Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme",
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 23 novembre : Le Christ-Roi
Dimanche 30 novembre : Premier dimanche de l'Avent
Dimanche 7 décembre : Deuxième dimanche de l'Avent
Dimanche 14 décembre : Troisième dimmanche de l'Avent
Dimanche 21 décembre : Quatrième dimanche de l'Avent
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DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2014
LE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS

 
 
Lectures bibliques :

Lecture du livre d’Ezékiel. 34. 11 à 17 :"C’est moi qui ferai paître mon troupeau, c’est moi qui le ferai reposer."
Psaume 22 :"Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer."
Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 or. 15. 20 à 28 :"Il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et ainsi, Dieu sera tout en tous."
Evangile selon saint Matthieu. 25. 31 à 46 :"Comme le berger sépare les brebis des chèvres."

***

L’évangile de ce jour est une parabole et doit lue comme telle et non pas comme une prédiction terrifiante.

LE BON BERGER

Jésus l’ouvre par une comparaison qu’il a souvent employée pour nous dire ce qu’il était parmi les hommes et pour les hommes. "Je suis le Bon Pasteur."

Ce qu’il sépare dans son troupeau, n’est pas à prendre dans un sens péjoratif. Il détermine la place de chacun selon ce qu’il est et ce qu’il peut réaliser. Il nous l’avait déjà dit dans la parabole des talents, dimanche dernier, :"A chacun selon ses capacités." (Matthieu 25. 15)

En parlant de Dieu, le prophète Ezékiel le présente comme le vrai pasteur qui reconstitue son troupeau et lui fournit un pacage abondant et sûr. Le psaume nous le redit. Avec lui, il n’y a rien à craindre, même dans les ravins de la mort. Il est avec nous, il nous guide, il nous rassure.

Le Christ Jésus assume ce message qui parle de Dieu, parce qu’il est, lui Jésus, le Fils de l’Homme (Matthieu 25. 31) et parce qu’il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Notre Dieu est un Dieu de tendresse et de miséricorde.

LE ROI.

Pour certains, ce titre de « roi » signifie pouvoir et puissance absolue. Celui que s’attribue le Christ, est à comprendre dans son acception biblique. Dieu est le Roi du peuple qu’il s’est choisi. Il faudra des siècles pour que le peuple choisi comprenne à la fois la nature de cette royauté et le sens de ses exigences.

C’est en Jésus que s’achèvera la révélation. Il manifestera la signification suprême de la royauté selon Dieu en étant sur la croix. Condamné pour des prétentions à une royauté humaine, mais vainqueur du royaume éternel.

il inaugure le règne de Dieu dans sa victoire sur la mort. "Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi", lui dira le bon larron. (Luc 23. 42) Il nous faudrait relire ici, une à une, les paroles du Christ quand il en parle au cours des prédications de sa vie publique. Il refuse cette royauté humaine aux jours de la tentation comme au jour de la multiplication des pains. "Sachant qu’on allait l’enlever pour le faire roi." (Jean 6. 5)

Il en définit la nature et la mission :"Cherchez le Royaume et sa Justice." (Matthieu 6. 33) et ceux qui peuvent envisager d’en faire partie :"Le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux." (Matthieu 19. 14) "Heureux les pauvres de coeur, le royaume des cieux est à eux." (Matthieu 5. 3)

Et c’est bien par lui que nous pouvons espérer y parvenir :"Je dispose pour vous du Royaume." (Luc 22. 29)

LA SUPREMATIE DE L’AMOUR

A l’opposé de celle de tous les rois de terre, la suprématie de Dieu, par le Christ Jésus, est celle du don de son amour. Tous les hommes y sont associés, par Lui, avec Lui et en Lui. "Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et, ainsi, Dieu sera tout en tous." (1 Cor. 15. 28)

Ceux qui acceptent de mourir au péché et de vivre avec le Christ font dès maintenant partie de ce Royaume qui est "déjà parmi nous." Il se construit tout au long de l’histoire des hommes, tout au long de la vie de chaque homme, de chacun d’entre nous.

Si nous nous engageons ainsi, consciemment et dans la confiance, à apprendre comme le Christ à dire "oui" à Dieu et à la vie, à partager avec nos frères, nous accomplissons la charte du Royaume (Matthieu 5. 3 et ss)

Car " le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action." (1ère lettre aux Corinthiens 4. 20) Il se construit dans le coeur de ceux qui servent le Christ dans le service de leurs frères, même s’ils ne le connaissent pas.

C’est là aussi l’un des sens de l’évangile de ce dimanche. "Quand donc avons-nous pu te voir ?" La mission des chrétiens est de faire connaître à leurs frères la bonne nouvelle qu’ils réalisent aussi le Royaume.

QUAND SE DECOUVRE LA REALITE.

Cette parabole du jugement dernier est donc celle de l’heure déterminante qui conclut l'histoire terrestre de chacun des hommes, qui conclut notre propre histoire, au jour où le Christ nous accueille. C’est l’heure où se découvre cette double réalité : la nôtre et celle du Royaume. C'est l'heure où se réalise définitivement ce qu'aura été notre vie et la part que nous avons prise dans son développement.

Ce jugement définitif est, en effet, à mettre en parallèle avec les Béatitudes qui ouvraient le discours inaugural de l'annonce de l'Evangile. Elles étaient les impératifs de sa réalisation. Pour les uns apparaîtra en pleine lumière la vraie dignité de Fils de Dieu qu'ils ont acquise peu à peu dans la conformité de leur vie à la Parole de Dieu.

Ils ont su rester pauvres d'eux-mêmes pour ne rechercher que la seule richesse de Dieu. Ils ont construit la paix par la justice, en partageant avec miséricode, fut-ce au prix des larmes et même des persécutions. Ils ont tout donné aux plus pauvres, aux exclus, ax persécutés, aux affamés.

Pour les autres, apparaîtra, également en pleine lumière, leur refus du Royaume tel que Dieu attendait qu’ils le réalisent. Les ténèbres dans lesquelles ils sont demeurés ne leur ont pas permis de "voir" où était le Christ : dans les petits, les pauvres, les affamés, les persécutés, les exclus.

***

Une nouvelle fois, s'achève le parcours du mystère chrétien que l'Eglise nous a invité à suivre au long de l'année liturgique. Avec l'ouverture d’une nouvelle année liturgique, au premier dimanche de l'Avent, elle nous propose, comme un renouvellement toujours possible, malgré les déserrances que nous avons pu connaître.

La grâce de Dieu nous est toujours disponible dans le mystère du Fils qui a partagé notre humanité, dans sa faiblesse, sa croix et la joie de sa Résurrection. Dieu est miséricorde et paix pour les pauvres que nous sommes et qu'il accueille ainsi.
 
   
 
DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014
PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT. (B)

 
 


- Lectures bibliques :

Lecture du prophète Isaïe. 63. 16 à 64. 7 : « Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice. »
Psaume 79 : « Jamais plus nous n’irons loin de toi. »
Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 Cor. 1. 3 à 9 : « Il vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur. »
Lecture de l’évangile selon saint Marc : « Il peut arriver à l’improviste. »

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LA LITURGIE DE L’EGLISE
nous introduit dans le mystère de Dieu.

Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année liturgique, selon le cycle même dont l’Eglise marque le temps dans lequel nous avons à vivre la grâce reçue dans le mystère de l’Incarnation, dont la Nativité en est la première expression et qui réalise toute sa signification dans le mystère pascal de la Rédemption, mort et résurrection du Seigneur Jésus.

De cette manière, nous sommes invités à réactualiser la grâce qui est en nous et dont nous oublions qu'elle se vit dans la Divine Liturgie. Cette « réactualisation » se vit en Eglise, non pas selon notre cheminement solitaire, pas plus que par une mise à jour d'une société aux structures hiérarchisées

Notre société sécularisée et déchristianisée témoigne d’ailleurs du besoin, qui subsiste en tout homme, d'être en "communion", d’être-avec, d’être-avec-autrui, notamment lorsqu’il est en recherche, lorsqu’il est en difficulté, lorsqu’il connaît l’échec.

L’Eglise est le milieu divino-humain où trouve son achèvement et sa plénitude l’aspiration du cœur humain à la convivialité collective. « Animal social » par nature, l’homme, en tant que personne créée à la réplique du Dieu tri-unique, est fondamentalement un être social et donc, pour tout baptisé, un être ecclésial.

C’est dans ce sens que nous pouvons rejoindre le mystère de l’Incarnation de ce Dieu unique et trinité dont la « convivialité » s’exprime dans le Père, le Fils et l’Esprit, comme le suggère l’icône d’Andrei Roublev où les trois visiteurs divins sont autour d’une table eucharistique.

Cette communion, qui a sa plénitude au jour du mystère pascal, l’Eglise nous la fait vivre dans la liturgie au sens plénier du terme. « Fais fructifier en nous l’eucharistie qui nous a rassemblés. » (prière après la communion)

ALLER AVEC COURAGE
pour assumer ce que nous sommes.

Nous sommes invités à partir, à « redémarrer » sans cesse, nous qui piétinons et même parfois reculons.

En fait, tant quenous ne sommes pas encore arrivés au terme de cette identification dont parle saint Jean, l’Eglise nous le rappelle dans la liturgie de la Toussaint : « Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3. 2) Ce que saint Paul exprime d’une autre manière : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Galates 2. 19-20).

Il nous faut donc sans cesse nous libérer des habitudes, des autosatisfactions qui reviennent entraver notre liberté d’enfants de Dieu. Il nous faut être conscients de ce que nous sommes, à la fois « un vieil homme », et, dans le même temps selon l’expression de saint Paul, ce « nouvel homme » qui vit déjà en nous par la grâce de notre baptême, nouvel homme dont la force vitale dépasse infiniment les limites du « vieil homme ».

Pour se libérer de leurs limites humaines, beaucoup de nos contemporains espèrent trouver dans les sagesses de l’Orient le nirvana de salut. Jésus nous invite, lui, à assumer ces limites. Il a assumé nos faiblesses, nos péchés même, lui qui était dans la condition même de Dieu ! « C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout » (Philippiens 2. 5 à 11)

Pour nous, cela demande du courage, une force et une humilité sans complaisance. Car ce n’est pas chose facile de jeter sur nous-mêmes un regard loyal, sans complaisance, un regard sévère et lucide, un regard qui décape et met à nu toutes les sinuosités compliquées et d’aller jusqu’à se convertir. Le cœur qui se convertit est celui qui décide de ne plus faire écran au regard posé sur lui par le Père des lumières sur chacun de nous qu’il convie à cette « déification. »

SUR LES CHEMINS DE LA JUSTICE
pour être en harmonie.

Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la justice s’entend d’une manière différente de celle qui est exercée sur le plan humain. Certes la justice de ce monde est indispensable, mais elle ne suffit pas dans ce cheminement vers Dieu.

Dans les Ecritures, elle est mise en correspondance avec la foi, la charité et la vie. (Romains 1. 16 – 1 Jean 2. 29). Cette justice n’est pas une simple « justification » que Dieu nous donne au vu de nos mérites. Elle est l’harmonisation de ce que nous vivons avec la vie même de Dieu, par la grâce et les sacrements de cette grâce.

Cette justice, nous pouvons d’ailleurs l’exprimer le sens qu’utilise l’ouvrier quand il a ajusté deux pièces avec précision, ou dans le sens qu’utilise le musicien quand il parle d’une note juste lorsqu’il accorde son violon.

Si nous allons avec courage sur ce chemin de la justice, ce n’est pas pour trouver une récompense ni même une règle de vie, c’est pour rejoindre quelqu’un, et nous ajuster à celui qui est au cœur même de notre attente et de notre vie, le Christ .

La démarche de toute éthique aboutit à la justification de celui qui la professe, à la satisfaction de connaître la loi, de savoir les vertus et de les pratiquer. Pour le Christ, la figure même de la démarche vers le chemin de la justice, c’est le publicain, le fils prodigue, le larron, tous ceux qui, dans la vérité de leur insuffisance, n’attendent rien d’eux-mêmes, mais recherchent et s’abandonnent à la relation d’amour que Jésus établit.

LA RENCONTRE DU SEIGNEUR

De fait ette démarche est une démarche intérieure et personnelle, à vivre dans l'amour. Elle n'a pas à être grégaire et extérieure à soi-même, ce qui est le risque d’une démarche entraînée par un groupe enthousiaste et communicatif, qui pourrait nous faire confondre la foi avec une démarche autosuggestive.

Elle a pour terme une rencontre personnelle, et personnalisée, qui est une rencontre de communion. « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus-Christ notre Seigneur. » (1 Cor 1. 9)
Saint Grégoire le théologien dit ainsi : Allez en essayant de ne jamais rester seul."

Ou, selon l’expression du théologien orthodoxe, Vladimir Lossky, « Nous embarquer sur l’Océan sans fond de l’immensité divine à la recherche de l’Amour.

Durant ce temps de l’Avent, nous retrouverons souvent saint Jean Baptiste. Il est celui qui a mis ses disciples sur le chemin de la rencontre avec Jésus : « Voici l’agneau de Dieu. »

Ils y répondent par une démarche personnelle et libre, mais c’est lui, Jésus, qui leur donne à voir ce qu’il est, non par des discours ou des sermons. Il les entraîne avec Lui, près de Lui. « Venez et voyez ». Pour saint Jean, c’est un premier pas sur un chemin dont il dira que le terme est au jour où « nous serons semblables à Lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3. 2)

Cette rencontre l’avait conduit au Christ par une démarche dynamique « à travers la vie de ce monde ». L’existence définitive en Dieu ne sera pas un état statique, mais la continuation, à un plan nouveau, de la route que nous avons suivie durant notre vie et dont le dynamisme sera vécu dans l’infini de la vitalité divine, de la vie trinitaire, de Dieu qui est Amour, « l’amour dont nous t’aimerons éternellement. »

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C'est le sens des prières de ce dimanche.

Celle du début de la messe : « Donne à tes fidèles d’aller avec courage sur les chemins de la justice à le rencontre du Seigneur… »

Celle de la communion : »Fais fructifier en nous l’eucharistie qui nous a rassemblé. C’est pr elle que tu formes dès maintenant, à travers la vie de ce monde, l’amour dont nous t’aimrons éternellement. »

 
   
 
DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014
DEUXIEME DIMANCHE DE L’AVENT (B)

 
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Lectures bibliques :

Lecture du prophète Isaïe. 4. 1 à 11 : »Elève ta voix avec force, toi qui portes la Bonne Nouvelle. »
Psaume 84 : « J’écoute ce que dira le Seigneur. »
Lettre de saint Pierre, apôtre. 1 P. 3. 8 à 14 :« Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse. »
Evangile selon saint Marc. 1. 1 à 8 : »Jésus-Christ, le Fils de Dieu. »
***

LA PERSONNALITE DE JESUS

Saint Marc nous dit son projet, dès les premières lignes de son Evangile et par une phrase d’une grande intensité :
- Une relecture du ministère de Jésus à la lumière de sa personnalité : il est le Fils de Dieu fait homme.
- L’enracinement de ce ministère dans les perspectives prophétiques de l’Ancien Testament qui n’est pas renié, mais rendu complet.
- Dans la perspective qui nous conduira jusqu’à la Résurrection.

Nous devons lire chacun des moments de la vie de Jésus, en gardant sous-jacente cette triple affirmation, sinon nous amenuisons la force de la Bonne Nouvelle. Il est le Christ, c’est-à-dire le Messie attendu. Lors de la prédication de Nazareth, Marc souligne la modification que le Christ a apporté au texte même d’Isaïe.

Dieu dit par son prophète : »Voici que j’envoie mon messager devant ma face. » L’évangile de Marc, comme celui de Luc, transpose cette affirmation : »Voici que j’envoie mon messager devant toi. » Ce qui était dit de Yahvé s’appliquer à Jésus lui-même. C’est la révélation de l’unité entre Dieu et ce Jésus qui vit parmi les hommes de Palestine.

Si l’on a présent à l’esprit la force de l’affirmation monothéiste en Israël, le glissement du texte est inimaginable et caractéristique. Cette certitude sera affirmée au pied de la croix : »Vraiment cet homme était le Fils de Dieu. » (Marc 15.39)

Nous aussi nous attendons un messie, mais nous n'avons pas à le définir au travers d’une vague religiosité. Mais tel qu'il est. C’est en fait Jésus qui est l’essentiel de notre foi. Le christianisme n’est pas ni une religiosité ni une morale. Il est adhésion à une personne, celle-là même du Christ et tel qu'il est dans l'Évangile.

ENTRAVER NOTRE MARCHE VERS LUI

C'est la démarche que nous avons à suivre.« Ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils. » Cette démarche doit être vécue en toute liberté, alors que le péché nous y arrête parce que nous lui consacrons du temps et de la complaisance.

Que d’aspérités en nous. « travers dans les terres arides une route aplanie » … ravins, passages tortueux, escarpements …. Il n’est pas besoin de beaucoup voyager pour se rendre compte de ce qu’il a fallu de terrassements, de déblaiements, de remblaiements pour que les autoroutes soient rapides, pour les TGV puissent se dérouler sans risque d’accidents. « Préparez le chemin, aplanissez sa route. »

Isaïe est bien de notre temps quand il demande que le message ne rencontre aucun obstacle : »Monte sur une haute montagne… » C’est bien là que doivent être les antennes des réémetteurs de radios ou de téléphones portables.
les antennes des réémetteurs de radios ou de téléphones portables.

Ce texte d’Isaïe doit se lire à deux niveaux. Préparer le chemin pour le peuple de Dieu, non seulement celui de l’Ancien Testament, mais celui de notre époque, l’Eglise, c’est être véritablement « voix du Seigneur », perceptible et audible pour tous et non pas obstacle par une transmission trop humaine, trop sclérosée, trop ritualiste, trop timide, de la Parole de Dieu qui doit sauter par delà les montagnes de la vie, jusqu’à Sion, jusqu’à Jérusalem, jusqu’à nos contemporains.

Le deuxième niveau, c’est le nôtre, notre manière personnelle de vivre cette Bonne Nouvelle, sans l’entraver par nos faiblesses.

L’INTELLIGENCE DU COEUR
Qui est celle de l’amour.

C’est l’étrange paradoxe de toute connaissance. Elle ne peut être le fruit d’une déduction rationnelle ou d’un désir de possession. Seul l’amour désintéressé nous fait entrer dans le mystère de tout être. A plus forte raison pour la connaissance chrétienne.

Plus Dieu est connu, plus il se révèle inconnu et nous sommes alors appelés à avancer davantage encore vers Lui et en Lui.

Plus le prochain est aimé, moins nous prétendons le saisir et plus nous sommes appelés à nous donner davantage à lui. En Christ, nous sommes un seul corps, membres les uns des autres. Comme Dieu dont nous sommes l’image, chacun de nous est simultanément secret et amour à respecter. En Christ nous sommes un seul être et pourtant chacun reste une personne, un visage incomparable. Et le devient de plus en plus d’autant que l’amour nous conduit.

Connaître ne peut être qu’une simple acquisition, c’est une rencontre d’êtres vivants qui aspirent chacun à une plénitude. « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent » (psaume 84) Il doit en être ainsi en toute relation avec nos frères. Il doit en être ainsi dans notre relation avec Dieu-Trinité.

« Eveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir », dit encore la prière d’ouverture de cette messe de l’Avent.

L’ACCUEILLIR

C’est-à-dire ce que doit être notre relation avec celui qui vient. Le messager d’Isaïe et de l’Evangile, c’est Jean le Baptiste. Il annonce ce Jésus, il vient essentiellement préparer le cœur du Peuple de Dieu à recevoir la nouveauté de la Bonne Nouvelle, par la conversion qui est de reconnaître son péché et de changer sa manière de vivre. Cela signifie qu’il nous faut accepter de reconsidérer notre relation à Dieu, en Jésus-Christ.

Le messager veut faire vivre en vérité. Son message n’est pas un morale, ni même une théologie, mais une vision. Lorsque nous évoquons les choses de Dieu, il nous faut éviter de les amoindrir par nos langages humains, par notre logique terrestre.

Le Dieu des philosophes n’est pas le Dieu vivant. Celui des théologiens ne l’est qu’à moitié. Dans les deux cas, nous le réduisons au concret ou en une doctrine abstraite. Dieu est vie. Et c’est alors que nous devons l’accueillir dans le silence de l’admiration et de l’adoration.

L’accueillir par l’humanité même du Christ, cette humanité déifiée en Jésus et déifiante pour tout homme qui accomplit cette Alliance, « comme l’eau se mêle au vin » pour devenir le vin du Royaume.

ENTRER DANS SA PROPRE VIE

« Vous qui attendez avec tant d’impatience, la venue du jour de Dieu. Un ciel nouveau, une terre nouvelle. » Ceux qui aiment parfaitement Dieu lui ressemblent peu à peu. Car notre nature humaine a été créée avec la capacité d’accueillir la plénitude de la divinité puisque Dieu nous a donné ce qu’il avait de plus précieux pour affirmer son amour : Jésus.

Si nous voulons trouver Jésus dans la plénitude de son être, de sa personne humano-divine, il nous faut le rejoindre et l’atteindre dans sa Passion et dans sa Résurrection. Il nous faut, nous aussi, et comme lui, assumer l’humanité toute entière, assumer notre humanité.

Il nous faut traverser notre vie jusque dans et à travers la mort « Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus. » (2 Cor. 4. 14) C’est cela notre marche à la rencontre du Christ

Pour que nous puissions entrer dans sa propre vie divine, Dieu est patient. « Comme un berger, il conduit son troupeau. Son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. » (Isaïe. 40. 11) Saint Pierre qui a reçu la mission d’être le pasteur à la suite de Jésus, se rappelle cette parabole du bon berger quand il dit : »Il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre. Il veut que tous aient le temps de se convertir. » (2 Pierre 3. 9)

***

« Seigneur tout Puisant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils, mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. » (Prière d’ouverture de ce dimanche)

 
   
 
DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2014
TROISIEME DIMANCHE DE L’AVENT (B)

 
 

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Références bibliques :

Lecture du Livre d’Isaïe. 61. 1 à 11 : »Mon âme exulte en mon Dieu. »
Cantique de Marie : Luc 1. 46 à 54 : »Le Seigneur fit pour moi des merveilles. »
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens. 1 Thes. 5. 16 à 24 : ""Rendez grâces en toutes circonstances. »
Evangile selon saint Jean. 1. 6 à 28 : »Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas. »

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La liturgie de ce dimanche est un hymne à la joie de la présence de Dieu en nos vies. Les lectures forment un tout qui ne peut être dissocié. C’est leur unité qui les éclaire les unes par les autres et nous conduit à une compréhension plus profonde du message évangélique que nous avons à vivre.

La prière d’ouverture de la messe en trace d’ailleurs les grandes lignes :

« Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils. Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau. »

DIRIGE NOTRE JOIE VERS LA JOIE.

La joie n’est ni exubérance, ni satisfaction émotionnelle ou égocentrique. Elle est libératrice parce qu’elle exprime une réalité intérieure faite de paix et de sérénité parce qu’elle jaillit de la réciprocité d’une rencontre de vérité et d’amour.

Vérité de la connaissance que nous venons de vivre avec un être cher, amour partagé au niveau même du cœur de chacun.

C’est alors un mystère de plénitude qui passe par delà toute souffrance. L’être que nous sommes se sent comme « accompli » dans sa propre nature, par cet échange avec la nature dans sa beauté comme avec ses frères dans l’amour, un échange qui devient une communion.

Ce temps nous conduit à entrer dans le mystère de Dieu. Notre joie ne peut avoir d’autre source que la joie même de Dieu en sa Trinité d’échange et de communion, Père, Fils et Esprit.

Créé en vue de sa divinisation, l’homme n’est cependant pas divin par nature. La dignité de l’être humain vient de ce qu’il est apte à être divinisé. L’âme n’est ni de la nature de la divinité ni de la nature des ténèbres. L’homme est une créature magnifique, merveilleuse, image et ressemblance de Dieu (Gen. 1. 26) et quand « nous adhérons étroitement au Seigneur, nous sommes un seul Esprit avec Lui." »(1 Cor. 6. 17)

L’ESPRIT DU SEIGNEUR EST SUR MOI

L’Incarnation ne provoque pas de rupture au sein de la Trinité. L’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le Christ. Jésus redira ce texte d’Isaïe (Isaïe 61. 1) dans la synagogue de Nazareth (Luc 4. 21) « Aujourd’hui s’est accomplie cette parole de l’Ecriture. » Nous ne pouvons ni dissocier cette parole de celle du baptême dans le Jourdain « Il vit les cieux se déchirant et l’Esprit descendant comme une colombe vers lui » (Marc 1. 10) ni la dissocier de celle qui est dite au moment du départ au désert : »Et aussitôt l’Esprit le jette au désert. » (Marc 10. 12)

L’Esprit du Seigneur est sur Marie, la vierge de Nazareth. « Il s’est penché sur son humble servante. » (Luc 1. 48) La découverte de cette merveille sera lacause de ce jaillissement de joie qu’est le « Magnificat ». Par l’Esprit, le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu s’est incarnée afin que tout homme puisse recevoir le souffle vivant qui fait entendre cette Parole en même temps que le silence divin d’où elle sort. »

L’Esprit de Dieu est à l’œuvre en chacun d’entre nous. A nous de le découvrir et de vivre cette réalité. « Il est au milieu de nous quelqu’un que nous ne connaissons pas, » du moins dans l’infini de son amour et de la grâce. Dans la libre communion de l’Esprit-Saint, nous sommes « accomplis » dans la vie du Dieu Trinité. « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers », dit saint Paul aux Thessaloniciens.

DISCERNEZ LA VALEUR DE TOUTE CHOSE.
La valeur essentielle.

Il est à noter que saint Paul n’oppose pas l’âme et le corps, comme certains pourraient le dire. Le Christ a assumé toute la réalité humaine, à commencer par cette réalité physique, psychique et spirituelle qui est aussi la nôtre et que nous devons, nous aussi assumer, en partant à la suite de Jésus.

L’incarnation du Christ ne sera complète que lorsque chaque réalité humaine, chaque parcelle, chaque code génétique de cette réalité auront été purifiés et pénétrés de la présence de Jésus. C’est dans ce sens que saint Paul dit aux Colossiens : »Je complète dans ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps. » (Col. 1.24)

« Qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps. » (1 Thes. 5. 24)

La Bonne Nouvelle du Christ contredit l’échelle des valeurs humaines. Ce n’est ni la réussite ni le pouvoir. Ces valeurs s’appellent les pauvres, les prisonniers, les affamés de pain et de justice. Le Christ explicitera Isaïe 61. 1-2 dans les Béatitudes et ce sont elles que nous devons discerner.

Nous ne connaissons Dieu et les voies de Dieu qu’en suivant humblement celui qui est le chemin, la vérité, la vie. C’est en Lui qu’ont été vécues les richesses qui nous font « réaliser la merveille de notre salut. » (oraison sur les offrandes.)

AVEC UN CŒUR VRAIMENT NOUVEAU

C’est tout le message de Jean la Baptiste. Il ne multiplie pas exhortations moralisantes. Il nous exhorte à éliminer de nos vie tout ce qui pourrait être un obstacle à la venue de Dieu dans nos vies. Et c’est alors qu’il nous sera donné de voir Jésus marchant sur nos chemins aplanis et d’entendre « Voici l’Agneau de Dieu. » (Jean 1. 36)

Le chemin que nous avons aplani, c’est notre humanité assumée. C’est de nous dépouiller, de nous vider de tout ce qui nous retient au delà et en deçà de notre condition, c’est de nous mettre en marche, non pour redire nos pensées, mais ouvrir nos yeux et nos cœurs à la nouveauté sans cesse renouvelée de la personne du Christ quand il nous donne de le contempler.

Pour que nous ayons « un cœur nouveau », selon la prière d’ouverture de cette eucharistie, « un cœur de chair vive » selon un théologien contemporain, il nous faut cesser d’être tortueux, renoncer à utiliser la raison raisonnante qui est experte en l’art d’étouffer en soi, d’occulter et de camoufler l’évidence de la Lumière véritable. (P. Borrely)

Jean était venu rendre témoignage à la Lumière, il n’était pas la Lumière. » (Jean 1. 7),,

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Le cantique de Marie, au milieu de ces textes liturgique, est bien une prière d’action de grâces, joyeuse et spontanée et non une méditation. Elle n’a pas besoin de chercher ce qu’elle va dire, les paroles de l’Ecriture, si souvent méditées par elle et surtout depuis l’Annonciation, lui viennent tout naturellement au moment de la Sainte Rencontre avec sa cousine Elisabeth.

Elle s’était préparée à la venue de ce Fils dont elle ne mesure pas encore tout le mystère qu’elle porte en elle. Mais elle éclate de joie…

« Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils. Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec cœur vraiment nouveau. »

 
   
 
DIMANCHE 21 DECEMBRE 2014
QUATRIEME DIMANCHE DE L’AVENT (B)

 
 

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Références bibliques :

Livre de Samuel : »2 Sam. 7. 1 à 16 : »C’est moi qui t’ai pris au pâturage »
Psaume 88 : » Sans fin, je lui garderai mon amour. »
Lettre de saint Paul aux Romains : 16 25 à 27 : »Il était resté dans le silence depuis toujours. Aujourd’hui il est manifesté. »
Evangile selon saint Luc : 1. 26 à 38 : »L’Esprit-Saint viendra sur toi et la Puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. »

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An plaçant le mystère de l’Annonciation dans le temps de l’Avent, l’Eglise souligne qu’elle n’est pas une simple fête mariale, mais qu’elle est l’un des moments fondamentaux de l’Incarnation rédemptrice.

LA DEMEURE DE DIEU PARMI LES HOMMES

Dieu assume l’humanité en l’une d’entre nous. Marie, une femme de notre humanité, reçoit comme révélation que la puissance du Très-Haut reposera sur elle. Ce qui l’identifie à la « Demeure », la tente dans laquelle les Israélites abritaient l’Arche d’Alliance de la Parole de Dieu, au long des étapes de leur marche dans le désert. (Livre des Nombres 9. 17 – Deutéronome 31. 15 – Exode 40. 36)

Depuis la prise de Jérusalem en 598 av. J.C., l’arche avait disparu, mais pas ce qu’elle représentait : la proximité de Dieu qui fait vivre son Peuple. En Marie, la proximité se fait Incarnation.

« Rien n’est impossible à Dieu ». Marie et l’ange s’accordent sur cette évidence de la foi. Ainsi parlait déjà le livre de la Genèse à propos de la naissance d’Isaac (Genèse 18. 14). Ainsi parle Jésus quand ses auditeurs auront compris que le salut est impossible à l’homme seul (Luc 18. 27). La naissance du Fils de Dieu parmi les hommes et la nouvelle naissance des fils que nous sommes sont l’œuvre de l’Esprit-Saint.

PAR DELA L’ATTENTE

L’Annonce faite à Marie, située dans le temps, est le mystère qui réalise l’attente séculaire du Peuple de Dieu. C’est tout cela que désormais Marie devra vivre et qui lui demande un acte de foi dont, aujourd’hui, nous avons peine à mesurer la profondeur et l’intensité des exigences quotidienne. Nous connaissons Jésus au travers du déroulement de sa vie. Marie devait faire un « saut « dans un avenir inconnu.

Il lui est demandé un acte de foi qui exige d’elle un abandon total et dont elle ne découvrira l’immensité qu’au fur et à mesure de son union d’amour au cours de la vie humaine qu’elle partage désormais avec son fils, le Fils de Dieu fait homme.

Grâce à sa mémoire biblique, Marie vivra la personnalité et la mission du Messie telles que la tradition davidique les a esquissées, telles que la tradition prophétique les a précisées, telles que les lui commentait la synagogue de Nazareth.

SITUEE DANS SA VIE QUOTIDIENNE

Car, dans le même temps, sa méditation quotidienne et sa prière les enrichiront au contact même de cette présence humano-divine du Christ. Cette contemplation d’amour, nous la découvrons au travers de son questionnement à l’ange-messager de Dieu, au travers de son « Magnificat », au travers de son silence lorsque son fils lui rappelle qu’il doit être « aux affaires » de son Père. « Elle conservait toutes ces choses en son cœur. »

Le texte grec est plus fort que nos traductions destinées à la lecture publique : »Elle gardait avec soi … » Ce n’est pas un archivage égoïste. Le verbe grec est un verbe actif qui ajoute une plus grande expression aux mots qui suivent : »en son cœur », non pas dans sa mémoire, mais dans son amour. Car, selon l’expression courante, c’est du cœur que partent toute action et tout comportement de notre existence, toute connaissance réelle de ce que nous vivons.

Chacun de nous reçoit aussi, chaque jour, l’Annonciation, par la grâce de Dieu. Comment l’accueillons-nous ? Accueillir, c’est se laisser quelqu’un prendre place dans notre propre vie. Et là, c’est laisser Dieu prendre place, dans le silence, la crainte parfois, la joie aussi.

Marie n’est plus seule avec elle-même quand l’ange la quitte. Dieu est désormais en sa virginité, elle est en-ceinte, ceinte par Dieu lui-même. Celle qui avait offert l’abandon de sa fécondité, reçoit, en toute liberté, le don de la vie qui se féconde en elle au rythme des jours : »Que tout se passe pour moi selon ta parole. »

LA PLENITUDE DES TEMPS

« Voilà le mystère qui nous est révélé, ce mystère qui est porté à la connaissance de toutes les nations. » Pour saint Paul (Romains 16. 26) l’Evangile nous place « sur un autre registre » si nous pouvons parler ainsi. Ce n’est pas seulement celui d’Abraham, de David et des prophètes qui avaient annoncé ce mystère dans l’avenir du Peuple de Dieu.

Dieu ne s’enferme plus dans un peuple. En Marie, il se donne à tous les hommes. Le mystère du salut des Nations, dont parle Isaïe, devient une réalité. Nous rejoignons non pas un simple royaume terrestre, mais la plénitude divine.

« Dieu seul est sage ». C’est Dieu qui est Sagesse. Cette sagesse qui nous est destinée passe par Jésus-Christ qui est la Parole qui a rompu le silence de toujours, pour nous révéler maintenant et aujourd’hui ce mystère.

La liturgie, en citant le texte de la lettre de saint Paul aux Romains, le souligne en encadrant ce texte par « Gloire à Dieu », au début et à la fin de la citation. En fait, la gloire de Dieu « qui a le pouvoir de nous rendre forts par l’Evangile que je vous ai prêché…Gloire à Dieu le seul sage, par Jésus-Christ. »

PLUS QU’UNE PROXIMITE

Ce mystère de la Nativité que nous allons fêté dans quelques jours, n’est donc pas seulement « Dieu avec nous. » C’est tout autant « nous avec Dieu et Dieu en nous ». Nous retrouvons là l’immensité du message que Marie a entendu « Le Seigneur est avec toi … pleine de grâce .. La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » Comme dans l’Ancienne Alliance, la nuée de Dieu l’absorbe.

La nuée de Dieu nous absorbe en l’Esprit-Saint. L’homme a toujours cherché et cherche encore la proximité de Dieu. Depuis l’Incarnation révélée en Marie, c’est plus qu’une proximité. Il est avec nous et nous sommes avec Lui. Il peut être connu au travers de la dimension qui est la nôtre. L’Infiniment Autre a pris notre mesure en Jésus-Chroist. A nous de prendre désormais la sienne.

Comme Marie, il nous faut adorer ce mystère sans trop en parler avec des mots humains, car il ne peut s’exprimer en plénitude au travers de nos paroles humaines. « Marie gardait tout cela, avec soin, en son cœur ».

L’HOMME DIVINISE

Quand Dieu prend Marie en son sein trinitaire en la couvrant de son ombre, il vient dans le sein de la Vierge Mère. Chaque chrétien, devenu temple de l’Esprit-Saint par le baptême, est désormais aussi demeure de Dieu.

Le mystère de l’Incarnation n’est pas un jour anniversaire, celui que nous fêtons à Noël. Au travers des millénaires, c’est la réalité de Dieu fait homme pour toujours. C’est la réalité de l’homme divinisé. Non pas seulement la possibilité d’atteindre un Dieu qui se fait proche, mais lui resterait extérieur. C’est la possibilité pour l’homme de partager la vie même de Dieu.

Nous avons à accueillir Dieu en nous, "l’Emmanuel", au travers des péripéties de notre vie comme au travers de nos évidences humaines qui se transforment en évidences de la Foi.

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« Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1. 37 – Luc 18. 27) pour qu’il réalise en nous sa volonté, si nous lui offrons la nôtre. « Que tout se passe pour moi selon ta parole », même si aujourd’hui le sens de cette parole ne nous apparaît pas au travers des mystères joyeux et douloureux que nous vivons au quotidien. Puissent-ils devenir des mystère lumineux !

« Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs. Par le message de l’Ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien-aimé. Conduis-nous, par sa Passion et par sa Croix, jusqu’à la gloire de la Résurrection. » (prière d’ouverture de ce dimanche)

 

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