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Du 9 au 15 avril 2017 (semaine 15)
 


-15 avril 2017 - Indonésie

LES ADVERSAIRES DU GOUVERNEUR CHRETIEN DE DJAKARTA asie a

Le 19 avril, les Indonésiens retournent aux élections locales. L’attention est concentrée sur Djakarta, où le gouverneur chrétien “Ahok”, qui se représente à son poste, fait face à des attaques contre son appartenance religieuse, chrétienne.

Les adversaires du gouverneur chrétien de Djakarta attisent les tensions religieuses. Ainsi, selon bon nombre d’analystes locaux, ces élections, qui se jouent sur le terrain politico-religieux, viennent tester l’identité plurielle et démocratique de l’Indonésie post-Suharto,

Le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, plus connu sous le nom d'”Ahok”, est sorti en tête du premier tour, avec 42,9% des suffrages et une faible avance sur son rival immédiat, Anies Rasyid Baswedan, qui a réuni 39,9 % des voix.

D’origine chinoise et de religion chrétienne, Ahok est sous le coup d’une procédure judiciaire pour “insulte à la religion”. Un chef d’inculpation qui peut lui valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Après une déclaration en septembre dernier sur l’utilisation du Coran à des fins politiques, le gouverneur de Djakarta avait été attaqué en justice par le Front des défenseurs de l’islam. L’organisation est connue pour sa volonté d’imposer une lecture rigoriste de l’islam dans le pays.

Dans le même temps, musulman mais “infidèle”, st mis en cause comme allié à "Ahok le chrétien". Les partisans d’Anies Baswedan n’hésitent pas à user de la carte religieuse pour signifier aux musulmans l’impossibilité de voter pour un non-musulman.

Déja, le 11 mars dernier, des musulmans ont ainsi barré le passage à Djarot Saiful Hidayat, un co-listier musulman d’Ahok.alors qu'il voulait se rendre dans une mosquée de Djakarta-Est pour y prier. Il s’est vu refuser l’accès au lieu de culte au prétexte qu’il était un “infidèle”, du fait de son association politique avec Ahok.

Sur les réseaux sociaux, devenus ces dernières années le principal moyen d’information des Indonésiens, des appels circulent pour que les imams interdisent de cérémonie funéraire les musulmans “qui votent pour un dirigeant infidèle ou blasphémateur”.

Des messages sont également répandus qui prétendent que ceux qui votent pour un non-musulman n’auront pas accès au paradis.

La répétition de ce genre de messages semble faire son effet. : "Ahok le gouverneur chrétien" est désormais en deuxième position dans les sondages. Selon un institut de sondage local, le gouverneur sortant n’est plus crédité que de 40% des intentions de vote.

La politisation de la religion a pris racine dans l’électorat musulman. “Instrumentaliser la religion est la seule manière qu’ont les rivaux d’Ahok de le battre. Car le bilan du gouverneur [élu depuis 2014] l’a rendu populaire auprès d’une majorité des habitants de la capitale”.

Bien que 65% des habitants de la métropole se déclarent satisfaits de son action, ils disent aussi ne pas vouloir de lui pour un deuxième mandat, du seul fait qu’il n’est pas musulman.

Pour Usep Ahyar, analyste politique au "Populi Center", il est clair que de nombreux électeurs sont en train de perdre leur liberté de choix. La peur les domine et ils ne savent pas comment contrer la tactique mise en œuvre par des religieux et les groupes qui combattent Ahok. (source : Mepasie.)

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