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du 1 au 4 décembre 2016 (semaine 48)
 


- 4 décembre 2016
- Cuba
L'EGLISE ATTEND DES ASSOUPLISSEMENTS

Après la mort de Fidel Castro, les responsables de l’Église catholique à Cuba espèrent que leurs demandes pourront aboutir en matière d’éducation, dans le champ des médias, la construction d’églises et l’accueil de prêtres étrangers.

La mort de Fidel Castro changera sans doute quelque chose pour l’Église catholique mais pas fondamentalement dans la mesure où l'évolution est déjà en cours depuis que son demi-frère Raul est au pouvoir . Toutefois, les attentes des catholiques sont grandes, dans plusieurs domaines : ouvrir des établissements privés, avoir ses propres médias, faire venir des prêtres de l’étranger et construire des églises, en particulier.

Ainsi, dans le domaine éducatif, « la dernière déclaration qui a fait du bruit est celle de Mgr Juan Garcia qui a exprimé récemment le désir de l’Église de participer à l’éducation »..

En 1961 en effet, après la tentative de débarquement dans la baie des Cochons, Fidel Castro fit interdire toutes les écoles catholiques. L’année précédente, alors que les évêques appuyaient les réformes sociales mais rejetaient le virage marxiste du régime, il avait interdit les journaux catholiques.

Or l’Église catholique attend depuis longtemps de pouvoir rouvrir des écoles et y enseigner la religion chrétienne. « C’est une de nos plus grandes attentes », souligne Janette Habel, chercheuse à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. « Le gouvernement cubain ne veut pas d’enseignement privé, de quelque nature qu’il soit », insiste la chercheuse.

L’Église cubaine souhaiterait aussi posséder ses propres médias, sites Web et radios, même si quelques journaux chrétiens de qualité existent déjà, tels "Espacio laical". Longtemps parrainée par Carlos Manuel de Cespedes (l’ancien secrétaire général de la conférence des évêques de Cuba, décédé en 2014), cette revue a été, fait remarquer Janette Habel, « une des seules publications indépendantes du gouvernement

Certes les prêtres sont moins surveillés désormais, et davantage toléré en raison de la population». Pourtant, ils restent confrontés à toutes sortes de difficultés administratives. Ainsi, faire venir de l’étranger des bibles, des livres de chants ou des manuels de catéchisme reste très compliqué. Il y a toujours plein de formalités, et chaque arrivage de missels et de calendriers est vérifié « carton par carton ».

Quant à l’accès à la propriété, c’est là aussi toujours très long et très complexe. Depuis la construction à La Havane du séminaire interdiocésain Saint-Charles inauguré en novembre 2010, un seul permis de construire a été accordé, pour une église, en banlieue de la capitale. Ce sont de toutes petites avancées, très, très lentes.

Le rôle de l’Église est implicitement reconnu dans tous les secteurs sociaux, notamment auprès des personnes âgées (le vieillissement de la population est un phénomène majeur dans ce pays de 11,2 millions d’habitants où le taux de natalité est l’un des plus bas du continent sud-américain), des personnes handicapées et des personnes à la rue.

Depuis les années 1990, l’État castriste s’est désengagé du service aux personnes », estimait en 2015 Maritza Sanchez, directrice de la "Caritas Cubana". Et c’est principalement l’Église qui pallie les carences gouvernementales. (source
: Fides)

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