- 4 décembre 2016 - France
LE PATRIARCHE KIRILL A PARIS POUR LA CONSECRATION DE LA CATHEDRALE ORTHODOXE
Le Patriarche de Moscou est à Paris pour trois jours durant lesquels, le 4 décembre, il consacrera la cathédrale de la SainteTrinité qui vient d'être édifiée sur les bords de la Seine, non loin de la Tour Eiffel
Cette cérémonie liturgique
aurait dû avoir lieu fin octobre en présence de Vladimir Poutine, mais la guerre en Syrie et les tensions diplomatiques entre Paris et Moscou en ont décidé autrement.
L'ensemble inauguré ces jours-ci se compose de quatre bâtiments conçus pour entrer en résonnance aussi bien entre eux qu’avec les bâtiments alentour, constituant ainsi un ensemble harmonieux et intégré au tissu urbain existant :
• Un centre culturel (bâtiment Branly), comprenant deux salles d’exposition
• La cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité ;
• Un centre administratif (bâtiment Rapp), comprenant un auditorium de 209 places et son foyer, des bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie en France ainsi que des appartements pour les employés du centre ;
• Un pôle éducatif (bâtiment Université) qui pourra accueillir jusqu’à 150 élèves (enfants et adultes), comprenant des salles de classe et des ateliers, une bibliothèque et une cour avec un préau.
Elle sera donc le témoignage du renouveau spirituel de l'Eglise, et du renouveau culturel de l'actuelle Russie un temps marquée par les avatars de la Révotlution bolchevique.
Cet ensemble pris en charge
par le Kremlin permet à l'Eglis russe de partager la présence russe au coeur de l'Europe, car des constructions similaires sont ou seront à Berlin, en Espagne, et dans d'autres pays, vitrine prestigieuse en Occident, lieu d'où rayonnera la culture séculaire de la Russie, mais aussi lieu où des milliers d'étudiants pourront s'insérer dans l'évolution actuelle de l'Occident.
Cette Église, dont les têtes pensantes avaient fui la révolution bolchevique au moment où l'empire était détruit dans les années de la Révolution, qui s'était libérée du pouvoir de l'empereur qui avait supprimé les instances patriarcales, lesquelles furent rétablies en 1917 avant d'être persécutée par le bolchevisme et le stalinisme.
En France,
depuis leur exil parisien, elle participera à l’essor d’une riche tradition œcuménique autour de l’Institut Saint-Serge et de la Cathédrale saint Alexandre Nevski.
Fils et petit-fils de prêtres morts au goulag, l'actuel patriarche Kirill s’est donné pour tâche de la ramener au premier plan, d’abord comme responsable des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, à partir de 1978 quand il vint en France s'initier à la vitalité de institutions ecclésiales françaises, puis comme Patriarche depuis 2008.
Sous sa houlette et avec l’appui du Kremlin, l’Église russe connait un essor spectaculaire. Dernière institution à couvrir le territoire de l’ex-URSS, elle a triplé le nombre de ses diocèses. Des centaines d’églises et de monastères sont construits ou rouverts chaque année.
Moscou a aussi ramené dans son giron la quasi-totalité des Églises russes hors frontières – États-Unis, Amérique latine, Asie – qui s’étaient séparées d’elle durant la guerre froide. Le développement de la présence russe orthodoxe en Chine, en Afrique, mais aussi au Proche-Orient sert d’autant mieux l’influence russe que les paroisses deviennent de véritables délégations culturelles.
Sa récente rencontre avec le Pape François confère à Kirill une stature de leader religieux planétaire, en mesure de disputer au patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomeos, son leadership sur l’orthodoxie.
Mais la récupération politique est omniprésente. « L’orthodoxie est devenue une idéologie de remplacement », déplore Natalia Likvintseva, au centre d’archives sur l’émigration russe fondé par Soljenitsyne. Pourtant, elle ne se résume pas à des enjeux de pouvoir et de plus en plus de paroisses se mobilisent, sans grands moyens, pour œuvrer localement au service des plus fragiles. » (source : Mospat)
nnbatt
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