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du 25 au 28 août 2016 (semaine 34)
 


- 28 août 2016
- Italie
IL AVAIT FUI BOKO HARAM, EN ITALIE IL EST BATTU A MORT-

Un réfugié catholique nigérian, sauvé des persécutions des djihadistes de Boko Haram, a été battu à mort, le 6 juillet en Italie, par un agriculteur italien lié à l’extrême droite. Le migrant avait défendu sa femme, traitée de “guenon africaine”.

Emmanuel Chidi Namdi et sa femme, Chinyery, avaient surmonté de terribles épreuves pour atteindre l’Italie., rapporte le site d’information catholique américain Crux. La secte islamiste Boko Haram, avait bombardé l’église de leur village, au nord du Nigeria, tué leurs parents et leur fille.

Ils avaient survécu à la traversée du désert nigérien, à la violence des milices et des trafiquants libyens et à ce que le pape François appelle “le cimetière” de la Méditerranée. L’enfant que Chinyery portait dans son ventre au moment de leur départ n’a cependant pas survécu à cette odyssée. Le couple était arrivé malgré tout à Fermo en septembre dernier. Ils y avaient trouvé asile, avec 124 autres migrants, dans le séminaire de l’archidiocèse.

Ils espéraient que l’Italie, ce pays très majoritairement catholique, serait pour eux un refuge sûr. Ils s’étaient mariés religieusement, dans l’église du Père Albanesi, à Fermo.

Namdi est décédé à l’hôpital, après avoir été agressé par Amedeo Mancini, un agriculteur de la région, qui a bousculé sa femme et l'a jetée au sol, son conjoint a tenté de la défendre. C'est alors que Amedeo Mancini a saisi un panneau de signalisation routière, avec lequel il a lourdement frappé le migrant.

Le Père Albanesi craint que le meurtre de Namdi ne devienne pas un cas isolé, mais le signe d’une xénophobie en croissance dans la région de Fermo et en Italie, où des milliers de migrants arrivent chaque jour. Les craintes du prêtre sont étayées par de nombreux autres cas, note "Crux".

De février à mai 2016, quatre bombes artisanales ont, par exemple, explosé à proximité des églises de Fermo dont les paroisses s’occupent de réfugiés. Personne n’a été blessé et les dégâts ont été très légers. Mais, selon le Père Albanesi, ces actes proviennent de la même “matrice de racisme” que celle qui a tué Namdi.

Après le meurtre, une foule de fidèles s’est rassemblée à l’endroit de la tragédie et a prié pour la victime. Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, qui connaît personnellement le Père Albanesi, lui a téléphoné pour lui exprimer sa solidarité, ainsi que celle du gouvernement. (source : cath.ch)

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