- 28 août 2016 - Ghana
L'ÉGLISE ET LES CONSÉQUENCES DE L'ACCAPAREMENT DES TERRES
" Caritas Ghana" et la Conférence épiscopale locale ont ouvert à Accra le 23 août un forum sur le thème « Démasquer l’accaparement des terres, rétablir les conditions de vie et ouvrir la route aux objectifs de développement durable ».
Au cours des travaux, ont été discutés et étudiés les résultats d’une recherche de six mois réalisée par Caritas Ghana en collaboration avec le" Centre for Indigenous Knowledge on Development" et" l’Africa Faith and Justice Network" .
Dans son rapport au forum, le Père Aniedi Okure, Directeur exécutif de l’Africa Faith and Justice Network, rappelle que l’Afrique est le continent le plus visé par les acquisitions de terrains à grande échelle.
« Plus de 10 millions d’hectares, en majeure partie dans les pays d’Afrique orientale et occidentale, ont été achetés par des investisseurs du Proche-Orient à la recherche de lieux de production de nourriture et de fourrage, par des investisseurs britanniques et provenant de Chine et d’Asie en vue de la production de carburants biologiques, par des sociétés privées en vue de la production de sucre, de riz, de caoutchouc, d’huile de palme etc. ainsi que pour des pâturages ».
Les conséquences pour les communautés locales sont lourdes dans la mesure où les terrains achetés par les investisseurs étrangers étaient, très souvent, des terres communautaires utilisées pour la culture des céréales destinées à la consommation locale.
En outre, ces terrains en grande partie le long des cours d’eau et sont parmi les plus fertiles, se trouvant par ailleurs dans des zones densément peuplées où il est facile de recruter des travailleurs au salaire minimum afin de produire des céréales et d'autres productions destinés non pas à la consommation locale mais à l’exportation.
Par conséquent, les populations locales perdent leur autosuffisance alimentaire, devenant dépendantes des salaires offerts par les investisseurs étrangers qui, souligne le Père Okure, ont à l’esprit leurs propres intérêts et non pas ceux des populations locales, bien qu’ils promettent souvent d’apporter le développement et affirment travailler pour le bien des communautés locales.
Le P. Okure constate que l’accaparement des terrains provoque déjà des conflits même entre les communautés locales qui voient se restreindre leurs espaces vitaux. Par exemple dans une zone de Sierra Leone une communauté qui a vendu ses terres communes à des investisseurs étrangers n’a désormais pas même l’espace nécessaire à la sépulture de ses membres, ayant dû, pour l’assurer, envahir les terrains d’une communauté limitrophe, causant des tensions avec ses voisins. (source : Fides)
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