirmer un certain rapprochement avec Pékin à travers un dialogue renoué. En même temps il tient à rassurer les plus réticents et les plus suspicieux qui ne feront jamais confiance à Pékin. (source : Mepasie)

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