Méditations dominicales

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En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon son "charisme",
une ou plusieurs méditations .

Chaque auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


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Dimanche 11 décembre : Troisième dimanche de l'Avent
Dimanche 18 décembre : Quatrième dimanche de l'Avent
Dimanche 25 décembre : LA NATIVITE DU SEIGNEUR
Dimanche 1 janvier : Sainte Marie, Mère de Dieu
Dimanche 8 janvier : L'EPIPHANIE DU SEIGNEUR
Dimanche 15 janvier : Deuxième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 22 janvier : Troisième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 29 janvier : Quatrième dimanche du temps ordinaire





DIMANCHE 11 DECEMBRE 2016
TROISIEME DIMANCHE DE L'AVENT


 

Références bibliques :

Lecture du livre du prophète Isaïe : 34. 1 à 10 :"La revanche de Dieu ... il vient lui-même et va vous sauver !"
Psaume 145 : "Le Seigneur redresse les accablés. Le Seigneur aime les justes."
Lecture de la lettre de saint Jacques : 5. 7 à 10 : "Ayez de la patience, vous aussi. Soyez fermes. La venue du Seigneur est proche."
Evangile selon saint Matthieu : 11. 2 à 11 : "Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi !"

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Comme dimanche dernier, la liturgie nous présente la figure de Jean-Baptiste et, en contraste et simultanément, , celle de Jésus. Voilà huit jours, Jean-Baptiste lui-même opposait le baptême qu’il était capable de donner ("un baptême d’eau en vue de la conversion des péchés") et le baptême qui viendra par Jésus :"Un baptême dans l’Esprit-Saint et le feu."

JEAN-BAPTISTE ET JESUS

Dans l’évangile de ce jour, nous voyons, Jean emprisonné par Hérode, coupé de tout, dans une forteresse du désert et les échos qui lui parviennent de l’action de Jésus, le laissent désemparé. Il avait prêché le jour du Seigneur celui où Dieu sauvera son peuple. Or ce jour semble tarder. Jésus ne se comporte pas comme lui, Jean, l’avait envisagé et le présentait :"Il a sa pelle à vanner à la main. Il va nettoyer son aire et recueillir son blé." (Matthieu 3. 12)

Les premières démarches de Jésus ne correspondent pas à l'attente du précurseur. Jésus accueille. Il ne rejette pas celui qui n’observe pas la volonté de Dieu. « il ne nettoie pas son aire. »Alors Jean envoie ses disciples se renseigner auprès de Jésus qu’il avait, au moment du baptême, identifié avec l’Agneau de Dieu dont parlait Isaïe.

Jésus lui fait répondre :"Le salut du monde avance chaque fois que le mal recule : mal physique ou ignorance de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle." La réponse est sans ambiguïté.

Nous aussi nous sommes déconcerter oar certaires réponses divine jusqu'u travers de son Eglise.

Cette réponse de Jésus est faite d’un ensemble de citations du prophète Isaïe qui expriment les signes traditionnels de l’avènement du salut, signes que Jésus reprendra d’ailleurs dans la synagogue de Nazareth (Luc 4. 18 à 20) : « les aveugles voient, les boîteux marchent …. »

LE PRECURSEUR ET L’ENVOYE DE DIEU

Après avoir répondu à Jean-Baptiste par l’intermédiaire de ses messagers, Jésus se tourne vers la foule pour situer le Précurseur par rapport au message dont il était le porteur. Jean est bien le messager que Dieu envoie selon le prophète Malachie (3. 1).

Jésus introduit cependant une modification essentielle et significative. Chez le prophète, Dieu dit :"J’envoie mon messager en avant de moi." A la foule, Jésus cite comme parole de Dieu :"J’envoie mon messager en avant de toi." La foule présente avait bien entendu la question de Jean :"Es-tu celui qui doit venir ?" Elle entend la réponse. Jésus s’y affirme comme l’incarnation de Dieu lui-même. Le « Moi » de Dieu devient « Toi », le Christ.

ENDURANCE ET PATIENCE

Pour Jean dans sa prison, c’est désormais le temps de la patience et de l’endurance, selon la parole de l’apôtre saint Jacques dans le texte d’aujourd’hui. Jadis, il avait attendu que Jésus vienne à lui, car il n’avait pas la possibilité de discerner lui-même qui pouvait être l’envoyé de Dieu, le Messie, qu’il annonçait. Il avait commencé son ministère sans autre certitude que celle de sa foi. Il n’avait pu délivrer le véritable sens de son Message, qui est le sens de sa vocation, qu’au jour où il avait vu Jésus s’approcher au milieu d’autres demandeurs du baptême de pénitence. "Voici l’Agneau de Dieu." (Jean 1. 29)

A ce moment, Jean était prêt à disparaître. Mais c’est trop tôt, ce n’est « pas encore l’heure », Jésus lui demande de continuer son ministère baptismal, en attendant le jour où viendra le baptême dans l’Esprit-Saint, celui que l’artisan de Nazareth a reçu et dont témoigne le Baptiste (Matthieu 3. 16)

Jean, maintenant qu’il est prisonnier, peut penser que l’heure est dépassée et qu’il s’est trompé sur la personne de ce Galiléen ? Non. Il va devenir et être pleinement le précurseur du Christ, par ce martyre subi pour avoir dit la vérité ("Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ?" - Matthieu 14. 4). Sa mort annonce à Jésus lui-même sa future passion.

Jean Baptiste a préparé jusqu’au chemin de croix (Matthieu 11. 10) le chemin de Jésus. En imitant par avance son Seigneur par sa mort, le plus grand des enfants des hommes devient aussi l’un des grands du Royaume des cieux.

JEAN-BAPTISTE NOTRE PRECURSEUR.

L’attitude de Jean éclaire à la fois celle des anciens prophètes et la nôtre, chrétiens d’aujourd’hui, comme nous le rappelle saint Jacques (Jacques 7. 10).

Les prophètes, car tous ont eu à dire : le Seigneur est proche et il va venir juger son peuple. La bonne nouvelle dont ils étaient les porteurs dépassaient infiniment tous les projets humains et toutes les idées que les hommes peuvent se faire sur Dieu. Tous, ils ont eu à affronter l’incrédulité de leur entourage et des puissants. Beaucoup ont eu à subir la persécution au nom de la vérité dont ils étaient les témoins. Telle a bien été la mission de Jean-Baptiste en annonçant un salut dont la réalisation est bien au-delà de l’idée qu’il pouvait s’en faire.

Nous sommes dans la même situation. Nous croyons que, dans le Christ, les temps sont accomplis. Et cependant nous sommes encore dans l’attente, comme Jean dans sa prison. La douleur et le doute ne sont pas éliminés. Comme les prophètes et Jean le Baptiste nous avons à témoigner non seulement d’une proximité, mais aussi d’une présence puisqu’il est déjà venu.

L’épreuve, la souffrance et l’échec ébranlent parfois notre foi. Le doute s’insinue dans nos coeurs et notre espoir devient interrogation.

Nous le lui demandons, en chaque eucharistie :"Par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ notre sauveur..." Message irréaliste et irréalisable pour beaucoup de nos contemporains, mais réalisable dans la foi, comme le voyons par tant de témoins aujourd’hui aussi bien au Moyen Orient, en Asie comme en Afrique.

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Comme Jean-Baptiste, il nous faut être des hommes qui surmontent les doutes et les échecs, sans être "des roseaux perpétuellement balancés par le vent", des hommes qui acceptent de rompre avec la course au confort, "aux vêtements luxueux".

Le paradoxe de l’Incarnation, c’est que Dieu a voulu partager notre humanité pour donner à notre vie sa pleine dimension humaine, c’est-à-dire le salut éternel :"le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ notre sauveur."

Comme Jésus invitait les envoyés de Jean à sa référer aux signes de l’avènement du salut, nous sommes renvoyés également à lire dans le monde d’aujourd’hui les mêmes signes. A celui qui sait ouvrir les yeux et veut entendre (Matthieu 11.4) la Lumière et la Parole de vie seront données.

La liturgie nous le rappelle. Le temps de l’Avent est une invitation à préciser nos vraies attentes, à redécouvrir les vrais chemins de la justice et de la paix, à renouveler notre espérance et notre foi :"Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut d’un coeur nouveau." (Oraison d’ouverture de ce dimanche)


DIMANCHE 18 DECEMBRE 2016
QUATRIEME DIMANCHE DE L'AVENT


 

Références bibliques :

Lecture du livre du prophète Isaïe : 7. 10 à 16 : "On l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire, Dieu avec nous."
Psaume 23 : "Voici le peuple de ceux qui le cherchent, qui recherchent la face de Dieu."
Lettre de saint Paul aux Romains : 1. 1 à 7 : "La Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Ecritures."
Evangile selon saint Matthieu : 1. 18 à 24 : "L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. Tu lui donneras le nom de Jésus, c’est-à-dire : le Seigneur sauve."

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Nous vous invitons à relire la révélation faite à Joseph à la lumière du prophète Isaïe, de saint Paul aux Romains et de la précision qu’ajoute saint Matthieu avant que saint Joseph ne se réveille.

JOSEPH ET MARIE

Marie et Joseph avaient bâti un projet de vie commune. Comme pour Marie, le plan de Dieu dérange et déroute Joseph de son projet. Ils deviennent tous deux les artisans et les acteurs de ce projet divin. Marie le fut au moment de l’Annonciation, et l’on comprend sa première réaction. La mission que Joseph reçoit c'est-à-dire sa mission pour tant d'années à venir, envers cette naissance future le fait revenir sur sa décision immédiate de se séparer de Marie.

L’un et l’autre accueillent l’événement,qui doit durer des années, au travers de leur caractère propre, de leur situation différente et de ce que Dieu attend de chacun d’eux. C’est le don d’eux-mêmes, gratuit et sans condition, qui est la réponse de leur foi quand ils apprennent l’attente de Dieu à leur égard.

Nous n’avons rien à imaginer de plus que ce qu’en dit l’Evangile. Ceux qui vivent dans l’intimité de Dieu ne parlent guère de ce qu’est cette intimité dans la réalité quotidienne. Mais leur comportement immédiat et ultérieur est significatif de leur vécu.

AVEC MARIE

Comme Marie, Joseph connaissait les prophètes. Ils les avaient entendus et commentés à la synagogue et dans leurs familles.

Désormais par la méditaton des textes prophétiques, ils se savent impliqués directement "dans cette Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Ecritures." (Romains 2. 1) Marie, en relisant les paroles d’Isaïe, va mesurer peu à peu cette grâce : son fils "qu’on appellera Emmanuel, Dieu avec nous". Joseph, en se remémorant les paroles du même prophète (Isaïe 43. 11), va découvrir la mission du fils de Marie qu’il a prise chez lui.

Saint Matthieu, d’ailleurs, relie ces deux termes : "Emmanuel" et "Jésus" au moment où Joseph répond à ce que l’ange lui a prescrit. Or ces deux noms, dans toute la tradition religieuse juive, déterminaient l’identité et la mission du Messie: "Dieu avec nous" ... "Dieu sauveur"...

Alors conviés tous deux à participer directement à la réalisation de ce projet de Dieu vis-à-vis de son Peuple, pouvaient-ils rester sans en parler entre eux, dans les mois de l’attente, dans les années de l’enfance, dans les années de l’adolescence ? Pouvaient-ils rester sans prier ensemble les psaumes :"Dieu le sauveur des coeurs droits" (psaume 7), "Seigneur, mon Dieu sauveur !" (psaume 88)

C’est leur secret. Nous n’avons pas à vouloir le percer en imaginant un commentaire de l’Évangile selon nos propres vues. Gardons seulement présente cette affirmation : »Marie conservait tout cela dans son cœur. » Et Joseph avec elle.

SON EPOUSE

Joseph avait accepté les exigences de la nouvelle situation de Marie, lorsqu’il l’avait vu enceinte au retour de la Judée. Par délicatesse, il avait voulu lui rendre sa liberté afin de ne pas s’immiscer dans une décision qui, à première vue, ne pouvait venir que d’elle.

Quand l’ange lui atteste que cette décision vient de Dieu et que son exigence le dessaisit de sa paternité, Joseph assume avec autant d’amour et de discrétion cette responsabilité d’une paternité autre que celle qu’il avait envisagée auparavant.

Car donner le nom à un enfant signifiait par là même qu’on en assumait la paternité. Il adopte Jésus. Jésus le charpentier est bien le fils du charpentier, comme le sont tant d’autres enfants adoptés qui s’insèrent, grâce à l’amour offert, dans une famille qui ne leur est plus étrangère.

Marie exprimera cette intimité avec Joseph lorsqu’elle dira à Jésus :"Pourquoi as-tu agi ainsi envers nous ? Ton père et moi, tourmentés, nous te cherchions." (Luc 2. 48)

CO-RESPONSABILITE

Participant à la réalisation quotidienne de l’Incarnation du Fils de Dieu, Joseph est, avec Marie, le pédagogue du Fils de l’Homme, dans cet échange où le père et l’ouvrier charpentier initie l’enfant, l’adolescent, le jeune homme, à la vie sociale et au travail manuel, jour après jour, jusqu’à son âge adulte (Luc 2. 52).

Dans cette vie familiale, Joseph et Marie acquièrent en eux-mêmes une connaissance unique de Dieu. "Qui me voit, voit le Père" a dit Jésus à ses apôtres. (Jean 14. 7 à 9) "Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père. Et personne ne connaît le Fils sinon le Père et celui à qui le Fils veut le révéler" (Luc 10. 22) Et il leur a été révélé que leur enfant, c’est "Dieu parmi nous", "Dieu sauve" !

Cette connaissance se fera progressivement et d’une manière limitée par leur condition humaine. Ils ne comprennent pas immédiatement tout de l’infini du mystère dont ils sont les artisans quotidiens à Nazareth. "Ils ne comprirent pas ... " (Luc 2. 50) même s’ils l’appellent plusieurs fois par jour de ce nom "Dieu sauve", "Jésus ». Jésus les dépasse. Il leur faut et il nous faut accepter le temps de la pédagogie divine.

NOTRE PARCOURS AVEC EUX

Si Joseph et Marie sont les éducateurs de Jésus, leur enfant est aussi leur pédagogue dont chaque geste et chaque parole résonnent et s’inscrivent dans leur coeur en les replaçant dans l’exigence initiale :"Qui est ma mère ? Celle qui fait la volonté de mon Père." (Luc 8. 20)

L’Eglise, par le temps de l’Avent, nous propose un même parcours pédagogique, car il nous faut chaque année et sans cesse reprendre conscience de la réalité de notre foi : Dieu lui-même, en Jésus-Christ, est venu rejoindre l’humanité pour son salut. Cette reprise de conscience est d’autant plus nécessaire que nous vivons en permanence une lutte intérieure entre la grâce de la foi qui nous invite à l’ouverture à Celui qui nous dépasse et la pesanteur humaine qui nous conduit au terre-à-terre immédiat.

C’est là l’enjeu de notre conversion. L’homme livré à lui-même fait l’expérience spontanée de sa finitude. A ce niveau, deux chemins paraissent possibles : ou bien rêver pour se donner quelques raisons de vivre, ou bien réduire peu à peu le champ de ses illusions pour survivre. Mais .....

.....La foi nous propose un autre chemin.

Elle est le mouvement par lequel, comme Joseph et Marie, l’homme et la femme que nous sommes accueillent la vision de Dieu sur nous-mêmes. Elle dépasse ainsi et souvent notre vision superficielle des choses, celle qui nous empêche bien souvent d’accéder à leur vérité. Ce n’est pas sans lutte intérieure que l’on peut entrer dans cette certitude que l’invisibilité apparente de Dieu atteste de sa présence.

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Ce n’est pas par des discours rassurants que les chrétiens se feront les prophètes d’un avenir possible. "Tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien-aimé. Conduis-nous par sa passion et par sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection." (prière de ce dimanche). Ce qui importe, c’est que leur foi en la présence de Dieu les conduise à la manifester.

Depuis que Dieu a pris notre condition humaine, chaque croyant est investi de cette présence. Il lui reste à être le témoin de cette foi et de cette espérance, au milieu de ses frères, humblement et dans les réalités quotidiennes.

"Apprends-nous, dans la communion à ce mystère, le vrai sens des choses de ce monde et l’amour des biens éternels." (prière après la communion)




DIMANCHE 25 DECEMBRE 2016
LA NATIVITE DU SEIGNEUR


« Voici venir le Seigneur Souverain. Il aura pour nom Emmanuel, car il sera Dieu avec nous. » (Isaïe)

La divinté assume notre humanité, elles ne font plus qu'un en cet enfant de Bethléem. Nous le disons en chaque Eucharistie : Puissions-nous, nous aussi, être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité."

Elles ne font plus qu'un en cet adolescent de l'atelier de Nazareth , qui, au milieu des ses amis chante sur la place de son village, ce qu'il évoque en une citation de la parabole. En cette nuit de Bethléem ce sont les anges qui chantent au milieu des bergers.

L'humanité et la divinité ne font plus qu'un, en cet homme torturé sur la croix, comme tant de nos contemporains qui deviennent des martyrs.

Elles ne font plus qu'un en toute nuit et c'est la lumière que vit notre humanité d'enfants de Dieu.

"Le Verbe s'est fait "chair" et il a habité parmi nous, s'exclame saint Jean aux premières phrases de son Evangile. et c'est ainsi que le Verbe de Dieu nait au milieu des paysans de Bethléem, qui ignorent toute la richesse divine qui vient de se vivre et les rejoindre dans l'auberge de leur village.

Le Peuple de Dieu est toujours dans l’attente de la fraîcheur d’aimer.
Il connaît les lourdeurs de la vie,
La solitude et les faiblesses.
Au travers des siècles vécus, l'homme est impatient d’aimer, de se sentir aimé ...

En cette nuit de la nativité, seuls, Marie et Joseph savent quel en est le secret « Voici mon bien-aimé qui vient ! Il escalade les montagnes, il franchit les collines, il accourt comme la gazelle, comme le petit d’une biche ! » (Cantique des Cantiques 2. 8 et 9)

Noël, c’est une rencontre d’amour avec Dieu, car chaque fois il se fait proche si notre attente nous fait aller au-devant de Lui. « Voici venir le Seigneur Souverain. Il aura pour nom Emmanuel, car il sera Dieu avec nous. » (Isaïe)

Le Verbe de Dieu est avec eux. Et il vient avec nous






DIMANCHE 1 JANVIER 2017
SAINTE MARIE MERE DE DIEU


MARIE, SI TU AVAIS DIT NON !

Marie, si tu avais dit non,
Nos jardins seraient abandonnés.
Marie, si tu avais dit non,
Jamais le blé n’aurait levé.
Mais tu n’a pas dit “Non !” Marie.

Dieu t’a parlé et simple fut ta réponse :
“Que tout se passe comme tu as dit !”
Tu deviens la terre du Seigneur
pour qu’il y jette la semence
et que vienne la naissance.

Dieu t’a poussé vers Elisabeth.
“Mon âme magnifie le Seigneur !”
L’enfant qui vient de Lui
tressaille en ton sein
et te dit sa présence.

Dieu t’a conduit vers Bethléem.
“Gloire à Dieu au plus haut des cieux !”
Si tu avais dit non, Marie,
La nuit serait restée la nuit
et l’aube de Dieu ne serait pas levée.

Dieu t’a conduit pendant trente ans.
Il était aux affaires de son Père,
cet enfant qui est le tien et le sien.
Marie, tu n’as jamais douté.
Pour lui, tu étais donnée.

Et si je disais non, Marie ?
Dieu viendrait-il en notre monde,
là où je suis avec mes frères,
les pauvres et les perdus ?
Marie, comme toi je dirai “oui”.





DIMANCHE 8 JANVIER 2017
L'EPIPHANIE DU SEIGNEUR


Références bibliques :

Lecture du prophète Isaïe. 60. 1 à 6 : "Elle est venue ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi."
Psaume 71 : "Il délivrera le pauvre qui appelle."
Lettre de saint Paul aux Ephésiens : 3. 2 à 6 : "Par révélation, il m’a fait connaître le mystère du Christ."
Evangile selon saint Matthieu : 2. 1 à 12 : "Nous avons vu son étoile se lever."

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« Puisque tu nous fais communier à ce mystère, puissions-nous désormais le pénétrer d’un regard pur et l’accueillir d’un cœur plus aimant. » (Oraison de la communion de ce jour)

Nous n’avons pas à réduire la visite des mages en une aimable scène folklorique ou allégorique permettant de mettre un peu de couleur dans les crèches que nous faisons. Le récit de saint Matthieu est un récit théologique. Le titre de Jésus, ce" roi des Juifs" que cherchent les mages venus d’au-delà des frontières du Peuple de Dieu, nous le retrouvons sur l’écriteau de la croix en un texte décidé par le païen Ponce Pilate. Saint Jean, en mentionnant cette inscription en trois langues, révèle que l’élévation de Jésus sur la croix dépasse le peuple juif et se rattache en même temps à toute la tradition prophétique qui fait advenir le salut pour toute la terre.

L’OUVERTURE A TOUTES LES NATIONS

Pour éclairer la scène de l’Epiphanie, nous sommes accoutumés à lire la scène grandiose et rutilante que nous décrit le prophète Isaïe au chapitre 60. Au long du temps de l’Avent, dans la nuit et le jour même de Noël, nous avons lu ces oracles d’Isaïe qui annonçaient le relèvement d’Israël et la gloire de Jérusalem.

Pour Isaïe, il n’est pas que le Peuple Juif qui soit intéressé à ce que Dieu accomplit en réaffirmant sa royauté sur son peuple. Tous les peuples, même païens sont concernés :"D’un bout à l’autre de la terre, toutes les nations païennes verront le salut de Dieu." (Isaïe 52) Les mages sont des païens qui cherchent la vérité loyalement.

Dans ce chapitre 60 d’Isaïe, les païens ont un rôle plus actif, puisqu’ils ne se contentent pas de voir. Ils marchent vers la lumière qu’ils ont aperçue. Ce sont des foules. Et non pas seulement des foules amies, mais aussi des ennemis comme Madian et Epha contre qui Israël a guerroyé bien des fois. Les mages s’approchent de la lumière du Verbe de Dieu (Jean ch. 1) sans être fils d’Israël.

C’est pour nous, aujourd’hu un enseignement et une espérance. Nos ontemporains sont, eux aussi, loin de la lumière divine, loin du Pauple de Dieu qu’est l’Église.

L’OUVERTURE AUX PAUVRES

D’autres pages d’Isaïe avaient prophétisé la venue du roi idéal et en avaient tracé même le portrait. Toujours en Isaïe, le chapitre 61 décrit la mission que doit et peut accomplir celui qui a reçu "l’oction" de l’Esprit, le "Christ" de Dieu. Elle peut se résumer en ceci : Il est là pour que le peuple retrouve le chemin de la "justice" dans la fidélité à Dieu et le respect des frères.

Bref, dans la mise en oeuvre de l’Alliance. Pour reconnaître l’authenticité de la mission, il est un critère incontournable : la priorité donnée aux pauvres dont le Messie de Dieu doit soutenir la cause au nom même de Dieu.

Tous ces traits se retrouvent dans le psaume de cette fête. C’est tout ensemble un chant d’acclamation et de supplication. - La justice de Dieu passera en la personne du roi et pourra ainsi fleurir dans tout le peuple. - Il se souciera en priorité du pauvre. - Les rois des extrémités de la terre reconnaîtront sa prééminence et apporteront des présents comme tributs d’allégeance.

C’est peut-être d’ailleurs en raison de ce psaume que vient l’expression des "rois mages" car rien n’est dit de semblable dans l’évangile de saint Matthieu.

L’ASTRE ET LE PROPHETE

Dans un rationalisme qui veut tout expliquer, nos contemporains essaient de retrouver la trace astronomique de cette étoile apparue aux mages. Ne leur refusons pas cela. Ils ont besoin de repères matériels car, souvent, ils ne savent comment vivre un domaine spirituel qu’ils baptiserait volontiers de « virtuel ». Mais dans les perspectives bibliques, l’astre que les mages ont vu se lever et qui oriente leur démarche, a une autre signification qui ne contredit pas la recherche scientifique d’ailleurs.

Nous la trouvons dans la prophétie d’un païen, Balaam. (Livre des Nombres 22. 24) Israël n’est pas encore entré dans la Terre Promise. Le roi de Moab, Balaq, s’inquiète de ces tribus qui pérégrinent dans son royaume. Il appelle Balaam, un devin, pour les maudire. Mais Balaam, tout paîen qu’il soit ne peut que bénir au lieu de maudire. Et il le fait avec solennité :

"Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant, oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui possède la science du Très-Haut, qui voit ce que lui montre le Puissant quand il tombe en extase et que ses yeux s’ouvrent. Je le vois, mais ce n’est pas pour maintenant. Je l’observe, mais non pas de près. De Jacob monte une étoile. D’Israël monte un sceptre."

Comme Balaam, les mages bénéficient d’une certaine science qui leur permet de discerner les signes de la volonté du Tout-Puissant. Comme Balaam, ils voient se lever un astre dans la descendance de Jacob. Comme Balaam, ils ont à rendre leur témoignage à la vérité face à un pouvoir et une opinion qui les excluent en les faisant partir là où Hérode et les chefs juifs n’iront pas. Les scribes qui se voulaient spécialistes de l’Ecriture se sont enfermés dans des certitudes qui ne sont que le fruit de leurs interprétations.

JESUS, NOUVEAU DAVID

Lors de la mise en écrit des traditions orales du Peuple d’Israël, l’auteur du Livre des Nombres pouvait constater que la prédiction de Balaam avait pris corps dans la dynastie de David. Et c’est précisément à David que renvoie la réponse donnée par les chefs des prêtres et les scribes d’Israël. Saint Matthieu a soin de lesouligner. En citant la prophétie de Michée qui mentionne explicitement Bethléem, la cité dont est originaire la famille de David, ils continuent par une autre citation tirée du livre de Samuel :"Le Seigneur t’a dit : c’est toi qui feras paître Israël mon peuple et c’est toi qui seras le chef d’Israël." (2 Samuel 5. 2)

Jésus est ainsi le nouveau David, avec toute la signification attachée à ce roi messianique.

On pourrait prendre d’autres lectures de ce texte. Cet enfant de Bethléem, Jésus, est aussi le nouveau Salomon à qui les mages viennent rendre hommage comme l’a fait la reine de Saba en offrant de somptueux présents à ce roi qui avait la réputation d’une grande sagesse. (1 Rois 10). Les mages viennent se prosterner devant celui qui est la Sagesse même.

Les païens sont donc associés à tout cet accomplissement d’Israël en Jésus-Christ, le Messie, Sagesse de Dieu. Le mystère, pressenti par les prophètes, est désormais manifesté comme l’affirme saint Paul aux Ephésiens :"Les païens sont associés au même héritage, au même corps, au même partage de la promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile." (Ephésiens 3. 6)

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Ce n’est pas rien de croire que la foi chrétienne se greffe sur l’histoire d’un peuple choisi par Dieu, à une époque et en un lieu donnés. Dans le même temps, c’est précisément parce que Jésus a des racines humaines qu’il n’est pas le messie d’un seul peuple mais qu’il est le sauveur de tous les hommes. Le salut en Jésus-Christ est universel dans son extension humaine, géographique et sociologique. Si l’on peut oser cette expression, il vit dans toute l’épaisseur de la réalité humaine.

Rejoindre Jésus dans la plénitude de sa personne humano-divine, entraine pour nous, toute une conversion,. Elle sera longue à réaliser car notre cheminement se fait à tâtons, et notre accueil du message divin se vit dans notre pauvreté et notre vulnérabilité.

Les Mages nous donnent une autre leçon. Ils ne se découragent pas quand l’étoile disparaît. Ils cherchent, mais d’une autre manière. Ils ne sont pas déconcertés quand ils doivent reprendre leur marche, par un autre chemin après avoir découvert l

La véritable espérance ne peut résider qu’en Celui qui est venu vivre pleinement notre humanité, la partager pour nous faire partager sa divinité. L’espérance spiritualiste des courants religieux actuels est insuffisante si elle ne se fonde que sur des aperçus sociologiques, philosophiques ou psychologiques.

« Quand le Christ s’est manifesté dans notre nature mortelle, tu nous as recréé par la lumière éternelle de sa divinité. » (Préface de ce jour)

« Daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur. » (Prière d’ouverture de ce jour).

Mais nous ne pouvons nous détacher de tous les hommes, nos frères, « Tu as dévoilé dans le Christ le mystère de notre salut pour que tous les peuples en soient illuminés. » (Préface de ce jour)





DIMANCHE 15 JANVIER 2017
DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINARE


Références bibliques :

Lecture du prophète Isaïe : 49. 3 à 6 : "Je vais faire de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre
Psaume 39 : "J’ai dit ton amour et ta vérité à la grade assemblée"(en grec : Eglise)
Lecture de saint Paul aux Corinthiens: 1 Cor. 11. 1à 3 : " Vous qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint."
Evangile selon saint Jean : 1. 29 à 34 :"Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage, c’est lui le Fils de Dieu!"

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Nous sommes au seuil de la "Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens" qui va du 18 au 25 janvier. Les textes liturgiques nous permettent d’approfondir ce qu’est, aux yeux du Seigneur Jésus, l’Unité de l’Eglise, l’unité du Peuple qu’il a sauvé. Ils commentent, mieux que tout autre, le verset biblique qui servira de support à la prière de chaque jour de cette semaine. « Le Christ est l’unique fondement de l’Église. » ( 1 Cor. 3. 11)

REJOINDRE ET REUNIR TOUS LES HOMMES

Le prophète Isaïe, en définissant la mission de l’Envoyé de Dieu, le situe par rapport à Israël, le Peuple de l’Alliance, et, dans le même temps, par rapport à tous les hommes, par delà la Terre Promise, "jusqu’aux extrémités de la terre."

"L’exigence de l’Eglise, c’est d’être, dans notre monde déchiré, un signe et un moyen de l’unité. Elle doit dépasser sa pluralité et unir les nations, les races et les classes." (Ratzinger. La foi chrétienne, hier et aujourd’hui - 1969) Cette Eglise ici, n’est pas entendu comme étant uniquement l’Eglise romaine, mais « l’Eglise, unité concrète de la foi commune attestée dans la parole et de la table commune de Jésus-Christ". (Ratzinger - id)

L’Eglise de Corinthe, dont il est question aujourd’hui, est partie constitutive de cette Eglise unique, "vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ." (1 Corinthiens 1. 2) La division existe les Eglises. Elle existe même au sein de chaque Eglise où les communautés s’isolent et se replient sur elles-mêmes, chacune attendant que l’autre partage son identité, sa manière d’être et de vivre dans la foi. Comment ces communautés qui ne se rejoignent même pas au sein de la même Eglise particulière, pourraient-elles devenir ferment d’unité de l’Eglise universelle.

LE CHRIST EST UNIQUE

Le Christ est avant tout communion. C’est dans ce sens que nous devons entendre son appel :"Qu’ils soient un." "Il n’est pas venu sur terre pour créer une nouvelle religion mais pour susciter une nouvelle communauté d’amour en Dieu." (Frère Roger - Milan 1998) Personne avant Lui n’a donné autant de force à cette communion.

"L’oecuménisme devrait sortir des querelles de mots pour se fonder sur un réalisme expérimental du salut. Nous devons essayer d’entrer dans le regard de l’autre pour découvrir tel aspect, pour nous inattendu ou négligé, du visage du Christ. Le visage défiguré du Crucifié, inépuisablement scruté par l’Occident, le visage transfiguré du Ressuscité, inépuisablement glorifié par l’Orient. Leur différence même manifeste l’immensité de l’amour de Dieu pour nous." (Patriarche Bartholomeos I - 1996)

VA D’ABORD TE RECONCILIER

Cette parole du Christ ne peut ni ne doit être oublié dans chaque démarche que les chrétiens initient pour vivre l’unité dans le Christ. "La vocation à se réconcilier entre chrétiens séparés s’appellent l’oecuménisme. L’oecuménisme s’immobilise quand il laisse se créer des voies parallèles qui, par ce fait même, ne peuvent se rejoindre et sur lesquelles finissent par s’use les forces vives de l’appel à la réconciliation. C’est comme si des trains cheminaient les uns à côté des autres. Ils s’arrêtent de temps en temps pour permettre une rencontre, puis chaque voyageur reprend son propre train." (Frère Roger - Milan 1998)

Le pape Jean-Paul II, quand il évoque cette réconciliation, utilise l’expression, "dialogue de la conversion". "Le dialogue de la conversion de toutes les communautés avec le Père, sans indulgence pour elles-mêmes, est la base de relations fraternelles bien différentes d’une entente cordiale ou d’une convivialité toute extérieure. Les liens de la - koinonia - (terme grec qui signifie communauté d’amitié et d’amour), les liens de la koinonia fraternelle se nouent devant Dieu et dans le Christ Jésus." (Jean-Paul II - Unum sint - 1995) Retenons toujours ces deux termes.

NE REGARDE PAS NOS PECHES

Chaque dimanche, après le "Notre Père" et avant l’échange de la paix qui précède la communion eucharistique, l’Eglise latine nous propose une prière dans la paix du Christ. La Communauté du Chemin Neuf, communauté catholique à vocation oecuménique, y insère des intentions significatives.

"Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres, ‘Je vous laisse ma paix, je vous donne la paix’ donne ta paix aux Eglises et à leurs patriarches, aux Eglises issues de la Réforme et aux Eglises évangéliques, à toutes les Assemblées qui invoquent ton Nom et aux responsables de chacune de ces Eglises. Mets un terme à notre division. Ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise. Pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix. Conduis-le vers l’unité parfaite, Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

Nous croyons à l’efficacité de la prière. Elle ne peut rester sans fruits. L’Eglise qui est le Corps du Christ, est animée par son Esprit. Son unité est à la mesure de la manière dont chaque membre vit de cet Esprit et le fait fructifier.

REGARDE LA FOI DE TON EGLISE.

Actuellement, ces jours-ci même, en Afrique comme en Asie, des chrétiens témoignent jusqu’à la mort, jusqu’au martyre, de cet attachement au Corps du Christ. « Il demeurera avec eux» (Apocalypse) Ils sont prêtres, religieux et religieuses catholiques, ils sont pasteurs réformés ou évangéliques, ils sont des laïcs appartenant à toutes les dénominations chrétiennes. « Ils seront ses peuples » (Apocalypse). Ils meurent pour le Christ à qui ils ont donné leur foi et leur vie. « Lui sera le Dieu qui est avec eux » (Apocalypse).

Jean-Paul II y voit en effet une réalité plus significative que toutes les rencontres de dialogues théologiques. "Le Christ, par la puissance de l’Esprit, suggère aux Eglises, à toutes sans exception, de s’examiner devant le Père et de se demander si elles ont été fidèles à son dessein sur l’Eglise. En réalité, toutes les Communautés chrétiennes savent qu’une telle exigence, un tel dépassement, par la force que donne l’Esprit, ne sont pas hors de leur portée."

" De fait, elles ont toutes des martyrs de la foi chrétienne. Malgré le drame de la division, ces frères ont gardé en eux-mêmes un attachement si radical et si absolu au Christ et au Père qu’ils ont pu aller jusqu’à l’effusion du sang... nous avons déjà un Martyrologe commun... La communion est maintenue. Ils sont dans la communion du Christ glorieux. Ils proviennent de toutes les Eglises et communautés ecclésiales qui leur ont ouvert l’entrée dans la communion du salut." (Jean-Paul II - Ut unum sint - 1995)

***

Il n’y a qu’un Christ : "C’est celui-là qui baptise dans l’Esprit-Saint. Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage, c’est Lui le Fils de Dieu." (Jean 1. 34)
Il n’y a qu’une Bonne Nouvelle : "J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée." (Psaume 39)
A nous de la vivre par la grâce de Dieu : "Pénètre-nous, Seigneur, de ton esprit de charité, afin que soient unis par ton amour ceux que tu as nourris d’un même pain." (Prière de la communion du 2ème dimanche).

C’est ainsi que deviendra réalité cette affirmation qui est le thème de la prière de la Semaine de l’Unité pour cette année 1999 : « Il demeurera avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu-qui-est-avec-eux. » (Apocalypse 21. 3)




DIMANCHE 22 JANVIER 2017
TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Références bibliques :

Lecture du prophète Isaïe : 8. 23 à 9. 3 :"Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une grande lumière a resplendi."
Psaume 26 : "Le Seigneur est ma lumière et mon salut."
Lecture de saint Paul aux Corinthiens : 1 Cor : 1. 10 à 17 :"Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?"
Evangile selon saint Matthieu : 4. 12 à 23 :"Toi le carrefour des païens."

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Avant de développer, dans les dimanches à venir, la prédication de Jésus sur la montagne (Matthieu 5 et ss.), l’Eglise nous fait entendre aujourd’hui les débuts de son ministère. C’est un appel : nous devons nous convertir, nous devons proclamer la Bonne Nouvelle, nous devons évangéliser.

LE ROYAUME EST PROCHE

La proximité de ce Royaume était la raison même de la prédication de Jean-Baptiste et ce fut le thème de tous ses appels à la conversion (Matthieu 3. 2). Jésus se situe dans le prolongement du Précurseur en prenant la relève après l’arrestation de Jean. Cependant, il ne reste pas en Judée ; il gagne la Galilée. Ce n’est point par peur des Juifs, mais parce que cette contrée du nord est le lieu dont le prophète Isaïe a parlé comme étant celui-là même de l’ouverture de l’Alliance à toutes les nations : « au-delà du Jourdain, au carrefour des païens. »

Saint Matthieu comme saint Luc le soulignent en reprenant Isaïe 8. 23 et suivants. L’Évangile dépasse le cercle du Peuple de Dieu. Il concerne tous les hommes, aujourd’hui tout autant qu’à l’époque de Jésus.

Arrivé là, Jésus commence publiquement sa mission. En quelques versets, saint Matthieu présente tous les thèmes qui constituent le ministère de Jésus jusqu’à sa résurrection. Il appelle, il enseigne, il proclame, il guérit, il va dans tous les villages et vers tous les hommes.

Quand il reviendra à Nazareth et qu’il ouvrira le rouleau du prophète (Luc 4. 16), ce seront encore des paroles d’Isaïe qui définiront sa mission prophétique. Merveilleuses paroles mais ses compatriotes ne peuvent les entendre, ce qui les conduit à le chasser. Le fils du charpentier pouvait-il être celui qui « proclame l’année où le Seigneur manifeste sa faveur ? » (Luc 4. 19)

CAPHARNAUM, LA LUMIERE DANS LES TENEBRES

Après trente ans de vie cachée à Nazareth, dans ce petit village bien protégé au creux de ses collines, hors des grandes voies de circulation, il descend dans une ville cosmopolite, commerçante et importante à cette époque. Il se veut au contact de ce monde païen pour lequel il a été envoyé par le Père comme Sauveur (Jean 6. 39).

Il y a là un mélange de races et de religions. C’est tout un monde en mouvement où la longue histoire des guerres, des invasions et des immigrations forcées avaient brassé les peuples, au point que les juifs intègres de Jérusalem et de Judée ne pouvaient admettre que les Galiléens soient vraiment restés fidèles à la tradition de Moïse. Eux qui se considéraient de race pure et de stricte observance les considéraient avec mépris, sans valeur ni importance.

C’est justement là, parmi les méprisés, que Jésus inaugure sa prédication de la Bonne Nouvelle, qu’il annonce la proximité du Royaume de Dieu et qu’il choisit ses premiers disciples. Les foules l’écoutent et le suivent. En fin de compte, ce sont les hommes du refus qui sont le vrai peuple des ténèbres, opaque à la lumière de Dieu. "La Vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres" (Jean 1. 4). Saint Matthieu le souligne :"Sur ceux qui habitaient dans le pays des ténèbres et de la mort, une lumière s’est levée."

UN CRI : LE REGNE DE DIEU EST LA

Durant cette première période, la prédication de Jésus nous apparaît courte et percutante. Elle tient en deux phrases très brèves : « Convertissez-vous ! Le Royaume des cieux est proche ! »

"Il se mit à proclamer." (Matthieu 4. 17) Il est intéressant de reprendre toutes les significations du terme grec qu’emploie l’évangéliste :"kèrussein" car elles lui donnent une grande intensité qui résonne, sans doute encore, dans la mémoire de saint Matthieu.. Ce verbe est celui de la proclamation, par un héraut, d’une convocation, d’un ordre. Cette proclamation est criée, hurlée, pour qu’elle soit entendue au loin, et qu’on y sente toute la force de l’appel inéluctable, de l’ordre, ainsi transmis.

Ce que le Christ proclame, c’est la nécessité où se trouvent ses auditeurs de réviser de fond en comble leur manière de penser et de vivre pour que Dieu règne dans ce Royaume qui s’approche de nous. Prenez un autre chemin !

UN APPEL : VENEZ AVEC MOI.

Il ne peut rester seul à le proclamer. Il propose à ceux qu’il rencontre au bord du lac, de venir avec lui et de partager sa mission. Ce sont des pêcheurs. Ils seront pêcheurs d’hommes.

Il les appelle car les hommes ne sont pas une proie. Il ne s’agit pas de les capturer, mais au contraire de les libérer. Ils doivent se convertir et changer l’orientation de leur vie. Pour cela il ne fait pas de grandes dissertations ni de longues démonstrations rabbiniques ou homélitiques, à la manière de certains prédicateur. Il leur donne un repère : lui. Saint Jean, qui a vécu personnellement ce moment, nous le traduit ainsi : "Venez et voyez." (Jean 1. 39).

Les premiers chrétiens ne centraient pas leur message évangélique sur la morale, mais sur la personne du Christ, qui est l’essentiel de la découverte de toute vie. « Venez et voyez. » Le premier évangélisé par le premier appelé l’a bien été ainsi quand André dit à Pierre : »J’ai trouvé le messie. »

Avec eux désormais, Jésus annonce la Bonne Nouvelle, il guérit, il pardonne. La Parole de Dieu, si elle est acceptée et assumée, devient pour tous une guérison, une libération des forces du mal, un message de paix et de joie. Le mal se transforme en béatitudes. Car ce n’est pas sans raison qu’après la longue énumération des possédés, des malades, des oppressés, des lunatiques, des paralysés, le sermon sur la montagne énumère le mal qui s’appelle l’argent, la violence, le mépris, la sexualité dépravée, l’injustice.

Ceux que le Seigneur appelle à sa suite, et nous en sommes, devront, à leur tour, transmettre ce message constitutif du Royaume qui est proclamé sur la montagne, qui est à proclamer aujourd’hui aux hommes qui marchent dans les ténèbres, au carrefour des païens.

Dieu et le Royaume sont là chaque fois que des hommes se convertissent pour choisir la logique des Béatitudes qui n’est pas dans la sagesse du langage humain (1ère Corinthiens 1. 17).

***

"Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie." (Isaïe 9. 2)

"Permets, Seigneur, qu’ayant reçu de toi la grâce d’une nouvelle vie, nous puissions nous en émerveiller toujours." Nous qui parfois sommes blasés et habitués à entendre si souvent ta Parole qui devrait être proclamée toujours comme un cri, comme un nouvel appel. (prière de ce dimanche après la communion)




DIMANCHE 29 JANVIER 2017
QUATRIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE



Références bibliques :

Lecture du livre de Sophonie : 2. 3 et 3. 12 et 13 : « Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui faîtes sa volonté. »
Psaume 145 : « Le Seigneur est ton Dieu pour toujours. »
Lettre de saint Paul aux Corinthiens : 1. 26 à 31 : « Ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelques chose. »
Evangile selon saint Matthieu : 5. 1 à 12 : « Ils verront Dieu ! »

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Pour des millions d'êtres humains, les béatitudes sont une des pages les plus admirables de toute l'histoire de l'humanité. Mais en regard de la réalité de nos vies et des évidences les plus répandues, elle semble illustrer aussi le monde à l'envers.

EN L’INTIME DE CHACUN DE NOUS.

Depuis des siècles, le sermon sur la montagne a fasciné des générations en rejoignant les fibres humaines les plus intimes de notre être. Tout ce qui vibre en nous d'aspirations et de désirs de générosité y est touché. Car ces béatitudes ne sont pas une leçon de morale ; elles sont d’abord la révélation des vraies valeurs, celles qui font la grandeur de l’homme.

Certes beaucoup de penseurs, dans d’autres religions qui n’ont pas connu le Christ, ont dit des choses analogues. Pour tous ceux-là, l’Evangile apporte une confirmation : il est facile de se tromper sur notre vérité profonde ; vous avez raison de dire que vous ne courez pas après la richesse, que vous cherchez la justice, que vous le croyez pas à la violence.

Mais elles ajoutent une autre vision de la vie, celle d’une réalité qui n’est pas évidente parce qu’elle paradoxale. Elles nous disent qu’en les vivant nous rejoignons l’amour qui nous fonde en Dieu. La logique des béatitudes, c’est Dieu et son Royaume et non pas seulement une paix sociale, une maîtrise de soi, une sagesse humaine qui nous détache de l’inutile.

Les dernières lignes d’ailleurs sont tout autant un avertissement qu’une révélation : les violents ne supporteront pas ceux qui cherchent la paix. Les injustes se mobiliseront contre les justes. C’est l’avenir même du Christ qui est dit et c’est le sort des disciples qui se lancent dans l’aventure de Dieu. Nous avons à vivre ce qu’il a vécu.

UNE ANNONCE DU ROYAUME.

Lorsque cet évangile nous est lu à la Toussaint, il apparaît dans une atmosphère d'achèvement: c'est la réussite définitive de l'oeuvre du Seigneur. Aujourd'hui, il apparaît comme un commencement. C'est l'annonce du Royaume dans sa racine et dans son germe.

En saint Luc, Jésus descend de la montagne après avoir passé la nuit en prière. Il s'adresse à ses disciples et à la foule réunis "dans la plaine". En saint Matthieu, au contraire, Jésus gravit la montagne, où il s'adresse à la foule.

Dans les deux cas, il apparaît comme le nouveau Moïse, venu refaire l'unité du Peuple de Dieu. Il promulgue la loi du Royaume. Ses auditeurs y trouvent un message essentiel: il faut changer de vie, se convertir, voir les choses d'une autre manière, car le Royaume des cieux est au milieu de nous.

LE RENVERSEMENT DES VALEURS

Au même moment, tout ce que notre vie comporte de douloureux et d'insupportable est enfin dévoilé, reconnu et guéri. La misère qui semble s'abattre toujours sur les mêmes, l'exclusion des malades et des infirmes, la pauvreté et la souffrance elles-mêmes, deviennent sources et motifs de joie.

Nous avons maintes fois essayé de suivre cette Parole pour réaliser ce qu'il y a de plus pur en nous, mais toujours il nous a semblé que nous n'étions pas libres, comme si des forces opposées nous l'interdisaient. Il nous a semblé que le progrès annoncé par les béatitudes demeurait fuyant et insaisissable; qu'on ne pourra jamais l'atteindre, et encore moins le savourer sans le secours de Dieu.

Car il s'agit bien d'un renversement radical des mentalités et des valeurs; un changement si profond qu'il ne peut se faire sans la transformation complète de ce qui ne correspond pas en nous au dessein initial du Créateur.

LE ROYAUME A VENIR EST DEJA PRESENT

Les béatitudes ne sont pas une réalisation immédiate ni même immédiatement réalisables. Elles sont promesses : « ils auront la terre en héritage, ils seront consolés ». Elles sont au futur. « C’est en espérance que nous sommes sauvés », dit saint Paul aux Romains (8. 24). Toutes au futur, sauf une, celle qui ouvre ce message : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre car le Royaume des cieux est à eux. »

Si nous prenons pour ces termes « heureux », une traduction en vieux français que rejoint le parler québecois, heureux signifie : »Vous êtes chanceux, vous avez de la chance… »

...... " oui, vous avez cette chance de ne pas être empétrés dans vos richesses pour découvrir ainsi la richesse qui vient de Dieu !

Chacune des béatitudes prend alors un sens inouï et merveilleux.
Et le verbe qui est au présent nous dit ainsi que cette réalité dès aujourd’hui, marque l’avenir et lui donner un sens.

Dès aujourd’hui, se dépouiller de soi-même pour être en connivence avec Dieu. « Accorde-nous de pouvoir t’adorer sans partage », comme le dit la prière d’ouverture de la messe de ce dimanche.

La vie du Christ peut récapituler la vie du Christ, qui ainsi révèle la vérité par son existence terrestre qu’il nous invite à partager en plénitude quand il nous demande de le suivre, jusqu’au détachement, jusqu'à la croix, jusqu'à la Résurrection : « Ils verront Dieu ».

***

La pauvreté, au sens évangélique du terme, est donc une attitude spirituelle fondamentale. Elle est la décision de mettre sa sécurité et son espérance non dans ce que nous possédons immédiatement, mais seulement dans ce que nous croyons de Dieu.

Nous ne nions pas les réalités matérielles, pas plus que le Christ ne les a niées. Nous les ordonnons seulement autrement pour qu’elles deviennent des moyens concrets de vivre l’amour des autres, des moyens qui nous préservent d’être défigurés par la réduction de nos désirs à n’être que des objets de consommation, donc dénaturés de notre valeur essentielle

Le Christ est venue restaurer, en nous comme en nos frères cette dignité de nous-mêmes,qui vient de lui-même. « Accorde-nous d’avoir pour tout homme une vraie charité », dit encore la prière d’ouverture de la messe de ce dimanche.

« T’adorer sans partage... avoir pour tout homme une vraie charité. » Les deux commandements ne font qu’un.



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