Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme",
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 24 août : 21ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 31 août : 22ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 7 septembre : 23ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 14 septembre : Exaltation de la Croix du Christ
Dimanche 21 septembre : 25ème dimanche du temps ordinaire
Dimanche 28 septembre : 26ème dimanche du temps ordinaire


 
DIMANCHE 24 AOUT 2014
VINGT-ET-UNIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 


Lectures bibliques : Isaïe 22. 19 à 23 : " Il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda."
Psaume 138 : " Seigneur éternel est ton amour, n’arrête pas l’oeuvre de tes mains."
Lettre de saint Paul aux Romains. 11. 36 : "Tout est de Lui et par Lui et pour Lui."
Evangile selon saint Matthieu 16 13 à 20 : " Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux."

***

Notre foi n’est pas indifférente à Dieu, mais elle est une réponse à sa Parole et la mise en oeuvre par chacun de nous de la Grâce reçue.

LES ETAPES DE LA FOI DE PIERRE

Pour Pierre, la foi fut un acte d’adulte. Comme tous les jeunes juifs, il avait entendu parler du Messie, il avait prié les psaumes de David, il avait écouté le rabbin de Capharnaüm chanter l’espérance d’Israël. La semence était tombée en bonne terre.

Aujourd’hui, ces racines vont s’épanouir grâce à la Parole de Jésus. Plusieurs fois durant les années passées avec lui, il devra progressivement approfondir cette adhésion totale, avec toutes les alternances dues à sa faiblesse et que nous connaissons nous-mêmes. Mais chaque fois, il se reprendra.

1 - La première rencontre se fit par un intermédiaire, son frère André, disciple comme lui de Jean-Baptiste sur les bords du Jourdain. C'est un chercheur de Dieu : " Nous avons trouvé le Messie" (Jean 1. 41). Pierre n’est pas le premier appelé, c’est André. Ce qui ne l’empêchera pas de devenir celui qui a son tour recevra la charge de confirmer la foi de ses frères.

2 - Puis, à Cana, au cours d’un repas de noces, Pierre fut témoin du premier miracle de Jésus et "ses disciples crurent en Lui" (Jean 2. 12).. C’est une foi d’admiration, une foi d’étonnement qui confirme ce que lui a dit André et ce qu’il a déjà ressenti auprès du Christ.

3 - A la fin d’une nuit de pêche bredouille transformée en pêche miraculeuse, Pierre et son frère André sont appelés :"Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes" (Luc 5. 10). Ce jour-là, ils quittent tout, famille et métier, pour suivre Jésus. Sa foi se traduit désormais par le don de lui-même " Celui qui veut être mon disciple..."

4 - Après quelques mois, les Douze sont envoyés en mission pour prêcher. Ils reviennent tout heureux des miracles qui accompagnent leur prédication (Mathieu 10. 1 à 10). Ils ont expérimenté la foi qui transporte les montagnes.

5 - Bien plus, Pierre est au Mont-Thabor et Jésus lui découvre "sa gloir divine. Il est nommé en tête des trois intimes qui seront témoin direct de la résurrection d’une petite fille. (Marc 5. 37) Un événement qui doit marquer un homme !

LA PROFESSION DE FOI

Jusque là Pierre a fait, si l’on peut parler ainsi, l’inventaire de la foi qu’il découvre, des exigences qu’elle inscrit dans sa vie pour qu’il soit au Christ. Désormais il est entraîné dans son sillage. Sauvé de la noyade, en pleine tempête où il avait marché sur les eaux, Pierre fait sa première profession de foi :"Vraiment tu es le Fils de Dieu." (Matthieu 14. 33)

A quelque temps de là, Jésus leur demande de se prononcer clairement et c’est Pierre qui répond, au nom des autres, de la foi qui est la leur et qui est la sienne. "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant." Il ratifie, il confirme l’exclamation première d’André :"Nous avons trouvé le Messie !" C’est à ce moment qu’il recevra cette charge de la confirmer dans l’Eglise.

Ce qui ne l’empêchera pas de refuser la montée à Jérusalem avec l’annonce de la mort (Matthieu 16. 22). Puisqu’il est Fils de Dieu, la croix et la mort de Jésus sont une trop rude épreuve pour la foi de Pierre que l’on pouvait croire si forte dans son enthousiasme. On est loin de la profession de foi précédente. Il s’entend dire :"Tes pensées ne sont pas celles de Dieu" (Matthieu 16. 23).

La foi demande qu’on adhère à la pensée et à la volonté de Dieu, quoi qu’il arrive, quoi qu’il nous arrive. La Transfiguration devant Pierre Jacques et Jean sera le sceau de garantie :"Celui est mon Fils bien-aimé..." A cet instant, une fois encore le Christ leur confirme sa Passion et sa Résurrection.

PLUS PROFOND QUE DES OPINIONS.

Revenons sur l’évangile de ce dimanche.

Aujourd’hui encore Jésus nous pose cette question de confiance :"Que disent de moi les foules ? ... Et vous que dites-vous ? Pour vous qui suis-je. » Ce n’est pas un sondage d’opinion pour connaître sa cote de popularité. Jésus demande à ses disciples une prise de position personnelle.

Depuis le début de sa vie publique, devant les miracles et les paroles pleines d’autorité du charpentier de Nazareth, une interrogation venait à l’esprit :" Quel est donc cet homme ?" Et les avis sont d’abord partagés. Puis, après le discours sur le Pain de Vie, c’est l’abandon par la foule.

Le Christ ne nous demande pas de refléter les idées des autres, ni même de dire seulement notre idée personnelle. Il nous faut prendre parti. Il nous accule à ne pas nous satisfaire de l’opinion courante. C’est notre réponse existentielle, la nôtre, qu’il attend. « Pour vous, qui suis-je ? »

Et Pierre lui répond sans reprendre l’énumération de la foule : Elie, Jean-Baptiste ou un prophète. Il va droit à l’essentiel. Cette profession de foi va plus loin que les précédentes parce qu’elle est solennellement authentifiée :"Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux."

Nous aussi, avec Dieu, nous ne pouvons aller qu’à l’essentiel. L’acte de foi ne vient pas d’une réflexion humaine de type rationnel ou philosophique, si légitime soit cette recherche. Il faut la Grâce d’une "révélation divine" pour adorer en l’homme Jésus sa divinité, au-delà des apparences. Il le leur avait déjà dit :"Personne ne connaît le Fils sinon le Père et personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler." (Matthieu 11. 27)

La foi qui est la nôtre doit se situer au même niveau de Grâce.

UNE FOI QUI ENGAGE DANS LA MISSION DE L’EGLISE

En réponse à la profession de Foi, Pierre reçoit une mission, une primauté qui n’est pas celle d’un pouvoir dans une hiérarchie organisée. Il reçoit une responsabilité plus grande pour confirmer ses frères dans leur foi et les aléas qu’elle connaît dans toute vie.

Pierre les connaît tout autant que les autres. Il les connaîtra d’une manière dramatique dans la cour de Caïphe :"Je ne connais pas cet homme !" Et pourtant c’est lui qui sera confirmé dans cette responsabilité, sur les bords du lac après la Résurrection.

Le successeur de Pierre ne sera ni plus fort, ni plus impeccable, ni plus intelligent que lui. Mais Jésus lui a promis un charisme spécial :"J’ai prié pour toi afin que ta Foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères." (Luc 22. 32. Et c’est dans une image que Jésus définit ce rôle :"Tu es Pierre et sur ce Roc, cette pierre, je bâtirai mon Eglise." C’est une grâce particulière et une grande responsabilité.

***

Et nous avons cette possibilité merveilleuse de pouvoir vous appuyer et bâtir sur ce roc. Car nous n’avons pas à vivre notre foi, seul et isolé. Nous avons à la vivre dans l’Eglise et avec l’Eglise. A nous de prier pour qu’elle soit assumée ainsi par chacun, le Pape, les évêques, les fidèles :"Accorde-nous dans ton Eglise la grâce de l’unité et de la paix." (prière sur les offrandes).

 
DIMANCHE 31 AOÛT 2014
VINGT DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


 


Du prophète Jérémie : 20. 7 à 9 : " Tu as voulu me séduire et je me suis laissé séduire."
Psaume 62 : "Tu seras la louange de mes lèvres."
Lettre de saint Paul aux Romains : 12. 1 et 2 : "Transformez-vous en renouvelant votre façon de penser."
Evangile selon saint Matthieu : 16. 21 à 27 : "Tu es un obstacle sur ma route. Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes."

***

Dimanche dernier, saint Pierre affirmait : "Tu es le Messie, tu es le Fils du Dieu vivant." Devenu Pierre pour affermir la foi de ses frères, il est aujourd’hui « un obstacle sur la route du Christ. »

LE REFUS DE LA CROIX

Les guérisons miraculeuses de Jésus avaient attiré des foules de plus en plus enthousiastes jusqu’au jour de ce miracle de la multiplication des pains et de l’annonce de ce qu’était véritablement le Pain de Vie. Le succès leur avait donné l’idée de le reconnaître comme Messie et de le proclamer roi,

Quand Jésus voulut les faire accéder à un niveau de foi supérieur, en leur proposant "un pain de Vie éternelle, venu du ciel.", cette réussite tourne à la catastrophe : les foules cessèrent de le suivre. Les apôtres eux-mêmes sont ébranlés. Même s’ils attendaient eux aussi le Royaume dès maintenant, le Christ pouvait espérer être suivi jusqu’au bout par son petit groupe des Douze, au moins par Pierre qui venait de lui faire, au nom des autres, une si belle profession de foi.

Or quand il leur annonce qu’il n'est pas pour des réussites populaires mais qu'il est décidé de monter à Jérusalem pour y subir sa Passion, y souffrir, y être tué et ressusciter, il rencontre une telle incompréhension qu’ils ne sont plus des disciples inconditionnels.

SUIVRE LA PENSEE DE DIEU

Car il est dur de suivre Dieu dans ses pensées quand elles nous entraînent au-delà de ce que sommes disposés d’accepter. "Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches." Il a la discrétion de ne pas appeler à la rescousse les autres. Il peut bien lui parler à cœur ouvert puisqu’il a reçu la confiance de Jésus :"Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. !"

Sous-entendu, "Tu es le Fils du Dieu vivant." C’est avec tout son bon coeur généreux que Pierre essaie d’encourager Jésus à éviter la Croix et la mort. Qu’il reste en Galilée, province écartée, loin de Jérusalem.

Par cette proposition, Pierre, d’une certaine façon, rejoignait celle du Tentateur qui, au début de la vie publique, avait suggéré à Jésus un messianisme plus facile et sans souffrances :" Les anges te protégeront de peur que ton pied ne heurte une pierre. (Matthieu 4.16) Et voilà que Pierre heurte le Seigneur dans sa marche vers Jérusalem.

Jésus avait choisi un autre messianisme, celui du "Serviteur souffrant" dont parlait Isaïe : "C’étaient nos souffrances qu’il portait. C’est par nos péchés qu’il était broyé... Il intercédait pour les pécheurs." (Isaïe 53. 3 et 12) D’une certaine manière, le messianisme proposé par Pierre résonne comme l’écho de celui qu’avait proposé Satan lors de la tentation au désert. Jésus explose en un cri d’horreur :" Arrière, Satan ! tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes !"

Personne ne pourra empêcher Jésus de sauver le monde au prix du sang versé et de sa croix rédemptrice car "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime."

Plus tard, dans la nuit de Gethsémani, Jésus fera rengainer son épée au même pauvre Pierre, en lui disant :" Comment pourrais-je refuser la coupe que le Père m’a donné à boire ?" (Jean 18. 11)

QU’IL ME SUIVE

"Passe derrière moi !" avait-il déjà dit à Pierre. C’est-à-dire, marche à ma suite, prend ta croix et cesse ainsi d’être un obstacle devant moi. Dans le jardin de Gethsémani, le Christ lui offre son chemin de croix qui est un chemin du don de l’amour.

Il nous l’offre à nous aussi, car, comme Pierre, il nous faut entendre la totalité du message, la Passion et la Résurrection.

Que nous le voulions ou non, même avec la plus grande vigilance, la mentalité actuelle qui nous entoure, imprègne nos propres réactions. Ecoutons notre manière de parler, elle est significative. Quand l’Eglise parle de Vérité, nous parlons de sincérité. Quand elle parle d’engagement, nous répondons : épanouissement. Quand elle nous rappelle nos devoirs, nous répondons par nos droits. Nous ne voulons vivre le futur que dans l’immédiat.

La charité elle-même est souvent réduite à n’être qu’une solidarité. Et l’on pourrait continuer ainsi. Même si nous sommes attentifs à ne pas succomber dans la faute, nous jugeons bien souvent que le bonheur humain doit être vécu comme un épanouissement, dans l’immédiat puisqu’il est un don de Dieu.

C’est vrai qu’il est don de Dieu. Mais dans quel sens devons-nous l’entendre ? Lors de chaque Eucharistie, en amplifiant la demande : "Délivre-nous du mal, » nous disons : "Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ Notre-Seigneur." Méditons ces paroles de la liturgie. Quel bonheur ? Quel avénement ?

Quand il nous propose de le suivre, le Christ nous propose une logique autre que celle des hommes. C’est la logique de l’amour. Et il n’y a pas d’amour vrai, durable, profond, sans renoncement à soi-même pour le bonheur de l’autre.

Jésus ne nous demande pas d’aimer la souffrance et le renoncement pour eux-mêmes. Il nous demande avant tout d’aimer jusqu’au bout pour le suivre, gagner, réussir notre vie. Ce but est infiniment positif puisqu’il est l’avènement de Jésus-Christ, selon la prière eucharistique.

Pierre n’a retenu que l’annonce de la Passion douloureuse, pour la refuser. Il n’a pas entendu la Résurrection que Jésus annonçait, c’est-à-dire l’avènement dans la Gloire, la réussite du salut éternel. Mais Jésus veillera sur lui avec sollicitude, au milieu des embûches de la Passion. "J’ai prié pour toi", lui a-t-il dit, afin que ta foi ne disparaisse pas. Quand tu seras revenu, affermis tes frères." (Luc 22. 32)

Quand nous suivons Jésus en portant nos croix avec Lui, songeons à cet avènement, à cette joie qui approche. Jésus voit bien plus loin que Pierre, bien plus loin que nous. " Transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître ce qui est la volonté de Dieu" (Romains 12. 2)

***

"Resserre nos liens avec toi, pour développer en nous ce qui est bon en nous. Veille sur nous avec sollicitude pour protéger ce que tu as fait grandir" (Prière d’ouverture de la messe)



 
DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014
VINGT-TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 
 


Lectures bibliques pour le 23ème dimanche du temps ordinaire - 7 septembre

Lecture du prophète Ezéchiel : 33. 7 à 9 :"Je fais de toi un guetteur pour la Maison d’Israël."
Psaume 94 : "Aujourd’hui, écouterez-vous sa parole ?"
Lettre de saint Paul aux Romains : 13. 8 à 10 :" Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel."
Evangile selon saint Matthieu : 18. 15 à 20 :"Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux."

***

Il est nécessaire d’avoir quelques points de repère pour éviter une interprétation erronée d’un passage qu’il ne faut entendre ni d’une manière restrictive ni d’une manière humaine.

DANS L’EGLISE DU CHRIST

Saint Matthieu développe les paroles de Jésus sur les relations fraternelles et sur le pardon dans le cadre d’une communauté où chacun veut et doit vivre avec son frère, "réunis au nom de Jésus."

Il ne s’agit donc pas d’une simple relation sociale dans le cadre de la vie de tous les jours. Cette correction fraternelle a ses origines dans la loi qui régissait le Peuple de Dieu. On en trouve déjà un écho dans le livre du Lévitique (Lévitique 19. 17) : « Tu n’auras pas de haine, tu ne te vengeras pas, tu aimeras ton prochain. ».

Et tous les exégètes ont remarqué le parallèle entre ce texte de l’Evangile et la Règle de la communauté de Qumram où l’on retrouve ces trois niveaux de l’admonestation patiente, faite de respect et d’amour mutuel. (Romains 1. 8).

Les "redresseurs de torts", qui n’ont de cesse de débusquer les "brebis gâleuses" n’ont pas à trouver là un argument pour exclure les coupables impénitents. La patience doit dépasser "soixante-dix fois sept fois". A l’inverse, d’autres n’ont pas à être scandalisés de ce qu’une communauté doive se séparer d’un de ses membres qui la fragilise, voire la délite, parce qu’il refuse d’en partager les exigences, et ce, après de multiples et patientes tentatives pour maintenir l’unité de vie.

Saint Matthieu reprend les paroles du Christ afin de les poser comme une sorte de règle pour la communauté ecclésiale, s’appuyant sur la tradition biblique éclairée par le message de Jésus qui se vit au coeur de cette communauté : "Quand deux ou trois sont réunis en son nom, je serai au milieu d’eux " ... et non pas pour s’entendre « dire seulement : Seigneur, Seigneur, mais pour réaliser la volonté de mon Père qui est aux cieux."

Il faut donc tenir compte de cette dimension christologique et ecclésiale en abordant ce texte.

UN SEUL CORPS

Cette compréhension est d’ailleurs grandement facilitée par le contexte paulinien que nous propose la liturgie de ce jour :"L’amour ne fait rien de mal au prochain." L’hymne à la charité (1 Corinthiens 13.) est la suite logique, « la voie infiniment supérieure » de l’unité que doivent vivre entre eux les membres de l’Eglise.

Constituée comme le Corps du Christ, elle a reçu mission de déployer ce Corps selon la volonté de Dieu lui-même. Ce n’est pas parce qu’on est différent les uns des autres par sa spiritualité ou dans son approche du mystère charismatique ou du mystère de l’Incarnation qu’un membre doit être méprisé et, à plus forte raison, rejeté.

Il n’y a pas qu’une seule référence dans l’Eglise. Ce n’est ni à un groupe ni à une communauté d’en juger et d’en décider. Elle-même, lui-même ne sont qu’une "parcelle" de l’Eglise. "Quand l’un déclare, moi j’appartiens à Paul et l’autre : moi à Apollos, n’agissez-vous pas de manière toute humaine ?" (1 Corinthiens 3. 5) "Il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Dieu qui, en tous, met tout en oeuvre." (1 Corinthiens 12. 4 et suivants)

Nous sommes les membres d’un même Corps, même si nous sommes différents, profondément différents. Chacun et tous ensemble, comme dans une symphonie, nous concourrons à la vie de l’Eglise, au salut du monde et à la gloire de Dieu selon la réponse que nous donnons ensemble au célébrant lors de notre commune offrande eucharistique, quelle que soit l’offrande qui est la nôtre.

Dans l’Evangile de ce dimanche, ce n’est pas de la différence de nos qualités, dont il est question, mais du péché. Celui qui commet le péché est à l’origine d’un manque d’amour à l’égard de son prochain puisque, par là, il se retire, partiellement ou totalement, de la communion où le Christ voudrait qu’il vive. En maintenant cette attitude de pécheur, il maintient cette absence d’amour que la communauté.

On n’exclut pas un frère en raison de son péché personnel, mais en tant qu’il refuse de s’amender pour devenir digne de sa qualité de membre de la communauté et vivre solidaire du témoignage qu’il doit porter avec elle.

AMOUR ET PATIENCE

Le Christ pose bien des conditions préalables et et des démarches patientes avant que soit entérinée une décision : d’abord en tête à tête, ensuite à plusieurs et enfin dans le cadre de la communauté ecclésiale.

Saint Paul la justifie parce que nous sommes "entre frères". Il ne s’agit pas d’une situation "juridique", il s’agit de la dette d’amour réciproque que chacun doit à l’autre, amour de son frère pour celui qui pose les remarques, amour attendu de la part du frère qui fait mal aux autres, à la communauté à laquelle il prétend appartenir, sans en assumer les responsabilités dans sa vie. C’est donc une question d’unité et d’identité ecclésiale.

L’Eglise l’a connue tout au long de son histoire. Elle se pose aujourd’hui où l’individualisme qui caractérise notre temps, fait souvent confondre l’intérêt personnel et l’intérêt général. L’appartenance à un groupe est bien souvent vécu plus comme un confort ou un bénéfice personnel que comme un engagement pour une oeuvre commune. On attend que les autres nous apportent... et nous oublions d’apporter aux autres.

Plus que dans toute société humaine, le dommage peut être grand dans une communauté d’Eglise où ne se vit pas l’unité. La mission qu’elle a reçue du Christ ne peut se vivre dans un tel contexte et nul ne peut s’en approprier tout le bénéfice de quelque manière que ce soit.

Dans le même temps ce service de la communion dans l’Eglise implique la vigilance sur la fidélité des membres. Une vigilance qui ne peut s’exercer par l’arbitraire d’une seule personne ni même d’un seul groupe. Elle est confiée de proche en proche à la vigilance de la communauté toute entière, l’Eglise, parce qu’elle est le Corps du Christ. A

LA GRACE DE DIEU

Mettre à l’écart de la communauté le membre impénitent, n’est pas pour autant le condamner. Même si toi, tes frères, l’Eglise elle-même, ne peuvent décider ce frère à vivre en accord avec les exigences du Seigneur, notre amour doit l’accompagner sans cesse, au-delà même de la conclusion qu’il en tire lui-même.

"Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel." (Romains 13. 8) "Considère-le comme un publicain..." Ce n’est pas une injure dans la pensée du Christ, c’est un appel à vivre un « retournement de sa conduite », une « metanoia » comme le Christ vivait sa relation avec les publicains.

Saint Matthieu sait ce que cela veut dire, lui que la grâce de Dieu a appelé dans sa fonction de "publicain" à la table des impôts. La grâce de Dieu est entrée dans sa maison quand le Christ y est venu partager son repas avec d’autres publicains.

Lorsque tous les moyens humains dont nous disposions se sont avérés inefficaces et en reconnaissant nos limites humaines, nous le confions à la grâce d’un Dieu qui est amour pour ce frère. "L’amour ne fait rien de mal au prochain... l’accomplissement parfait de la loi, c’est l’amour." (Romains 13. 10)

Là encore, nous avons à vivre en écho tout l’hymne à la charité de la première lettre aux Corinthiens, hymne qui est comme l’écho du Christ dans toute manière d’agir et de vivre. Il nous faut, en effet, penser à toutes les paroles de Jésus sur la miséricorde, en particulier sur la brebis perdue qui s’est exclue. Le Seigneur ne cesse pour autant de la rechercher et de l’appeler à la conversion. Nous aussi, nous avons à la poursuivre de notre prière.

***

Le secret du coeur de l’homme reste toujours le secret de Dieu, mais qui ne cesse jamais d’être un Père. Pour ceux qui s’éloignent, faisons nôtre souvent la prière d’ouverture de cette messe :"Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et faire de nous tes enfants d’adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père. Puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle.


 
 
DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2014
EXALTATION DE LA CROIX DU CHRIST

 
 


Lectures bibliques pour le 14 septembre - Exaltation de la Croix du Christ

Lecture du Livre des Nombres 21, 4b-9 : Le serpent d'airain
Psaume 78, 3 : Ils ont versé le sang comme de l'eau
Lettre de saint Paul aux Philippiens 2, 6-11 : Dieu l'a souverainement élevé.
Évangile selon saint Jean 3, 13-17 : Ainsi faut-il que le Fils de l'Homme soit élevé.

***

Dieu s'est identifié aux hommes en la personne même du Christ-Jésus, et cela dans toutes les réalités que nous vivons. C'est pourquoi, en son dernier soupir humain, il a pu dire à son Père : "Tout est accompli" (Jean 19/30)

LE QUOTIDIEN DES HOMMES

Il en a partagé l'enfance et l'intimité familiale avec Joseph et Marie, à Nazareth comme au pélerinage du Temple à douze ans.

Il a partagé la vie d'une communauté sociale avec des jeunes qui chantaient sur la place du village et discutait sans doute avec des habitants qui faisaient travailler le charpentier.

Il a partagé les relations amicales, invité aux noces, comme à Cana, ou discutant, comme chez Matthieu, avec certaines convives pharisiens.

Il n'en restera pas là dans son identité humaine devant les souffrances des infirmes et des malades, des veuves ou des inquiets sur leur avenir, y compris Marie-Madeleine.

TOUT EST ACCOMPLI

Et c'est ainsi que tous les gestes humains prennent leur sens en la Coix. Il a partagé la solitude de tant d'hommes et de femmes au cours des siècles. "Pourquoi m'as-tu abandonné ?"

Il n'en reste pas extérieur à la souffrance des hommes et des femmes dans leur corps malade, blessé, amoindri ou soumis au mal. Il les a partagés au Jardin des Oliviers, dans le prétoire des tortures des soldats romains, dans le chemin qui le conduit aux affres de la croix, sur cette croix jusqu'aux limites humaines.

Nul ne peut dire à Dieu :" Si tu savais !" ou encore "Dieu est loin de moi, il m'abandonne." En Jésus, Dieu lui-même l'a dit dans les paroles de Jésus.

La croix, dans la vie du Christ, doit être méditée à la lumière de ce que l'évangéliste saint Jean nous dit de Jésus. " Le Verbe, la Parole de Dieu, était Dieu...En Lui, était le Vie et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point comprise."

" Le Verbe, la Parole, s'est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire". (Jean 1 /4 à 14) En ce dimanche, où nous célébrons la Croix glorieuse, pour la voir en son mystère divin, il nous faut la partager.

IL RÉCAPITULE TOUTES CHOSES

Dans la Divine Lliturgie des Églises orthodoxes, le célébrant élève la croix dans les quatre directions de l'espace au chant du Kyrie eleison. Il montre ainsi que le Christ, en ces heures de la croix, a "récapitulé " et a voulu unir en son corps et en son esprit toutes choses, toutes les souffrances et toutes les offrandes des hommes durant leur cheminement terrestre vers l'éternité divine.

" En montant sur la Croix, le Christ a voulu réconcilier en Lui toutes choses, unir toutes les extrémités de la création, la hauteur et la profondeur, dans son corps, afin de nous permettre d'avoir accès auprès de son Père." "Tout est accompli" au sens grec du terme : "complet" " , jusqu'au dernier soupir (Jean 19/30) "il ne manque rien". (Macaire)

La foi chrétienne nous donne à contempler l’horreur du supplice de la croix non pour nous émouvoir, mais pour y découvrir l’étonnante réalité de la personne du Christ : « Une vie qui surgit de la croix, de cet arbre qui donnait la mort » comme nous le chanterons dans la préface eucharistique.

Commentalors exalter la croix et dire qu’elle est glorieuse ? Comment peut se faire cette transformation d’un outil qui donne mort en une source de vie ? L’apôtre Paul nous le dit dans la 2ème lecture : « Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms ».

Saint Paul nous révèle ainsi que l’exaltation de Jésus crucifié est la conséquence de son abaissement. Le Verbe de Dieu qui partageait la gloire du Père a préféré abandonner cette plénitude pour se réduire, se cacher dans notre humanité pour la relever et l'exalter dans la résurrection après avoir souffert la mort.

INDISSOLUBLE AVEC DIEU

L’incarnation du Verbe manifeste ainsi l’amour de Jésus pour nous, et l’amour de son Père qui nous le donne. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé. »

La
transformation de la mort en vie, de la croix comme supplice à la croix comme source de vie, s’opère donc par l’acte d’amour qui animait Jésus et son Père alors qu’il traversait les épreuves de sa passion.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix prend ainsi une signification particulière. Elle nous invite à méditer sur le lien profond et indissoluble qui unit la célébration Eucharistique et le mystère de la Croix. Chaque messe en effet rend actuel le sacrifice rédempteur du Christ. L’Eucharistie nous rappelle au quotidien que notre salut jaillit de ce mystérieux échange, dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort pour nous donner gratuitement part à sa vie divine.

***

La gloire de Dieu, c'est que Jésus, qui est "de condition divine", conduit par son abaissement et sa mort tout homme en la plénitude de la vie . La mort et la résurrection sont inséparables en Jésus, par Lui et avec Lui.

" Fortifiés par la nourriture que tu nous as donnée, nous te supplions, Seigneur Jésus-Christ, conduis à la gloire de la résurrection, ceux que tu as fait revivre par le bois de ta croix. (prière de la communion)



 
 
DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2014
VINGT-CINQUIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

 
 


Lectures bibliques pour le 21 septembre : 25ème dimanche du temps ordinaire

Du livre du prophète Isaïe : . 6 à 9 :" Mes pensées ne sont pas vos pensées."
Psaume 144 : "La bonté du Seigneur est pour tous."
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 1. 20 à 27 :"Pour moi, vivre, c’est le Christ."
Evangile selon saint Matthieu : 20. 1 à 16 :"Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que je suis bon."

***

Nous ouvrons aujourd’hui le cycle des trois paraboles de Jésus sur la vigne. En ce dimanche 21 septembre, les ouvriers qui vont travailler à la vigne. Le dimanche 28 septembre, les deux fils qui ont une réponse différente, et , le dimanche 5 octobre, les ouvriers qui veulent la posséder en tuant le fils.

ENTREZ EN MON INTIMITÉ

La vigne a une signification profonde dans toute la Bible. Elle est le symbole de l’Alliance entre Dieu et son peuple. (Isaïe 5. 1 à 7 - Jérémie 2. 21, Ezéchiel 15.4) "Allez à ma vigne" que Jésus répète en ces trois paraboles, ne signifie venez travailler pour le Royaume, cela veut dire :"Entrez dans l’Alliance", Venez partager l’Alliance avec moi, selon le sens de cette tradition biblique constante.

En l’évoquant d’ailleurs, le Cantique des Cantiques parle de cette vigne avec des mots inouïs de tendresse :"Lève-toi, ma belle, ma bien-aimée, l’hiver est passé, la vigne en fleur exhale son parfum." (Cantique 2. 10)

Jésus s’est défini lui-même en disant :"Je suis la vigne". (Jean 15. 1 à 5) Etre invité à la vigne du Seigneur, à s’y rendre, à y partager l’oeuvre de Dieu, c’est exprimer ainsi que nous sommes destinés à profiter, tôt ou tard, de l’intimité de Dieu, pour vivre avec lui : "Allez à ma vigne", signifie la même chose que "Entre dans la joie de ton maître." (Matthieu 25. 21)

LE SALAIRE DE L’AMOUR

Pour découvrir et apprécier "la pointe" d’une parabole, il faut prendre les paroles de Jésus dans le sens qu’il veut nous faire entendre. Ici, les premiers mots sont clairs : "Le Royaume des cieux est comparable à un maître..." C’est donc à partir de ce maître qui, d’heure en heure appelle des ouvriers à y travailler, que nous pouvons saisir la logique, sa pensée et sa volonté qu’il nous fait entendre à chacun des moments cette journée.

Jésus ne nous donne pas une leçon de morale sociale, mais le parcours de l’inlassable amour de Dieu pour tout homme, pour tous les hommes. Il y a même un insistance significative :"Dès le point du jour.. vers neuf heures, ... vers midi,...vers trois heures ... jusqu’à cinq heures du soir." Dieu appelle sans cesse, à toute heure, à tout âge.

Il n’est jamais trop tard pour entrer dans le Royaume des cieux. Tous ceux qui n’ont pas encore découvert l’Amour de Dieu, demeurent ses invités, en permanence. Quoi qu’ils en pensent et quelle que soit leur situation présente.

Nous ne pouvons donc jamais désespérer de notre Salut éternel et de celui de ceux dont nous portons la responsabilité. Dieu les appelle comme il nous appelle. C’est la Grâce de Dieu qui est à l’œuvre et nous l’oublions facilement en pensant que nous sommes les uniques évangélisateurs.

Jésus ne se contente pas de nous raconter cette parabole comme une espérance. Il l’a vécue réellement, en invitant à entrer, à la dernière minute avant sa mort, le criminel crucifié à côté de lui, sur la croix. Il est vraiment l’invité de la dernière heure et il en fut le premier à entrer dans ce Royaume :"Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis."

Ce qu’il a dit au terme de cette parabole "Les derniers seront les premiers." se réalise chaque jour désormais comme au jour du salut sur la croix. Il n’y aura jamais un exclu dans le coeur de Dieu.

MES PENSEES NE SONT PAS VOS PENSEES

"Je veux donner à ce dernier appelé sur la place publique autant qu’à toi ... parce que je suis bon." Le seul don que Dieu veut nous faire, c’est de se donner lui-même. Il nous a créé non pour un salaire écrit sur une fiche de paie. Il nous a créés pour nous donner sa Vie éternelle et nous combler de sa bonté et son Bonheur qui ne se partagent pas au pourcentage de nos mérites mais à l’infini des mérites du Christ.

Le don de Dieu ne s’inscrit pas sur une feuille comptable, en heures de travail selon le contrat ou en heures supplémentaires. Si l’homme contemporain a tendance à demander des comptes à Dieu et même à oser lui conseiller ce qu’il devrait faire s’il était juste, s’il était bon, Jésus, lui, nous propose de faire confiance à ce Dieu "dont les pensées dépassent nos pensées"

C’est un don infini qui dépasse tout calcul et toute imagination, puisque c’est lui qu’il nous donne. Les textes évangéliques se bousculent alors dans notre pensée : »Il a tant aimé le monde (Saint Jean)... cette amour qui est au-dessus de tout don (Saint Paul) ...

L’Amour de Dieu est infini et inconditionnel. Sa patience est infatigable et prend le temps de nous inviter sans cesse, jusqu’à la dernière seconde de notre vie, jusqu’au moment où le choix est encore possible. Il souhaite également que nous ayons le même regard et la même pensée que lui. « Pourquoi être autrement ? »

Travaillons avec lui à inviter tous les hommes à son Royaume éternel. Les tard-venus sont tout autant les bienvenus dans la maison du Père. Tant qu’ils n’ont pas pris place à la Table de famille, leur place leur est toujours réservée, aussi large pour ces derniers que pour les premiers appelés. Peut-on proportionner l’infini de Dieu aux limites humaines qui sont les nôtres ?

***


" Mes pensées ne sont pas vos pensées." ie - Vos points de vue ne sont pas les miens, nous dit le Seigneur. Pour y répondre, la seule chose qui compte, c'est que son aide nous accompagne. (Prière de la communion)


 
 
DIMANCHE 28 SEPTEMBRE 2014
VINGT-SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 
 
Lectures bibliques du 26ème dimanche du temps ordinaire - 28 septembre

Du prophète Ezéchiel : 18 25 à 28 :” Parce qu’il a ouvert le yeux et s’est détourné de sa faute, il vivra.”
Psaume 24 :”Oublie les révoltes, le péché de ma jeunesse. Dans ton amour, ne m’oublie pas.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 2. 1 à 11 :”Ayez entre vous les mêmes dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus.”
Evangile selon saint Matthieu : 21 28 à 32 :”Lequel des deux a fait la volonté du père ?”

***

Le Christ a choisi, volontairement et par amour de son Père du ciel et de ses frères les hommes, un chemin d’humilité, d’humiliation jusqu’à la croix, et c’est ainsi qu’il est le Seigneur. A chacun d’entre nous, sur le même chemin d’humanité, il nous est demandé d’avoir et de vivre les mêmes dispositions dans le Christ Jésus. (Saint Paul aux Philippiens).

JAMAIS TROP TARD POUR SE CONVERTIR.

Plus préoccupés de nous-mêmes, peu préoccupés souvent de nos frères, et parfois même de Dieu, il nous est demandé de refuser ce comportement. Car ce ne sont pas ceux qui disent “Seigneur, Seigneur !” qui sont agréables à Dieu, mais ceux qui font la volonté du Père.

Ces paroles que le Christ a proclamées (Matthieu 7. 21), il les redit d’une autre manière dans la parabole des deux fils. Par elle, Jésus voulait ouvrir les yeux des juifs pour leur faire comprendre que leur enfermement dans leur fausse justice et dans leurs certitudes, est un refus du Royaume de Dieu.

Ils croient dire “oui” à Dieu. En fait, ils le refusent. N’en est-il pas ainsi de nous-mêmes parfois, ... souvent. Mais il est toujours temps de se convertir. Par contre si les Juifs demeurent figés dans leur obstination, ils s’excluront du Royaume :”Le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits.” (Matthieu 21. 43)

Et comme exemple de conversion, Jésus propose les situations extrêmes : les publicains et les prostituées. Dans un premier temps, ils ont dit “non” au Royaume et à l’Alliance par leur incapacité ou leur manque de goût d’en suivre les exigences, mais ils restent suffisamment disponibles pour accueillir les signes de Dieu.

Alors ils se mettent en route vers le Royaume. Peu à peu, ils apprennent à dire “oui”. Et nous, apprenons-nous aussi à dire “oui” ... « Je ne veux pas … Pris de remords, il y alla. » (Matthieu 21. 29)

ILLUSION ET FAUSSE MODESTIE

Il est clair que le “oui” dit à Dieu ne se réalise pas du jour au lendemain. Il est l’objet d’un apprentissage, d’un cheminement, d’une conversion, d’une ascèse.

En avertissant ses auditeurs du danger d’illusion sur leur propre justice et de l’hypocrisie à se comparer à ceux dont le comportement serait moins honorable, Jésus nous met, nous aussi, en garde contre les risques d’illusion et d’hypocrisie. Il nous convient mieux de nous ranger plutôt dans la catégorie des pécheurs.

Il ne s’agit pas pour autant de se considérer comme les plus misérables des pécheurs ou les plus indignes du Royaume de Dieu, par goût morbide de la culpabilité ou de la fausse modestie. Se culpabiliser, c’est se replier sur soi.

Se reconnaître pécheur, c’est se situer humblement devant Dieu. C’est une attitude positive parce que c’est se confier en sa miséricorde, en attendre le pardon et rendre possible l’ouverture d’un chemin de salut dans une relation où Dieu, par son Amour, par sa tendresse comme dit le psaume, restaure sa dignité de fils à son enfant égaré (Voir aussi la parabole de l’enfant prodigue au moment où son père le reçoit.)

JAMAIS ACQUIS

A partir de cette attitude vécue dans la foi, tout change et s’éclaire. Le pécheur pardonné mesure ses limites et sa faiblesse, mais il sait qu’il n’est pas seul sur la route. Il sait que si la purification de son désir d’exister comme un être libre est une oeuvre de longue haleine, faite de reprises incessantes. Il sait aussi qu’il trouvera toujours les signes de la patience et de la fidélité d’un Dieu qui l’accompagne.

C’est ainsi toujours dans les rencontres de Jésus avec les pécheurs. Nombreuses sont les pages lumineuses de l’Evangile : la rencontre de Zachée (Luc 9. 1 à 10), celle de la Samaritaine (Jean 4. 1 à 42), de la femme adultère (Jean 8. 1 à 11) de l’onction de Béthanie (Jean 12. 1 à 11)... et les paraboles de la brebis perdue (Luc 15. 2 à 7) et du fils prodigue (Luc 15. 11 à 32)

Autant de rencontres où l’on vérifie que la rencontre avec le Christ, dans la vérité, inaugure un chemin nouveau, un “oui” initial qui aura, certes, à se confirmer dans la durée d’une histoire, mais qui est le “oui” de la reconnaissance d’une espérance et d’un avenir.

Penser que l’on a dit “oui” au Royaume une fois pour toute est un aveuglement. Une prétention orgueilleuse de nos propres forces humaines. Il nous faut le temps de toute notre vie pour apprendre à dire “oui”. Le « oui » de Dieu, lui, est fidèle et ne se dément jamais. L’important est de le rencontrer dans l’aujourd’hui de notre histoire.

***

“Que cette Eucharistie, Seigneur, renouvelle nos esprits et nos corps....” cette prière nous avons à la vivre en effet au quotidien. (prière après la communion)

 

Retour à la page d'accueil