Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme",
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 15 mars : Quatrième dimanche de Carême
Dimanche 22 mars : Cinquième dimanche de Carême
Dimanche 29 mars : L'entrée du Seigneur à Jérusalem
Dimanche 5 avril : Le Résurrection du Seigneur
Dimanche 12 avril : Deuxième dimanche de Pâques
Dimanche 19 avril : Troisième dimanche de Pâques
Dimanche 26 avril : Quatrième dimanche de Pâques



DIMANCHE 15 MARS 2015
QUATRIEME DIMANCHE DE CAREME


Livre des Chroniques. 2 Ch. 36. 14 à 23 : »Sans attendre et sans se lasser, il leur envoyait des messagers. »
Psaume 136 : « Si je perds ton souvenir. »
Lettre de saint Paul Aux Ephésiens : 2. 4 à 10 : »Dieu est riche en miséricorde. »
Evangile selon saint Jean. 3. 14 à 21 : »Dieu a tant aimé le monde. »

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Le Seigneur, malgré ce qu'il en apparaît à nos yeux, est miséricorde et pardon. Cette miséricorde divine nous entraine sans cese à revenir à Lui, d'une manière ou d'une autre

JAMAIS ABANDONNES

Le monde païen qui entourait le peuple juif se présentait à ses yeux comme un monde de puissance et de facilité. Pourquoi donc vivre avec rigueur morale une alliance qui n’apporte aucune grandeur à ceux qui sont le « Peuple choisi. »

Les infidélités à la parole de l’Alliance se multiplient. Le temple lui-même devient un lieu où les coutumes païennes contaminent tout le rituel qui devait être l’expression de la relation intime et grandiose entre Israël et le Tout-Puissant.

« Le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers car il avait pitié de sa demeure et de son Peuple. » Dieu n’a pas changé. Dieu agit envers nous aujourd’hui avec la même insistance, « sans se lasser ». Alors que parfois, c’est nous qui sommes lassés de répondre, alors qu’il nous paraît si lointain, si silencieux.

Dieu trouvera bien, un jour ou l’autre, le moyen de nous reprendre dans l’amour de ses mains pour nous faire revenir à lui. Ce sera parfois même douloureux, crucifiant, déroutant. Si nous avions la foi, nous pourrions y voir, malgré tout, les signes qu’il nous envoie pour nous bousculer dans notre enfermement sur soi-même et rebâtir, avec nous, une vie nouvelle : »Qu’ils montent à Jérusalem ! »

CE GRAND AMOUR

»Il nous a fait revivre avec le Christ, à cause du grand amour dont il nous a aimés. » Et quelle est notre réponse ?

La grâce de Dieu nous vient par la foi dans laquelle nous vivons avec le Christ ressuscité. C’est un don de Dieu dont il nous faut déceler la richesse, une richesse infinie.

Ce passage des Ephésiens ne demande pas véritablement de commentaires, ils ne seraient que répétition. Il n’est pas de meilleure homélie que le silence d’une méditation où l’on se laisse entraîner par l’Esprit., il s’est manifesté.

Sans précipitation, sans chercher des phrases savantes et bien équilibrées, reprenons chacun des membres de phrases de ces quelques versets :

A cause du grand amour … par sa bonté pour nous … c’est bien par grâce que vous êtes sauvés…

Il nous a fait revivre avec le Christ … et non pas sans le Christ. Par sa bonté pour nous dans le Christ … Il nous a créés en Jésus-Christ. C’est la conclusion même de la prière eucharistique : « Par Lui, avec Lui, et en Lui, tout honneur et toute gloire ! »

Il n’y a pas à en tirer orgueil, il y a à en tirer la seule et véritable conséquence : » »conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous, » pour nous qui aimerions tellement que ce soit nous ui soyons les maîtres de nos décisions. « La voie que nous devons suivre. » Il n’y a pas d’autres chemins que le Christ pour rejoindre la Vie et la Vérité de ce que nous sommes.

« Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière. » (Jean 3. 21)

DIEU A TANT AIME LE MONDE

Nous avons à méditer sans cesse cette parole, pour la transposer, avec l'assurance de notre foi et d'y répondre par notre vie car il est en ce don de Dieu une comparaison qui peut paraître insoutenable, mais il faut bien l’évoquer. Dieu vit une telle intensité, un tel infini d’amour que son être ne peut être replié sur lui-même.

C’est là ce que nous exprime le mystère trinitaire. Dieu est pleinement père, celui qui engendre la vie, qui lui donne son épanouissement.

Un tel épanouissement qu’il ne peut s’épuiser dans cet paternité. Il est pleinement fils, engendré, non pas créé, tellement expression de l’amour qui est en Dieu qu’il en est le « logos », la Parole même.

Une Parole unique, parce que Dieu ne peut être divisé en lui-même : il n’y a qu’un seul Dieu. Mais, dans le même temps, cette Parole est amour et vie, qui ne peut s’enfermer dans le silence de Dieu, mais qui doit aussi engendrer un monde nouveau parmi les hommes.

Dieu est tellement amour qu’il est Fils et Esprit. Dieu a tellement d’amour à donner qu’il le donne au monde. Il le donne par celui-là même qui est l’identique de sa paternité divine. « Un seul Dieu »….il a donné son fils unique.

Là encore, il faut nous laisser entraîner dans une méditation, qui ne sera jamais irrespectueuse, car elle tâtonne dans sa recherche d’être plus proche du mystère trinitaire.

« La lumière est venue. » Laissons-nous aveugler, simplement, en toute vérité. C’est ainsi que nous viendrons à la lumière. Ce ne sont ni les raisonnements, ni les grandes phrases qui peuvent expliquer ce mystère. « Cela ne vient pas de nos actes », nous disait tout à l’heure saint Paul (Ephésiens 2. 9)

Elle nous permettra dans une vision intérieure de « voir » Dieu : »Celui qui voit le Fils, voit le Père », disait Jésus à ses apôtres, quelques heures avant sa passion, quelques jours avant sa rsurrection.

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La prière après la Communion, au moment même où nous rendons grâce de cette divine présence en nous résume ces réflexions difficiles à exprimer par les mots humains qui nous sont habituels mais qui sont usés par leur usage.

« Dieu qui éclaires tout homme venant dans ce monde, illumine nos cœurs par la clarté de ta grâce, afin que toutes nos pensées soient dignes de toi et notre amour de plus en plus sincère. » (prière après la communion)



DIMANCHE 22 MARS 2015
CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME

Références bibliques :
Lecture du prophète Jérémie. 31. 31 à 34 : »Je l’inscrirai dans leur cœur. »
Psaume 50 : »Renouvelle et affermis en moi mon esprit. »
Lettre aux Hébreux : 5. 7 à 9 : » Il a appris l’obéissance par les souffrances de sa passion. »
Evangile selon saint Jean : 12. 20 à 33 : »Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. »

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LE GRAIN TOMBE EN TERRE

Nous sommes tous et chacun, d’une manière ou d’une autre, en « quête de sens » pour la réalisation de notre existence et de notre personnalité. Mais nous ne pouvons pas la mettre en œuvre seul. Ce ne serait bientôt qu’un repli sur soi-même et donc une solitude. Il nous faut accepter et assumer le fait que nous vivons dans un monde auquel nous sommes intimement liés, qu’il s’agisse de la nature, de notre corps, des hommes nos frères.

Il n’y a de vie et de vitalité qu’en harmonie avec eux tous. Seul un échange permanent, lucide et généreux est créateur de vie et cet échange nécessite bien des sacrifices pour unir nos points de vue et nos orientations, pour communier en une même réalisation. « Qui garde sa vie pour lui, la perdra. »

En s’incarnant, le Verbe de Dieu, notre nature, avec toutes ses composantes, y compris sa déchéance et ses limites, hormis le péché et tout ce qui y incline. Nous l’avons vu lors des tentations au désert.

Il assume cette condition d’homme, y compris la souffrance et la mort, pour lui communiquer la Vie éternelle au contact de sa divinité. Ce contact déifiant de la divinité du Christ avec son humanité ne doit pas être compris d’une façon purement physique, comme mécanique.

Le rôle décisif revient ici à la volonté humaine du Christ, parfaitement libre et intimement pénétrée par l'agir divin incréé. Il avait traduit cela, à 12 ans, dans sa réponse à la Vierge Marie. : »Je dois être aux affaires de mon Père ».

DONNE-NOUS, SEIGNEUR, UN COEUR NOUVEAU

Ce refrain d psaume nous avons à le redire souvent, au seuil de chaque journée, au début de chacune de nos activités, chacune de nos rencontres, chacun de nos dialogues, chacun de nos échanges avec autrui.

Mais aussi devant chacune des situations devant lesquelles le Seigneur nous place. Qu'elles soient vécues dans la lumière "pour qu'elles soient reconues comme des oeuvres de Dieu, " nous rappelle saint Jean.

QU’IL ME SUIVE

« Là où je suis sera mon serviteur », c’est-à-dire ce que sera notre vie en Christ dès que nous sommes ses serviteurs. Ce n’est pas à entendre au sens de « demain, plus tard, un jour, au-delà de notre mort. » Selon le contexte, c’est aujourd’hui. C’est placer notre vie là où vit et comme il vit.

Il nous faut donc reprendre sa pensée pour la faire nôtre, partager les décisions de sa volonté pour les transposer dans notre comportement, entendre sa parole pour la communiquer à nous-mêmes et à nos frères, accomplir ses gestes d’amour pour que les nôtres soient porteurs de grâce comme le furent les siens. La divinisation du chrétien comme celle de l’humanité du Christ se réalise par l’amour qui est union des volontés divine et humaine.

Et c’est là que nous sommes confrontés à la croix, parce qu’elle est l’acte plénier qui assume l’humanité. Selon le mot à mot du texte grec de saint Jean : « Il a appris, de ce qu’il a souffert, l’obéissance, et, parvenu à son accomplissement, il devint pour tous qui lui obéissent cause du salut éternel. » Le terme grec « obéissance » s’entend au sens actif, ce n’est pas une soumission aveugle, c’est un consentement. De même « Accomplissement » ne signifie pas réaliser, mais conduire à son terme, à sa fin, à son but. (teleiôtheis dit le terme grec de saint Jean)

MAINTENANT JE SUIS BOULEVERSE

« Là où je suis. « Il nous demande de transposer sa vie dans la nôtre pour que la nôtre devienne la sienne. Et cela bouleversera bien de nos petitesses et bien de nos horizons.

En évoquant devant ses disciples la situation où il se trouve à cette heure, ce qui l’attend et le conduira aux souffrances de la Passion, le Christ est troublé, bouleversé. « Là où je suis.» …. »Que puis-je dire ? » …C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure … » Il nous faut méditer en une prière silencieuse et contempleative la volonté de Jésus en ce moment où s’interfèrent en Lui les volontés humaine et divine afin que la Gloire de Dieu soit accomplie.

Dieu se sert des événements de notre humanité pour agir à sa guise à nos yeux, mais l’amour en est la raison d’être. Le Christ, Verbe de Dieu, partage cet amour trinitaire. L’espérance devrait être au cœur des épreuves, mais elle est difficile à vivre, même si nous savons que le matériel s’unit au spirituel.

La voix qui se fait entendre s est alors non seulement une confirmation de la mission salvatrice, elle est aussi le témoignage de la communion du Père et du Fils dans une même volonté. Le Père avait ratifié au Jourdain la volonté de Jésus de s’identifier pleinement aux hommes pécheurs. Au Thabor, à la Transfiguration, il avait confirmé aux trois apôtres et à son Eglise, la nature humano-divine de celui à qui ils s’étaient donné. Aujourd’hui, devant la foule, au seuil de la Passion, le Père donne, à ceux qui en sont et seront les témoins, le sens de la vie de Jésus, menée sur les routes de Palestine, puis jusqu’au Calvaire.: »Je l’ai glorifié. Je le glorifierai encore. »

EN QUETE DE SENS

L’acceptation de la souffrance et de la mort par le Christ a été un acte humano-divin, capable de changer radicalement leur sens. Il n’a pas assumé une nature humaine idéale. Il a assumé notre nature « en état de mort ». « Il fallait ramener de la mort à la vie notre nature entière », dit saint Grégoire de Nysse (5ème siècle)

Il nous faut donc mettre la croix de Jésus au centre de notre vie. La croix de Jésus n’est pas seulement un instrument de souffrance, mais aussi et surtout un instrument de victoire, celle du don total d’une volonté par delà les conditions humaines. Ce sont ses dernières paroles : »Tout est accompli. » (Jean 19. 24), et pour nous les transmettre, saint Jean reprend le même terme, mais cette fois avec le verbe à l’indicatif passé, le Christ a tout réalisé.

Il nous faut mettre la croix au centre de notre vie, car elle fait du sacrifice de Jésus le centre de notre vie, de notre volonté, de nos sentiments. Regarder les hommes et les choses du point de vue de la croix, se persuader que rien n’est plus important au monde que le sacrifice du Christ éternellement présent et offert, c’est une vision qui exige de notre part un changement radical de notre vie.

Le jour où l’homme comprend la « centralité » de la croix, rayonnante et sanglante, il comprend pourquoi Jésus a répété « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24. 26) La mise au tombeau est le dernier acte de son humanité dans le même temps qu’elle les prémices de la Résurrection.

C’est en cela que s’accomplira notre « quête de sens. »

« Morts au péché, vivants pour Dieu dans le Christ Jésus … de même que le Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchons en nouveauté de vie. « (Romains 6. 4) « Là où je suis, sera aussi mon serviteur. »

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« Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. » (prière d’ouverture de la messe)



DIMANCHE 29 MARS 2015
L’ENTREE DE JESUS A JERUSALEM


Références bibliques :
La bénédiction des Rameaux : Evangile selon saint Marc : 11. 1 à 10 : » : “Ceux qui marchaient devant et ceux qui le suivaient.”
Liturgie de la Parole : Livre d’Isaïe : 50. 4 à 7 : “Je sais que je ne serai pas confondu.”
Psaume 21: “Tu m’as répondu. Je proclame ton nom devant mes frères.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 2. 6 à 11 : “Jésus-Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père.”
Passion selon saint Marc : 14. 1 à 15. 47 :” Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

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Ce ne sont que quelques suggestions plutôt que de commenter longuement ce mystère de la Passion qui, durant une semaine, va marquer la liturgie quotidienne jusqu’au jour de joie de la Résurrection de notre Sauveur et Seigneur Dieu, Jésus-Christ. Chacune de ces suggestions sont déjà, à elle seule, une homélie ou un temps de méditation.

L’ENTREE DANS JERUSALEM

Jésus la veut toute simple, tout en lui donnant toute sa signification messianique. Par contre, la foule de Jérusalem, celle qui vient de Galilée et de plus loin sans doute pour la fête de la Pâque, se réjouit avec exubérance. C’est bien une entrée messianique qui reprend les paroles du psaume qu’avaient entonné les anges dans la nuit de la Nativité :”Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté.” (Luc 2. 14)

Marc ne parle pas des pharisiens qui critiquent l’enthousiasme de la foule et que Jésus, lui, accepte parce qu’il vient du coeur, même s’il est éphémère. « Ces gens participent pleinement à la fête : »Ils étendirent leurs manteaux sur le chemin. »

UN LANGAGE D’HOMME

Le passage d’Isaïe est le résumé de toute mission : écouter pour s’instruire, s’instruire pour annoncer :” La Parole me réveille pour que j’écoute, comme celui qui se laisse instruire ... Il m’a donné un langage d’homme afin que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus.” C’est facile à dire, « Je ne suis pas atteint par les outrages. »

Ce n’est facile à vivre ni pour le Christ ni pour nous-mêmes. Des oppositions parfois douloureuses arrêtent notre élan. Et pourtant je dois ne pas cesser d’écouter Dieu et les hommes, de m’instruire par Dieu et par les hommes, d’annoncer Dieu aux hommes mes frères.

IL N’A PAS REVENDIQUE

Puisqu’il était devenu « semblable aux homme et reconnu comme tel dans son comportement », Jésus en accepte toute la réalité. Celle d’être traité par le vie, les événements et les hommes, comme tout homme est bousculé et meurtri. Celle de subir la souffrance inhérente à la condition humaine qui est une créature limitée dans le temps, limitée dans son bonheur.

Assumant toute l’humanité, “obéissant jusqu’à la mort”, sauf le péché, il en assume aussi toute la gloire qui est de rejoindre Dieu. Et comme il est de la condition même de Dieu, il partage toute la gloire de l’homme et toute la gloire de Dieu.

AU DEPART DU CHEMIN DE CROIX

Pour la lecture de la Passion selon saint Luc (année A), l’Eglise place l’Eucharistie du Jeudi-Saint comme point de départ de ce chemin de croix, et non pas le jardin des Oliviers. Cette année avec Marc (année B) elle commence avec l’onction de Béthanie où une femme verse un parfum coûteux sur la tête de Jésus.

Les bonnes âmes sont scandalisée : et les pauvres sont-ils oubliés par Jésus ? On lui reproche presque de s’être laissé faire et d’avoir accepté ce geste sans même faire une remarque. Il donne sa réponse : c’est aussi à vous aussi de les prendre en charge et puis cette femme fait tout ce qu’elle pouvait faire, il faut la prendre comme elle est.

GETHSEMANI

“Je suis venu pour faire Ta volonté” lui fait dire la lettre aux Hébreux (Héb. 10. 9 et 10) reprenant les paroles des psaumes. Mais elle poursuit et nous inclut dans cette offrande du Christ :”C’est dans cette volonté, c’est dans cette offrande de tout l’être humain de Jésus, que nous avons été sauvés définitivement.”

Si ce calice pouvait s’éloigner … Il y a des moments où nos pas dérapent, où nos mains nues lâchent prise, s’écartent ou se referment. Il y a des moments où nos cœurs s’affolent dans les remous d’une vie qui a perdu son sens et des moments où notre esprit s’égare et divague désorienté, quand l’amour se désagrège. Le Christ connaît cela à Gethsémani.

Quand il rejoint ses apôtres, il ne peut que constater sa propre solitude :”Pourquoi dormez-vous ? ” C’est à Pierre qu’il s’adresse, à celui qui devait affermir la foi des apôtres : »Tu n’as pas eu la force de veiller une heure avec moi. »

Mais cette solitude ne l’enferme pas sur lui-même. Elle le conduit à une offrande universelle. “Afin que toute langue proclame”, écrit saint Paul aux Philippiens. Parce que vivre est plus fort, je dois sortir de moi et du filet qui m’enserre. Je dois jaillir hors de mes nuits et me tendre vers Dieu pour retrouver, malgré tout, sa lumière.

C’EST TOI QUI LE DIS

Quand les chefs juifs interrogent Jésus, il les renvoie à leur propre responsabilité et à leur propre décision :”Si je vous le dis, vous ne me croirez pas. Si j’interroge, vous ne me répondrez pas.” Il oblige Caïphe à poser lui-même l’affirmation sans qu’il puisse se dérober : “Tu es donc le Fils de Dieu ?” - Jésus n’a qu’à souligner “C’est toi qui le dis”. Saint Jean fait remarquer que c’est en tant que grand prêtre de l’année qu’il prononce cette affirmation. Selon la loi, une déclaration solennelle du grand-prêtre en exercice donnait valeur décisive à une affirmation religieuse.

Avec Pilate, nous quittons le registre religieux du « Fils de Dieu », pour nous situer dans celui de la politique :”Es-tu le roi des Juifs ?” Mais Jésus reprend la même attitude et le même comportement :” C’est toi qui le dis.” Les deux gouvernants de la région vont s’entendre : Pilate le gouverneur romain de la Judée et Hérode le roi de Galilée.

A l’inverse, c’est lui qui nous demande de répondre à la même question, celle-là même qu’il a posée à ses disciples : « Et pour vous qui suis-je ? »

LE RENIEMENT
Au Jardin des Oliviers, Pierre s’était cru fort avec son épée, avec ses propres forces et dans l’enthousiasme de son adhésion au Christ qu’il croyait totale. Il a même fait plus que les autres qui s’étaient enfuis. Il a suivi Jésus avec saint Jean.

Mais voilà que chez Caïphe, il se retrouve lui-même avec lui-même :“Je ne le connais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire.” Il sait très bien ce que veut dire son interlocuteur.

Et c’est un coq, petite bestiole qui ignore le rôle qu’il tient à ce moment, qui retourne Pierre vers Jésus, ce Pierre qui pendant plus d’une heure était resté avec son premier reniement et sa peur. Dans notre vie, ce sont parfois des petites choses qui sont le signe de Dieu, un rappel de ce qu’il nous a dit.

Le maître n’était plus là pour lui tendre la main comme au jour où il s’enfonçait dans la tempête en marchant sur le lac. Et voilà que le Christ se rappelle à lui, quand il passe, se retourne et pose son regard sur lui, non pas un regard furtif, mais « posé ». “Pierre se souvient la parole que Jésus lui avait dite.

Laissons le Christ poser son regard sur nous, dans l’authenticité de son amour miséricordieux qui dépasse toutes nos faiblesses.

IL N’A PAS REVENDIQUE

Désormais, Jésus assume son identité avec tant et tant d’hommes rejetés et méprisés. Il est livré au bon plaisir de ses ennemis, mis en marchandage avec un assassin, chargé de la croix douloureuse et infamante de l’esclave, homme humilié au point de n’être plus respecté, homme au corps dégradé, titubant, écrasé et sans force pour porter cette croix.

Il ne revendique rien pour lui, ni devant la brutalité des gardes, ni devant les pleureuses aux larmes inutiles, ni même devant Simon de Cyrène contraint de partager, sans en savoir le sens, ce portement de croix, ni envers ceux qui ricanent, ni en réponse aux soldats qui lui tendent l’éponge vinaigrée. D’ailleurs pourraient-ils comprendre ? Trois années de prédications, de miracles et de proximité avec les malades et les pauvres ne leur ont pas fait découvrir la personnalité de ce Jésus.

Comme à Gethsémani, il est seul avec son Père et ne revendique qu’une chose : que soit accordé le pardon à tous ceux qui l’entourent parce qu’il vient l’apporter à tous les hommes :”Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.”

UN DIALOGUE INATTENDU

Au pied de la croix, où se retrouvent Marie et Jean et plus loin quelques femmes, le soldat romain semble être compatissant en donnant à Jésus un peu de boisson calmante. En fait, il accomplit ce geste peut-être par moquerie, peut-être pour savoir la vérité. En prolongeant le supplice il pourra constater si Elie va venir.

A côté de Jésus, ils sont deux, crucifiés dans la même honte, dans la même souffrance. Il entend leur dialogue où l’un d’eux ricane et l’autre reconnaît sa faute : “Nous avons ce que nous méritons”, comme nous le disons au seuil de chaque Eucharistie :” Je reconnais devant mes frères que j’ai péché.” - “Souviens-toi de moi... “ dit le bon larron; et nous, nous demandons à nos frères “de prier pour moi, le Seigneur notre Dieu.”

La réponse de Jésus est immédiate :“Tu seras avec moi dans le Paradis.” Dans un moment où les mots sont difficiles à dire parce qu’il est brisé lui aussi par la torture, le bon larron avait proclamé à sa manière que Jésus était le Seigneur. “Afin que toute langue proclame que Jésus-Christ est le Seigneur”, dit saint Paul dans la lettre aux Philippiens.

OBSCURITE ET DECHIRURE

“Le voile du Temple se déchira totalement”. Le Royaume est totalement ouvert. Ce n’est pas une étape dans l’Alliance que Jésus accomplit. C’est pleinement la Nouvelle Alliance en son sang.

Le Christ a remis son esprit entre les mains de son Père. Les personnes présentes ignorent l’extraordinaire moment qu’elles viennent de vivre, car, hormis Marie et Jean, qui peut penser que ce condamné est l’acteur de la Résurrection, la sienne et la nôtre, qui est la mesure de l’infini de Dieu en réponse à tant d’amour.

Le centurion rend gloire à Dieu. Marie reçoit le corps inanimé. Joseph d’Arimathie décide de lui-même d’aller trouver Pilate et ensevelit le corps de celui dont il est le disciple. Les saintes femmes s’en retournent chez elles préparer les aromates pour le lendemain de la Pâque. Les lumières de ce sabbat de Pâque commencent à briller. Mais pour les amis de Jésus, c’est encore l’obscurité.

La gloire de Dieu sera lumière au matin de la Résurrection quand la pierre du tombeau s’écarte comme s’est déchiré le voile du Temple. Au soir de la résurrection, il viendra parmi eux, partager le pain sur la route d’Emmaüs, partager un morceau de poisson grillé (Luc 24. 42). Il leur avait dit au soir du Jeudi-Saint :” J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement réalisée dans le Royaume de Dieu.” Le Royaume est commencé.

***

“Tu nous as fortifiés, Seigneur, dans cette communion à tes saints mystères. Et nous Te supplions encore. Toi qui nous as donné, dans la mort de ton Fils, l’espérance des biens auxquels nous croyons, donne-nous dans sa résurrection glorieuse, de parvenir au Royaume que nous attendons.” (Prière après la communion)




DIMANCHE 5 AVRIL 2015
LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR


CHRIST EST RESSUSCITÉ
CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITÉ

Nous sommes aujourd'hui au cœur même du mystère chrétien : " Vous êtes ressuscités avec le Christ. " (Colossiens 3.1) Deux lectures évangéliques nous sont proposées par l'Eglise. L'une pour la liturgie du matin, la deuxième pour la liturgie en fin de ce dimanche.

Au matin, la lecture nous emmène avec Marie-Madeleine : " Il fait encore sombre. " (Jean 20.1) En fin de journée, les
disciples d'Emmaüs voient clair : " Leurs yeux s'ouvrirent ". L'Eglise qui se retrouve dans la chambre haute, celle partie
sur le chemin, et celle restée à Jérusalem, toutes deux, réunies dans la foi et la lumière parle à l'unisson de sa joie : "
C'est vrai ! Le Seigneur est ressuscité ! " Leurs yeux et leur cœur se sont ouverts.

Le mystère chrétien est essentiellement un mystère de lumière.

Cette lumière, dont l'étoile de Bethléem indiquait la naissance, a brillé parmi nous avec une clarté croissante. Les ténèbres du Golgotha n'ont pu l'éteindre. Elle reparaît maintenant parmi nous.

Tous les cierges de la nuit pascale allumés durant la liturgie romaine en ont proclamé ce triomphe. " Jour unique et
saint, roi et seigneur des jours, fête des fêtes, solennité des solennités ! " chante la liturgie de l'Eglise d'Orient. Quand le célébrant arrive, tenant un cierge allumé, le chœur chante ce mystère de la lumière divine : "Venez, prenez de la lumière à la lumière sans soir et glorifiez le Christ ressuscité des morts. " C'est pour la même raison qu'au baptême, dans la liturgie romaine, le cierge, remis au nouveau baptisé, est allumé au cierge pascal, qui est le Christ.

JUSQU'AU JOUR SANS DECLIN DE SON ROYAUME

La résurrection de Jésus serait pour nous sans valeur si la lumière divine ne resplendissait pas en même temps parmi
nous et au-dedans de nous. Nous ne pouvons dignement célébrer la résurrection du Christ que si, dans notre âme, la
lumière apportée par le Sauveur, a complètement vaincu les ténèbres de nos péchés. "

Recherchez donc les réalités d'en haut. C'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en
haut, et non pas vers celles de la terre. " (Lecture de saint Paul aux Colossiens, dans la liturgie romaine).

L'Eglise en Orient fait entendre à ses fidèles le début de l'évangile selon saint Jean : " La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas connue. " Elles ont été impuissantes à maîtriser et à éteindre cette lumière dont nous voyons aujourd'hui le triomphe : " Nous avons vu sa gloire. " (Jean 1.14)

" O Pâque grande et très sainte, ô Christ, Sagesse, Verbe et Puissance de Dieu, donne-nous de communier à toi avec plus de vérité au jour sans déclin de ton Royaume. " Ce canon de Pâques, attribué à saint Jean Damascène, est alors chanté et c'est alors que les fidèles, comme les apôtres au soir de Pâques, se saluent en disant et répétant : " Le Christ est ressuscité ! En vérité, il est ressuscité ! " (Luc 24. 34)

RESSUSCITES AVEC LE CHRIST

Au matin de Pâques, devant le tombeau vide, Pierre et Jean découvrent qu'il fallait que le Christ ressuscite d'entre les
morts (Jean 20. 9)

Au soir, à Emmaüs, les deux disciples désenchantés et lents à croire, entendent leur compagnon deroute leur dire : " Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? " (Luc 24. 26)

Saint Jean Chrysostome dans son homélie de Pâques qui est lue à la fin de la liturgie de l'Eglise d'Orient rappelle que
ceux-là seuls partagent la grâce de la Résurrection du Christ qui ont porté la croix et sont morts avec Lui.

Sans la croix, la gloire du Ressuscité ne peut devenir notre part. Dans le même temps, le Seigneur connaît notre lenteur
et la faiblesse de notre foi. Pierre et les autres apôtres participeront à la Passion de leur maître, mais seulement après que la force de sa Résurrection leur aura été communiquée. Notre Seigneur agit de même avec nous.

Malgré tout ce dont avons souffert et supporté,ou supportons encore, nous sommes loin d'avoir aidé Jésus à porter sa
croix. Nous avons dormi durant son agonie, nous l'avons abandonné, nous l'avons renié par nos péchés multiples.

Et cependant, si peu préparés, si impurs que nous soyons, Jésus nous invite à entrer dans la joie pascale. Le pardon et
la vie ont jailli du sépulcre vide. Et le Christ ressuscité surmonte tous les obstacles qui s'interposent entre lui et nous.

Le soir de Pâques , il entre dans cette chambre haute dont les portes étaient fermées (Jean 20. 19). Il peut entrer dans les âmes qui jusqu'ici lui sont demeurées closes. Il nous y apporte son message de miséricorde : " Jésus vint, se tint au milieu d'eux et leur dit : La Paix soit avec vous. " (Jean 20. 19)

***

Après la Communion eucharistique, sacrement de la Pâque du Seigneur, la liturgie latine nous fait prier ainsi : " Dieu de toute bonté, ne cesse pas de veiller sur ton Eglise. Déjà les sacrements de la Pâque nous ont régénérés en nous obtenant ton pardon, en nous faisant communier à ta vie. Donne-nous d'entrer dans la lumière de la résurrection. " (Prière après la communion)



DIMANCHE 12 AVRIL 2015
DEUXIÈME DIMANCHE DE PAQUES

Références bibliques :
Lecture des Actes des Apôtres : 4. 32-35: "La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi, avaient un seul coeur et une
seule âme. "
Psaume 117 : "Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et jour de joie !"
Première lettre de saint Jean 5. 1-6 : "Ses commandementsne sont pas un fardeau."
Evangile selon saint Jean. 20. 19 à 31 : "Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées."

***

Les Eglises orientales, catholiques et orthodoxes appellent ce dimanche, le dimanche de Thomas. Elles veulent ainsi
souligner que l'attitude de l'apôtre incrédule mais profondément croyant est aussi la nôtre.

REUNIS AU CENACLE.

La journée que les apôtres viennent de vivre, a été faite de bouleversements depuis le matin. Des femmes sont venues
leur dire que le tombeau est vide. Pierre l'a constaté et Jean croit déjà à la résurrection. Une discussion est née dans le
groupe qui met à jour les divergences d'interprétation qui les divisent.

Le départ des deux disciples vers Emmaüs le prouve. Ceux-là n'ont pu accepter les dires de ces femmes. Ils ne croiront
les dires de Pierre et de Jean que s'ils en font la preuve. Leur espérance est déçue. Ils s'enferment pour éviter les
importuns, dont ils ont peur sans doute. Mais saint Jean souligne ce détail afin de montrer aussi que le Christ, qui les
rejoint au soir du premier jour de la semaine, use désormais de son pouvoir d'une façon surnaturelle.

Durant les trois années de sa vie publique, il n'en a jamais usé ainsi avec eux, sauf au sommet du Thabor, pour
quelques-uns et pour quelques instants. Ce soir, ils sont ensemble parce qu'ils ne peuvent se séparer après trois années partagées avec Jésus de Nazareth, trois années intenses.

Ils viennent aussi de vivre trois journées bouleversantes et ils ont besoin de reprendre les paroles de Jean, de Pierre et
de Marie Madeleine pour les accorder avec tant et tant d'enseignements reçus sur les routes de Palestine. Ce ne sont
peut-être pas seulement des rumeurs d'illusions.

IL EST LA, AU MILIEU D'EUX

Jésus se trouve soudain au milieu d'eux. Nous pouvons certes donner une signification mystique à cette venue, toutes
portes closes. Ils ne l'attendaient pas. Ainsi pénètre-t-il dans nos vies, même si elles se ferment parfois à sa grâce.
"Lorsque vous serez réunis, deux ou trois en mon nom, je serai au milieu de vous" (Matthieu 18. 20)

Ce soir, ce n'est pas une présence mystique, mais une réalité humaine et divine tout à la fois. Il a conservé sur son corps ressuscité la trace des blessures et, sans mettre en avant le mérite de ses souffrances, leur donne aux apôtres le
témoignage de qui il est en plénitude. Il ne rappelle pas des souvenirs.

La petite communauté apostolique l'a peut-être fait durant cette journée repliée sur elle-même au risque de ne plus vivre
que d'espoirs déçus et de se disperser, comme cela vient de commencer avec Cléophas et son compagnon qui marchent vers Emmaüs.

S'il est là au milieu d'eux, c'est pour les entraîner à sa suite. Ils seront les témoins et les envoyés. Par cette deuxième
transmission de sa paix, il leur confirme immédiatement qu'ils doivent aussi la transmettre aux autres.

Remettre les péchés, c'est donner la vie spirituelle à qui l'a perdue ou à qui l'a amoindrie. Et il a donné sa vie pour que
les péchés des hommes soient remis.

RECEVEZ L'ESPRIT SAINT

Il leur en avait parlé, au soir du Jeudi-Saint. Trois jours après, en ce soir de Pâques, il insiste sur son action en eux et
parmi les hommes. L'Esprit Saint est latent en eux et la Pentecôte rendra manifeste cette présence par sa venue.

De même pour nous. L'Esprit peut reposer en nous sans nous montrer sa force. Il nous faudra toujours renouveler la
grâce de la Pentecôte. . En rappelant qu'il est le Christ souffrant, le Christ uni à son Père qui l'a envoyé, le Christ dont
l'action sera poursuivie et amplifiée par l'Esprit, Jésus relie, dans la pensée et la foi de ses apôtres, tout ce qu'il leur avait dit et ce dont il a témoigné avec eux.

Ils ne reconnaissent pas seulement l'ami avec qui ils ont tant partagé, ils reconnaissent le Fils de Dieu, le Seigneur. Et
c'est ainsi d'ailleurs qu'ils en témoigneront auprès de Thomas :"Nous avons vu le Seigneur." Avec toute la force qu'une
telle appellation peut avoir dans la foi religieuse des vrais Juifs croyants.

THOMAS A BESOIN DE PREUVES

Thomas a besoin de preuves qui s'appuient sur une expérience concrète. Ce n'est pas qu'il soit un homme récalcitrant. Il est un homme de bonne volonté et tout d'une pièce. C'est lui qui, lors de l'annonce de la montée à Jérusalem, avait
bousculé les apôtres inquiets des événements qu'ils pressentaient. C'est lui qui les avait entraînés dans sa générosité
(Jean 11. 16) :"Allons nous aussi et mourons avec lui."

Mais il juge les choses à sa façon. Il a toujours eu du mal à entrer dans la pensée de son Maître (Jean 14. 5) et
aujourd'hui, encore, il veut des preuves, même s'il n'est pas question pour lui de quitter pour autant le groupe des
apôtres.

Quand Jésus revient huit jours après, il salue ses amis et immédiatement s'adresse à Thomas. Il ne le blâme pas.
D'ailleurs les autres disciples seraient aussi à blâmer, car, eux aussi, ils n'ont cru à la résurrection qu'après avoir vu le
Ressuscité.

Jésus admet qu'un acte de foi soit précédé par l'adhésion de l'esprit humain à certains éléments qui entraînent la
crédibilité. La foi, même si elle dépasse la raison, n'est pas irraisonnable. En ouvrant ses deux mains ("Vois mes
mains."), il l'invite même à le toucher en une épreuve à laquelle Thomas avait dit attacher une grande importance.

Rien ne dit qu'il exécute le geste que Jésus lui propose de faire. Mais son mouvement va plus loin. Il reconnaît la divinité de Jésus. Non seulement il est Seigneur. Mais il est Dieu !

***

En nous faisant souvenir de la première communauté de Jérusalem, l'Eglise nous rappelle que nous pouvons servir tous ceux qui sont dans le besoin, la misère, la souffrance, la solitude.

C'est désormais en eux que nous est donné la possibilité de rejoindre le Christ souffrant de la croix, solitaire du jardin de Gethsémani, abandonné, méprisé. C'est ainsi qu'il nous ouvre ses mains : "Avance ton doigt ici."

"Augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître et quel sang nous a rachetés." (Prière d'ouverture de la liturgie de ce dimanche)





DIMANCHE 19 AVRIL 2015
TROISIEME DIMANCHE DE PAQUES (B)


Références bibliques
Lecture des Actes des Apôtres. 3. 13 à 19 : »Vous avez agi dans l’ignorance. »
Psaume 4 : «  Seigneur, que s’illumine ton visage. »
Lettre de saint Jean : 1 Jen 2. 1 à 5 : »Voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons. »
Evangile selon saint Luc. 24. 35 à 48 : »Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. »

***

 Les textes de ce dimanche doivent être lus selon les termes exacts employés par saint Luc, dans le sens grec de cet auteur qui est grec. C’est ainsi que nous pourrons les méditer et les prier. Sans cela, ils ne nous livrent pas toute leur richesse pour nous-mêmes aujourd’hui qui sommes dans un environnement qui n’ignore pas l’existence de Jésus, mais ne le connaît pas dans l’essentiel de ce qu’il est.

C’est dans ce sens que nous parlons de mé-connaissance, de non-compréhension de nos contemporains, dans cette réalité qu’ils vivent avec un composite de culture chrétienne et de culture païenne.

UN SENS ET NON SEULEMENT UN VOCABULAIRE

Saint Pierre, dans le livre des Actes des Apôtres, dit à ses auditeurs : »Vous avez agi dans l’ignorance » Le terme grec utilisé par saint Luc, a-gnoïan » peur bien sûr se traduire par ignorance, mais aussi et de préférence, par mé-connaissance ou non-connaissance. C’est le sens du « a » grec qui est privatif.

Ce que dit saint Pierre prend alors un sens différence, plus nuancé et donc plus riche, selon que l’on préfère l’une ou l’autre signification que porte en lui le terme grec.

De même saint Luc, dans son évangile » nous souligne la manière d’agir de Jésus lors des deux rencontres du Ressuscité avec ses disciples et ses apôtres, au soir de Pâques. Il leur rend possible la compréhension du passé afin de leur permettre de s’approcher du mystère dont ils sont les témoins immédiats, la Passion et la Résurrection. Ils doivent en être ses témoins devant les hommes. Il faut qu’ils les « connaissent » : »La vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent, Toi et celui que tu as envoyé. »

Sur le chemin d’Emmaüs que nous rappellent les premières lignes de la lecture de ce troisième dimanche (Luc 24. 25 à 27), le Christ leur donne l’intelligence, ou mieux, la connaissance, la façon de penser, en grec « noos », c’est-à-dire une connaissance profonde, intime, qui leur permet de lire à l’intérieur d’une réalité, ici la réalité du Christ en tant qu personne et sa vie en tant que déroulement d’événements voulus par Dieu.

Quand il leur dit : « sans intelligence, lents à croire », ce n’est pas un reproche qu'il leur adresse. C’est une constatation. C'est pourquoi il leur explique les Ecritures depuis Moïse jusqu’aux  prophètes, comme les trois apôtres l’avaient entrevu à la Transfiguration. Il les invite à aller au-delà de leurs vues immédiates. Il les ouvre à ce qui est « hermétique » soit par mé-connaissance, soit par « lenteur de cœur. » (Luc 24. 25)

A leur retour, quelques heures plus tard, c’est aux apôtres réunis que le Christ apporte cette même connaissance de l’Ecriture en « leur ouvrant l’intelligence pour la comprendre. » Pour cela, il leur demande de se remémorer, de repasser dans leur mémoire, ce qu’ils ont vécu ensemble, c’est-à-dire la réalité de son incarnation, les faits et gestes qu’il a partagés avec eux. Pour cela, il mange devant eux, devant et non pas avec eux.

C’est un « regard » qu’il leur demande de porter et non un amical partage. « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplée et que nos mains ont touché. » (1 Jean 1. 1)

Il leur demande aussi de reprendre tout ce qu’il leur a dit. Non pas seulement comme un souvenir, mais comme une reprise du sens; et ce, par un approfondissement et par une mise en synthèse et en corrélation des éléments de sa personnalité humano-divine, découverts jour après jour. « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais avec vous. » Il leur donne ainsi la signification de la Loi de Moïse, des prophètes et des psaumes, non comme connaissance de textes, mais une connaissance de ce qu’il est.

Ils ont à découvrir et à approfondire ce qu’il est et ce qu’il a vécu : le pardon et la réconciliation. En un mot, il est l’Alliance pour toutes les nations. La nouvelle alliance répétons en cheque consécration eucharistique.

Après la guérison d’un paralysé à la porte du Temple, Pierre développera le même schéma pour commenter le fait miraculeux. L’étonnement des personnes présentes est grand d’avoir entendu « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche. »

Comme le Christ l’a fait pour lui et les apôtres au soir de Pâques, Pierre reprend les étapes de la révélation qui conduit au Christ. « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos Pères a donné sa gloire à son serviteur Jésus… Il avait annoncé que le Messie souffrirait… Revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. » (Actes 3. 13 et ss)

Les agents de la Passion, Judas, les chefs juifs, Pilate, les soldats romains ne sont pas les jouets d’une puissance occulte e machiavélique. Ils sont appelés à la conversion : »Vous étiez dans l’ignorance. (Actes  3. 17) La résurrection en donne le sens. « Dieu a donné sa gloire. » La résurrection transmet une bonne nouvelle puisqu’elle est la réponse de Dieu au mal qu’entraîne le péché. Et cette réponse, c’est la Vie.

L’INDISPENSABLE RELECTURE

A notre tour, il nous faut lire et entendre avec précision ces paroles de Jésus : »Il fallait que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire. » Elles nous introduisent dans le mystère et nous avons à les reprendre comme saint Pierre, saint Luc ou saint Paul. Ce scandale de la croix qui est sagesse de Dieu exprime la pensée et la pédagogie de Dieu.

Comment en effet reconnaître que le Messie doit souffrir et être mis à mort, alors qu’on attend de lui la cessation de nos maux et la gloire d’un royaume terrestre rétabli ? Quand il est assumé par Dieu, le mal qui est vécu par tous les hommes, se retourne et prend une autre direction.

Cette préicion est indispensable pour que cesse toute ambiguïté. L’invitation à la foi ne doit pas être confondues avec une provocation à l’absurde.

Le détour par la croix, pour qu’arrive la gloire de Dieu, est peut-être surprenant. Il n’est pas un changement de la part de Dieu. Il n’est pas un échec de Dieu. Dieu assume toutes les limites et de toutes les conséquences de la liberté humaine. C’est par rapport à notre conception de la « puissance » que nous pensons que le détour par la croix est un échec.

Mais, si nous lisons la Loi de Moïse, les prophètes et les psaumes selon le sens divin de la Bible, nous y voyons clairement s’inscrire la figure du Juste persécuté et du Serviteur souffrant (Isaïe 50). L’offrande comme source de bénédiction, la pensée de la mort consentie comme chemin de vie, se trouvent maintes et maintes fois exprimées dans l’Ecriture. C’est par l’offrande de la vie que naît l’enfant, c’est par elle que grandit pour chacun de nous,  l’amour que lui portent sa mère et ses parents.

En Jésus, tout cela est porté à sa perfection, tout est « accompli » Le « il fallait » est significatif de l’adéquation de la vie de Jésus à la réalité humaine en même temps qu’à la réalité du Christ, annoncée au travers des révélations messianiques. (Philippiens 2. 6 à 11)

C’est en puisant dans sa propre histoire que le Peuple de Dieu peut découvrir la fécondité surprenante de l’œuvre de Dieu en Jésus le Christ.

De même, c’est en relisant notre propre histoire que nous découvrons l’œuvre de Dieu et la réponse réelle que nous avons encore à lui donner : une lente et progressive purification, à renouveler et reprendre sans cesse, jusqu’au jour de sa Gloire.

POUR QUE L’HOMME RENCONTRE DIEU

Dans son extrême dénuement, le Christ a dit « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » « Vous étiez dans l’ignorance », reprend saint Pierre.

Nous n’avons pas la mesure des conséquences lointaines que portent nos actions immédiates. Il y a de la part de tous, une « non-connaissance », une connaissance partielle ou erronée. Notre responsabilité ne vient pas seulement du geste que nous avons posé, mais bien plus de notre absence de volonté à pénétrer le sens profond de ce que nous vivons. Nous en avons la libre possibilité. Refuser de mettre notre liberté au service de la vérité engage notre responsabilité.

Nous avons à rejoindre la lumière dans sa plénitude. C’est le terme réel de notre vie puisqu’elle nous conduit inéluctablement au seuil de la lumière divine. (1 Jean 1 à 5)

Il nous faut craindre alors de nous contenter ou de nous satisfaire de notre connaissance partielle des choses de Dieu. « Celui qui dit :’je le connais’ et qui ne garde pas ses commandements est un menteur. La vérité n’est pas en lui. Celui qui garde sa parole dans la vérité possède en lui l’amour de Dieu et atteint vraiment la perfection de l’amour de Dieu selon d’autres traducteurs qui marquent ainsi la plénitude de l’être même de Dieu que nous pouvons atteindre.

***

Nous ne devons donc ne jamais être satisfait d’une connaissance imparfaite. Dieu attend de nous une recherche inlassable de la Vérité qu’il nous a transmise en Jésus-Christ. C’est cette vérité qui nous rend libre (Jean 8. 32) « Consacre-les dans la Vérité ». (Jean 17. 17)

Parce qu’il nous faut toujours craindre les certitudes qui sont issues de nos points de vue humains, il nous faut les dépasser dans la foi.« Celui qui fait la vérité vient vers la lumière. » (Jean 3. 21)

« Il leur ouvrir l’esprit à l’intelligence des Ecritures. »… « Tu es à l’origine d’un si grand bonheur ! Qu’il s’épanouisse en joie éternelle ». (Prière sur les offrandes de ce dimanche)






DIMANCHE 26 AVRIL 2015
QUATRIEME DIMANCHE DE PAQUES


Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres. 4. 8 à 12 : »En dehors de lui, il n’y a pas de salut ».
Psaume 117 « Il est devenu la pierre d’angle. »
Lettre de saint Jean. 1 Jean 3. 1 à 12 : » Nous serons semblables à lui. »
Evangile selon saint Jean . 10. 11 à 18 : »J’ai le pouvoir de donner la vie. »

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QUI DONC EST-IL POUR NOUS ?

Malgré leurs apparentes différences, les textes de ce dimanche présentent une unité certaine si nous les lisons à la lumière de la personnalité de Jésus, comme les apôtres, dans leurs témoignages veulent en faire pressentir l’infinie richesse aux Juifs et aux premiers chrétiens.

Ces Juifs attendaient le Messie. Certains avaient espéré que Jésus pouvait être l’un des sauveurs de cette période qui connaissait tant de rébellion contre l’occupant romain. Ils sont décontenancés par ce qu’en disent Pierre et les autres disciples : « Il est le seul qui puisse nous sauver ». Or il ne l’a pas fait. Le salut qu’apporte Jésus ne correspond ni à leur espérance libération terrestre ni à la figure du Messie qu’ils ont élaborée au travers des Ecritures.

Le communauté chrétienne, elle, a approfondie la révélation qu’elle a reçue. Mais ses attentes ont encore besoin d’être élargies, approfondies et purifiées.

Il en est de même pour nous, dans notre vie et tout au long du déroulement de notre vie. Le Christ semble parfois loin de nos préoccupations immédiates qui souhaitent et attendent la réalisation d’une société plus juste. Saint Jean a besoin de rappeler que l’essentiel n’est pas exactement ce dont nous rêvons humainement parlant : »Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. »

Il n’hésite pas à reprendre ls termes même de Dieu au jour de la création d’Adam et Eve (Genèse 1. 26) « Nous serons semblables à lui. » Non pas en raison de nos propres forces, mais « parce que nous le verrons tel qu’il est. »

La mission de Jésus est de nous réintroduire dans le « Paradis Perdu », de nous conduire auprès du Père parce qu’il est le berger authentique. Son amour en est la garantie : »Le Père m’aime parce que je donne ma vie … je donne ma vie pour mes brebis. » Il n’y a là aucun appétit de puissance. Il n’y a qu’un débordement d’amour : »Eternel est son amour… mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur. »

L’oraison qui ouvre la liturgie de ce dimanche est claire dans sa simplicité : »Guide-nous jusqu’au bonheur du ciel. Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son pasteur est entré victorieux. »

PAR DELA UNE VISION IMMEDIATE

Fréquemment, dans l’Ancien Testament, il est dit que Dieu est le berger de son Peuple (Genèse 49. 24 – Jérémie 31. 10 – Michée 7. 14, etc …) Cette comparaison s’enracine dès le début de l’histoire sainte, parce que le peuple choisi était un peuple de bergers nomades qui sont en marche vers la Terre Promise, depuis Abraham et son départ d’Ur en Chaldée, depuis Moïse le berger qui reçoit la révélation au Buisson ardent dans le désert, depuis David le petit berger de Bethléem.

La parabole du pasteur, pour Jésus, mène plus loin que la reprise de ce thème biblique. Il n’est pas seulement un conducteur de son peuple. Il est plus que cela. Entre le Père et Jésus, la réciprocité d’amour est telle qu’elle devient source de vie, parce qu’en lui, le commandement et la liberté s’identifient l’un à l’autre. « J’ai le pouvoir de l’offrir et j’ai le pouvoir de la donner. Tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père. « (Jean 10. 18)

La Bonne Nouvelle aux yeux de saint Jean (1 Jean 3. 1), c’est que soit étendue à tous les hommes cette connaissance personnelle, parfaite et intime qui existe entre Jésus et son Père, à tous les hommes, même à ceux qui ne sont pas de cette bergerie.

Si nous transposons cela aujourd’hui, Jésus nous dit pas seulement au peuple des baptisés. Quand l’Eglise actualise pour nous la Bonne Nouvelle par ses sacrements comme en chaque Eucharistie, il atteint tous les hommes, dans le mystère de la grâce : » le sacrifice de toute l’Eglise pour la gloire de Dieu et le salut du monde » disons-nous au moment de l’offertoire.

UNE VISION D’EGLISE

L’image de Jésus comme bon pasteur est l’une des plus traditionnelles du christianisme. On la trouve dès les catacombes. Elle concerne à la fois la personne de Jésus et son ministère. Il réintègre a brebis perdue dans le troupeau, avec la tendresse attentive du berger qui, sur ses épaules, ramène à la bergerie la brebis égarée (Matthieu 18. 12). Il lui fait retrouver sa place, lui donne la possibilité de partager à nouveau les mêmes pâturages.

Si l’on prend l’évangile de Jean dans une vision plus large, l’on peut remarquer que la discours du Bon Pasteur inaugure l’Eglise qui est un peuple rassemblé. Les autres brebis qui ne sont pas de la bergerie doivent pouvoir retrouver l’unité perdue « Un seul baptême, une seule foi, un seul Dieu et Père. »

Jésus nous conduit à la découverte de la vie partagée avec Dieu. « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Le monde ne peut pas nous connaître parce qu’il n’a pas découvert Dieu. »

L’Eglise n’est pas d’abord et seulement un rassemblement d’hommes qui pensent la même chose et partagent les mêmes idées. Elle est essentiellement la communion des hommes qui partagent la vie divine dans le Christ Jésus. Quand ils découvrent Dieu, ils peuvent vivre cette communion.

UN LIEU D’AMOUR

Nous ne pouvons pas vivre que d’idées, si nobles soient-elles. Nous ne pouvons vivre que de Lui. « Le Père m’aime parce que je donne ma vie. »

D’où la richesse du ministère que le Christ remet à ses apôtres. Il leur demande d’être à leur tour des bergers, non pas pour commander, mais pour être de ceux qui, comme lui, conduisent au Père par amour. Il en donne la charge à saint Pierre malgré ses insuffisances et son triple reniement. A ce moment-là, il reprend l’expression de la relation qui existe entre son Père et lui : »M’aimes-tu ? »

Quand il en a reçu la réponse et la certitude : »Tu sais bien que je t’aime » (Jean 20. 15), il peut lui confie sa mission de médiation : »Pais mon troupeau, pais mes brebis. » Le Christ est l’unique pasteur comme unique est son amour qui réalise en lui la vie trinitaire en un échange éternel et infini du Père et du Fils et de l’Esprit.

Il confie sa mission au « collège apostolique ». L’Eglise dans cette perspective, n’est pas une société ni une administration hiérachisée comme beaucoup de non-croyants la considèrent, selon un organigramme : le pape, ses services, les évêques, les prêtres, les fidèles.

Dans la perspective évangélique elle est ce lieu unique où se transmet la Parole et la grâce des sacrements. Elle n’est pas un lieu où s’élabore une religion en y accommodant selon les périodes, des points de vue évolutifs. Elle est essentiellement le lieu de la Vie reçue du Père et du Fils et de l’Esprit. C’est le Bon Pasteur qui la lui transmise.

***

Le Père m’aime parce que je donne ma vie. » Et nous ? Quelle réponse donnons-nous à cet te incessante question : »M’aimes-tu ? »

Incessante question à cause de nos faiblesses et de nos reprises. « Malgré notre faiblesse », nous fait dire l’oraison d’ouverture de la liturgie de ce dimanche. Notre réponse doit dépasser une simple déclaration affective, elle nous engage dans cette communion qui fut celle du Christ en son Père.

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