- 28 août 2016 - Colombie
UN ACCORD HISTORIQUE
Il a fallu près de quatre ans de négociations, entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), pour finalement parvenir à un accord de paix, scellé mercredi à Cuba.
Cet accord sur les six points de l'agenda des pourparlers est destiné à « mettre définitivement fin à un conflit armé de plus de 50 ans », indique le texte signé par les négociateurs.
Il marque aussi la clôture officielle des pourparlers menés depuis novembre 2012 à La Havane, sous l'égide de l'Église, de Cuba et de la Norvège. Ce contrat pourrait enfin mettre un terme à un conflit qui a fait des centaines de milliers de victimes.
Les parties se sont entendues sur « un accord final, intégral et définitif », qui devra être soumis à un référendum, le 2 octobre prochain, avant d'entrer en vigueur.
A Washington, la Maison Blanche a annoncé que le président Barack Obama avait appelé son homologue colombien pour le féliciter en ce « jour historique ». Les Etats-Unis financent depuis février un plan de paix de 450 millions de dollars en Colombie
Un dénouement favorable était attendu depuis le 23 juin dernier, lorsque la guérilla marxiste et le gouvernement ont conclu un accord portant sur un cessez-le-feu bilatéral et définitif et sur le désarmement des Farc.
Dans un parc du nord de la capitale, plusieurs centaines de Colombiens ont suivi l'annonce sur écran géant. Les ballons imprimés d'un « Oui » rappelaient le mot d'ordre des partisans de l'accord dans la perspective du référendum.
Ce n'est pas la paix, c'est un pas vers la paix, mais cela va unir un pays qui en avait grand besoin». Le conflit entre Bogota et les Farc a officiellement fait 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.
Selon le protocole établi, le désarmement des Farc devra être bouclé en 180 jours.
Les deux parties se sont aussi mises d'accord sur la façon de juger les militaires et rebelles accusés des crimes les plus graves. Une amnistie est prévue pour ceux ayant commis des actes moins graves comme la rébellion ou le port illégal d'armes.
En vue du référendum, de récents sondages indiquent que le « oui » devrait l'emporter, mais une forte opposition se fait entendre, dans le sillage de l'ex-président (2002-2010) Alvaro Uribe, principal opposant aux pourparlers.
L’Église est largement engagée dans le processus de réconciliation nationale qui passe par la prise en compte de la souffrance des victimes et le respect de leur droit à la vérité », avait déclaré Mgr Hector Fabio Henao Gaviria, directeur de la "Caritas Colombie" et partie prenante des négociations, lors de son passage à Paris en mars.
Mais elle laisse les uns et les autres devant leur conscience, sans parler de demander un "oui" aux électeurs.
Si cette paix se concrétise, elle ne signifiera pas pour autant la fin immédiate des conflits en Colombie, où la seconde guérilla du pays, l'Armée de libération nationale (ELN) et ses bandes criminelles continuent de défier le gouvernement. Mais l'espoir est permis avec ces avancées d'autant que depuis quelques mois l'on parle de pourparlers de paix entre Bogota et l'ELN.
Un jésuite colombien Francisco De Roux, impliqué de longue date dans les pourparlers avec les guérillas, s’est proposé en échange de la libération d’un parlementaire retenu en otage depuis plusieurs mois. (source : ACIprensa)I
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