Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme",
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 5 octobre
: 27ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 12 octobre : 28ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 19 octobre : 29ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 26 octobre : 30ème dimanche du temps ordinaire
Samedi 1 novembre : Fête de tous les saints
Dimanche 2 novembre : Commémoration des défunts
Dimanche 9 novembre :Dédicace de St Jean de Latran
Dimanche 16 novembre : 33ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 23 novembre : Le Christ-Roi
e


 


DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014
VINGT-HUITIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

 
 


Lectures bibliques :

Du livre du prophète Isaïe : 25. 6 à 9 :”Le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin ...”
Psaume 22 : “Tu prépares la table pour moi...ma coupe est débordante.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 4 12 à 20 :”Mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus.”
Evangile selon saint Matthieu : 22. 1 à 10 : “Les serviteurs allèrent sur les chemins rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les bons et les mauvais.”

***

C’est encore une parabole sur le Royaume qui nous est proposée aujourd’hui. On y retrouve les mêmes thèmes fondamentaux que dans les précédentes lues tous ces derniers dimanches.

UNE INVITATION UNIVERSELLE.

Ces premiers invités avaient toutes les raisons d’être conviés à la noce, mais ils refusent de répondre à l’invitation du roi. Ils invoquent des raisons ou des prétextes, peu importe. A leurs yeux, ils avaient tous d’autres occupations plus intéressantes.

Le festin est celui des “noces de l’Agneau” pour reprendre l’expression de l’Apocalypse (19. 7 et 9) qui, d’ailleurs, utilise le même terme grec :”Gamos”, qui va plus loin que la signification de simple fête.

Puisqu’ils refusent de s’y rendre, d’autres sont invités à partager la joie des deux familles pour l’union de ces jeunes.

A l’inverse des premiers, ces invités de dernière heure n’ont aucun mérite pour être conviés ainsi. Ils n’ont que la chance de s’être trouvés là, désoeuvrés, sur le chemin des serviteurs. Ce sont des gens de toutes sortes auxquels personne ne prête attention d’habitude.

Qu’espéraient-ils vraiment dans leur désoeuvrement ? Pouvaient-ils un instant s’attendre à cela ? Isaïe nous donne une première réponse. En tout homme vit une espérance car en tout homme il y a l’attente d’un infini. “Voici notre Dieu ! En lui, nous espérions, il nous a sauvés.” (Isaïe 25) ... “Par toute la terre, il effacera l’humiliation de son peuple. C’est lui qui l’a promis.”

Mais ce peuple n’est plus le peuple de la première Alliance qui, elle, n’a pas répondu. C’est le peuple innombrable de la Nouvelle Alliance. Pour Dieu, cette invitation universelle ne suppose aucune condition préalable, pas même celle d’être de ceux qui sont en relation avec le roi qui invite ses amis, ses égaux, ses ministres. “Tu prépares la table pour moi...”, pour d’autres, pour tous. (psaume 22)

La situation est inimaginable si l’on se réfère à nos manières d’agir habituelles. Nous avons du mal à croire que Dieu puisse donner le salut à tous et gratuitement. Nous qui sommes souvent dans la crainte pour tout faire afin d’obtenir “notre” salut, qui vivons dans l’inquiétude de ne pas le mériter. C’est pourtant la bonne nouvelle de l’Evangile : Dieu appelle par amour et donne gratuitement.

UNE CONVERSION, UN CONSENTEMENT

Mais nous n’avons pas à penser que cette gratuité n’attend pas de nous une réponse. Il nous faut accepter de suivre celui qui nous appelle aux noces éternelles. Cet appel est aussi celui de suivre le chemin qu’il nous trace.

Si l’invitation est gratuite, la réponse à donner implique l’acceptation de vivre selon les exigences du Royaume. Le vêtement de noces est l’image de cette participation consentie. Autrement dit, il ne s’agit pas d’accepter passivement de prendre part au festin des noces. Il faut aussi, tant bien que mal sans doute, s’en rendre digne.Et c'est l'habit de fête.

Ce qui, pour nous se traduit, assumer ses responsabilités. La vie morale n’est pas la seule condition du salut. Nous le voyons avec Marie-Madeleine, Zachée et tant d’autres invités à devenir proches de Jésus.

La vie morale est la conséquence de cette invitation divine. C’est parce que je crois que Dieu m’aime, m’appelle, me sauve gratuitement et m’invite au bonheur, que je suis fidèle à la loi qu’il me propose.

“Dans cette vie où nous espérons le bonheur et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.” Cette prière répétée à chaque messe en est bien l’écho... l’avènement du Christ dans notre vie actuelle et pas seulement au terme de notre vie.

Ma fidélité sera, dès aujourd’hui. Et elle sera à la mesure de la conscience que j’ai de son amour. Je ne peux participer à ces noces qu’avec un vêtement décent, qui se traduit : vivre selon la loi du Royaume. Il m’invite et je dois être digne dans ma réponse à cette invitation.

PARTICIPER A LA FETE

Si la loi du Royaume se présente comme une exigence, elle est aussi le chemin du vrai bonheur et de la vraie liberté.

L’amour de Dieu suscite la liberté de l’homme. Il ne nous dispense pas de notre responsabilité personnelle. Il ne sauve pas des esclaves du péché pour en faire des esclaves de sa puissance. Il veut faire de nous des partenaires de sa fête.

L’homme qui se présente sans un vêtement de noces, est pressé aimablement de s’expliquer. Il ne trouve pas de réponse.

N’épiloguons pas sur une réaction du roi, peu compatible avec ce qui nous est dit de sa mansuétude. En acceptant de venir, le traînard de grand chemin acceptait d’aller plus loin que la satisfaction d’un repas plantureux.

Il est invité à partager la joie de l’avenir de ce jeune couple et non pas simplement manger copieusement au banquet des noces. Il doit donner une réponse qui est simplement la raison de ce manque de partage à la joie des jeunes mariés.

Une chose est certaine, la robe de noces souhaitée n’est pas celle de l’innocence. Ce sont des pécheurs que Dieu invite au festin du Royaume. La parabole est claire : le roi invite les bons et les méchants.

L’Eglise, le Royaume de Dieu, n’est pas une société de parfaits, mais de pécheurs conscients de leur péché et qui aspirent au pardon. “Vous avez revêtu le Christ !” (Galates 3. 27), “Revêtez l’homme nouveau” que vous êtes par cette invitation (Colossiens 3. 10).

***

Nous aussi nous sommes indignes de participer au festin du Royaume et même à cette eucharistie quotidienne ou dominicale qui nous en offre les prémices. Laissons-nous aimer par Dieu qui nous dit :”Venez tout est prêt !”

“Ta grâce nous devance et nous accompagne pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche”, nous fait prier la prière d’ouverture de la liturgie de ce dimanche. Notre réponse ne peut être le silence. Elle se doit d’être une démarche et une attitude : Venons à la noce éternelle avec la parure de la fête !

 
 

DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014
VINGT-NEUVIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

 
 
Lectures bibliques :

Du livre du prophète Isaïe : 45.1 à 6 :”Je t’ai rendu puissant ...Je suis le Seigneur, il n’y en a point d’autre.”
Psaume 95 :”Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.”
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Th. 1. 1 à 5 :” à l’Eglise de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur.”
Evangile selon saint Matthieu : 22. 15 à 21 :”Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.”

***

Jésus refuse le simplisme de la question de ses interlocuteurs. Il situe le problème au niveau de l’essentiel, qui est la place de Dieu chaque fois que nous sommes devant une question vitale qui demande de chacun et chacune d’entre nous une réponse qui engage notre vie.

TU ENSEIGNES LE CHEMIN DE DIEU

Ces pharisiens, qui voulaient lui tendre un piège, sont, en fait, enfermés sur eux-mêmes par leur propre question et par la manière dont ils l’ont posée :”Toi qui es toujours vrai...toi qui enseignes le chemin de Dieu.”

Or ils se sont placés sur le terrain même où Jésus évolue à l’aise, celui de la relation avec son Père. “Est-il permis ?”

Ils attendaient une réponse au dilemne du “permis-défendu” dans lequel bien souvent d’ailleurs nous nous enfermons nous-mêmes. Or nous vivons dans la foi et nous avons à découvrir et à approfondir la pensée de Dieu, révélée par le Christ, puis à la traduire dans notre comportement personnel, en fonction même de cette foi, et non pas selon une réponse rigide et par avance schématisée.

Puisqu’ils demandent le chemin de Dieu, Jésus entraîne les pharisiens dans cette direction. Et c’est là toute sa pédagogie. Isaïe envers Cyrus a souligné de la même manière le sens de toute situation humaine :”Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre.” (Isaïe 45. 4)

L’IMPOT A CESAR.

Une pièce de monnaie, comme un billet de banque, est un programme par ce qui y est présenté, l’annonce d’une politique, l’illustration d’un passé dans lequel on veut enraciner le présent. Même si c’est de moins en moins perceptible au travers de nos cartes de crédit, par exemple, les rapports d’argent traduisent notre situation.

”Je consulte votre banque” nous dit le distributeur anonyme. Par les liens sociaux qu’ils établissent, ils traduisent aussi des types de relation entre les hommes. L’argent permet d’acheter un objet, d’occuper un logement, de recevoir le fruit de son travail. Il sert aussi bien à couvrir le nécessaire qu’à accaparer une place et une domination.

“ L’argent a le parfum de la domination ou du service, il sent la sueur et parfois même le sang. Il est toujours plus que sa matérialité, et l’Evangile l’a bien compris -Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Matthieu 6. 24)

L’évangile de ce dimanche ne concerne pas l’argent pris isolément, il porte sur sa signification.” (Mgr Albert Rouet) Payer ou non l’impôt, c’était rester à la surface des choses. Il nous faut aller plus loin que l’effigie, lire au-delà de l’inscription, découvrir quelle réalité elles expriment, quelle est la hiérarchie des valeurs.

AU DELA D’UNE EFFIGIE.

Comme pour toute chose et toute situation humaines, une vérité plus profonde nous attend au-delà de tous les signes terrestres. Les pharisiens le savaient bien et c’est pourquoi ils posent cette question à Jésus.

En demandant une pièce d’argent, Jésus leur rappelle qu’ils l’utilisent couramment, sauf dans les offrandes versées au Temple.

Sur cette pièce, il y a, gravée, l’effigie de l’empereur. Or un vrai juif refuse la représentation en images, non seulement de Dieu qui est transcendance, mais aussi d’un homme, et spécialement d’un empereur qui se prend pour un dieu.

La seule image de Dieu, selon la parole divine du livre de la Genèse, c’est l’homme vivant :”Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance”. (Genèse 1. 26)

Cette pièce doit être rendue à son propriétaire. “Rendez à César...” Cela ne signifie pas l’autonomie du domaine politique par rapport au domaine religieux. La politique en effet est un des lieux concrets d’exercice de la charité. La loi morale doit s’y manifester de plein droit, car c’est l’un des moyens par lesquels, en aimant ses frères, le chrétien manifeste son amour de Dieu.

Il y a un lien entre ces deux domaines, puisqu’on ne peut servir Dieu en dehors des médiations humaines. La relation ne signifie pas la confusion et toute sacralisation du pouvoir politique est idolâtre.

Ce qui intéresse Jésus, c’est “Dieu seul”. Il faut rendre à Dieu ce qui lui appartient, à savoir l’homme.

Jésus n’esquive donc pas une question délicate. Il ouvre une perspective nouvelle dans une vision étriquée du politique. Il nous offre la seule liberté possible, celle de choisir en notre âme et conscience, ce qui va dans le sens d’une plus grande humanisation des rapports sociaux.

“César” n’a pas l’exclusivité du domaine humain et matérielle et “Dieu” celui du domaine spirituel. L’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le vieux fonds religieux des pharisiens avait bien dit en affirmant :”Tu enseignes le vrai chemin de Dieu.”

La réponse de Jésus ne dissocie pas les deux domaines, César et Dieu, elle les unit en donnant priorité à Dieu. Rendre à César ce qui est à César, c’est en définitive accepter l’incarnation, c’est accepter la réalité humaine, c’est accepter le chemin qui nous permet, dans un juste comportement vis-à-vis de “César” de pouvoir rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire la totalité de l’homme.

***

Dieu scrute et purifie nos intentions et donc l’usage de nos biens. Il nous veut libérés du caractère sacré que nous conférons trop souvent aux biens matériels. Il nous guide et nous donne l’échelle de valeur de nos choix. Il nous met en face de cette échelle des valeurs.

Les oraisons de la liturgie du 29ème dimanche nous font prier en ce sens : Ne pas nous enfermer dans l’humain : ”Accorde-nous, Seigneur, de te servir à cet autel en toute liberté. Ainsi ta grâce pourra nous purifier dans le mystère que nous célébrons.” (prière sur les offrandes)

Prendre le chemin de Dieu : “ Assure-nous tes bienfaits ici-bas et instruis-nous des richesses de ton Royaume.” (prière après la communion).

L’unité de notre vie “En cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur” (prière après le Notre Père).

 
 

DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014
TRENTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

 
 
Lectures bibliques :

Du livre de l’Exode : 22.20 à 26 :"Je suis compatissant."
Psaume 17 : "Il m’a libéré car il m’aime."
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Th. 5 à 10 :"Afin de servir le Dieu vivant et véritable."
Evangile selon saint Matthieu : 22. 34 à 40 :"Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, la Loi et les Prophètes, dépend de ces deux commandements."

***

DIEU AVANT TOUT

Ce docteur de la Loi, qui pose une nouvelle question à Jésus, ne l’entraîne pas dans les domaines du comportement politico-religieux de dimanche dernier, entre César ou Dieu. Il semble vouloir vérifier l’orthodoxie fondamentale de ce Jésus qui s’en va et s’en vient avec les femmes de mauvaises vies, qui va déjeuner avec n’importe qui, qui outrepasse la Loi en se disant "Maître du sabbat" (Matthieu 12.8)

Ce questionneur semble représenter la tendance stricte du pharisaïsme. Il n’y a qu’un seul Dieu. Il n’y a qu’un seul grand commandement qui se trouve dans le "Shema Israël" que tout juif pieux doit réciter plusieurs fois par jour. (Deutéronome 6. 4)

Dieu est le seul et nul ne peut contester cette priorité absolue. L’interprétation rigoriste de ce texte suppose que l’amour que l’on porte à Dieu se résume à la prière et au culte. Tout le reste est, sinon secondaire, du moins "inessentiel".

Parmi les centaines de prescriptions de la Loi, il n’est pas d’autre loi plus fondamentale sinon celle-là.

Demander à Jésus d’envisager une autre "grande" prescription, c’est le contraindre à un choix qui sépare, à une préférence qui exclut.

L’AMOUR NE PEUT EXCLURE

Jésus ne s’esquive pas par une réponse à double sens. Il ne s’enferme pas dans la seule affirmation du Deutéronome, comme veut l’obliger le pharisien. Il prend la Torah dans son ensemble et il appuie sa réponse sur le Livre du Lévitique (Lév. 19) où se répète comme un refrain cette affirmation " Je suis Yahvé, votre Dieu ! ... tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis Yahvé !"

Le pharisien qui a tronqué la Parole de Dieu, en la réduisant à une seule n’est pas dupe en entendant l’affirmation de Jésus s’ouvrir à toute la Torah. L’Ecriture forme un tout :"Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture dépend de ces deux commandements." L’amour de Dieu et le culte qui doit lui être rendu, sont inséparables de tous ces préceptes révélés dans le Lévitique.

Jésus ne donne pas priorité de l’un sur l’autre. "Voici le second qui lui est semblable". Il n’y a qu’un seul et même amour qui signifié dans l’un comme dans l’autre texte. Jésus ne restreint pas, il ouvre la Loi et les Prophètes, ces prophètes qui ont toujours lié l’authenticité du culte au "droit et à la justice", comme l’a dit le livre du Lévitique. Dès le début de sa prédication, Jésus l’avait affirmé ainsi : rien ne peut être supprimé de la Loi. Elle doit être reçue dans sa plénitude (Matthieu . 18)

VOUS SEREZ SAINTS COMME JE SUIS SAINT

La réponse de Jésus manifeste ainsi l’écart entre l’univers clos des pharisiens et l’ouverture extraordinaire qu’offre la Bonne Nouvelledu Christ. La jonction du premier et du deuxième commandement "qui lui est semblable" donne la clé non seulement de toute la Loi et des prophètes, mais dans le même temps de sa propre vie de Messie et Sauveur puisque, dans sa mort, il va donner à son message la preuve ultime de cette unité de Dieu avec les hommes. "Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique » (Jean 3. 16).

Il nous a donné son Fils unique qui offre sa vie à son Père pour le salut de tous les hommes. L’amour en Dieu est inséparable de l’amour qu’il porte à ses enfants, à tous ses enfants qui sont nos frères.

Comment pourrions-nous manifester à Dieu notre reconnaissance pour l’amour que nous recevons de lui dans ce don gratuit, sinon en le partageant avec nos frères ? Comment prétendre aimer Dieu si nous n’aimons pas comme il aime, ce qu’il aime, et ceux qu’il aime, c’est-à-dire nos frères "image de Dieu" ? « Celui-là est un menteur », nous rappelle saint Jean (1 Jean 4. 20)

COMME SOI-MEME

Ce « comme soi-même » n’est pas une invitation à l’égocentrisme. Saint Luc, évoquant cette même question du pharisien, va nous entraîner jusqu’à la parabole du Bon Samaritain dans la réponse à : "Qui est mon prochain ?" (Luc 10. 26)

Il nous donne ainsi une lecture et une interprétation. Le "comme soi-même" est en effet une excellente référence pour juger de l’amour que l’on porte à Dieu et à nos frères. Dans la Bible, il n’y a nulle part de commandement qui demande de s’aimer soi-même.

Mais il y a la règle d’or de saint Matthieu 7. 12 : "Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, pareillement vous aussi, faites-le pour eux. C’est cela la Loi et les Prophètes". La même affirmation que dans la discussion sur les deux commandements. L’expérience porte conseil. Quand on a été soi-même éprouvé, on sait bien qu’il ne suffit pas d’entendre :"Ah oui, je connais çà moi aussi ..." pour se sentir compris et aimé.

Il nous faut partager un amour qui engage tout l’homme et tous les hommes, à commencer par soi-même. Car, déjà, s’aimer soi-même, s’assumer dans la joie, n’est pas si simple. Le « comme soi-même » n’est ni un repli ni une suffisance autosatisfaite qui conduiraient, l’une comme l’autre, à la solitude désabusée et douloureuse.

C’est le don qui est source de lajoie. L’amour donné au prochain nous apprend le sens profond de notre propre bonheur, comme l’amour que Dieu nous porte, nous apprend le sens profond de propre bonheur.

Le Christ en parle à ses apôtres au soir du Jeudi-Saint :"Demeurez en mon amour. Comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et demeure en son amour. Je vous dis cela pour que la joie, la mienne, soit en vous et que votre joie trouve sa plénitude." (Jean 15. 10 et 11)

***

L’art des fausses questions pratiqué par les pharisiens n’a pas disparu de nos jours, même s’il prend des formes plus subtiles en justifiant n’importe quel comportement sous prétexte qu’il n’y a pas de solution satisfaisante.

Les situations de notre temps sont sans doute complexes. On vote même des lois générales pour que les comportements particuliers soient ainsi justifiés. L’amour ne sera jamais remplacé par un simple et précaire pacte de solidarité. L’amour est un don total.

En liant les deux commandements, le message du Christ demeure la clé de la compréhension de ce que nous sommes.

"Regarde, Seigneur, le visage de ton Christ et souviens-toi qu’il s’est livré pour le salut de tous. En Lui qui t’a glorifié jusqu’à t’offrir sa vie, fais-toi reconnaître comme le Dieu d’amour, d’une extrémité du monde à l’autre. Que tous les peuples de la terre fassent monter vers toi l’action de grâce de Jésus ton Fils, notre Sauveur." (Oraison de ce dimanche sur les offrandes)
 
   
 
SAMEDI 1 NOVEMBRE 2014
LA FETE DE TOUS LES SAINTS

 
 


Le calendrier mensuel des postes ou celui d'un agenda comme celui qui s'égrene sur Google ont bien quelques noms de saints, mais qui sont-ils et certains apparaissent ou disparaissent, alors qu'on nous dit qu'ils sont des milliers inscrits sur le "martyrologe" romain ou dans les synaxaires orthodoxes.

CONNUS ET INCONNUS

Ce Sanctoral n'est pas à jour et... ne le sera jamais! Dieu merci, il faut s'en réjouir! Cela signifie qu'il y a déjà des saints parmi nous et.. que nous ne les connaissons pas! Cela signifie que la liste des saints est toujours ouverte

Cela signifie que, dans l'action de grâce et la foi, l'Église visible et invisible attend de son Seigneur sa force et son amour en des vies d'hommes et de femmes!

Le Sanctoral reste ouvert. Mieux, chacun de nous est invité à répondre à la grâce du Seigneur pour que son nom y soit marqué. Certes, il est plus que probable que, si nous devenons des saints, nous ferons partie des saints inconnus! Ceux dont le nom ne sera que dans le livre de Vie qu'ouvrira l'Agneau au jour de notre rencontre éternelle avec Lui, malgré nos faiblesses.

En célébrant aujourd'hui tous ceux-là, connus ou inconnus, nous sommes invités à reprendre conscience de l'immense chaîne d'amour qui se poursuit au long des
siècles.

Nous trouverons alors la force de « rejeter tout fardeau, et le péché qui nous assiège, et de courir avec résistance l'épreuve qui nous est proposée, fixant les yeux sur Jésus» (He 12, 1-2).

UNE FOULE IMMENSE

Les premiers chrétiens ont connu parfois le désarroi, face à la persécution déclenchée par l'Empire romain totalitaire. Le «Jour du Seigneur», tant attendu, ne viendra-t-il donc pas affirmer son triomphe?

L'Apocalypse apporte un message d'espérance. Le "Jour du Seigneur" est bien là. S'il n'est pas pleinement sensible aux humains, il s'affirme à ceux qui, par la foi, voient au-delà des apparences. Déjà ceux qui ont suivi Jésus dans l'épreuve triomphent pour toujours. Venus de tous les points de l'horizon, ils rendent gloire à Dieu.

" J'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main.

" Et ils proclamaient d'une voix forte: « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se proternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.

" Et ils disaient: «Amen! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles! Amen! L'un des Anciens prit alors la parole et me dit: «Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ?» Je lui répondis: « C'est toi qui le sais, mon Seigneur.» Il reprit: «Ils viennent de la grande épreuve; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau.»

LES BÉATITUDES

Une foule immense, qui, sans les connaître ni les avoir entendues, ont vécu les béatitudes et la « chance » qu’elles donnent à ceux qui les mettent en pratique. »

Quelle chance vous avez d’avoir fait cela … Chanceux, comme l’ont disait jadis dans les villages de France.«

Mais qui sont-ils ceux qui viennent de tous ces horizons ?

Combien de Marie Madeleine, à qui le Christ peut dire : »Il leur sera beaucoup pardonné parce qu’elles ont beaucoup aimé »…luc 7.47 » « Les prostituées vous précéderont dans le Royaume… » Mt 21.31Combien de Zachée, de profiteurs et d’escrocs, qui lui ont ouvert leur cœur ?: »Descend vite, je vais chez toi… »Chez un pécheur il est allé loger »Luc 19 .7

Combien de condamnés dans les mines romaines, les camps de concentration ou les goulags, oubliés des hommes ? « Souviens-toi de moi dans ton Royaume… »Aujourd’hui même… »Luc 23.43, répond le crucifié Jésus.

Combien de Pharisiens qui, Nicodème ou Joseph d'Arimathie ont recueilli le Christ victime de l’amour au pied de sa croix. ? Jean 19.39. Combien d’incroyants qui, sans être saint Pierre à Césarée de Philippe mais le centurion de service, ont dit : »Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. »Marc 15.39

Et les autres quand ont-ils découvert cela ? le chaman de Sibérie ou le nomade du Sahara, le shinto du Japon ou l’hindou des bords du Gange, l’Inca de la Cordillère des Andes et l’aborigène de l’Australie, Spartacus et les esclaves crucifiés et tant de milliards d’autres qui n’ont jamais entendu la parole de l’Evangile, mais qui l’ont vécue car la grâce de Dieu ne peut négliger aucun des enfants qu’il a éveillés à la vie.

LE DON DE LA VIE DE DIEU

« Toute la création proclame ta louange, car c’est toi qui donnes la vie, c’est Toi qui sanctifies toutes choses. » (PE III)

Même non baptisés, ils ont ainsi participé au don de la vie que Dieu fait à tout homme. Et pour cela ils l’ont accueillie en eux, en assumant sans en avoir connaissanc, cette merveille que d’être fils et filles de Dieu, avec les richesses qu’Il leur a données, avec les faiblesses que la force de la grâce et de l’Esprit-Saint leur a fait surmonter.

Ils sont devenus semblables à Lui, imparfaitement sans doute. Mais le salut leur est donné par notre Dieu et par l’Agneau. Ils seront éternellement semblables à Lui parce qu’ils le verront tel qu’il est.

Ils avaient reçu son souffle de vie et son souffle d’amour . Ils ont accueilli ce grand mystère, sans savoir qu’il était le mystère même de la vie trinitaire. Le secret des saints, de tous les saints, c’est de devenir collectionneurs de positif, de vivre avec enthousiasme, intensément, avec la passion de Dieu, même quand ils ne le connaissent pas

Ils sont partis sur le chemin que Dieu leur a ouvert. Pas à pas, comme si chaque jour était le premier du reste de leur vie. Et le dernier jour fut le premier de la vision totale de ce Dieu vers qui ils marchaient, parfois à tâtons, parfois en tombant.

Ils ont pris le risque d’aimer et de porter en eux et autour d’eux la joie d’être enfants de Dieu.

Les saints ne sont pas des statues de plâtre, ils sont des vivants. Et puis un jour, ils ont découvert que leurs manquements à la morale ont moins d’importance que les manquements à l’amour. « Il lui est beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimée. (Luc 7.47

***

Dieu qui es saint, toi que nous admirons et adorons en célébrantl fête de tous les saints, nous implorons ta grâce. Quand tu nous auras sanctifiés dans la plénitude de tout amour, fais-nous passer de cette table, où tu nous as reçus en pèlerins, au banquet préparé dans ta maison." (Prière après la communion)

 
   
 
DMANCHE 2 NOVEMBRE 2014
COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS

 
 


La solennité de tous les saints ne devait pas manquer d'attirer le souvenir des fidèles défunts, que l'Église évoque chaque jour dans sa prière. Elle le fixa au 2 novembre au début du XIème siècle. A chaque messe, I'Eglise prie d'abord « pour tous ceux qui reposent dans le Christ (Prière eucharistique 1), puis touselle élargit sa prière à « tous les morts, dont toi seu! connaît la foi » (Prière eucharistique IV), à « tous les hommes qui ont quitté cette vie» (Prière eucharistique II) et dont « toi seul connaîs la droiture » (Prière eucharistique III).

LE JOUR DES MORTS

Il suffirait de lire les textes de la liturgie de ce jour pour commencer à douter qu'il faille utiliser ce terme :"mort". Car c'est dans la lumière pascale et la miséricorde du Seigneur que nous sommes en effet conviés à méditer et à prier en ce jour où nous nous souvenons de ceux qui nous ont quittés. Ils ont été appelés à vivre dans la lumière de la vie divine. Comme nous le sommes également , marqués du signe de la foi.

" Nous ne voulons pas, mes Frères, que vous ignoriez la condition de ceux qui dorment dans le Seigneur, afin que vous ne soyez pas tristes comme ceux qui n'ont point d'espérance". C'était le désir de l'Apôtre saint Paul, écrivant aux premiers chrétiens dans sa 1ère lettre aux Thessaloniciens, chapitre 4 / 13-14.

Il faut alors se souvenir que les Saints - chaque fois que cela est possible ou connu - sont fêtés au jour de leur mort. La liturgie et la tradition chrétiennes désignent d'ailleurs ce jour du beau nom latin de «dies natalis» autrement dit, le jour de leur naissance au Royaume.

Pour tous les défunts, qu'ils soient chrétiens, bouddhistes, musulmans, ou d'autres convictions, c'est le "dies natalis.

« Souviens-toi de tous les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, reçois-les dans ton Royaume où nous espérons être comblés de ta gloire ensemble et pour l’éternité » (Prière eucharistique III)

LES FIDÈLES DÉFUNTS

La liturgie se refuse à suivre l'usage populaire qui nomme ce jour : " jour des morts", alors qu'il ouvre sur la vie divine. L'Église le nomme « Commémoration de tous les fidèles défunts».

Morts ou défunts, il importe peu, pensera-t-on, c'est la même chose! Il faut alors se convaincre qu'il n'en est rien en ayant recours une fois encore à l'étymologie. "Défunt" est un mot latin qui a été christianisé comme tant d'autres mots.

« Functus» en latin signifie «s'acquitter de» ou «accomplir». Défunt signifie donc «celui qui s'est acquitté de la vie» qu'il a reçue de Dieu. Le défunt est bien celui qui a rempli «les vocations» auxquelles Dieu l'a appelé au cours des rythmes de son existence terrestre.

Il les a vécues. Bien? Mal? Splendidement ou médiocrement? Cela importe peu en première analyse pour la miséricorde de Dieu . Il a vécu une vie d'homme ou de femme, celle qu'il a reçue de Dieu et ils sont arrivés au terme.

La foi chrétienne doit prendre en compte leur vie selon la pensée de Dieu. L'Église, qu'ils le sachent ou non, les a accompagnés de sa prière. Et s'ils ont reçu le baptême, de ses sacrements., car ils étaient "enfants de Dieu et de l'Église", comme le prêtre ou le diacre le leur ont dit.

L'Église ne se considère jamais quitte et intercède sans cesse pour tous, "pour le salut du monde et la gloire de Dieu", (offertoire) pour que Dieu en sa miséricorde et son propre jugement, leur accorde, comme une "assurance-vie", le pardon et la paix du Royaume.

Il est bien clair que pour le chrétien s'acquitter de la vie n'a de sens que dans la fidélité au Seigneur. La prière instante de l'Église n'ignore pas que nous sommes pécheurs. C'est le sens de son intercession : elle prie pour ceux et celles qui lui furent confiés et elle ne veut pas la perte d'un seul de ceux-ci.

Ce 2 novembre est un jour de fête de la foi et d'espérance, par-delà la séparation qu'est le fin de notre vie terrestre, dans la paix comme dans la souffrance, la solitude ou la présence de nos familles, la torture du martyre ou l'attentive bonté des soins palliatifs.

L'HEURE DE LA RENCONTRE

La mort, restera toujours et en tout cas, un lieu de combat, un lieu de révolte ou de résignation. Le mot «agonie » n'a-t-il pas pour étymologie, un mot grec qui signifie "le combat"?

Pour le Chrétien, la mort est la rencontre avec Celui qui est vainqueur et ressuscité. Elle est espérance dans la foi qui est la sienne, que ses parents, son parrain et sa marraine ont dit en son nom : " je crois en la résurrection des morts et à la vie du monde à venir."

Le chrétien qui entre avec foi dans la mort, refuse le désespoir et il remet son esprit entre mains du Christ selon ce mot du psaume qu'il a repris sur la croix. " Ô Père, en tes mains, je remets mon esprit." ( Luc 23-4)

La mort chrétienne, si dure soit-elle, est passage en Jésus qui est ressuscité et exalté par le Père.

L'HEURE DÉFINITIVE DE LA VIE

Notre civilisation occidentale moderne veut occulter la mort. Elle fait peur et on la dissimule et on la farde tant que l'on peut !

Nous-mêmes récitons parfois si vite l'Ave Maria que nous oublions de penser à ce que nous disons chaque jour et tant de fois en égrenant notre chapelet « Maintenant et à l'heure de notre mort» ! Oui, il n'y a que 365 jours dans une année et, sans le savoir, nous passons chaque année sur une date qui sera un jour celle de notre mort.

Jadis, la prédication chrétienne n'oubliait jamais de le dire, mais souvent dans un climat de terreur, il est vrai. Aujourd'hui les conflits utilisent même le fait que nous sommes mortels pour vaincre ! Et nos civilisations sont mortelles!

Puissions-nous prier aujourd'hui, Celle qui, élevée et arrachée à la mort, veille sur nos vies et veillera sur notre mort. La Vierge Marie est en effet un signe de la bonté de Dieu. Elle a accompli pleinement sa vie en un amour qui nous annonce que le Seigneur n'est pas le Dieu des morts mais des vivants.

LEVE-TOI VERS LE PAYS DE DIEU

Quitte ce vieux monde, mon frère,
ne te mets pas en retard.
Quitte la vieille terre.
c'est l'heure de ton départ.
Lève-toi, marche et va vers le pays
que Dieu te montre.

Dieu t'attend dans ses bras,
cours vite à sa rencontre.
La liberté part en voyage.
Laisse là tes bagages et ton dernier soupir.

Au nom du Dieu vivant
le Père de tous les commencements.
Au nom de Jésus-Christ
mort sur sa croix, en t'ouvrant les bras.
Au nom du Saint-Esprit
qui t'embrasse dans son baptême,
au milieu des vivants.

Au nom de Marie recevant mort
ce Jésus-Christ corps de son corps.
Au nom de tous les saints et saintes
qui t'attendent au portail.

C'est maintenant ta naissance
ce sont les dernières douleurs.
Entre en la maison de Dieu.

Est-il -le Dieu des cimetières
ou le matin de l'avenir?
Peuple de Dieu,
en votre éternité soyez aimable,
serrez-vous donc pour accueillir
l'invité qui vient du froid et de l'argile,
qui revient du sable et du vent.

Au nom du cri de l'Évangile
et de Jésus le ressuscité,
venez l'accueillir
à la fête des fêtes
(Jean Debruynne)

 
   
 
DIMANCHE 9 NOVEMBRE
DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU LATRAN

 
 


La fête de la dédicace de Saint Jean de Latran a reçu cet honneur non pas qu'elle fut la première église ouverte au culte, ou une basilique donnée et consacrée grâce à l'empereur Constantin en 324 quand cessèrent les persécutions.

LA BASILIQUE DU SAINT SAUVEUR

En réalité, le titre de cette Eglise prestigieuse est : "Saint Sauveur" et c'est ainsi que nous avons, non pas la fête d'un bel édifice de pierre, mais une « fête du Seigneur ».

Sous le nom de Sauveur, c’est le Christ qui est honoré en ce jour, en souvenir du baptistère attenant à la basilique, où tant de Romains reçurent dans les premiers siècles de l’Eglise la vie nouvelle dans l’eau et l’Esprit.

C'est lors de son baptême que le Christ est reconnu Fils de Dieu par son Père et par l'Esprit-Saint. C'est ce jour-là que l'Église prend son départ avec les premiers apôtres, André, Pierre, Philippe.

C’est pourquoi les lectures, loin de mettre en valeur, la stabilité, de l’Eglise romaine, ou la solidité de ses institutions, soulignent bien plutôt qu’elle est le simple point de passage, toujours contesté et pourtant toujours là, qui permet au salut de faire irruption dans le monde.

La présence humano-divine de Jésus va donner aux homes un bien meilleur accès au salut que le Temple de Jérusalem dont le rideau s'est déchiré quand le Christ s'est remis à son Père sur le croix. Temple que les Romains détruisirent quarante ans après.

VOUS ÊTES LE TEMPLE DE DIEU

Saint Paul applique le thème du temple à chaque chrétien. Il est comme une petite Eglise, infiniment aimée, respectée, dans laquelle le Christ se plait à habiter.

Par ses fidèles, l’Eglise, l’Eglise locale comme l’Eglise universelle, est au service de cette construction de chacun dans la foi. Elle doit laisser passer le Sauveur qui vient s’approcher de nous par la parole et les sacrements.

Les premiers disciples ont bien vite compris le sens et la portée de ces déclarations, puisque, dès la première génération chrétienne, aussi bien Pierre que Paul annoncent que le transfert est accompli. Pierre écrit aux chrétiens qu’ils sont les « pierres vivantes » de l’Eglise, et Paul déclare aux Corinthiens qu’ils sont « la maison que Dieu construit » et il ajoute : « Vous êtes le temple de Dieu. »

On utilise le même mot, « Eglise », pour désigner le peuple de Dieu et le bâtiment qui lui permet de se rassembler. Mais s'il faut les respecter, il faut éviter de trop sacraliser les bâtiments. L’église, c’est la maison de Dieu », parce qu’elle est, d’abord, la maison du peuple de Dieu, la maison de la Rencontre avec la présence de Dieu.

Quand le pape saint Sylvestre en 324 a fait la « dédicace » de la basilique du Sauveur, il a, certes, dédié cette église au culte divin, mais il l’a d’abord offerte au peuple chrétien de Rome, pour qu’il puisse y « faire Eglise » à partir du baptistère de saint Jean-le-baptiste..

NOTRE FÊTE

C’est pourquoi l’anniversaire de cette dédicace est non seulement la fête qui célèbre la naissance de la première église chrétienne, mais aussi et surtout notre fête à tous. Nous pouvons nous réjouir au souvenir du bonheur des chrétiens qui, sortant de près de trois siècles de persécutions, pouvaient enfin, sans se cacher, se rassembler au vu et au su de tout le monde pour proclamer la louange divine.

La liturgie de la Dédicace n’est pas celle d'un mémorial de pierres mortes, mais l'actualisation du mystère même de l’Eglise, peuple de Dieu, Corps mystique du Christ et Temple de l’Esprit Saint. L'Eglise est bâtie des "Pierres vivantes" que sont les croyants.

" Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes.…"(1 Corinthiens 3.16)

" En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit." (Éphésiens 2.22)

Grande est alors la responsabilité de chaque baptisés, de vivre sa foi et de la rayonner : " afin que tu saches, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Eglise du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité." (1 Timothée 3.15)

NOTRE RESPONSABILITÉ

Nous avons bien raison de nous occuper avec soin de nos lieux de culte, c’est un signe de vie… Mais n’oublions pas l’essentiel, qui est le cœur de l’homme, car chacun a pour vocation de devenir la «Demeure de Dieu parmi les hommes» "Puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité".(Offertoire)

Toute fête de la dédicace n'est pas celle d'une commémoration archéologique, même si je la mets sous le noble vocable :"Art, Culture et Foi" ou bien même "Art sacré".

La célébration de la dédicace d’un bâtiment doit devenir le moyen de voir, comme dans un miroir, la vocation profonde et l’imminente dignité de l’homme ... L’homme a pour vocation de devenir un «Temple de Dieu»! Ainsi son histoire est grande et c'est elle qui est sacrée.

Dans le même temps, quel qu'il soit, cessons de faire une fixation exagérée sur le mal que tout homme peut faire, comme si l’on ne voyait plus que cela! Et aussi une fixation sur le mal que j'ai fait.

Au contraire, regardons l’homme pêcheur avec les yeux du Dieu Miséricordieux ! l’homme a pour vocation de faire des merveilles, de faire de sa vie comme un chef d’œuvre!

Rappelons-nous : la première église dédicacée, celle de 324, s'appelait "la basilique du Sauveur."

ET LES AUTRES ÉGLISES DE PIERRES

Celle de saint François d'Assise : Avingt-trois ans, alors qu'il se promène dans la campagne, François arrive devant la petite église de Saint Damien (San Damiano). Elle est très ancienne et en mauvais état. Il y entre pour y prier devant le grand et beau crucifix qui se trouve au-dessus de l’autel. C’est alors qu’il entend au plus profond de son cœur, Jésus qui lui dit : « François, relève ma maison qui tombe en ruines ». Il comprend d'abord qu’il lui faut réparer l’église.

Mais l'Esprit de Dieu l'inspire : il se demande si la parole de Jésus qu’il a entendue « François, relève ma maison qui tombe en ruines » ne voulait pas dire aussi autre chose. À cette époque, l’institution qu’est l’Eglise est en crise. Et François découvre, en écoutant l’Évangile à la messe, que sa vocation, c’est de vivre exactement comme le Christ. Alors comme Jésus, il part dans les villes pour annoncer aux hommes que Dieu les aime, qu’il veut les sauver, et qu’il est indispensable de lui parler dans la prière. Et pour cela réunit ses frères franciscains.

Celles détruites au Moyen Orient, par l'incompréhension d'une autre foi, par la haine qu'elle déchaine. Les iconostases, les statues et les tabernacles de la présence réelle du Christ Eucharistie.

Celles qui restent fermées, ou celles qui dans nos pays ne voient personne y entrer dans la journée, alors qu'un fidèle se charge de la laisser ouverte et accueillante.

Et puis un jour, un passant curieux entre dans cette solitude et ce silence. Et la grâce de Dieu l'ouvre à la foi, et lui fait découvrir la présence divine, sans que le sache la brave personne qui a ouvert la porte pour toute la journée.

" Pourquoi suis-je entrer en cette église ?
Pourquoi aujourd'hui à cette heure, plutôt qu'hier ?
Je ne suis pas le seul à passer devant elle.
Les gens vont et viennent, sans y entrer comme moi ?

" Je suis rentré dans cette solitude,
parce que j'étais moi aussi dans une solitude et que je ne savais
où aller pour en parler, de moi-même à moi-même.
Alors je suis entré.

" Et je me suis retrouvé en ce silence.
Et je t'ai retrouvé. Toi Jésus, mon Dieu,
qui ne nous quittes jamais,
même si nous éloignons de toi.

" Tu penses à nous sans cesse,
même si nos préoccupations accaparent nos pensées.
Tu es là veillant sur nous,
alors que nous pensons que nous avons toutes les sécurités sociales.

" Et ta voix s’est faite entendre à ma pensée.
Jésus, présence divine en ce lieu,
Je ne suis plus seul.
En ouvrant cette porte, tu m’as conduit à ton Père,

Cette église est devenue pour moi, la porte de Dieu."

***

Tandis que nous rappelons devant Toi, Seigneur, le jour où tu as fait de cette maison le lieu de ta gloire et de ta sainteté, nous Te prions de nous transformer nous-mêmes en offrande qui te soient agréables." ( Prière sur les offrandes)

 
   
 
DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014
TRENTE-TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

 
 
Lectures bibliques

Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: "Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre."
Psaume 127 : " Tu te nourriras du travail de tes mains."
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 :" Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit."
Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : "Entre dans la joie de ton maître."

***

LE TEMPS DE L’ABSENCE

Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. "Entre dans la joie de ton maître", est-il répété par deux fois.

La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.

Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut jamais devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, "les talents" reçus et qui ne sont pas les nôtres.

La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)

UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE

Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché.

Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.

Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître. Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.

UN MAITRE QUI SAIT AIMER

En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles :"Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ?" Que faisons-nous de notre vie ?

L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ?

Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?

Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.

UN DYNAMISME RESPONSABLE

Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vis-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante.

Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ. "Nous sommes des fils de Lumière", nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5)

"En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes." nous dit saint Jean 1. 4. A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.

La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle "travaille avec entrain", dans le même temps " elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux." Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.

Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve "avec entrain" un nouveau dynamisme dans son action.

***

"Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité..." (prière d’ouverture du dimanche). Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie.

"Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière." Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude.

"Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse." (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
 
   
 
DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014
LE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS

 
 
Lectures bibliques :

Lecture du livre d’Ezékiel. 34. 11 à 17 :"C’est moi qui ferai paître mon troupeau, c’est moi qui le ferai reposer."
Psaume 22 :"Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer."
Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 or. 15. 20 à 28 :"Il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et ainsi, Dieu sera tout en tous."
Evangile selon saint Matthieu. 25. 31 à 46 :"Comme le berger sépare les brebis des chèvres."

***

L’évangile de ce jour est une parabole et doit lue comme telle et non pas comme une prédiction terrifiante.

LE BON BERGER

Jésus l’ouvre par une comparaison qu’il a souvent employée pour nous dire ce qu’il était parmi les hommes et pour les hommes. "Je suis le Bon Pasteur."

Ce qu’il sépare dans son troupeau, n’est pas à prendre dans un sens péjoratif. Il détermine la place de chacun selon ce qu’il est et ce qu’il peut réaliser. Il nous l’avait déjà dit dans la parabole des talents, dimanche dernier, :"A chacun selon ses capacités." (Matthieu 25. 15)

En parlant de Dieu, le prophète Ezékiel le présente comme le vrai pasteur qui reconstitue son troupeau et lui fournit un pacage abondant et sûr. Le psaume nous le redit. Avec lui, il n’y a rien à craindre, même dans les ravins de la mort. Il est avec nous, il nous guide, il nous rassure.

Le Christ Jésus assume ce message qui parle de Dieu, parce qu’il est, lui Jésus, le Fils de l’Homme (Matthieu 25. 31) et parce qu’il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Notre Dieu est un Dieu de tendresse et de miséricorde.

LE ROI.

Pour certains, ce titre de « roi » signifie pouvoir et puissance absolue. Celui que s’attribue le Christ, est à comprendre dans son acception biblique. Dieu est le Roi du peuple qu’il s’est choisi. Il faudra des siècles pour que le peuple choisi comprenne à la fois la nature de cette royauté et le sens de ses exigences.

C’est en Jésus que s’achèvera la révélation. Il manifestera la signification suprême de la royauté selon Dieu en étant sur la croix. Condamné pour des prétentions à une royauté humaine, mais vainqueur du royaume éternel.

il inaugure le règne de Dieu dans sa victoire sur la mort. "Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi", lui dira le bon larron. (Luc 23. 42) Il nous faudrait relire ici, une à une, les paroles du Christ quand il en parle au cours des prédications de sa vie publique. Il refuse cette royauté humaine aux jours de la tentation comme au jour de la multiplication des pains. "Sachant qu’on allait l’enlever pour le faire roi." (Jean 6. 5)

Il en définit la nature et la mission :"Cherchez le Royaume et sa Justice." (Matthieu 6. 33) et ceux qui peuvent envisager d’en faire partie :"Le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux." (Matthieu 19. 14) "Heureux les pauvres de coeur, le royaume des cieux est à eux." (Matthieu 5. 3)

Et c’est bien par lui que nous pouvons espérer y parvenir :"Je dispose pour vous du Royaume." (Luc 22. 29)

LA SUPREMATIE DE L’AMOUR

A l’opposé de celle de tous les rois de terre, la suprématie de Dieu, par le Christ Jésus, est celle du don de son amour. Tous les hommes y sont associés, par Lui, avec Lui et en Lui. "Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et, ainsi, Dieu sera tout en tous." (1 Cor. 15. 28)

Ceux qui acceptent de mourir au péché et de vivre avec le Christ font dès maintenant partie de ce Royaume qui est "déjà parmi nous." Il se construit tout au long de l’histoire des hommes, tout au long de la vie de chaque homme, de chacun d’entre nous.

Si nous nous engageons ainsi, consciemment et dans la confiance, à apprendre comme le Christ à dire "oui" à Dieu et à la vie, à partager avec nos frères, nous accomplissons la charte du Royaume (Matthieu 5. 3 et ss)

Car " le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action." (1ère lettre aux Corinthiens 4. 20) Il se construit dans le coeur de ceux qui servent le Christ dans le service de leurs frères, même s’ils ne le connaissent pas.

C’est là aussi l’un des sens de l’évangile de ce dimanche. "Quand donc avons-nous pu te voir ?" La mission des chrétiens est de faire connaître à leurs frères la bonne nouvelle qu’ils réalisent aussi le Royaume.

QUAND SE DECOUVRE LA REALITE.

Cette parabole du jugement dernier est donc celle de l’heure déterminante qui conclut l'histoire terrestre de chacun des hommes, qui conclut notre propre histoire, au jour où le Christ nous accueille. C’est l’heure où se découvre cette double réalité : la nôtre et celle du Royaume. C'est l'heure où se réalise définitivement ce qu'aura été notre vie et la part que nous avons prise dans son développement.

Ce jugement définitif est, en effet, à mettre en parallèle avec les Béatitudes qui ouvraient le discours inaugural de l'annonce de l'Evangile. Elles étaient les impératifs de sa réalisation. Pour les uns apparaîtra en pleine lumière la vraie dignité de Fils de Dieu qu'ils ont acquise peu à peu dans la conformité de leur vie à la Parole de Dieu.

Ils ont su rester pauvres d'eux-mêmes pour ne rechercher que la seule richesse de Dieu. Ils ont construit la paix par la justice, en partageant avec miséricode, fut-ce au prix des larmes et même des persécutions. Ils ont tout donné aux plus pauvres, aux exclus, ax persécutés, aux affamés.

Pour les autres, apparaîtra, également en pleine lumière, leur refus du Royaume tel que Dieu attendait qu’ils le réalisent. Les ténèbres dans lesquelles ils sont demeurés ne leur ont pas permis de "voir" où était le Chris dans les petits, les pauvres, les affamés, les persécutés, les exclus.

***

Une nouvelle fois, s'achève le parcours du mystère chrétien que l'Eglise nous a invité à suivre au long de l'année liturgique. Avec l'ouverture d’une nouvelle année liturgique, au premier dimanche de l'Avent, elle nous propose, comme un renouvellement toujours possible, malgré les déserrances que nous avons pu connaître.

La grâce de Dieu nous est toujours disponible dans le mystère du Fils qui a partagé notre humanité, dans sa faiblesse, sa croix et la joie de sa Résurrection. Dieu est miséricorde et paix pour les pauvres que nous sommes et qu'il accueille ainsi.
 

Retour à la page d'accueil