Méditations dominicales

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En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon son "charisme",
une ou plusieurs méditations .

Chaque auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


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Dimanche 24 septembre : Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 1 octobre : Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 8 octobre : Vingt-septième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 15 octobre : Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire
Dimanche 22 octobre : Vingt-neuvieme dimanche du temps ordinaire
Dimanche 29 octobre : Trentième dimanche du temps ordinaire
Mercredi 1 novembre : Fête de tous les saints






DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 2017
VINGT-CINQUIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Lectures bibliques :

Du Livre de Ben Sirac le Sage27.30 à 28.7 : "Pense à l’alliance du Très-Haut et oublie l’erreur de ton prochain."
Psaume 102 :"Il te couronne d’amour et de tendresse."
Lettre de saint Paul aux Romains : 14. 7 à 9 :"Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même... nous appartenons au Seigneur."
Evangile selon saint Matthieu : 18. 21 à 35 :"Comme moi-même j’ai eu pitié de toi."

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Les lectures que l’Eglise nous propose pour accompagner la parabole des deux débiteurs nous entraînent, une fois de plus, au coeur du mystère de notre relation spirituelle et quotidienne avec Dieu Amour.

JUSQU’OU PEUT ALLER LE PARDON ?

A première vue, la règle fondamentale du pardon paraît simple : il faut toujours pardonner, il faut tout pardonner, il n’y a pas de limite au pardon. C’est la réponse de Jésus à la question de Pierre. Mais au travers d’un "fait divers", il va en expliquer le pourquoi et nous conduire à ce qui est son attitude fondamentale de Sauveur à l’égard de chacun d’entre nous.

Comme nous, Pierre désire savoir jusqu’où l’on peut aller raisonnablement dans le pardon pour être digne d’un vrai comportement de disciple de Jésus. Comme nous, Pierre demande le montant de la créance qu’il peut accorder au débiteur qui a accumulé une dette en l’offensant.

Jésus va inverser les rôles. Avant de se considérer comme créancier, le disciple doit d’abord se considérer comme le débiteur redevable d’une dette inimaginable, vis-à-vis de Dieu. Dieu ne cesse jamais d’être pardon parce qu’il n’est que tendresse et amour,. "Il nous couronne d’amour et de tendresse", chantons-nous dans le psaume de ce dimanche.

Ainsi pardonné, le débiteur retrouve la liberté et la vie.

AU NIVEAU DE NOTRE RELATION AVEC DIEU

La parabole se poursuit. Comment, après une telle remise de dette, oser se montrer soi-même créancier impitoyable envers le modeste débiteur qu’est le frère qui nous offense ? La clé de la compréhension n’est pas seulement de l’ordre de la réflexion intellectuelle ou du simple bon sens. Elle est de l’ordre de la foi. La parabole n’est qu’une image. La réalité se situe au niveau même de la relation avec Dieu.

Si le pardon est si difficile entre frères, c’est que nous ne mesurons pas l’ampleur du pardon de Dieu à notre égard.

Au fond, nous ne prêtons guère attention au fait que Dieu nous pardonne. Sinon, aurions-nous autant de difficulté à discerner le péché dans notre vie ? Trop peu nombreux sont les chrétiens, qui ont conscience d’être des pécheurs pardonnés. Trop nombreux sont les chrétiens qui confondent sens du péché et culpabilité et qui ainsi vivent mal leur relation à Dieu.

On est coupable devant un juge dont on attend une condamnation. On est pécheur devant Dieu dont on sait que l’on obtiendra toujours le pardon, parce qu’il est tendresse, et que la tendresse ne condamne pas.

Si l’on considère Dieu comme un juge qui nous condamne lorsque nous l’offensons, il est vraisemblable que nous serons nous-mêmes des juges qui condamnent les coupables qui nous ont offensés. Au contraire, si nous considérons Dieu comme tendresse, amour et pardon des pécheurs que nous sommes, comment ne pas être nous-mêmes les acteurs d’un amour qui relève, pardonne, rend à la vie et libère ?

NOUS SOMMES TROIS PARTENAIRES.

Etre capable de pardonner aux autres, c’est reconnaître le pardon que nous avons déjà reçu de Dieu. Jean-Paul II l’a dit souvent en parlant de la repentance qui doit être vécue par chacun d’entre nous. Etre capable de pardonner, c’est permettre au pardon de Dieu de prendre toute sa dimension en nous et vis-à-vis de nos frères. Quand nous prions le "Notre Père", nous ne demandons pas à Dieu de nous pardonner en récompense du pardon que nous accordons aux autres. Nous lui disons notre désir de partager son pardon avec tous nos frères.

Tout être humain n’est ni à désirer pour lui-même, ni à détester en raison de ses fautes. Il est à aimer comme moi-même j’attends de Dieu cet amour. Nous pensons trop cette parole "aimer son prochain comme soi-même", dans le sens égocentriste..."comme moi-même je m’aime."
Il nous faut l’entendre tout autrement et dans un sens d’humilité. Aimer mon prochain comme il est, de la même façon dont je suis moi-même aimé de Dieu.

Je ne puis jouer les apparences. Le "paraître" trahit la vérité. Se reconnaître soi-même débiteur devant lui comme il l’est devant moi. Jésus parle bien de deux débiteurs.

Ce que j’attends de l’autre pour moi, l’autre l’attend de moi pour lui. Ce que je découvre en lui de pauvreté, de faiblesse, mais aussi de richesse, je dois le découvrir en moi et l’assumer qui suis tout aussi faible et doit tout de la richesse de Dieu.

Je ne suis jamais seul avec mon frère. Dieu est notre Père commun. Mon frère est avec Dieu. C’est pourquoi le Christ souligne que les deux premiers commandements ne font qu’un. Nous sommes toujours trois partenaires dans l’amour et le pardon : Dieu, mon frère et moi. Nul ne peut vivre en autarcie personnelle. Je dois prendre une conscience active de cela, liés que nous sommes par Dieu et en Dieu. "Aucun de nous ne vit pour soi-même, nous dit saint Paul. Nous appartenons au Christ" et je ne puis m’arroger son pouvoir sur mon frère.

Puisque nous partageons ensemble cet amour que Dieu nous porte, je ne puis que le traduire dans mon attitude l’un envers l’autre. On pourrait appeler cela le réalisme de la vie spirituelle.

UNE ALLIANCE, UNE APPARTENANCE

En relisant le texte de Ben Sirac, la démarche du sage de la Bible éclaire notre réflexion et notre méditation.

Pense au peu que tu es :"Pense à ton sort final... pense à ton déclin." En regard de cela, considère la fidélité de Dieu qui, dans son alliance, jamais ne se dément. Toi-même "demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas rancune envers ton prochain." Bien plus, "pense à l’alliance du Très-Haut", c’est-à-dire à ce qui s’est réalisé entre lui et toi au jour de l’alliance.

"N’oublie aucun de ses bienfaits", ajoute le psaume. « Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. »

Saint Paul le rappelle aux Romains et souligne une réalité que nous ne percevons pas toujours :"Dans notre vie, comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur." C’est pourquoi aucun d’entre nous ne peut vivre pour soi-même, tourné vers soi seulement. "Nous vivons pour le Seigneur, nous mourons pour le Seigneur... le Christ est le Seigneur des vivants et des morts."

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Cette intime communion que est la nôtre dans le Christ, par la grâce que nous avons reçue, et qui est en nous, ne peut rester sans nous influencer dans notre manière d’être et de vivre. La prière après la communion, qui clôt la liturgie eucharistique de ce dimanche, mérite d’être prononcée lentement afin que chaque terme, chaque "perle" de cet écrin prenne toute sa valeur et tout son éclat.

Aucun des mots n’est inutile. Chacun d’eux exprime et signifie la réalité de notre être, qui est esprit et corps, la réalité de la bonté de Dieu , la réalité du comment vivre en sachant ne pas être une girouette de sentiments, mais un accueil de la grâce qui nous saisit en chaque instant.

"Que la grâce de cette communion, Seigneur, saisisse nos esprits et nos corps, afin que son influence et non pas notre sentiment, domine toujours en nous."



DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 2017
VINGT-CINQUIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Lectures bibliques :

Du livre du prophète Isaïe : . 6 à 9 :" Mes pensées ne sont pas vos pensées."
Psaume 144 : "La bonté du Seigneur est pour tous."
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 1. 20 à 27 :"Pour moi, vivre, c’est le Christ."
Evangile selon saint Matthieu : 20. 1 à 16 :"Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que je suis bon."

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Nous ouvrons aujourd’hui le cycle des trois paraboles de Jésus sur la vigne. En ce dimanche 22 septembre, les ouvriers qui vont travailler à la vigne. Le dimanche 29 septembre, les deux fils qui ont une réponse différente, et , le dimanche 6 octobre, les ouvriers qui veulent la posséder en tuant le fils.

ALLEZ A MA VIGNE

La vigne a une signification profonde dans toute la Bible. Elle est le symbole de l’Alliance entre Dieu et son peuple. (Isaïe 5. 1 à 7 - Jérémie 2. 21, Ezéchiel 15.4) "Allez à ma vigne" que Jésus répète en ces trois paraboles, ne signifie venez travailler pour le Royaume, cela veut dire :"Entrez dans l’Alliance", Venez partager l’Alliance avec moi, selon le sens de cette tradition biblique constante.

En l’évoquant d’ailleurs, le Cantique des Cantiques parle de cette vigne avec des mots inouïs de tendresse :"Lève-toi, ma belle, ma bien-aimée, l’hiver est passé, la vigne en fleur exhale son parfum." (Cantique 2. 10)

Jésus s’est défini lui-même en disant :"Je suis la vigne". (Jean 15. 1 à 5) Etre invité à la vigne du Seigneur, à s’y rendre, à y partager l’oeuvre de Dieu, c’est exprimer ainsi que nous sommes destinés à profiter, tôt ou tard, de l’intimité de Dieu, pour vivre avec lui : "Allez à ma vigne", signifie la même chose que "Entre dans la joie de ton maître." (Matthieu 25. 21)

LE SALAIRE DE L’AMOUR

Pour découvrir et apprécier "la pointe" d’une parabole, il faut prendre les paroles de Jésus dans le sens qu’il veut nous faire entendre. Ici, les premiers mots sont clairs : "Le Royaume des cieux est comparable à un maître..." C’est donc à partir de ce maître qui, d’heure en heure appelle des ouvriers à y travailler, que nous pouvons saisir la logique, sa pensée et sa volonté qu’il nous fait entendre à chacun des moments cette journée.

Jésus ne nous donne pas une leçon de morale sociale, mais le parcours de l’inlassable amour de Dieu pour tout homme, pour tous les hommes.

Il y a même un insistance significative :"dès le point du jour.. vers neuf heures, ... vers midi,...vers trois heures ... jusqu’à cinq heures du soir." Dieu appelle sans cesse, à toute heure, à tout âge. Il n’est jamais trop tard pour entrer dans le Royaume des cieux.

Tous ceux qui n’ont pas encore découvert l’Amour de Dieu, demeurent ses invités, en permanence. Quoi qu’ils en pensent et quelle que soit leur situation présente.

Nous ne pouvons donc jamais désespérer de notre Salut éternel et de celui de ceux dont nous portons la responsabilité. Dieu les appelle comme il nous appelle. C’est la Grâce de Dieu qui est à l’œuvre et nous l’oublions facilement en pensant que nous sommes les uniques évangélisateurs.

Jésus ne se contente pas de nous raconter cette parabole comme une espérance. Il l’a vécue réellement, en invitant à entrer, à la dernière minute avant sa mort, le criminel crucifié à côté de lui, sur la croix. Il est vraiment l’invité de la dernière heure et il en fut le premier à entrer dans ce Royaume :"Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis."

Ce qu’il a dit au terme de cette parabole "Les derniers seront les premiers." se réalise chaque jour désormais comme au jour du salut sur la croix.

Il n’y aura jamais un exclu dans le coeur de Dieu.

MES PENSEES NE SONT PAS VOS PENSEES

"Je veux donner à ce dernier appelé sur la place publique autant qu’à toi ... parce que je suis bon." Le seul don que Dieu veut nous faire, c’est de se donner lui-même. Il nous a créé non pour un salaire écrit sur une fiche de paie. Il nous a créés pour nous donner sa Vie éternelle et nous combler de sa bonté et son Bonheur qui ne se partagent pas au pourcentage de nos mérites mais à l’infini des mérites du Christ.

Le don de Dieu ne s’inscrit pas sur une feuille comptable, en heures de travail selon le contrat ou en heures supplémentaires. Si l’homme contemporain a tendance à demander des comptes à Dieu et même à oser lui conseiller ce qu’il devrait faire s’il était juste, s’il était bon, Jésus, lui, nous propose de faire confiance à ce Dieu "dont les pensées dépassent nos pensées"

C’est un don infini qui dépasse tout calcul et toute imagination, puisque c’est lui qu’il nous donne. Les textes évangéliques se bousculent alors dans notre pensée : »Il a tant aimé le monde (Saint Jean)... cette amour qui est au-dessus de tout don (Saint Paul) ...

L’Amour de Dieu est infini et inconditionnel. Sa patience est infatigable et prend le temps de nous inviter sans cesse, jusqu’à la dernière seconde de notre vie, jusqu’au moment où le choix est encore possible.

Il souhaite également que nous ayons le même regard et la même pensée que lui. « Pourquoi être autrement ? » Travaillons avec lui à inviter tous les hommes à son Royaume éternel. Les tard-venus sont tout autant les bienvenus dans la maison du Père. Tant qu’ils n’ont pas pris place à la Table de famille, leur place leur est toujours réservée, aussi large pour ces derniers que pour les premiers appelés. Peut-on proportionner l’infini de Dieu aux limites humaines qui sont les nôtres ?

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"Tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son prochain...que ton aide accompagne toujours ceux que tu as nourris de tes sacrements, afin qu’ils puissent dans ces mystères et par toute leur vie, recueillir les fruits de la rédemption" ... même si je suis le criminel qui t’appelle à la dernière heure. (prières de la messe de ce dimanche.)



DIMANCHE 1 OCTOBRE 2017
VINGT-SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Lectures bibliques :

Du livre du prophète Ezéchiel : 18. 25 à 28 :” Parce qu’il a ouvert le yeux et s’est détourné de sa faute, il vivra.”
Psaume 24 :”Oublie les révoltes, le péché de ma jeunesse. Dans ton amour, ne m’oublie pas.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 2. 1 à 11 :”Ayez entre vous les mêmes dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus.”
Evangile selon saint Matthieu : 21 28 à 32 :”Lequel des deux a fait la volonté du père ?”

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Le Christ a choisi, volontairement et par amour de son Père du ciel et de ses frères les hommes, un chemin d’humilité, d’humiliation jusqu’à la croix, et c’est ainsi qu’il est le Seigneur. A chacun d’entre nous, sur le même chemin d’humanité, il nous est demandé d’avoir et de vivre les mêmes dispositions dans le Christ Jésus. (Saint Paul aux Philippiens).

IL EST TOUJOURS TEMPS DE SE CONVERTIR.

Plus préoccupés de nous-mêmes, peu préoccupés souvent de nos frères, et parfois même de Dieu, il nous est demandé de refuser ce comportement. Car ce ne sont pas ceux qui disent “Seigneur, Seigneur !” qui sont agréables à Dieu, mais ceux qui font la volonté du Père. Ces paroles que le Christ a proclamées (Matthieu 7. 21), il les redit d’une autre manière dans la parabole des deux fils.

Par elle, Jésus voulait ouvrir les yeux des juifs pour leur faire comprendre que leur enfermement dans leur fausse justice et dans leurs certitudes, est un refus du Royaume de Dieu. Ils croient dire “oui” à Dieu. En fait, ils le refusent. N’en est-il pas ainsi de nous-mêmes parfois, ... souvent.

Mais il est toujours temps de se convertir. Par contre si les Juifs demeurent figés dans leur obstination, ils s’excluront du Royaume :”Le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits.” (Matthieu 21. 43)

Et comme exemple de conversion, Jésus propose les situations extrêmes : les publicains et les prostituées. Dans un premier temps, ils ont dit “non” au Royaume et à l’Alliance par leur incapacité ou leur manque de goût d’en suivre les exigences, mais ils restent suffisamment disponibles pour accueillir les signes de Dieu. Alors ils se mettent en route vers le Royaume. Peu à peu, ils apprennent à dire “oui”.

Et nous, apprenons-nous aussi à dire “oui” ... « Je ne veux pas … Pris de remords, il y alla. » (Matthieu 21. 29)

ILLUSION ET FAUSSE MODESTIE

Il est clair que le “oui” dit à Dieu ne se réalise pas du jour au lendemain. Il est l’objet d’un apprentissage, d’un cheminement, d’une conversion, d’une ascèse. En avertissant ses auditeurs du danger d’illusion sur leur propre justice et de l’hypocrisie à se comparer à ceux dont le comportement serait moins honorable, Jésus nous met, nous aussi, en garde contre les risques d’illusion et d’hypocrisie.

Il nous convient mieux de nous ranger plutôt dans la catégorie des pécheurs. Il ne s’agit pas pour autant de se considérer comme les plus misérables des pécheurs ou les plus indignes du Royaume de Dieu, par goût morbide de la culpabilité ou de la fausse modestie.

Se culpabiliser, c’est se replier sur soi. Se reconnaître pécheur, c’est se situer humblement devant Dieu.

C’est une attitude positive parce que c’est se confier en sa miséricorde, en attendre le pardon et rendre possible l’ouverture d’un chemin de salut dans une relation où Dieu, par son Amour, par sa tendresse comme dit le psaume, restaure sa dignité de fils à son enfant égaré (Voir aussi la parabole de l’enfant prodigue au moment où son père le reçoit.)

JAMAIS ACQUIS

A partir de cette attitude vécue dans la foi, tout change et s’éclaire. Le pécheur pardonné mesure ses limites et sa faiblesse, mais il sait qu’il n’est pas seul sur la route. Il sait que si la purification de son désir d’exister comme un être libre est une oeuvre de longue haleine, faite de reprises incessantes. Il sait aussi qu’il trouvera toujours les signes de la patience et de la fidélité d’un Dieu qui l’accompagne.

C’est ainsi toujours dans les rencontres de Jésus avec les pécheurs. Nombreuses sont les pages lumineuses de l’Evangile : la rencontre de Zachée (Luc 9. 1 à 10), celle de la Samaritaine (Jean 4. 1 à 42), de la femme adultère (Jean 8. 1 à 11) de l’onction de Béthanie (Jean 12. 1 à 11)... et les paraboles de la brebis perdue (Luc 15. 2 à 7) et du fils prodigue (Luc 15. 11 à 32)

Autant de rencontres où l’on vérifie que la rencontre avec le Christ, dans la vérité, inaugure un chemin nouveau, un “oui” initial qui aura, certes, à se confirmer dans la durée d’une histoire, mais qui est le “oui” de la reconnaissance d’une espérance et d’un avenir.

Penser que l’on a dit “oui” au Royaume une fois pour toute est un aveuglement. Une prétention orgueilleuse de nos propres forces humaines. Il nous faut le temps de toute notre vie pour apprendre à dire “oui”. Le « oui » de Dieu, lui, est fidèle et ne se dément jamais. L’important est de le rencontrer dans l’aujourd’hui de notre histoire.

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“Que cette Eucharistie, Seigneur, renouvelle nos esprits et nos corps....” cette prière nous avons à la vivre en effet au quotidien. (prière après la communion)



DIMANCHE 8 OCTOBRE 2017
VINGT-SEPTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Lectures bibliques :

Du livre du prophète Isaïe : 5. 1 à 7 :”Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ?”
Psaume 79 :” Que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 4. 6 à 9 : “La paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer.”
Evangile selon saint Matthieu 21. 33 à 43 :” Ils respecteront mon fils.”

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La parabole des métayers qui se révoltent est à comprendre dans le sens de l’histoire du salut que le Christ nous avait déjà rappelée dans les deux précédentes paraboles de la vigne. Chacun y est appelé par l’amour du Père (les ouvriers de la dernière heure). Notre liberté reste entière et il n’est jamais de refus qui doive rester définitif (Les deux fils).

A tout moment, nous pouvons restaurer notre conduite.

L’INITIATIVE DE DIEU

En arrière-plan du récit de ce dimanche, nous trouvons l’initiative de Dieu, sur deux plans : l’appel et le soin de la vigne. Il se choisit un peuple. Il lui fait confiance et lui offre de vivre dans son Royaume, la vigne. C’est bien un appelà travailler en relation avec lui.

La culture de la vigne implique des soins particuliers pour qu’elle puisse produire son fruit, c’est-à-dire le raisin et, par la suite, le vin qui est signe de joie et de prospérité, toujours selon la tradition biblique. Dieu prend soin de son peuple avec amour afin qu’il produise son fruit, c’est-à-dire, la vie en plénitude dans la justice et l’amour.

La vigne produit son fruit, car à l’amour prévenant de Dieu à l’égard de son peuple, doit correspondre la réponse de l’homme qui l’exprime par sa fidélité à la Loi. Cette réponse doit “s’ajuster” à l’amour de Dieu qui a eu cette initiative de nous aimer.

ENTRER DANS LE PROJET DE DIEU

Le drame du Peuple choisi fut son refus d’entrer dans ce projet, malgré tous les appels à la conversion. A ces appels sans cesse renouvelés par les prophètes, ce peuple hésite tergiverse et parfois même choisit l’inverse.

« J’aime ta loi, Seigneur. » (psaume 119) – « L’amour de Dieu, à jamais je le chante. » (psaume 89.2) Et, dans le même temps : »Ils avaient oublié ses hauts faits, ses merveilles qu’il leur donne de voir. » (psaume 77.11) Alors, quand vient l’heure du repentir, ce peuple en appelle à la miséricorde de Dieu. « Dieu tu sais ma folie. Mes offenses sont à nu devant toi. » (psaume 68.6)

Ce peuple le sait : Dieu ne désespère jamais des hommes, car l’amour ne désespère jamais. (1 Corinthiens 13. 4 et ss) Son amour est plus fort que le péché des hommes. Il envoie son propre Fils qui sera livré à la violence des hommes, qui assumera même l’extrême de l’opposition à l’amour pour en faire une offrande à son Père pour le salut du monde, offert et donné. Lui, le seul Juste pour reprendre les termes des prophètes, sera mis à mort, serviteur souffrant. (Isaïe ch. 50 et suivants)

L’histoire humaine aurait pu s’achever dans l’absurdité de cette mort sur la Croix. Elle est l’aube d’une résurrection.

Car rien n’arrête Dieu. Par sa mort, Jésus détruit la force du mal. Par sa résurrection, il révèle à l’homme que la puissance de l’amour, et elle seule, détruit la violence. “La pierre rejetée des bâtisseurs devient la pierre d’angle” qui va permettre de restaurer le temple de Dieu. La vigne devient le Royaume de la Nouvelle Alliance, car le Royaume n’est pas détruit, il est désormais donné à d’autres vignerons “qui en remettront le produit en temps voulu.”

REALISER CE PROJET DE DIEU

En recueillant cette parabole, aujourd’hui, nous n’avons pas à relire l’histoire du Peuple élu pour le condamner dans son refus à l’égard de Jésus, le Christ envoyé du Père. Nous aussi nous devons prendre conscience de la misère de notre condition lorsque nous rejetons la “pierre d’angle”, lorsque nous prétendons construire le monde selon nos règles, selon nos normes, en nous considérant propriétaires de la vigne du Seigneur.

Ce sentiment de propriété ne peut qu’engendrer la violence sous toutes ses formes, en nous-mêmes, dans notre vie personnelle, dans la vie sociale avec nos frères, dans la vie internationale avec tous les hommes et tous les peuples. Nous en faisons l’expérience chaque jour.

Cette expérience nous révèle que la violence est la suite de nos consentements à nos désirs, expérience dans les consentements auxquels nous participons collectivement, même quand notre responsabilité immédiate n’est pas directement engagée. Nous nous sentons alors comme rejetés du Royaume et nous risquons de sombrer dans la désespérance en raison des échecs qui s’en suivent.

VIVRE LA RESURRECTION

Si le disciple de Jésus se sait traversé par le péché, le sien et celui qu’il partage avec les autres, il sait tout autant qu’en Jésus-Christ se trouve et se vit la Résurrection. Nous avons la certitude de sa victoire sur le mal et sur la mort. Encore faut-il que nous le traduisions dans tous nos comportements.

Le disciple de Jésus sait qu’avec l’Esprit-Saint, il reçoit la force de lutter contre le mal et de devenir à son tour témoin de l’amour de Dieu. Il est envoyé pour cela, jusqu’à la mort s’il le faut. La croix qui marque sa vie doit être portée avec le Christ. Elle ne signifie pas alors l’absurdité du monde, elle inaugure le monde nouveau, “l’oeuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !”

Le disciple de Jésus sait enfin que le Royaume ne se réalise ni immédiatement ni complètement en ce monde. Il sait qu’il s’épanouira à la fin des temps. Dans l’immédiat, il peut et doit en être l’acteur en coopérant à l’oeuvre du Père, comme le vigneron dans la vigne du Royaume.

C’est à ces disciples-là que Dieu confie la tâche de travailler à sa Vigne. Avec le Christ, dans l’Esprit, ils en découvrent l’espérance: “Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu, mettez-le en pratique et le Dieu de la paix sera avec vous.” (Philippiens 4. 9) non pas seulement la paix de Dieu, mais le Dieu de la paix sera avec nous. Ce passage de la lettre de saint Paul, que la liturgie nous propose aujourd’hui, nous devons le lire, le relire, le méditer, nous en imprégner afin de le réaliser.

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“Tu combles ceux qui t’implorent bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs... délivre notre conscience de ce qui l’inquiète... car tu nous donnes plus que nous n’osons demander.” (Oraison d’ouverture de la messe)



DIMANCHE 15 OCTOBRE 2017
VINGT-HUITIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


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Lectures bibliques :

Du livre du prophète Isaïe : 25. 6 à 9 :”Le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin ...”
Psaume 22 : “Tu prépares la table pour moi...ma coupe est débordante.”
Lettre de saint Paul aux Philippiens : 4 12 à 20 :”Mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus.”
Evangile selon saint Matthieu : 22. 1 à 10 : “Les serviteurs allèrent sur les chemins rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les bons et les mauvais.”

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C’est encore une parabole sur le Royaume qui nous est proposée aujourd’hui. On y retrouve les mêmes thèmes fondamentaux que dans les précédentes lues tous ces derniers dimanches.

UNE INVITATION UNIVERSELLE.

Ces premiers invités avaient toutes les raisons d’être conviés à la noce, mais ils refusent de répondre à l’invitation du roi. Ils invoquent des raisons ou des prétextes, peu importe. A leurs yeux, ils avaient tous d’autres occupations plus intéressantes. Le festin est celui des “noces de l’Agneau” pour reprendre l’expression de l’Apocalypse (19. 7 et 9) qui d’ailleurs utilise le même terme grec :”Gamos”, qui va plus loin que la signification de simple fête.

Puisqu’ils refusent de s’y rendre, d’autres sont invités à partager la joie des deux familles pour l’union de ces jeunes. A l’inverse des premiers, ces invités de dernière heure n’ont aucun mérite pour être conviés ainsi. Ils n’ont que la chance de s’être trouvés là, désoeuvrés, sur le chemin des serviteurs. Ce sont des gens de toutes sortes auxquels personne ne prête attention d’habitude. Qu’espéraient-ils vraiment dans leur désoeuvrement ? Pouvaient-ils un instant s’attendre à cela ?

Isaïe nous donne une première réponse. En tout homme vit une espérance car en tout homme il y a l’attente d’un infini. “Voici notre Dieu ! En lui, nous espérions, il nous a sauvés.” (Isaïe 25) ... “Par toute la terre, il effacera l’humiliation de son peuple. C’est lui qui l’a promis.” Mais ce peuple n’est plus le peuple de la première Alliance qui n’a pas répondu. C’est le peuple innombrable de la Nouvelle Alliance.

Pour Dieu, cette invitation universelle ne suppose aucune condition préalable, pas même celle d’être de ceux qui sont en relation avec le roi qui invite ses amis, ses égaux, ses ministres. “Tu prépares la table pour moi...”, pour d’autres, pour tous. (psaume 22)

La situation est inimaginable si l’on se réfère à nos manières d’agir habituelles. Nous avons du mal à croire que Dieu puisse donner le salut à tous et gratuitement. Nous qui sommes souvent dans la crainte pour tout faire afin d’obtenir “notre” salut, qui vivons dans l’inquiétude de ne pas le mériter. C’est pourtant la bonne nouvelle de l’Evangile : Dieu appelle par amour et donne gratuitement.

UNE CONVERSION, UN CONSENTEMENT

Mais nous n’avons pas à penser que cette gratuité n’attend pas de nous une réponse. Il nous faut accepter de suivre celui qui nous appelle aux noces éternelles. Cet appel est aussi celui de suivre le chemin qu’il nous trace. Si l’invitation est gratuite, la réponse à donner implique l’acceptation de vivre selon les exigences du Royaume. Le vêtement de noces est l’image de cette participation consentie.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’accepter passivement de prendre part au festin des noces. Il faut aussi, tant bien que mal sans doute, s’en rendre digne. Ce qui, pour nous se traduit, prendre ses responsabilités. La vie morale n’est pas la condition du salut. Nous le voyons avec Marie-Madeleine, Zachée et tant d’autres invités à devenir proches de Jésus. La vie morale en est la conséquence.

C’est parce que je crois que Dieu m’aime, m’appelle, me sauve gratuitement et m’invite au bonheur, que je suis fidèle à la loi qu’il me propose. “Dans cette vie où nous espérons le bonheur et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.” Ce prière répétée à chaque messe en est bien l’écho... l’avènement du Christ dans notre vie actuelle et pas seulement au terme de notre vie.

Ma fidélité sera, dès aujourd’hui, à la mesure de la conscience que j’ai de son amour.

Je ne peux participer à ces noces qu’avec un vêtement décent, qui se traduit : vivre selon la loi du Royaume. Il m’invite et je dois être digne dans ma réponse à cette invitation.

PARTICIPER A LA FETE

Si la loi du Royaume se présente comme une exigence, elle est aussi le chemin du vrai bonheur et de la vraie liberté. L’amour de Dieu suscite la liberté de l’homme. Il ne nous dispense pas de notre responsabilité personnelle. Il ne sauve pas des esclaves du péché pour en faire des esclaves de sa puissance. Il veut faire de nous des partenaires de sa fête.

L’homme qui se présente sans un vêtement de noces, est pressé aimablement de s’expliquer. Il ne trouve pas de réponse. N’épiloguons pas sur une réaction du roi, peu compatible avec ce qui nous est dit de sa mansuétude. En acceptant de venir, le traînard de grand chemin acceptait d’aller plus loin que la satisfaction d’un repas plantureux. Il est invité à partager la joie de l’avenir de ce jeune couple et non pas simplement manger copieusement au banquet des noces. Il doit donner une réponse qui est simplement la raison de ce manque de partage.

Une chose est certaine, la robe de noces souhaitée n’est pas celle de l’innocence. Ce sont des pécheurs que Dieu invite au festin du Royaume. La parabole est claire : le roi invite les bons et les méchants. L’Eglise, le Royaume de Dieu, n’est pas une société de parfaits, mais de pécheurs conscients de leur péché et qui aspirent au pardon. “Vous avez revêtu le Christ !” (Galates 3. 27), “Revêtez l’homme nouveau” que vous êtes par cette invitation (Colossiens 3. 10).

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Nous aussi nous sommes indignes de participer au festin du Royaume et même à cette eucharistie quotidienne ou dominicale qui nous en offre les prémices. Laissons-nous aimer par Dieu qui nous dit :”Venez tout est prêt !”

“Ta grâce nous devance et nous accompagne pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche”, nous fait prier la prière d’ouverture de la liturgie de ce dimanche.

Notre réponse ne peut être le silence. Elle se doit d’être une démarche et une attitude : Venons à la noce éternelle avec la parure de la fête !




DIMANCHE 22 OCTOBRE 2017
VINGT-NEUVIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


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Du livre du prophète

Isaïe : 45.1 à 6 :”Je t’ai rendu puissant ...Je suis le Seigneur, il n’y en a point d’autre.”m
Psaume 95 :”Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.”
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Th. 1. 1 à 5 :” à l’Eglise de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur.”
Evangile selon saint Matthieu : 22. 15 à 21 :”Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.”

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Jésus refuse le simplisme de la question et situe le problème au niveau de l’essentiel, qui est la place de Dieu chaque fois que nous sommes devant une question vitale qui demande de chacun et chacune d’entre nous une réponse qui engage notre vie.

TU ENSEIGNES LE CHEMIN DE DIEU

Ces pharisiens, qui voulaient lui tendre un piège, sont, en fait, enfermés sur eux-mêmes par leur propre question et par la manière dont ils l’ont posée :”Toi qui es toujours vrai...toi qui enseignes le chemin de Dieu.” Ils se sont placés sur le terrain même où Jésus évolue à l’aise, celui de la relation avec son Père.

“Est-il permis ?” Ils attendaient une réponse au dilemne du “permis-défendu” dans lequel bien souvent d’ailleurs nous nous enfermons nous-mêmes. Or nous vivons dans la foi et nous avons à découvri ret à approfondir la pensée de Dieu, révélée par le Christ, puis à la traduire dans notre comportement personnel, en fonction même de cette foi, et non pas selon une réponse rigide et par avance schématisée..

Puisqu’ils demandent le chemin de Dieu, Jésus entraîne les pharisiens dans cette direction. Et c’est là toute sa pédagogie. Isaïe envers Cyrus a souligné de la même manière le sens de toute situation humaine :”Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre.” (Isaïe 45. 4)

L’IMPOT A CESAR.

Une pièce de monnaie, comme un billet de banque, est un programme par ce qui y est présenté, l’annonce d’une politique, l’illustration d’un passé dans lequel on veut enraciner le présent.

Même si c’est de moins en moins perceptible au travers de nos cartes de crédit, par exemple, les rapports d’argent traduisent notre situation :”Je consulte votre banque” nous dit le distributeur anonyme. Par les liens sociaux qu’ils établissent, ils traduisent aussi des types de relation entre les hommes. L’argent permet d’acheter un objet, d’occuper un logement, de recevoir le fruit de son travail. Il sert aussi bien à couvrir le nécessaire qu’à accaparer une place et une domination.

“ L’argent a le parfum de la domination ou du service, il sent la sueur et parfois même le sang. Il est toujours plus que sa matérialité, et l’Evangile l’a bien compris -Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Matthieu 6. 24) - L’évangile de ce dimanche ne concerne pas l’argent pris isolément, il porte sur sa signification.” (Mgr Albert Rouet)

Payer ou non l’impôt, c’était rester à la surface des choses. Il nous faut aller plus loin que l’effigie, lire au-delà de l’inscription, découvrir quelle réalité elles expriment, quelle est la hiérarchie des valeurs.

AU DELA D’UNE EFFIGIE.

Comme pour toute chose et toute situation humaines, une vérité plus profonde nous attend au-delà de tous les signes terrestres. Les pharisiens le savaient bien et c’est pourquoi ils posent cette question à Jésus.

En demandant une pièce d’argent, Jésus leur rappelle qu’ils l’utilisent couramment, sauf dans les offrandes versées au Temple. Sur cette pièce, il y a, gravée, l’effigie de l’empereur. Or un vrai juif refuse la représentation en images, non seulement de Dieu qui est transcendance, mais aussi d’un homme, et spécialement d’un empereur qui se prend pour un dieu. La seule image de Dieu, selon la parole divine du livre de la Genèse, c’est l’homme vivant :”Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance”. (Genèse 1. 26)

Cette pièce doit être rendue à son propriétaire. “Rendez à César...” Cela ne signifie pas l’autonomie du domaine politique par rapport au domaine religieux. La politique en effet est un des lieux concrets d’exercice de la charité. La loi morale doit s’y manifester de plein droit, car c’est l’un des moyens par lesquels, en aimant ses frères, le chrétien manifeste son amour de Dieu.

Il y a un lien entre ces deux domaines, puisqu’on ne peut servir Dieu en dehors des médiations humaines. La relation ne signifie pas la confusion et toute sacralisation du pouvoir politique est idolâtre. Ce qui intéresse Jésus, c’est “Dieu seul”. Il faut rendre à Dieu ce qui lui appartient, à savoir l’homme. Jésus n’esquive donc pas une question délicate. Il ouvre une perspective nouvelle dans une vision étriquée du politique.

Il nous offre la seule liberté possible, celle de choisir en notre âme et conscience, ce qui va dans le sens d’une plus grande humanisation des rapports sociaux. “César” n’a pas l’exclusivité du domaine humain et matérielle et “Dieu” celui du domaine spirituel. L’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le vieux fonds religieux des pharisiens avait bien dit en affirmant :”Tu enseignes le vrai chemin de Dieu.”Sa réponse ne dissocie pas les deux domaines, César et Dieu, elle les unit en donnant priorité à Dieu.

Rendre à César ce qui est à César, c’est en définitive accepter l’incarnation, c’est accepter la réalité humaine, c’est accepter le chemin qui nous permet, dans un juste comportement vis-à-vis de “César” de pouvoir rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire la totalité de l’homme.

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Dieu scrute et purifie nos intentions et donc l’usage de nos biens. Il nous veut libérés du caractère sacré que nous conférons trop souvent aux biens matériels. Il nous guide et nous donne l’échelle de valeur de nos choix. Il nous met en face de cette échelle des valeurs.

Les oraisons de la liturgie du 29ème dimanche nous font prier en ce sens : Ne pas nous enfermer dans l’humain : ”Accorde-nous, Seigneur, de te servir à cet autel en toute liberté. Ainsi ta grâce pourra nous purifier dans le mystère que nous célébrons.” (prière sur les offrandes) - Prendre le chemin de Dieu : “ Assure-nous tes bienfaits ici-bas et instruis-nous des richesses de ton Royaume.” (prière après la communion). L’unité de notre vie “En cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur” (prière après le Notre Père).





DIMANCHE 29 OCTOBRE 2017
TRENTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


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Lectures bibliques :

Du livre de l’Exode : 22.20 à 26 :"Je suis compatissant."
Psaume 17 : "Il m’a libéré car il m’aime."
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Th. 5 à 10 :"Afin de servir le Dieu vivant et véritable."
Evangile selon saint Matthieu : 22. 34 à 40 :"Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, la Loi et les Prophètes, dépend de ces deux commandements."

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DIEU AVANT TOUT

Ce docteur de la Loi, qui pose une nouvelle question à Jésus, ne l’entraîne pas dans des domaines du comportement politico-religieux de dimanche dernier, entre César ou Dieu. Il semble vouloir vérifier l’orthodoxie fondamentale de ce Jésus qui s’en va et s’en vient avec les femmes de mauvaises vies, qui va déjeuner avec n’importe qui, qui outrepasse la Loi en se disant "Maître du sabbat" (Matthieu 12.8)

Ce questionneur semble représenter la tendance stricte du pharisaïsme. Il n’y a qu’un seul Dieu. Il n’y a qu’un seul grand commandement qui se trouve dans le "Shema Israël" que tout juif pieux doit réciter plusieurs fois par jour. (Deutéronome 6. 4) Dieu est le seul et nul ne peut contester cette priorité absolue. L’interprétation rigoriste de ce texte suppose que l’amour que l’on porte à Dieu se résume à la prière et au culte. Tout le reste est, sinon secondaire, du moins "inessentiel".

Parmi les centaines de prescriptions de la Loi, il n’est pas d’autre loi plus fondamentale sinon celle-là. Demander à Jésus d’envisager une autre "grande" prescription, c’est le contraindre à un choix qui sépare, à une préférence qui exclut.

L’AMOUR NE PEUT EXCLURE

Jésus ne s’esquive pas par une réponse à double sens. Il ne s’enferme pas dans la seule affirmation du Deutéronome, comme veut l’obliger le pharisien. Il prend la Torah dans son ensemble et il appuie sa réponse sur le Livre du Lévitique (Lév. 19) où se répète comme un refrain cette affirmation " Je suis Yahvé, votre Dieu ! ... tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis Yahvé !"

Le pharisien qui a tronqué la Parole de Dieu, en la réduisant à une seule n’est pas dupe en entendant l’affirmation de Jésus s’ouvrir à toute la Torah. L’Ecriture forme un tout :"Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture dépend de ces deux commandements." L’amour de Dieu et le culte qui doit lui être rendu, sont inséparables de tous ces préceptes révélés dans le Lévitique. Il ne donne pas priorité de l’un sur l’autre. "Voici le second qui lui est semblable".

Il n’y a qu’un seul et même amour qui signifié dans l’un comme dans l’autre texte. Jésus ne restreint pas, il ouvre la Loi et les Prophètes, ces prophètes qui ont toujours lié l’authenticité du culte au "droit et à la justice", comme l’a dit le livre du Lévitique. Dès le début de sa prédication, Jésus l’avait affirmé ainsi : rien ne peut être supprimeé de la Loi. Elle doit être reçue dans sa plénitude (Matthieu . 18)

VOUS SEREZ SAINTS COMME JE SUIS SAINT

La réponse de Jésus manifeste ainsi l’écart entre l’univers clos des pharisiens et l’ouverture extraordinaire qu’offre la Bonne Nouvelledu Christ. La jonction du premier et du deuxième commandement "qui lui est semblable" donne la clé non seulement de toute la Loi et des prophètes, mais dans le même temps de sa propre vie de Messie et Sauveur puisque, dans sa mort, il va donner à son message la preuve ultime de cette unité de Dieu avec les hommes. "Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique » (Jean 3. 16)... Il nous a donné son Fils unique qui offre sa vie à son Père pour le salut de tous les hommes.

L’amour en Dieu est inséparable de l’amour qu’il porte à ses enfants, à tous ses enfants qui sont nos frères. Comment pourrions-nous manifester à Dieu notre reconnaissance pour l’amour que nous recevons de lui dans ce don gratuit, sinon en le partageant avec nos frères ? Comment prétendre aimer Dieu si nous n’aimons pas comme il aime, ce qu’il aime, et ceux qu’il aime, c’est-à-dire nos frères "image de Dieu" ? « Celui-là est un menteur », nous rappelle saint Jean (1 Jean 4. 20)

COMME SOI MEME

Ce « comme soi-même » n’est pas une invitation à l’égocentrisme. Saint Luc, évoquant cette même question du pharisien, va nous entraîner jusqu’à la parabole du Bon Samaritain dans la réponse à :"Qui est mon prochain ?" (Luc 10. 26) Il nous donne ainsi une lecture et une interprétation.

Le "comme soi-même" est en effet une excellente référence pour juger de l’amour que l’on porte à Dieu et à nos frères. Dans la Bible, il n’y a nulle part de commandement qui demande de s’aimer soi-même. Mais il y a la règle d’or de saint Matthieu 7. 12 : "Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, pareillement vous aussi, faites-le pour eux. C’est cela la Loi et les Prophètes". La même affirmation que dans la discussion sur les deux commandements.

L’expérience porte conseil. Quand on a été soi-même éprouvé, on sait bien qu’il ne suffit pas d’entendre :"Ah oui, je connais çà moi aussi ..." pour se sentir compris et aimé. Il nous faut partager un amour qui engage tout l’homme et tous les hommes, à commencer par soi-même. Car, déjà, s’aimer soi-même, s’assumer dans la joie, n’est pas si simple.

Le « comme soi-même » n’est ni un repli ni une suffisance autosatisfaite qui conduiraient, l’une comme l’autre, à la solitude désabusée et douloureuse. C’est le don qui est source de lajoie. L’amour donné au prochain nous apprend le sens profond de notre propre bonheur, comme l’amour que Dieu nous porte, nous apprend le sens profond de propre bonheur. Le Christ en parle à ses apôtres au soir du Jeudi-Saint :"Demeurez en mon amour. Comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et demeure en son amour. Je vous dis cela pour que la joie, la mienne, soit en vous et que votre joie trouve sa plénitude." (Jean 15. 10 et 11)

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L’art des fausses questions pratiqué par les pharisiens n’a pas disparu de nos jours, même s’il prend des formes plus subtiles en justifiant n’importe quel comportement sous prétexte qu’il n’y a pas de solution satisfaisante. Les situations de notre temps sont sans doute complexes. On vote même des lois générales pour que les comportements particuliers soient ainsi justifiés. L’amour ne sera jamais remplacé par un simple et précaire pacte de solidarité. L’amour est un don total.

En liant les deux commandements, le message du Christ demeure la clé de la compréhension de ce que nous sommes. "Regarde, Seigneur, le visage de ton Christ et souviens-toi qu’il s’est livré pour le salut de tous. En Lui qui t’a glorifié jusqu’à t’offrir sa vie, fais-toi reconnaître comme le Dieu d’amour, d’une extrémité du monde à l’autre. Que tous les peuples de la terre fassent monter vers toi l’action de grâce de Jésus ton Fils, notre Sauveur." (Oraison de ce dimanche sur les offrandes)





MERCREDI 1 NOVEMBRE 2017
FETE DE TOUS LES SAINTS




Une foule immense, qui, sans les connaître ni les avoir entendues ont vécu les béatitudes et la « chance » qu’elles donnent à ceux qui les mettent en pratique. »

Quelle chance vous avez d’avoir fait cela … Chanceux, comme l’ont dit en Québecois ou dans les villages de France.« 

Mais qui sont-ils ceux qui viennent de tous ces horizons ?

Combien de Marie Madeleine, à qui le Christ peut dire : »Il leur sera beaucoup pardonné parce qu’elles ont beaucoup aimé »…luc 7.47 » « Les prostituées vous précéderont dans le Royaume… » Mt 21.31

Combien de Zachée, de profiteurs et d’escrocs, qui lui ont ouvert leur cœur ?: »Descend vite, je vais chez toi… »Chez un pécheur il est allé loger »Luc 19 .7

Combien de condamnés dans les mines romaines, les camps de concentration ou les goulags, oubliés des hommes ? « Souviens-toi de moi dans ton Royaume… »Aujourd’hui même… »Luc 23.43

Combien de Pharisiens qui un jour ont recueilli le Christ victime de l’amour au pied de sa croix. ? Jean 19.39

Combien d’incroyants qui, sans être saint Pierre à Césarée de Philippe et sans que nous le sachions, lui ont dit : »Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. »Marc 15.39

Le ciel est peuplé de non conformistes.

Et les autres quand ont-ils découvert cela ? le chaman de Sibérie ou le nomade du Sahara, le shinto du Japon ou l’hindou des bords du Gange, l’Inca de la Cordillère des Andes et l’aborigène de l’Australie, Spartacus et les esclaves crucifiés et tant de milliards d’autres qui n’ont jamais entendu la parole de l’Evangile, mais qui l’ont vécu car la grâce de Dieu ne peut négliger les enfants qu’il a éveillés à la vie.

Toi qui es la source de toute sainteté .. » (PE II) « Toute la création proclame ta louange, car c’est toi qui donnes la vie, c’est Toi qui sanctifies toutes choses. » (PE III)

« Souviens-toi de tous les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, reçois-les dans ton Royaume où nous espérons être comblés de ta gloire ensemble et pour l’éternité » (PE III)

Bienheureux les pauvres de cœur, car ils peuvent accueillir le don de sa vie, car tout vient de Dieu. Ils ont remis leur vie entre les mains du Père, dans l’attitude du pauvre qui a tout à recevoir.

Et les fruits de ce don qu’ils ont accueilli, c’est la paix intérieure et une plus grande liberté.

Ils avaient reçu son souffle de vie et son souffle d’amour . Ils ont accueilli ce grand mystère, sans savoir qu’il était le mystère même de la vie trinitaire.

Heureux ceux qui ont soif et faim de la justice, ils seront rassasiés.

Le secret des saints, de tous les saints, c’est de devenir collectionneurs de positif, de vivre avec enthousiasme, intensément, avec la passion de Dieu.

Ils n’ont pas attendu les conditions idéales. Ils sont partis sur le chemin que Dieu leur a ouvert. Pas à pas, comme si chaque jour était le premier du reste de leur vie. Et puis un jour, ce premier jour fut le premier de la vision totale de ce Dieu vers qui ils marchaient, parfois à tâtons, parfois en tombant. Le Christ est bien tombé sur son chemin de croix.

Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.

Ils ont pris le risque d’aimer et de porter en eux et autour d’eux la joie d’être enfants de Dieu. Les saints ne sont pas des statues de plâtre, ils sont des vivants. Et puis un jour, ils ont découvert que leurs manquements à la morale ont moins d’importance que les manquements à l’amour. « Il lui est beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimée. (Luc 7.47)

Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu

Par de simples gestes d’amour, ils ont fait jaillir la vie dans les cœurs.

Ils ont ainsi participé au don de la vie que Dieu fait à tout homme. Et pour cela ils l’ont accueillie en eux, en assumant cette merveille que d’être fils et filles de Dieu, avec les richesses qu’Il leur a données, avec les faiblesses que la force de la grâce et de l’Esprit-Saint leur a fait surmonter.

Ils sont devenus semblables à Lui, imparfaitement sans doute. Mais le salut leur est donné par notre Dieu et par l’Agneau. Ils seront éternellement semblables à Lui parce qu’ils le verront tel qu’il est.

Si Dieu ne pardonnait pas, son Paradie resterait vide ....

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