Méditations dominicales


En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme",
une ou plusieurs méditations .
Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


Dimanche 26 juillet : Dix-septième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 2 août : Dix-huitième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 9 août : Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire
Samedi 15 août : L'Assomption de la Vierge Marie
Dimanche 16 août : Vingtième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 23 août : Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 30 août : Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire



DIMANCHE 26 JUILLET 2015
DIX-SEPTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE



Au moment où il est question des suites de la multiplication des pains, la liturgie interrompt la lecture continue de l’Evangile selon saint Marc pour nous donner la totalité du chapitre 6ème de saint Jean, soulignant ainsi que le discours du Pain de Vie forme un tout avec ce miracle.

DIEU NOUS ACCOMPAGNE

En multipliant les pains, Jésus nous révèle que Dieu est attentif à la réalité de notre vie humaine ordinaire et quotidienne. Déjà, dans l’Evangile de ce dimanche dernier, seizième dimanche, saint Marc notait cette attention à notre sentiments et à nos réactions : »En voyant les foules comme des brebis qui n’ont pas de bergers, il en fut saisi de pitié et il se mit à les instruire longuement. » (Marc 6. 34)

L’essentiel pour tout homme, c’est de trouver un jour ou l’autre, la réponse à son besoin profond de savoir, de connaître, pour donner un sens à sa vie, à toute vie. Et par là, de s’assumer lui-même : « Il les instruisit longuement. » Il ne les mène pas sans savoir… il les instruit. Toute une journée au point qu’ils ne virent pas le temps passer et, quand vint le soir, il était trop tard pour aller dans les fermes et les villages.

L’Evangile devient alors réaliste, si l’on peut parler ainsi. Jésus avait donné priorité au ministère de la Parole, à la nourriture spirituelle. Il reconnaît aussi la situation concrète dans laquelle cette foule se trouve. Il prend lui-même l’initiative et non pas les apôtres : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

Leur réponse est tout aussi réaliste et concrète : « Le salaire de deux cents journées ne suffiraient pas. » Le fils du patron pêcheur du lac, le comptable des impôts savent de quoi ils parlent : acheter, manger, salaires, deux cents journées de travail. Au salaire minimum français d’aujourd’hui, cela dépasse 50.000 francs. Cela ne veut pas dire que Jésus soit impuissant à résoudre ce problème. Cela veut dire que la petite communauté apostolique n’en a pas les moyens.

L’HOMME ACCOMPAGNE DIEU

Jésus va nous révéler le vrai visage de Dieu à travers son Fils nourrissant la foule. Mais il ne peut le faire sans la participation de l’homme. Il attend de nous une participation responsables. Il a besoin des hommes, si minime soit l’apport. Il ne fait pas un miracle à partir de rien. « Un jeune garçon, cinq pains d’orge, deux poissons. » Pas même la foi des apôtres.

Dieu ne nous remplace pas, ne se substitue pas à nous. Il nous a confié la tâche de faire croître et multiplier ses propres dons qui deviennent ainsi les dons des hommes. L’homme reconnaît ainsi ses limites humaines en même temps que la grandeur de cette « collaboration » de son travail uni à l’œuvre de Dieu.

Il faut un saint Vincent de Paul ou un Frédéric Ozanam, l’abbé Pierre et Mère Teresa, les « restos du cœur » le « Secours catholique », le « Secours Populaire » et « Médecins sans frontières. Au lieu d’accuser Dieu, louons-le de mettre au cœur des hommes cette générosité qui les fait participer au grand commandement de Dieu, même s’ils n’ont pas la foi. Pain rompu pour un monde nouveau… Ils ont beaucoup aimé, il leur sera beaucoup pardonné.

DIEU NOUS APPELLE

Quand tout fut accompli, que les pains restant furent rassemblés, la foule, détendue, étonnée, réfléchit à ce qui vient de se passer et elle se mit à en discuter. Ce ne sont pas des réflexions mystiques sur le sens des douze corbeilles, du nombre des pains et de poissons. Elle voit dans l’immédiat, au niveau humain, les prolongements possibles.

C’est alors que Jésus se retire. Il sait qu’il veulent le prendre pour le retenir. Il se retire pour ne pas donner à cette multiplication des pains une signification matérielle et même spirituelle autre que la celle qui doit être la découverte du cœur de Dieu, de son amour pour les hommes.

« L’homme ne vit pas seulement de pain. » Ce fut la tentation du désert aux premiers jours de sa vie publique. Les laisser s’enfermer dans leur dialectique, c’était risquer de fausser l’authenticité de son message, celui pour lequel il les avait « longuement instruit. »

Il se retire seul. Il les attire ainsi à lui. Les autres évangélistes sont plus concrets puisqu’ils mentionnent les péripéties du départ des apôtres, quand Jésus les remet dans la barque.

Il n’est pas venu résoudre un manque de nourriture. C’est aux hommes de le faire. Il est venu nous rappeler l’essentiel : « Venez et voyez. »

Ce n’est pas pour les pains multipliés gratuitement et les poissons distribués que nous devons le suivre. C’est pour la Parole qu’il donne. Celle qu’il leur a donnée, celle qu’il veut encore nous donner, celle à laquelle le long entretien de Capharnaüm donnera tout son sens. C’est lui le Pain de vie. »




DIMANCHE 2 AOÛT 2015
DIX-HUITIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


"Seigneur, ne tarde pas."
(antienne d'ouverture)

NOTRE ATTENTE ET NOTRE FAIM

Les trois lectures de la liturgie de ce dimanche nous conduisent au coeur même du mystère de notre personnalité que Dieu nous demande de réaliser au travers des faits et gestes de notre vie.

Dès la prière d'ouverture, nous lui demandons cela en trois étapes : Restaure ta création, renouvelle la, protège-la.Notre attente, notre faim.

Nous sommes comme les enfants d'Israël. Parfois nous nous sentons comme dans un désert, blessés, déçus, avec nos limites quotidiennes après un enthousiasme, avec des ruptures d'amitiés, avec les maladies, les déchéances, les départs de la mort.

Nous nous replions sur nous-mêmes sans espérance. "Où est l'époque de nos marmites de viande quand nous mangions à satiété ..." quel signe vas-tu nous donner ?

Si tu savais le don de Dieu
Si tu prenais le temps
D'ouvrir grand les yeux
D'écouter le vent
De regarder tout le bleu
le bleu des cieux.

REPÉRER LES SIGNES

Alors nous lui disons comme le psalmiste :" Seigneur, ne tarde pas !" (Ps 69) Plutôt que de ressasser nos insuffisances, de nous replier dans nos silences, il nous demande d'ouvrir nos yeux sur ses richesses. Le don de Dieu n'est pas une idée abstraite.

Le don de Dieu est un signe vivant, un être vivant, c'est Dieu lui-même en son Fils incarné, Jésus.Le pain que Dieu nous donne, c'est celui qui descend du ciel. Et c'est lui qui donne la vie au monde, "la vraie manne qui comble tous les désirs." (antienne de la communion)

Cette méditation, cette contemplation nous introduit dans la connaissance de l'intimité divine. Jésus le dit à ses auditeurs : ce n'est pas Moïse qui donne la manne. C'est Lui, Jésus qui nous conduit à l'origine de toute vie.

Si tu prenais un peu de temps
Pour écouter Dieu
Laisse en toi entrer la lumière
Écoute ton silence intérieur
Ne crainds pas tu sortiras de la noirceur
Chaque jour que tu vis est important
C'est Lui, qui est la Vie
qui t'aidera à passer au travers et au-delà de tes limites.

CHANGER NOTRE CONDUITE.

Laissez-vous guider intérieurement, ayez un esprit renouvelé, adoptez le comportement de l'homme nouveaUu. (Eph. 4.17)

La Vie est là
Prends conscience de tes réelles valeurs
Vas, vas, vas, avance,
chaque pas est important pour toi
Ne t'attarde pas à ce qui ne va pas
Mais essaie de te concentrer
Sur cette vérité qui seule peut te procurer de la joie

" Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois." (Eph. 4.17)

Tel un berger, il conduit son peuple, il le fait entrer dans son domaine sacré." (Ps 77)

CE QUE DIEU NOUS DONNE

... Il nous fait entrer dans son domaine sacré...

Ami, assieds-toi
Prends le temps d'observer
Observer ce qui se passe
Ce qui se passe dans ton âme.

" Je suis le vrai pain venu du ciel. Celui qui donne la vie au monde."

Les enfants de Dieu doivent tout apprendre de Dieu, écouter la voix de Dieu qui est le Christ. imiter le cœur de Dieu. Jésus sera en nous et nous serons en Lui. Quand nous imitons le Fils de Dieu de tout notre cœur, "nous entrons dans son domaine sacré". Nous grandissons dans la plénitude de l’amour de Dieu.

Et cette plénitude, c'est Dieu lui-même car Dieu est amour. "

***

La Vie est là
Prends conscience de tes réelles valeurs. "Rends-nous digne de l'éternel salut." (prière après la communion, après avoir partagé le Pain du ciel)





DIMANCHE 9 AOÛT 2015
DIX-NEUVIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Tout en continuant aujourd’hui notre méditation sur le « Pain de Vie », arrêtons-nous aussi sur l’épisode vécu par le prophète Elie, car il est proche de ce que nous vivons souvent. Et la réponse de Dieu est de même nature pour nous que pour lui, il dépose auprès de nous le pain qui nous redonne vitalité par la vitalité divine.

C’EN EST TROP

Elie marche dans un désert. Les êtres et les choses sont contre lui. Seul un buisson le protège de l’ardeur du soleil. A l’hostilité de la reine, se joint une certaine hostilité de la nature. Il est à bout de forces physiques et psychologiques. Il se sent abandonné et il est seul. « C’en est trop ». Malgré son découragement et son amertume, il lui reste la foi en Dieu, même si elle n’est pas faite de confiance, peut-être. Il ne considère pas que Dieu est hors de sa vie, alors que tant de nos contemporains le pensent, ce qui les conduit au bord du suicide, de la drogue ou du vice.

Elie découvre ses limites. Il s’estimait au-dessus des autres, parce qu’il avait été appelé par Dieu, parce que le choix de Dieu était sur lui. Il découvre que le prophète, l’homme de Dieu, est comme les autres : « Je ne vaux pas mieux que mes pères. » Dieu lui a confié une mission dont il s’aperçoit qu’elle le dépasse. Elle lui paraît même impossible à réaliser. « Reprends ma vie ». Il s’étendit à l’ombre du buisson et s’endort.

AMOUR ATTENTIF DE DIEU

Or Dieu, lui, ne se lasse jamais. Il ne connaît ni amertume ni découragement envers les hommes quand il les voit s’égarer parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’il leur propose. Et Dieu lui prépare un pain cuit sur la braise et une cruche d’eau, rafraîchissante dans ce désert brûlant.

Fortifié par cette nourriture, Elie reprend vie et peut marcher quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, la montagne de la rencontre et de l’Alliance. Il en sera de même après le discours de Jésus sur le Pain de vie. Si les uns se retirent, d’autres se regroupent autour de Pierre : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jean 6. 66 à 69)

Il n’est aucune situation qui ne reçoive une réponse de Dieu. A nous d’y être attentif, à nous de savoir patienter, à nous d’y apporter une participation de nous-mêmes si minime soit-elle. Dieu nous répond. « Je cherche le Seigneur. Il me répond…Un pauvre crie, le Seigneur entend ! » (psaume 33)

AU-DELA DE L’EXPERIENCE IMMEDIATE

Dans l’Evangile de ce dimanche, les auditeurs se présentent, eux aussi, dans une attitude proche de celle d’Elie. Ils récriminent. Ils ne peuvent ni ne savent reconnaître la véritable personnalité de Jésus dans l’appel que leur lance le fils du charpentier et le fils de Marie de Nazareth, dans cette surprenante et même choquante affirmation : « Je suis descendu du ciel ! »

Nous-mêmes sommes déroutés par les affirmations de Jésus si nous en restons à leur simple énoncé et à notre expérience immédiate. Ces étonnantes affirmations justifient les abandons des premiers auditeurs, paysans réalistes de la terre de Galilée et juifs religieux adorant le Dieu unique.

Leur attitude devant elles, nous la reprenons d’une autre manière. Ne mesurant pas toute l’ampleur de ce pain qui est présence de la Vie divine en Jésus-Christ, nous en arrivons à dire : « La messe ? je n’en vois pas l’utilité. » Mais la messe n’est-elle fait que pour notre seule utilité ?

« Si je prie chaque jour, si je pratique la charité et l’amour envers les autres, est-ce que cela ne vaut pas mieux ? » C’est que nous ne réalisons pas assez que la plénitude de cet amour du prochain n’a sa source et ne se réalise que dans le partage du Pain vivant que Dieu nous donne en son amour.

Combien de fois, lorsque nous montons vers la table eucharistique, n’en sommes-nous pas restés au seul « pain partagé » d’un repas communautaire alors qu’il est le pain vivant de Celui qui est gloire de Dieu et salut du monde.

En fait, la messe, la célébration eucharistique n’est pas une prière ordinaire, pas même une prière au-dessus des autres. Elle est participation réelle et vivante à la vie de Dieu par le Christ en sa présence réelle : « Par Lui, avec Lui, en Lui, tout honneur et toute gloire ! » C’est en cela qu’elle nous invite à devenir « Imitateurs de Dieu » (Ephésiens 5. 1) Et cette imitation ne peut être qu’une identification. « Comme le Christ, vivez dans l’amour. »

ENTENDRE, ECOUTER, VIVRE

Revenons aux paroles du Christ à Capharnaüm. Jésus se trouve devant des braves gens qui ne sont pas des intellectuels. Il n’utilise donc aucun argument persuasif ou savant pour forcer leur conviction. Nul ne peut saisir quoi que ce soit de ce qu’il dit, s’il n’écoute pas et s’il n’est pas attiré par la force de Dieu.

Entendre est une chose. L’écouter en est une autre, car c’est déjà vouloir entre, par cette attitude d’accueil, dans la connaissance de ce que l’on a entendu. Une telle attitude permet à celui qui nous fait entendre sa pensée, en toute confiance et tout amour, d’agir en nous. Elle nous permet de partager avec lui ce qu’il nous fait ainsi connaître, ce qu’il fait naître en nous. C’est l’expérience de tout enseignant, celle du « maître » qui transmet un « savoir » à ses disciples.

Le Christ ne dit rien d’autre à ses auditeurs. Nul ne peut saisir quoi que ce soit des vérités divines s’il n’est pas instruit par Dieu lui-même. « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. » (Jean 6. 44) Les termes grecs qu’utilise saint Jean sont « mathéma » (la science) que nous traduisons par enseignements et « didasko » (enseigner) que nous traduisons par instruire.

Dieu seul connaît bien Dieu.

C’est pourquoi Jésus peut affirmer qu’il faut être instruit par la lumière de Dieu lui-même, pour entrer tant soit peu dans le mystère du Pain de Vie.

L’Eucharistie est par excellence le signe de l’Alliance de Dieu avec les hommes. Elle est l’expression originale de son amour, réalisé par Jésus en une chair humaine comme la nôtre. Un amour signifié par l’offrande et le sacrifice de son Corps et de son Sang, célébrée chaque fois que nous faisons mémoire de la mort et de la Résurrection de Celui dont nous attendons l’avènement dans la gloire.

***

« Malheureusement nous avons pris l’habitude d’appeler cette célébration d’une manière toute banale : « la messe », ne retenant que le mot qui la conclut : « Ite missa est. » Ce qui est un peu court pour exprimer un mystère d’une dimension incommensurable : union d’amour en Jésus, élan d’amour avec Lui vers le Père, Communion d’amour avec les frères et sœurs qui partagent la même foi. » (Pierre Vanderlinden)

Puisque nous sommes ses enfants bien-aimés (Ephésiens 5. 1), nous pouvons reprendre la prière d’ouverture de la célébration de ce dimanche : « Fais grandir en nos cœurs l’esprit filial (qui est celui du Christ ton Fils), afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis (dès aujourd’hui et durant notre vie terrestre) » (St Paul aux

» (St Paul aux Romains. 8. 17)




SAMEDI 15 AOÛT 2015
ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE


L'entrée de la Vierge Marie, de retour auprès de son Fils a dû être chanté par le choeur des anges, pouvons-nous dire. La famille des enfants de Dieu doit être reconnaissante au "oui" que Marie a prononcé, inconnue dans ce village de Galilée.

Nous connaissons ces chants et nous les reprendrons dans nos coeurs dès le matin de cette fête comme dans nos commuanutés au cours de la liturgie ".

Toi, Notre Dame, nous te chantons,
Toi Notre Mère, nous te prions.

Toi qui portes la vie, toi qui portes la joie,
Toi que touche l'Esprit, toi que touche la Croix.

Toi qui donnes l'espoir, toi qui gardes la foi,
Toi qui passes la mort, toi debout dans la joie.

Toi le coeur sur la main, toi la joie pour les yeux.
Toi le miel et le vin, ô sourire de Dieu !

La première en chemin, Marie tu nous entraînes
A risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.

Marche avec nous, Marie,
Sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu.




DIMANCHE 16 AOÛT 2015
VINGTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


 

« La Sagesse a bâti sa maison. Elle a dressé sa table et mélangé son vin.
Elle appelle ses enfants : Venez manger de mon pain
Et boire le vin que j’ai préparé pour vous. »

Ces mots qui se trouvent dans le livre des Proverbes que nous lisons en ce dimanche sont des mots familiers. La liturgie accrédite aujourd’hui la portée eucharistique de ces paroles en les choisissant comme première lecture alors que nous entendrons le passage évangélique le plus eucharistique du discours de Jésus, sur le pain de vie.

Mais qui donc est cette Sagesse ?

Pour saint Irénée, la Sagesse divine n’est autre que la seconde Personne de la sainte Trinité et, en cela il lui applique ce que disent les livres de la Sagesse : Il trouve son délice parmi les hommes … « Il s’est fait homme parmi les hommes… Il a fait apparaître la vie et a établi une communion de Dieu et de l’homme. » (Credo de saint Irénée)

Relisons conjoints la finale du discours du Pain de vie, en particulier Jean 6. 51 à 58, et plusieurs passages du livre des Proverbes.

DE MOISE A SALOMON

La révélation de la Sagesse est une longue histoire en Israël. Elle commence même bien avant Moïse. Celui-ci bénéficia des apports de deux sagesses, la sagesse élaborée dans l’entourage du Pharaon où il fut élevé, et la sagesse du désert qu’il recueillit auprès de son beau-père Jéthro, prêtre de Madian.

Mais le développement de la sagesse s’intensifia en Israël, avec l’instauration de la royauté, grâce à la stabilité qu’elle engendrait. La cour de Salomon pouvait se permettre d’entretenir des relations avec d’autres capitales et de favoriser en son sein une école de sagesse. Dans le même temps, la sagesse était éminemment nécessaire au roi pour qu’il se dirige bien ; à travers mille embûches et qu’il oriente correctement son peuple.

A l’époque de la conquête de la Terre Promise, la bravoure et la foi pouvaient suffire. Au jour de Salomon, il fallait plus de discernement. La sagesse n’est pas simple spéculation sur l’inaccessible. Elle est lumière sur le donné vécu : comment vivre ? comment vivre mieux ? comment vivre dans la fidélité à l’Alliance ?

LA SAGESSE ET LA VIE

Mais, chez l’homme, les questions sur le « comment » débouchent inévitablement en interrogation sur le « pourquoi » et sur le « pour quoi ». Qu’en est-il finalement de la vie et de la mort ? L’homme est-il fait pour la mort comme le reste des créatures ? Quelle voie pourrait le mener vers la vie et la vie éternelle ?

Aux premiers jours, le serpent a pu tromper l’homme sur le sens de la vie, mais par son mensonge, il l’a exclu de la vie. L’homme qui a voulu s’emparer de la décision sur le bien et sur le mal, s’est trouvé privé du fruit de l’arbre de la vie. (Genèse 3) Toute l’histoire du salut sera la réouverture du chemin de la vie. La sagesse de Dieu, prenant en Jésus-Christ, le visage de folie sur la croix (1 Corinthiens 1. 24) le réouvrira.

LA SAGESSE EST DON DE DIEU

Cette sagesse si proche de Dieu est tout autant proche des hommes. Il nous est possible de la contempler du côté de Dieu qui la donne tout autant que de l’homme qui la reçoit. Pendant les 5 siècles où les livres de Sagesse se multiplient, chacun de ces deux aspects se renforcent l’un et l’autre.

Puisqu’il est question de vie et que la vie est la merveille de Dieu, la sagesse, pour l’inspiré biblique, est, dès le début, nécessairement proche de Dieu, intéressée à son œuvre de création et de salut. « Le Seigneur m’a engendrée, prémice de son activité, prélude à ses œuvres anciennes. J’ai été sacrée depuis toujours, dès les origines, dès les premiers temps de la terre. Quand les abîmes n’étaient pas, j’ai été enfantée. » (Proverbes 8. 22 à 24)

« Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu. » (Jean 1. 1)

Simultanément, la Sagesse qui est engendrée en Dieu, s’approche des hommes et plus particulièrement du Peuple que Dieu s’est choisi, « Objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre, je trouve mes délices parmi les hommes. » (Proverbes 8. 30 et 31) Le Créateur m’a dit : En Jacob, établis ta demeure, en Israël reçois ton héritage. » (Ecclés. 24. 6 à 8)

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » (Jean 1. 14)

L’INVITATION AU BANQUET

Alors que le mot de « sagesse » évoque, dans notre langage, un comportement modéré, voire timoré, la sagesse biblique est fort entreprenante, et chez saint Paul elle sera même folie de Dieu.

« Près des portes qui ouvrent sur la cité, sur les lieux de passage, elle crie. » (Proverbes 8. 2 et 3) « Qui me trouve, trouve la vie. » (Proverbes 8. 35) Et le symbole les plus expressif de l’invitation lancée par la Sagesse est celui du pain et du vin, comme nourriture et comme boisson typique, le symbole de la table dressée : « Si vous manquez de sagesse, venez à moi, venez manger mon pain et boire le vin que j’ai apprêté. » (Proverbes 9. 1 et 2)

« Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » (Jean 6. 51) « Venez manger mon pain et boire le vin… vous vivrez. » (Proverbes 1. 6)

Le lecteur des Evangiles ne peut alors manquer de se rappeler la fréquente comparaison que Jésus nous donne du Royaume de Dieu, un banquet auquel le roi invite pour les noces de son fils. Les invités se dérobant, les serviteurs iront, aux quatre vents, chercher ceux qui les remplaceront comme les servantes de la Sagesse sont envoyées pour appeler les fidèles de Dieu. (Proverbes 9. 1)

C’est bien le banquet de saint Matthieu 22. 1 à 10 : le Roi a tué les bêtes grasses, mais les invités ne s’en soucient pas, ils se dérobent. Comme les servantes sur les hauteurs de cité, les disciples de Jésus sont envoyés par le monde entier appeler tous les hommes aux festin du Royaume. (Marc 16. 15).

***

A nous de répondre à cet appel : « Venez, mes fils, écoutez-moi… qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur… Qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien. » (Psaume 33/34)

« Pour ceux que tu aimes, Seigneur, tu as préparé des biens que l’œil ne peut voir. Répands en nos cœurs la ferveur de ta charité, afin qu’en t’aimant en toute chose et par dessus tout, nous obtenions de toi l’héritage promis qui surpasse tout désir. » (Prière d’ouverture de la messe)




DIMANCHE 23 AOÛT 2015
VINGTIÈME-ET-UNIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


 

Avec ce dimanche s’achève la lecture du chapitre sixième de l’Evangile selon saint Jean, le « discours sur le pain de vie. »

UNE MISE A L’EPREUVE.

Comme dans plusieurs autres moments que nous rapporte saint Jean, ce passage se termine par un dialogue dramatique. Dans l’épisode de la Samaritaine (ch. 4), toute la population entre dans la foi du Sauveur. Dans l’épisode de l’aveugle-né (Ch. 9), les pharisiens rejettent la lumière et seul l’homme guéri reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme. Ici, seuls les Douze Apôtres restent et, en leur nom, Pierre reconnaît en Jésus le Saint de Dieu. Chaque fois, nous parcourons un chemin jalonné d’épreuves qui mène soit vers la foi, soit vers le rejet.

Au moment de conclure son Evangile, saint Jean résume le but qu’il s’est proposé, celui-là même que Jésus proposait à ceux qui venaient à lui : « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. »(Jean 20. 30 et 31)

Comme les deux épisodes de Samarie ou de l’aveugle-né, celui du discours sur le pain de vie indique que la foi doit, pour aboutir, affronter des épreuves ou, ce qui est équivalent, des achoppements, des scandales au sens où Jésus disait : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de scandale. » (Matthieu 11.6)

LES ACHOPPEMENTS

Dans ce chapitre sixième que nous avons parcouru dimanche après dimanche, nous voyons les étapes du rejet progressif que rencontre Jésus, étapes qui peuvent être les nôtres ou celles de nos contemporains.

D’abord la foule des braves gens, bien disposés, mais trop « réalistes » : « Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? – Mais toi-même quel signe fais-tu pour que nous voyons et que nous puissions te croire. » (Jean 6. 28 à 30)

Puis les juifs religieux : « Comment peut-il déclarer : je suis descendu du ciel ? » - «Ils s’opposent les uns aux autres : Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jean 6. 41 et 52)

Les disciples enfin qui murmurent comme les juifs : « Cette parole est dure. Qui peut l’écouter ? » (Jean 6. 60) Un grand nombre cesse alors de marcher à la suite de Jésus. Or marcher derrière le Maître est le comportement physique élémentaire du disciple.

Jamais il ne leur avait tenu pareil discours. Il trouve celui-ci : « scléros », « dur au toucher, sévère, rebutant » dans les significations données à ce terme grec selon les contextes. L’enthousiasme est tombé qui entraînait la foi de ces disciples.

A l’apparente bonne volonté initiale de la foule, des juifs et des disciples, a succédé un scepticisme tel qu’ils cessent d’être avec Jésus et donc ne pourront plus voir les signes que le Père lui donne de faire.

Ils se sont heurtés au problèmes de la preuve (quel signe pour que nous croyons), au scandale de l’Incarnation (je suis descendu du ciel) et au scandale du mystère pascal (recevoir sa chair en nourriture).

ENTRER DANS LES VUES DE DIEU

« Cela vous heurte. Cela vous scandalise ? » La foule et les juifs ont-ils tort de refuser d’ajouter foi aux paroles de Jésus ? Assurément non, s’ils les prennent comme venant d’un homme quelconque et s’ils les entendent selon leurs propres capacités humaines. Si tout se joue au plan de la « chair », en effet la promesse de Jésus est délirante.

En d’autres termes, cela vous scandalise parce que vous ne songez qu’à la nature humaine du Fils de l’Homme. Vous serez bien étonnés quand vous le verrez prendre possession de la place qui appartient à son être spirituel : « Et quand vous verrez le Fils de l’Homme monter là où il était auparavant ? » C’est précisément cet être spirituel qui doit vous mettre sur la voie.

Les paroles de Jésus ne prennent leur sens que pour ceux qui s’ouvrent au souffle de l’Esprit, cet Esprit que seul le Père peut donner, à condition de l’accueillir en nous dépouillant de nos propres points de vue humains. Sinon, tout reste charnel avec ce que ce mot indique de faiblesse et d’incapacité à entrer dans les vues de Dieu.

Pour venir à Jésus, non pas avec une foi humaine, une conviction sentimentale dans son admiration, mais avec une foi surnaturelle, la foi véritable, il faut cette action conjointe de nous-mêmes en réponse au don du Père.

S’adressant à Nicodème, Jésus avait donné un enseignement très net sur ce point : « Nul, s’il ne naît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair. Ce qui est né de l’Esprit est Esprit. » (Jean 3. 5 et 6) La foi n’est pas affaire de conviction humaine mais de disponibilité à Dieu. Saint Jean ne sépare jamais l’adhésion au Christ de la fidélité au Père dont nous acceptons le don : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » (Jean 14. 1) « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père. » (Jean 6. 65)

LA FOI DE L’EGLISE

En contraste avec tous ceux qui s’éloignent, Pierre adhère au Seigneur, en son nom personnel, mais aussi au titre du ministère spécial qui sera le sien dans l’Eglise. Dans l’Evangile de saint Jean, il n’a pas reparu en personne depuis que Jésus lui a donné ce nom de Pierre (Jean 1. 43). Ici, il parle avec assurance au nom des apôtres, les Douze, que Jésus questionne. Sa réponse est inspirée par tout le discours sur le pain de vie. Les paroles de Jésus sont esprit et vie (verset 63).

Après sa question : « A qui irions-nous ? » qui retentit presque comme un reproche affectueux, comme si le Maître avait pu supposer qu’ils en cherchaient quelque autre, Pierre ajoute une profession de foi formelle. Les autres s’éloignent parce qu’ils ne croient plus. Les Douze ont cru et croient encore, et même bien plus cette foi leur donne le savoir : « Nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Ils refusent de quitter le Christ.

Pourtant à l’heure de la Passion, leur désir de suivre le Seigneur fléchira. Avant le don de l’Esprit, nul ne peut suivre le Christ jusque là. Mais une fois « revenu, converti » (Luc 22. 32) Pierre pourra confirmer ses frères qui reviennent eux aussi, sauf celui qui a livré le Maître.

***

Le « nous » de la profession de Pierre exprime l’adhésion provisoire et imparfaite des Douze. Elle est comme la nôtre, une adhésion faite de renouvellements permanents par delà nos fléchissements, s’ils ne sont pas un abandon et un rejet.

A nous de faire nôtre cette prière.

« Dieu qui peux mettre au coeur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et d’attendre ce que tu promets, pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies. » (Prière d’ouverture de la liturgie)




DIMANCHE 30 AOÛT 2015
VINGT-DEUXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE



Durant cinq dimanches, nous lirons des extraits de la lettre de l’apôtre saint Jacques. C’est donc autour d’elle que nous centrerons, dès aujourd’hui, notre réflexion et nos méditations.

LA LETTRE DE SAINT JACQUES

En fait de lettre, cet écrit n’en a que le nom. Elle est plutôt une exhortation, concrète, précise en son contenu et valable pour tout lecteur chrétien, spécialement pour ceux qui, lorsqu’elle a été écrite, venait du judaïsme.

Quant à l’auteur qui se nomme lui-même dans la phrase d’ouverture, il est très vraisemblablement Jacques le Mineur, « le frère de Jésus », c’est-à-dire cousin et membre de sa famille selon l’expression de ce temps. Les habitants de Nazareth le connaissent bien comme étant de chez eux.

Dans l’Eglise naissante, il représentera le courant judéo-chrétien qui recommande aux disciples venus du paganisme de se conformer, au moins, à quelques prescriptions rituelles de la Loi. Quand Paul monte à Jérusalem trois ans après sa conversion, Jacques est la seule personnalité que le nouvel apôtre cherche à rencontrer, en dehors de Pierre.

Jacques apparaît comme le premier dans la communauté de Jérusalem. Il sera lapidé en 62, sur l’instigation du Grand-prêtre.

LA LOI DE VERITE

Le passage choisi pour le 22ème dimanche consonne avec les lectures de l’Ancien Testament et de l’Evangile. En toutes trois, il est question de la Loi.

Cette Loi vient de Dieu lui-même et non pas d’un simple consensus social. « Ecoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. » (Deutéronome 4. 1) « Accueillez la parole de Dieu semée en vous, elle est capable de vous sauver. Soyez des réalisateurs de la Parole. » (Jacques 1. 21 et 22) « Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » (Marc 7. 8)

Tout ce qui vient de Dieu ne peut être que bon, excellent, comme la création elle-même. (Genèse 1. 24) « Dieu est lumière et en lui il n’y a pas trace de ténèbres. » (1 Jean 1. 5) A des chrétiens en proie à la tentation, et nous en sommes, saint Jacques interdit d’accuser Dieu. La tentation ne vient pas de lui, mais de nous-mêmes par les situations dans lesquelles nous nous mettons ou dans lesquelles nous acceptons de rester, sans avoir la force et la foi de réagir ou de résister.

Jésus met en garde ses disciples contre un danger qui est proche en ce domaine : celui de reporter la responsabilité pour excuser la nôtre, sur les éléments matériels extérieurs. Or ce n’est par rien d’extérieur que l’homme est souillé. Et là le Seigneur Jésus prend une comparaison réaliste pour nous dire que « c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les desseins pervers. » (Marc 7. 19 à 23)

Oui, les dons de Dieu sont excellents. Et parmi ces dons, la parole de Dieu lui-même semée en nous, la parole de vérité qui a été « implantée » en nous « Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité. » (Jacques 7. 18) Elle donne la vie, elle sauve, elle est une loi de liberté. « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples. Vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres. » ou plus exactement, dans le texte grec : « La vérité vous libérera. » (Jean 8. 32)

LA LOI DE LIBERTE

Car, effectivement, la loi de Dieu n’est pas un carcan comme beaucoup le pense même aujourd’hui, mais la route qui s’ouvre vers la liberté, celle de vivre comme ses enfants, c’est-à-dire à la mesure même de la vie trinitaire.

Dans l’histoire d’Israël, le don de la Loi est liée à l’expérience de la sortie d’Egypte. Après avoir fait échapper son Peuple à l’oppression extérieure, Dieu veut le libérer de l’oppression intérieure en lui donnant la Loi de l’Alliance. Il veut qu’il comprenne ce qu’est la vraie vie et qu’il adhère volontairement à cette proposition qui lui est adressée. Qu’il y adhère définitivement, car les dons de Dieu ne sont pas marqués par « des éclipses passagères. » (Jacques 1. 17)

Revenons sur cette rencontre de Jacques et de Paul. Ils se sont en effet longuement et plusieurs fois rencontrés (Actes 15. 13 et 21. 18 – Galates 1. 19 et 2. 9) Il ressort de la lettre de Jacques qu’il connaissait les lettres de Paul aux Galates et aux Romains. Par cette expression « loi de liberté » (Jacques 2. 12), nous sommes en effet renvoyés à saint Paul (Galates 5. 13) dans cette même lettre où il évoque ses rencontres avec Jacques.

Pour Jacques, vivre la Loi, c’est vivre le commandement de Dieu, le premier comme le second, non par la pureté rituelle, mais « en venant en aide aux orphelins, aux veuves dans leur malheur et de se garder pur au milieu du monde. » (Jacques 1. 27) Pour Paul, cette loi est liberté « de se mettre, par amour, au service les uns des autres. » (Galates 5. 13)

Pourquoi alors se rétrécir, s’asservir aux « éléments du monde ». L’auteur du Deutéronome avait déjà conscience du danger que le Christ dénonce : « Vous n’ajouterez rien… » (Deutéronome 4. 2) Et le Christ est précis par les termes qu’il utilise pour citer Isaïe : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » (Isaïe 29. 13)

LA LIBERTE DANS LA VERITE

Parce qu’il est l’expression la plus parfaite de Dieu, parce qu’il est sa Parole, son Verbe, le Christ est bien la parole de Dieu semée en nous. Ce que la loi, par elle-même, ne pouvait accomplir, est devenue réalité. La liberté est le don acquis par le Christ pour les hommes dans sa Passion et sa Résurrection. « Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité. » Nous y avons part grâce à l’Esprit qui est répandu en nous.

C’est en Lui que se réalise ce que Dieu promettait dans les prophètes : mettre sa loi au fond de nos êtres, la graver sur nos cœurs. (Jérémie 31. 31 à 34 et Ezéchiel 36. 25 à 28) Il inscrit la Loi de Dieu qui est amour et qui doit se traduire dans notre vie. « Les deux commandements sont semblables…De ces deux commandements dépendent la loi et les Prophètes. » (Matthieu 22. 40) « Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion …. » (Jacques 1. 27)

Les commandements sont à mettre en pratique. (Deutéronome 4. 1) Cette liberté des enfants de Dieu doit donc être vécue dans la plus totale vérité : « Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter. » (Jacques 1. 21)

En nous situant en vérité dans notre relation avec le Père, le Christ nous entraîne vers ceux qui sont inséparables du Père, c’est-à-dire, nos frères. Parce qu’elle nous conduit au cœur du mystère de Dieu dans nos vie actuelles et quotidiennes au milieu de nos frères, la lettre de saint Jacques ne peut être récusée, sans que soit mutilée la tradition scripturaire.

***

Les deux oraisons de ce dimanche s’en font l’écho :

« Enracine en nos cœurs l’amour de ton nom. Resserre nos liens avec toi pour développer ce qui est bon en nous. Veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir.» (Prière d’ouverture de la messe)

« Rassasiés par le Pain de la Vie, que cette nourriture fortifie l’amour en nos cœurs et nous incite à te servir en nos frères. » (Prière après la communion)

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