Pour vivre au rythme de l'Eglise universelle.
FlashPress - Infocatho
du 13 au 18 décembre 2016 (semaine 50)
 


- 18 décembre 2016
- Pakistan
INTERDICTION DES CONVERSIONS FORCEES asieh

Les autorités de la province du Sind interdisent désormais la conversion forcée des jeunes filles hindoues, une condition souvent imposée lors d'un mariage avec un homme musulman. Au Pakistan, le droit de la famille est géré au plan provincial .
D’après cette nouvelle loi votée à l’unanimité le 22 novembre dernier par l’assemblée législative provinciale, toute personne forçant une mineure à se convertir est passible d’une lourde peine de prison et d’un dédommagement financier à verser à la victime.

« Il est nécessaire de criminaliser les conversions forcées et de protéger ceux qui sont victimes de cette pratique abjecte », précise le texte de la loi. Un délai de 21 jours est également obligatoire avant d’enregistrer toute conversion religieuse.

Pour l’ensemble des minorités, c’est une bonne nouvelle. « Nous saluons ce verdict historique, a ainsi déclaré à l’agence catholique Ucanews le P. Abid Habib, ancien président de la Conférence des supérieurs majeurs du Pakistan.

La situation était très douloureuse pour les familles hindoues ou chrétiennes qui n’avaient plus d’espoir de revoir leurs enfants, une fois enlevées. Les choses on été aggravées par le fait que la police et les tribunaux adoptaient systématiquement le point de vue de la partie musulmane. »

« Mais la loi fonctionnera seulement quand le système judiciaire saura être impartial », a toutefois tempéré le P. Habib.

Ce religieux travaille dans le district de Mirpurkhas où la population est majoritairement hindoue ; il y observe des enlèvements de mineures qui ont lieu dans le contexte des conversions forcées. « De nombreuses familles ont quitté la province en raison de cette injustice », souligne-t-il.

Près d’un millier de jeunes filles issues des communautés hindoues (2,5 % de la population) et des communautés chrétiennes (1,6 %) sont ainsi forcées à la conversion chaque année. Ces chiffres sont inférieurs à la réalité, puisque les familles sont généralement réticentes à porter plainte auprès de la police.

Dans le Sind, les ouvriers agricoles hindous travaillant pour les propriétaires terriens musulmans subissent en particulier ce sort. D’après le "Movement for Solidarity and Peace", une organisation que se bat contre les violences religieuses, les filles forcées aux conversions sont régulièrement battues et violées. Si les familles signalent ces crimes à la police, l’accusé répond généralement que la fille s’est convertie de sa propre volonté.
(source : Mepasie)

Retour aux dépêches
retour à la page d'accueil