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du 13 au 18 décembre 2016 (semaine 50)
 


- 18 décembre 2016
- Bangladesh asie k
APPORTER A L'EGLISE UNIVERSELLE LA RICHESSE DE L'EGLISE LOCALE

C'est ce que demande aux communautés chrétiennes, Mgr Patrick D’Rozario qui est devenu le premier cardinal de l’histoire du Bangladesh, un pays de 160 millions d’habitants principalement de confession musulmane.

A 73 ans, Mgr Patrick D’Rozario fait désormais partie des cardinaux électeurs, en cas de conclave à Rome. Membre de la Congrégation de la Sainte-Croix (congrégation fondée en France, dans la Sarthe, en 1837), il est devenu évêque à l’âge de 46 ans, pour le diocèse de Rajshahi, avant d’être nommé à Chittagong en 1995 puis évêque coadjuteur de Dacca en 2010. Archevêque de Dacca en 2011, il assume également la présidence de la Conférence épiscopale du Bangladesh depuis 2010.

Aujourd’hui, dans un Bangladesh meurtri par une vague d’attaques terroristes, le cardinal D’Rozario entend porter un message de paix, tout en endossant un rôle de défenseur des droits des minorités. Le 9 décembre, il a rencontré le Premier ministre, Mme Sheikh Hasina, avec laquelle il s’est entretenu du projet de visite du pape François au Bangladesh, précisant que ce voyage pourrait prendre place à la fin de l’année 2017.

Depuis son évêché de Dacca, le cardinal D’Rozario a été interviewé au téléphone par Vanessa Dougnac pour Eglises d’Asie.

" La nouvelle de ma nomination a été une grande surprise pour moi", lui dit-il. " Le pape François a fait ce choix pour universaliser l’Eglise, pour y inclure les gens des périphéries, pour faire exister l’Eglise des pauvres et porter leurs voix

" En même temps, il me semble qu’il veut par ce geste reconnaître et confirmer la foi de la petite communauté chrétienne du Bangladesh.

Au Bangladesh, les chrétiens représentent une très petite minorité. Nous sommes environ 600.000 chrétiens, dont seulement 350.000 catholiques. Par ailleurs, près de 60 % des catholiques sont issus des populations tribales, les aborigènes, qui sont aussi une petite minorité au sein de la communauté bengalie du Bangladesh.

Bien que nous soyons une minorité, nous avons la liberté de pratiquer notre religion. Au niveau de la Constitution et des lois du pays, il n’y a aucun problème.

" Notre communauté chrétienne est très dynamique et très active à l’échelle du pays, poursuit Mgr D'Rozario. Nous considérons que notre rôle social est celui du « sel ». Je cite souvent l’exemple d’une assiette de riz : il n’est pas nécessaire d’y mettre beaucoup de sel et il suffit de quelques grains pour que le riz ait bien meilleur goût… Et c’est ainsi que nous travaillons !

" Nous sommes présents partout, que ce soit en matière d’éducation, de santé, d’activités caritatives et de développement socio-économique, en particulier à travers le mouvement des coopératives chrétiennes mais aussi avec un travail de développement qui bénéficie à toutes les communautés.

" Nous jouons également un rôle important au sein du dialogue interreligieux en privilégiant un dialogue concret avec des actions mais aussi un dialogue sur les enjeux spirituels. Entre 70 et 80 % de ceux qui travaillent dans nos institutions sont issus d’autres religions et sont nos partenaires.

Le Bangladesh a vécu des heures difficiles. Même si la situation est plus calme depuis la mi-juillet, le pays a essuyé des attaques terroristes nombreuses et régulières. Une quarantaine de personnalités a été assassinée par des groupes islamistes au cours des trois dernières années. notamment des religieux et des prêtres.

" Mais Dieu écrit droit avec des lignes courbes : après tous ces événements tragiques, de bonnes choses aussi se sont produites avec des prises de position très fortes contre le terrorisme. Tous les leaders religieux, musulmans, bouddhistes, chrétiens ou hindous se sont rassemblés et ont discuté ensemble de la religion. Il y a eu une réelle prise de conscience à travers tout le pays, et cela aux côtés des musulmans, qui forment 90 % de la population.

" L’idée principale est que l’on ne peut pas tuer au nom de la religion. De tout ce mal est sorti quelque chose de positif. Notre identité culturelle est forte et elle constitue un riche héritage d’harmonie religieuse que nous expérimentons au quotidien. (source
: Mepasie)

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