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du 14 au 17 août 2016 (semaine 32-33)
 


- 17 août 2016
- Sénégal
LA LAÏCITÉ AU COEUR D'UNE RÉUNION INTERRELIGIEUSE

Des universitaires, des hommes politiques, des religieux, des chercheurs, des journalistes, des juristes, des économistes,
ont fait le point sur la “laïcité au Sénégal”, pays où la population est musulmane à plus de 90%, d’obédience soufie.

La rencontre, qui s’est tenue en fin de semaine à Dakar, a appelé à promouvoir le dialogue autour de la notion de laïcité, à l’initiative de la “Refondation nationale”, une organisation née sur Facebook, en mai 2014. Elle a pour but d’approfondir et de recentrer les débats nationaux autour de questions d’intérêt général.

La Constitution du Sénégal reconnait “l’attachement à des valeurs socioculturelles endogènes”, mais il y a la nécessité de clarifier la notion de laïcité qui y est inscrite, sans être clairement définie.

“ Il y a des éléments d’une solution sénégalaise au vivre ensemble, qui implique le devoir de garantir la liberté d’expression des croyances”, ont-ils indiqué, soulignant à ce sujet la nécessité de la neutralité dans le traitement des croyances de toutes les communautés religieuses.

Pour la table-ronde de Dakar, “la cohabitation interreligieuse à la sénégalaise, même si elle n’est pas parfaite, est un bon exemple”. Il faut néanmoins “socialiser les débats sur la question du vivre-ensemble”, renouveler les contenus d’enseignement à l’école, et promouvoir des consensus autour des questions d’ordre religieux.

“ La laïcité commence avec la reconnaissance de cette vérité: l’autre existe!”. La laïcité n’est pas l’organisation de combats contre les religions et la mobilisation de l’énergie spirituelle pourrait être une clé pour le développement du pays où la religion a toujours été au cœur du débat du public. “Le Coran reconnaît à l’individu le droit de ne croire en rien”. a-t-il conclu.

Pour l’abbé Vivien Nadiack, curé à Dakar, et représentant l’Eglise catholique, “la laïcité est une collaboration entre tous les cultes et l’Etat, entre toutes les religions et l’Etat”. Et de souligner que l’Eglise promeut une défense de la laïcité contre le laïcisme.

Penda Mbow, historienne et enseignante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a déploré “une volonté de pouvoir et de domination” religieuses au Sénégal. “Notre Etat (l’Etat du Sénégal) est accaparé par les logiques maçonniques et par les logiques confrériques. (…).

Le consensus sénégalais s’est construit à partir du fait qu’on n’impose pas une religion”, alors que son collègue historien, Babacar Diop, de la même Université, a estimé que ce qu’il faut, en matière de laïcité, “c’est respecter, être ouvert vis-à-vis de toutes les sensibilités.

... Ce qu’on doit combattre, ce sont ces individus et groupes d’individus qui organisent des réunions dites religieuses toute la nuit, empêchant les autres de dormir”, a-t-il fustigé, en référence aux chants religieux organisés dans les quartiers de Dakar, par les adeptes de confréries religieuses.

. “Au Sénégal, il y a une contradiction entre ce qui est écrit dans la Constitution et la pratique. Quand on voit les hommes politiques aller se prosterner devant les chefs religieux, et ces derniers intervenir régulièrement dans le débat public, on se demande où est la laïcité? C’est la Constitution qui est en porte-en-faux avec la réalité du pays”. (source
: Allafrica)

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