Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" pour permettre, selon le "charisme" de chacun,
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 19 mai : La Pentecôte.
Dimanche 26 mai : La Trinité
Dimanche 2 juin : Le Sacrement du Corps et du Sang du Christ
Dimanche 9 juin : Dixième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 16 juin : Onzième dimanche du temps ordinaire .



 

DIMANCHE 19 MAI 2013
LA PENTECÔTE


 


Références bibliques :

Lecture du Livre des Actes des Apôtres. 2. 1 à 11 : “Chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.””
Psaume 103: “Tu envoies ton souffle, ils sont créés.. Tu renouvelles la face de la terre.”
Lettre de saint Paul aux Romains. 8. 8 à 17 : “C’est l’Esprit-Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.”
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14. 15 à 26 : “Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.”

***

“L’Esprit-Saint remplit l’univers.” (Sagesse 1. 7)

La célébration de la descente de l’Esprit de Dieu sur ces hommes rassemblés au Cénacle de Jérusalem nous conduit au coeur même du mystère de la transcendance divine qui pénêtre notre être de l’essentiel vital de la Trinité, l’Amour.

La lettre de saint Paul aux Romains le dit d’une manière toute simple :”L’Esprit est votre vie.” Mais nous ne vivons pas cette réalité individuellement. Nous la vivons dans une communauté, une communion qui est l’Eglise de même que la vie de l’Esprit de Dieu est communio trinitaire qui réalise l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit.

CHAIR, CORPS ET ESPRIT

Une réalité qui donc est personnelle parce qu’elle est communion. Là encore le texte d’origine est significatif. Saint Paul ne dit pas “enfant” au sens de parenté : “Enfant de Dieu”. Il n’utilise pas le terme grec “païs” “enfant”, mais le terme “tekna” qui a pour sens de “créé par”, “rejeton produit par”.

C’est une adoption, parce que nous ne sommes pas Dieu lui-même, qui devient dans le même temps une filiation qui fait de nous des “fils” participant de l’intégralité de la vie de Dieu dans ce mystère inexplicable de notre divinisation.

“C’est un Esprit qui fait de vous des fils.” Et saint Paul nous établit au rang même du Christ, le Fils de Dieu fait homme. Les fils des hommes qui peuvent dire à Dieu, nous sommes plus qu’un fils adoptif, nous sommes “tekna” de Dieu.

Dans ce texte d’ailleurs il nous faut peser tous les mots. L’Apôtre parle du “corps” qui est mortel, de la chair qui signifie l’unité corps-esprit qui est la nôtre et qui peut devenir vie à condition d’être sous l’emprise de l’Esprit de Dieu.

COMMUNION ET COMMUNAUTÉ

Le récit des Actes nous ouvre d’autres aspects. Nous retenons surtout la liste des langues parlées par les auditeurs et comprises par eux. Il en est d’autres.

Depuis longtemps les juifs ne célébraient plus seulement les moissons, mais le don de la Loi. Comme la Pâque rappelait la sortie d’Egypte, la Pentecôte rappelait les événements du Sinaï : Dieu donnant sa Loi à son peuple pour qu’il la garde au bénéfice de toutes les nations.

Nous savons que le Christ n’a pas aboli la Loi, mais, par le don de l’Esprit-Saint, il l’a rendue complète en plénitude. Il ne l’a pas complétée. Il l’a poussée à sa perfection en faisant disparaître ce qui était imperfections dues à des circonstances ou à des situations. Il l’a rappelé pour l’exigence du sabbat, par exemple.

C’est une fête de l’Eglise parce qu’ils étaient tous dans un même lieu (Actes 2. 1). Les apôtres, les disciples, Marie, la famille de Jésus. Environ cent-vingt (Actes 1. 15) C’est en Eglise que l’Esprit-Saint est reçu. Le récit alterne entre la mention de “tous” et la mention de chacun. Le premier signe est celui d’un coup de vent qui remplit “toute la maison”. Mais les langues du même feu se posent sur chacun d’eux. Tous sont remplis de l’Esprit-Saint, mais chacun s’exprime dans la langue qui lui est inspirée (Actes 2. 4).

Tel est le mystère de l’Eglise. Tous sont habités par l’Esprit-Saint mais chacun reçoit sa grâce et sa mission. La Pentecôte en effet est ouverture à la vie. “Répands les dons du Saint-Esprit sur l’immensité du monde” (Prière d’ouverture de la messe).

Elle est, dans un premier temps, mouvement vers l’intérieur. Ce dont ils avaient été spectateurs devient pour eux, le centre et le sens de leur propre vie. Dans un deuxième temps, intimement lié au premier, ils deviennent témoins jusqu’à suivre Jésus dans sa mort, certains d’entrer ainsi dans la vie. “Héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, à condition de souffrir avec lui pour être avec lui dans la gloire.” (Actes 8. 17)

“Pour partager sur nos chemins
nos cris de joie, nos chants de peine,
Pour découvrir chacuqe matin
L’Esprit qui fait germer la graine”

Dieu nous appelle aujourd’hui
A nous lever de nos tombeaux !
Dieu nous réveille aujourd’hui
Pour nous donner un coeur nouveau !
(Michel Scouarnec)

Dans la longue marche avec ceux qui chantent
Jésus-Christ le Ressuscité,
Nous savons qu’en nous peut renaître
L’Esprit de Dieu !
Nous avons appris à connaître
La joie de Dieu !”
(Michel Scouarnec)

“Alleluia !
Viens, Esprit-Saint !
Pénètre le coeur de tes fidèles !
Qu’ils soient brûlés au feu de ton amour !”
(Liturgie de la Pentecôte)

“Protège la grâce que tu viens de lui donner. Que le souffle de la Pentecôte agisse avec toujours plus de force. (Prière après la communion)

 

DIMANCHE 26 MAI 2013
LA SAINTE TRINITÉ


 


Références bibliques :

Lecture du Livre des Proverbes 8. 22 à 31 : “J’étais à ses côtés comme maître d’oeuvre.”
Psaume 8 : “Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ?”
Lettre de saint Paul aux Romains. 5. 1 à 5 : “L’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs.”
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16. 12 à 15 :”Tout ce qui appartient au Père est à moi. Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.”

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Il ne peut être de fête de la Trinité, car ce mystère ne peut être fêté comme l’un ou l’autre des événements de la vie du Christ. Elle ne peut être qu’adoration de Dieu lui-même, puisque nous sommes là au coeur même du mystère de la vie divine.

Dieu est Père, Fils et Esprit, c’est l’affirmation de ce que nous vivons en chaque moment de notre vie spirituelle que toute liturgie traduit à l’occasion des fêtes durant l’année.

Mais l’Eglise, au terme des grandes commémorations de la vie du Christ et de la descente de l’Esprit, veut nous donner ce dimanche comme une synthèse de notre foi vécue en Dieu.

AUPRÈS DE DIEU, LA SAGESSE.

Il ne faut pas chercher dans l’Ancien Testament d’affirmation claire du mystère trinitaire. L’affirmation viendra en même temps que la capacité donnée de communier à la vie du Père et du Fils et l’Esprit Saint, c’est-à-dire en même temps que le baptême.

Certes l’Ecriture, dans l’Ancien Testament, parle d’Esprit, de Parole et de Sagesse de Dieu. Dieu, l’Unique, est simultanément perçu comme communication dans la proximité d’un être vivant, générateur de vie et plein d’amour.

Il en est ainsi dans le texte du livre des Proverbes lorsqu’il parle du rapport entre la Sagesse et Dieu lui-même. Ce ne sont pas les rapports entre Dieu et l’homme comme au moment de la révélation du Sinaï. C’est un autre temps de cette relation.

Les mots qui l’expriment sont multiples et, pour nous, inégalement appropriés : “Le Seigneur m’a fait - avant les siècles, j’ai été fondée - avant les collines, je fus enfantée - j’étais à ses côtés comme un maître d’oeuvre.”

Ce texte sera fortement controversé au moment de la crise arienne, dans les premiers temps de l’Eglise. alors que les chrétiens se posent cette question :qui est vraiment le Christ ? Elle sera tranchée en 325 par le concile de Nicée et déterminera une formulation dogmatique recueillie dans le Symbole de foi que nous disons à la Messe :

“Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : il est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré non pas créé, de même nature que le Père et par Lui tout a été fait.”

Entre le texte des Proverbes et la “définition” de Nicée, le Prologue de saint Jean est un maillon essentiel. Pour lui, il est clair que le Verbe, la Parole qui l’expression de Dieu, n’est pas une créature de Dieu, puisque par Lui tout a été fait. Il mérite lui-même le nom de Dieu et est impliqué dans l’oeuvre de la création. Il est généré, engendré, en Dieu lui-même.

LA SAGESSE INCARNÉE

Mais le point de contact le plus remarquable entre le livre des Proverbes et le Prologue de saint Jean (chapitre 1 à 18) est la venue de la Sagesse parmi les hommes. A notre surprise, nous voyons l’auteur inspiré du livre des Proverbes se servir des mêmes termes pour décrire le rapport entre la Sagesse et Dieu d’une part, entre la Sagesse et les hommes d’autre part :

“A ses côtés, je trouvais mes délices jour après jour, jouant devant Lui.” - “Jouant sur toute la terre, trouvant mes délices avec les fils des hommes.” Un des traits les plus curieux que nous donne la liturgie de cette fête de la Trinité, c’est que l’exaltation de Dieu est en même temps l’éloge le plus inattendu de l’homme : la Sagesse de Dieu trouve en l’homme sa compagnie “délicieuse”. Parce que le Christ est le « résumé » même de tout homme.

Dieu lui-même, dont le Nom est si grand, couronne l’homme de gloire et d’honneur. Ce que nous dit le psaume de ce dimanche “Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ?”

Tout cela est sous-jacent au Prologue de saint Jean quand il dit :” Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu. Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous. Nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme fils unique, plein de grâce et de vérité.” (Jean 1. 11 à 14)

ÉCRITURE ET THÉOLOGIE

Ce que nous venons de faire pour le prologue de saint Jean à propos de la relation essentielle du Père et du Fils, nous devons le faire pour le discours après la Cène, lorsque Jésus, reprenant tout ce qu’il est par rapport au Père, parle clairement de l’Esprit Saint.

Il nous faudrait reprendre les expressions employées et les mettre côte à côte. Puis les méditer comme on peut méditer un mystère : en laissant sourdre en nous les résonances inusitées dans une vie d’homme. Le Christ nous entraîne, si l’on peut parler ainsi, dans le jardin de Dieu.

“Après être allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi pour que vous soyez, vous aussi, là où je suis.” (Jean 14. 3) “Je vis dans le Père et le Père vit en moi. (14. 11) “Je demanderai au Père de vous donner quelqu’un d’autre pour vous venir en aide, c’est l’Esprit de Vérité.” (14. 17) “L’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.” (14. 26) “Quand viendra l’Esprit de Vérité, il vous conduira dans toute la vérité.” (16. 13) “Tout ce que le Père possède est mien, c’est pourquoi je vous ai dit qu’il prendra de ce qui est mien.” (16. 15)

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Chaque eucharistie, nous rappelle l’immédiateté de Dieu quand le prêtre étend les mains sur le pain et le vin au moment de la prière consécratoire : “Toi qui es la source de toute sainteté, sanctifie ces offrandes en répandant sur elle ton Esprit; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur.”

Mais elle invite aussi à vivre cette vie trinitaire : “Dieu notre Père, Tu as envoyé dans le monde ta Parole de Vérité et ton Esprit de Sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vraie foi en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité et en adorant son Unité toute-puissante.” (prière d’ouverture de la messe)

 


DIMANCHE 2 JUIN 2013
LE SAINT SACREMENT
DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST

 


Références bibliques :

Lecture du Livre de la Genèse : 14. 18 à 20 :”Béni soit Abraham par le Dieu Très-Haut.”
Psaume 109 :”Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre de Melchisedech.”
Lecture de la première lettre aux Corinthiens. (I Cor. 11. 23 à 26) ”Chaque fois... vous proclamez la mort du Seigneur.”
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc. 11. 23 à 26 :”Pour qu’ils les distribuent à tout le monde.”

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Bien qu’elle soit mystérieuse, cette figure biblique de Melchisedech ne peut nous laisser indifférent, aujourd’hui encore. Ce roi de Salem apparaît et disparaît sans aucun autre commentaire. Or si brève soit-elle, cette mention contient de nombreux traits significatifs. Il est roi et prêtre en même temps. Il adore le Dieu Très-Haut sans connaître le Nom révélé. Il offre le pain et le vin et prononce une double bénédiction, celle d’Abraham par Dieu et de Dieu pour Abraham. Enfin il professe que Dieu qui est à l’origine de la terre et du ciel porte une attention toute particulière sur Abraham.

L’Eglise y a toujours vu plus que ne le chante le psaume. « Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech. » Par delà cette figure prophétique, elle y voit la préfiguration de l’Eucharistie du Seigneur.

DIEU SUR NOS CHEMINS.

Abraham était sur le chemin du retour, revenant d’une expédition, quand il rencontre Melchisédech.

Il est venu nous rencontrer sur nos chemins, ce Christ dont nous fêtons aujourd’hui la présence réelle par delà des réalités bien fragiles et périssables, celles du pain et du vin.

Il est venu façonner une terre de tendresse pour nous apporter la Bonne Nouvelle de l’amour que Dieu nous porte. Il est venu nous ouvrir à un autre horizon que celui de notre quotidien, nous éclairer de cette lumière qui donne la vie à toute créature quand sa chaleur fait s’éclore la fleur qui jaillit du bourgeon. Mais les hommes ne l’ont point reconnu, ne l’ont point entendu, ne l’ont point compris.... Ils n’ont pas de panneaux solaires pour en recevoir et y emmagasiner l’énergie.

En chaque Eucharistie, il nous envoie son Esprit qui nous transforme et transforme la matière issue “de la terre et du travail des hommes.” L’Esprit de Dieu reposait sur les eaux, selon la parole du premier chapitre du livre de la Genèse.
 
« Toi qui donnes la vie, toi qui sanctifie par ton Fils, Jésus-Christ notre Seigneur, avec la puissance de l’Esprit-Saint. » (Prière eucharisique N°3)
 
L’Eglise invoque l’Esprit Saint de Dieu pour qu’il repose sur le pain et le vin afin qu’ils soient, aujourd’hui, consacrés au Corps et au Sang de Jésus, le Christ, Notre-Seigneur, car le sacrifice plénier du Christ n’est pas un fait du passé.
 
Il est offrande permanente. “Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise et daigne y reconnaître le sacrifice de ton Fils”. (Prière eucharistique N° 3) Il n’est plus possible de dissocier le Fils de sa mort et de sa résurrection.

DIEU DANS NOS MAINS

En l’offertoire de chaque messe, nous lui apportons notre bonheur d’exister et nos douleurs et nos angoisses, nos lourdeurs terrestres et nos cri d’espérance en la vie.

Par delà l’écorce, il transfigure notre réalité. Il nous ouvre à l’immensité ultime de notre humanité charnelle et nous fait percevoir l’aspect réel des êtres et des choses “Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité.

La liturgie n’est pas une cérémonie rituelle, elle est geste du Dieu qui existe éternellement et qui nous fait parvenir progressivement à la dimension qui est la sienne et qu’il fait devenir nôtre. “Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe du salut.”

Nous ne sommes plus seuls, isolés, ou réunis seulement entre nos frères autour de la table eucharistique. Rassemblés dans le Christ, “ en Lui, par Lui et avec Lui,” nous osons lui demander la grandeur ultime qui est la nôtre :”Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps.”

La prière eucharistique N° 3 va même plus loin que la prière eucharistique N°2 :” Que l’Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire.” Nous les hommes mortels, devenir une éternelle offrande à ta gloire ? hommes et femmes si faibles et souillés, si prudents et feu de paille, hommes d’espérance en attente d’épanouissement..

Il n’y qu’une unique et totale offrande à la gloire de Dieu, c’est l’offrande de son Fils sur notre terre, sur les chemins de Palestine, sur la Croix, dans la gloire de la Résurrection.

Et nous osons dire : “Fais de nous une éternelle offrande à ta gloire !” parce que nous osons dire : « Notre Père. » après avoir dit « En Lui, par Lui, tout honneur et toute gloire ! »

Le Corps vient en nos mains ouvertes. Ce pain est peu de choses pour un regard humain. Que la foi nous donne chaque fois d’en être émerveillés car la splendeur de Dieu vient en nos mains..

DIEU EN NOS VIES

Un jour, Dieu a regardé une femme. Il l’a trouvée belle et s’est liée à elle parce qu’en elle, il a aimé la vie. Il en a fait jaillir le salut et la paix, le trésor d’éternité parmi les hommes. Par elle le Fils de Dieu est devenu nôtre :”engendré non pas créé... né de la Vierge Marie.” Mère de Dieu.

Chaque jour, Dieu nous regarde et se lie à nous, parce qu’en nous, il aime la vie. Il vient en nous par son Fils, Dieu fait homme, Jésus-Christ, “pour que les hommes deviennent Dieu.” (saint Léon)

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En assumant, en chaque instant de nos vies, chaque instant de l’Incarnation :”nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus ! Nous célébrons ta résurrection ! nous attendons ta venue dans la gloire !”

“Fais que nous possédions, Seigneur Jésus, la jouissance éternelle de ta divinité, car nous en avons ici-bas l’avant-goût lorsque nous recevons ton corps et ton sang.” (Prière de la communion)

 
Dimanche 9 juin 2013
DIXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 


Comme pour chaque liturgie dominicale, plusieurs lectures sont possibles. Pour ce dimanche, nous la ferons avec le regard de saint Luc, qui était un païen et un médecin.

AVEC LE REGARD DE LUC

C'est saint Paul qui l'a conduit à la foi en la résurrection du Christ. Originaire de Troas, Luc n'a jamais connu Jésus en Palestine.

Ses qualités professionnelles en font un observateur attentif aux personnes. Il sait ce que veulent dire les silences d'une mère. IlEt c'est ainsi qu'il est l'évangéliste qui nous fait pénétrer le plus dans l'intime de la vie spirituelle de Marie, la Mère de Dieu, la Mère de Jésus. "Elle gardait toutes ces choses en son coeur".

L'épisode évangélique du jeune homme de Naïm nous confirme, dans sa brièveté même, que ce médecin est attentif aux faiblesses, aux infirmités et aux limites de toute vie humaine Il sait traduire le fait que le Christ, comme Dieu, connaît les réalités vécues dans le coeur des hommes..Ces instants de la porte de Naïm sont traduits avec la sobriété et le respect d'un médecin pour le malade est pour ses proches.

Le Seigneur est saisi de pitié pour cette mère qui a déjà connu un autre décès, celui de son époux. Aucune longue phrase : "Ne pleure pas" lui dit-il ; et pour le jeune homme sa parole est comme une "ordonnance :"Je te l'ordonne lève-toi." Luc ne s'étend pas sur les sentiments des uns et des autres.

Il met en relief l'attitude essentielle et la centralité de Jésus. Saint Paul, son père spirituel, fut transformé par la grâce d'une brève injonction :"Je suis Jésus que tu persécutes" . Le Seigneur n'a point de longs discours pour mettre en lui la révélation comme l'apôtre le répète aux Galates. Il n'y eut point de long discours aux portes de Damas. Saint Luc en rapporte les faits dans les Actes des Apôtres.

Et l'on pourrait reprendre le texte de Luc à Naïm proche de l'événement de Damas :"Le mort se redressa, s'assit et se mit à parler."

Dans notre vie spirituelle et le quotidien de notre foi, n'en restons pas au superficiel, ni aux longues dissertations. Rejoignons Dieu en l'intimité de sa présence en nous.

LES INATTENDUS DE DIEU

Saint Luc souligne le parallèle entre entre le groupe apostolique et le cortège funèbre. La Providence divine est inattendue. La venue de Jésus à Naïm n'était pas une réponse à un appel comme ce fut le cas pour le serviteur du centurion romain, (Luc 7/3) ou pour les soeurs de son ami Lazare (Jean 11/3). Aujourd'hui il est sur le chemin de sa prédication. Et c'est alors qu'il croise le cortège qui ne l'attendait pas et qui se rend au cimetière pour l'enterrement de ce fils unique,

L'attitude de Jésus est alors celle d'une compassion discrète et silencieuse comme elle st celle de sa proximité cordiale pour cette veuve. "Il fut saisi de pitié". Il ne s'adresse ni à la foule qui est autour du centurion, ni aux personnes présentes devant le tombeau de Lazare : "J'ai parlé pour que cette foule croient que Tu m'as envoyé.

Il s'arrête, il arrête le cortège, et s'adresse sans longues phrases à cette mère :"Ne pleure pas". Puis sans attendre il rejoint la civière et la touche. Il ne touche pas le jeune homme tout en s'adressant à lui : "Lève-toi" et le jeune homme revient à la vie en réponse à cette Parole de Jésus.

Sur le chemin de notre mort, sur le chemin de l'éternité de notre vie, Dieu n'est jamais lointain, même quand son silence se fait pesant et incompréhensible. Il demeure proche de nous, à nos côtés. Il est là pour nous remettre sur le chemin qui nous conduit à la vie éternelle, à la vie divine.

Nous le croyons absent. Il est là, inattendu, pour nous faire partager sa vie. Saint Paul le rappellera aux Corinthiens (1 Cor.13/12) "A présent nous voyons dans un miroir et de façon confuse... Ma connaissance est limitée. A présent ma connaissance est limitée... maintenant ces trois-là demeurent, la foi, l'espérance et l'amour. Mais l'amour est le plus grand" .

Car l'amour de Dieu est toujours là qui nous attend sur nos chemins.

LES GESTES DE DIEU

C'est à nous de les découvrir, c'est à nous de les faire découvrir à ceux que nous croisons sur nos chemins, car les gestes de Dieu passent par notre humanité, la plus simple et la plus quotidienne. Jésus l'a assumée, mais pour lui, simultanément, les gestes humains de Jésus expriment et traduisent en son humanité la pensée et l'oeuvre de l'amour de Dieu.

Dans son diagnostic, un médecin est attentif aux moindres détails pour en tenir compte au delà de l'immédiat des apparences. Par delà le néant de la mort, Jésus comme Elie, voit la réalité de la vie. "Le Seigneur entendit la prière d'Élie, nous dit le livre des Rois. Le souffle vital de l'enfant revint en lui. Il était vivant."(Rois. 17/22).

Il est à noter que c'est pour la première fois que, dans son évangile, Luc appelle Jésus "Seigneur", ce qui était l'appellation de Dieu pour les Juifs. " Le Seigneur fut saisi de pitié" ...

Les témoins de cette résurrection n'en sont pas encore à croire en la divinité de ce prophète. Mais leur foi les conduit déjà à pressentir la présence active de Dieu. "Dieu a visité son peuple", une affirmation qui dépasse le groupe des amis de cette veuve.

Si pauvres soient les réalités et les réalisations de notre vie, nous avons donc à y découvrir les richesses de Dieu au travers des gestes de Jésus.

Et ce, en méditant ses paroles, au soir du Jeudi-Saint, à quelques heures de sa mort, à trois jours de sa résurrection. - L'attitude divine à notre égard : " Le Père lui-même vous aime" (Jean 16/27) - L'unité divine qui est celle de Jésus : "Père tu es en moi et moi en toi." (Jean 17/21) - La raison d'être de sa venue parmi nous : "Je leur ai fait connaître ton nom". (Jean 17/26).

En le révélant aux portes de Naïm, il redonne l'espérance de l'amour de Dieu :"Dieu a visité son peuple", disent les amis de cette veuve et de ce jeune homme.

La nouvelle sainte colombienne, Laura Montoya Upegui, canonisée il y a un mois, vivait cette spiritualité, lorsqu'elle se rendait dans les tribus indiennes : " Bien que la présence de Dieu est diverse, elle doit être cherchée et trouvée là où il veut qu'on le rencontre."

IL LE RENDIT À SA MÈRE

Les événements fondamentaux que nous transmet tout l'évangile de saint Luc, ne sont jamais un enfermement centré sur nous-mêmes.

Ici l'évangéliste tient à souligner que le retour à la vie de ce jeune homme ne peut pas être que pour lui seul :"Il le rendit à sa mère".

Par delà ce geste qui recompose l'unité familiale, nous avons l'expression de la pensée paulinienne qui a imprégné saint Luc.

Dans sa lettre aux Galates, citée aujourd'hui, saint Paul nous dit le pourquoi de la révélation dont il fut le bénéficiaire. "Pour que moi, je l'annonce parmi les nations païennes". (Galates 1/16)

Quand les disciples d'Emmaüs disent "Reste avec nous"" (Luc 24/35) la grâce du Seigneur les fait revenir et rejoindre l'Église qu'ils ont quittée.

Dans cette même perspective, nous devrions lire et méditer toute cette richesse que traduisent les premiers chapitres de la lettre de Saint Paul aux Éphésiens, en particulier le chapitre 2 :" Il nous a ressuscités... " et saint Luc sait ce que cela veut dire, lui le non-juifs incirconcis. (Eph. 2/5 et 6) qui rejoint le Peuple de l'Alliance.

***

Dans le contexte social et ecclésial qui est le nôtre aujourd'hui, nous ne devons pas laisser isolés, esseulés, nos frères. "Il le rendit à sa mère". Dieu qui veut notre guérison, agis en nous par cette eucharistie", ce sacrement de l'action de grâce pour le don de Dieu." (oraison finale)

 
Dimanche 16 juin 2013
ONZIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 


Simon, un Pharisien, avait invité Jésus à dîner chez lui. Le terme « Pharisien « veut dire « le séparé », le "différent" des autres! Les pharisiens enseignaient dans les synagogues, se considéraient être des modèles du comportement religieux et prétendaient être les gardiens de la Loi et des coutumes juives. Ils considéraient que la tradition avait le même poids et la même autorité que les Écritures (cf Marc 7, 8-13).

DEUX ATTITUDES

Simon est entouré de ses amis, à qui il est heureux de leur faire rencontrer le prédicateur itinérant, ce Jésus qui n'est pas de la même classe que les invités. Simon n'a donc pas à le traiter de la même façon respectueuse que celle qu'il démontre envers ses amis, à qui il fait laver les pieds, qu'il reçoit avec le baiser de paix et sur la tête de qui il verse de huile parfumée.

Pour Jésus, ces trois marques d’hospitalité sont absentes. Elles auraient dû lui être faites par Simon, le distingué Pharisien et non pas par cette "pécheresse".

Dans le même temps, elle s’introduit dans la salle à dîner, sans y être invitée. Ce qui est inadmissible selon la coutume. C'est une femme et c'est une intruse. Bien plus, elle s'approche de Jésus avec des gestes équivoques et inadmissibles.

Elle lave ses pieds avec ses larmes, les couvre de baisers et y verse un parfum d’une grande valeur. Simon est scandalisé. Ces gestes sont comme l'invitation à une certaines "proximité". Et Jésus laisse la pécheresse lui prodiguer ces marques d’amour en public.

Mais Jésus, lui, en connaît le véritable sens, et il n'en reste pas aux apparences. Il va au fond des coeurs.

UN AUTRE JUGEMENT

Il est clair que le pharisien méprise la femme et qu'il juge qu’il ne peut être un homme de Dieu, un prophète car il se laisse essuyer les pieds par une femme qui a dénoué ses cheveux en un geste significatif.

Jésus interpelle alors le Pharisien : «Simon, j’ai quelque chose à te dire… » Jésus lui donne alors une leçon bien méritée sur les «bonnes manières» : « Tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds… Tu ne m’as pas embrassé… Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête… elle, par contre…». Et Simon se voit comparée à cette pécheresse, probablement une prostituée. Jésus lui découvre qu’aux yeux de Dieu, elle se trouve en meilleurs position que lui.

Par l'intermédiaire de Simon le Pharisien, le Christ nous demande de nous regarder nous-mêmes avant de juger les autres, d’éviter d’accrocher des étiquettes aux personnes que nous n’aimons pas, de penser que nous sommes bien meilleurs que ceux et celles qui n’appartiennent pas à «notre classe sociale».

La femme qui est le centre de toute cette histoire de l’évangile ne prononce pas une seule parole, d'ailleurs comment pourrait-elle exprimer sa véritable richesse.

Le Christ sait qui elle est et lui dit : «Femme, ta foi t’a sauvée." Comme il en sait toutes les possibilités :" Tes péchés sont pardonnés.» Il a vu tout ce qu’il y avait de bon dans la démarche de cette pauvre femme.

Simon ne voyait que « la prostituée ». Le Seigneur interpelle son hôte, lui demandant d'avoir sur elle un autre regard : " Simon, vois-tu cette femme?" Regarde-la avec un peu plus d’amour et tu découvriras son histoire, ses qualités personnelles et sa recherche pour retrouver sa dignité.

LA VÉRITÉ DEVANT DIEU

Simon le Pharisien avait oublié que lui aussi était un pécheur, peut-être moins grand pécheur que la femme aux pieds de Jésus, mais un pécheur tout de même. Lui qui comme tout pharisien se jugeait être fidèle à la Loi, il n'en était resté qu'à la "lettre" et non pas à l'esprit de cette Loi qui est, en fait, une expression de l'amour entre Dieu et les hommes.

Il avait montré très peu d’estime. Il est du genre qui voit facilement la paille dans l’oeil de l’autre mais qui ignore la poutre dans le sien.

Or c'est l'amour qui détermine la miséricorde de Dieu sur nous. "Quand j'aurais la foi la plus totale, s'il me manque l'amour, je ne suis rien." (1 Cor. 13/2)

Aujourd’hui, à travers Simon le Pharisien, le Christ nous demande de nous regarder nous-mêmes avant de juger les autres, d’éviter de penser que nous sommes bien meilleurs que ceux et celles qui n’appartiennent pas à «notre univers».

En suivant le regard de Jésus, et non pas celui du Pharisien, nous comprendrons que Dieu n'est pas "celui qui juge", mais "celui qui remet les dettes", qui pardonne aux pécheurs? Et il nous demande d’avoir la même attitude : "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés."

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L'oraison qui ouvre la liturgie de ce dimanche est comme un écho du cheminement de cette femme qui s'adresse à Jésus : " Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels. Puisque l'homme est fragile et que sans toi, il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce." Mais aussi un écho de ce que le pharisien aurait dû vivre : " Ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour."

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