Méditations dominicales

***
En proposant diverses lignes de réflexion,
ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon son "charisme",
une ou plusieurs méditations .

Chaque auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir
à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir,
chaque paragraphe formant un tout en soi .


-


DIMANCHE 16 AVRIL: LA RESURRECTION DU SEIGNEUR
Dimanche 23 avril : Deuxième dimanche de Pâques
Dimanche 30 avril : Troisième dimanche de Pâques
Dimanche 7 mai : Quatrième dimanche de Pâques
Dimanche 14 mai: Cinquième dimanche de Pâques
Dimanche 21 mai : Sixième dimanche de Pâques
Dimanche 28 mai : Septième dimanche de Pâques
Dimanche 4 juin : La Pentecôte





DIMANCHE 16 AVRIL 2017
LA RESURRECTION DE NOTRE SAUVEUR ET SEIGNEUR JESUS-CHRIST


Voici près de deux mille ans, la lumière de la Vie Nouvelle a jailli d’un tombeau. Désormais,et pour toujourst dans cet aujourd’hui qui est le nôtre, toutes choses sont remplies de cette lumière, le Ciel, la Terre et les Enfers.
Mais la voyons-nous ?

NOUS VIVONS D’UNE VIE NOUVELLE

Cette vie nous est donnée au jour de notre baptême, ce jour "où nous avons été ensevelis avec le Christ dans sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle." (Romains 6. 4)

A Pâques, nous célébrons la Résurrection du Christ comme quelque chose qui est arrivé et qui nous arrive encore. Car chacun d’entre nous a reçu le don de cette vie nouvelle, la faculté de l’accueillir, la grâce d’en vivre. C’est un don qui change radicalement notre attitude envers toutes choses, y compris la mort.

Certes un jour, elle viendra nous prendre dans notre vie terrestre pour nous entraîner dans la vie divine. Mais là réside aussi toute notre foi. Par sa propre mort, le Christ a changé la nature même de la mort. Il en a fait un passage, une pâque, dans le Royaume de Dieu. Il a transformé en une victoire suprême, ce qui est une tragédie, la mort.

DANS NOTRE VIE ENTENEBREE

Nous vivons souvent comme si cet événement unique n’avait que peu de signification pour nous. C’est notre faiblesse, alors que nous sommes appelés à vivre de foi, d’espérance et éternellement, de charité, d'amour. Immergés dans nos préoccupations journalières, nous succombons à cause de cet oubli. Et notre vie en devient mesquine, enténébrée, dépourvue de sens, nous conduisant vers un but sans signification.

Ce n’est pas en oubliant la mort que nous rendrons notre vie agréable. Car, dans ce cas, elle devient absurde dans son inévitable, si nous vivons comme si le Christ n’était jamais venu nous entraîner dans sa vie par delà cette mort. Or le sens de la vie est bien par-delà cette mort.

PRENDRE CONSCIENCE DE CETTE REALITE

Mais si nous prenons conscience de cette réalité pascale dans l’immédiat de nos journées, nous ouvrons une porte sur la splendeur du Royaume, sur l’avant-goût de la joie éternelle qui nous attend dans la plénitude de la vie.

Toute la liturgie de l’Eglise est "ordonnée" autour de Pâques. Et non pas en une accumulation de dévotions. Les temps liturgiques nous conduisent dans un voyage, un pèlerinage qui est progressivement la fin de ce qui est vieux et périmé, en étant un passage constant de ce monde à notre Père.

"Que ton Esprit fasse de nous des hommes nouveaux pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie."
(prière pascale après la communion)

"Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et jour de joie ! Voici le jour où le Christ, notre Dieu, nous conduit de la mort à la vie." (Acclamations des matines)

En ce jour de Pâques, la foi, permet à la réalité divine d’illuminer notre vie. Il est une action à entreprendre : porter partout témoignage de la bouleversante découverte d’un monde nouveau., comme le chante la liturgie byzantine :

Voici le jour de la Résurrection.
Voici la lumière de notre joie !
Voici la Pâque du Seigneur !
Le Christ nous a fait passer
de la mort à la vie
et de la terre aux cieux !
Chantons son triomphe !

Purifions nos vies.
Nous le verrons,
le Seigneur étincelant de Lumière.
Le Christ ressuscité !
et nous l’entendrons nous dire
"Paix sur vous".

Chantons son triomphe
Joie, Joie sans fin !
Le Christ est ressuscité !
Alléluià !

DIMANCHE 23 AVRIL 2017
DEUXIEME DIMANCHE DE PAQUES


Dimanche de la Divine Miséricorde.

Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 2. 42 à 47 : "Fidèles à écouter l’enseignement des apôtres et à vivre en communion fraternelle."
Psame 117 : "Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et jour de joie !"
Première lettre de saint Pierre. 1. 3 à 9 : "Il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus-Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement."
Evangile selon saint Jean. 20. 19 à 31 : "Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées."

***

Les Eglises orientales, catholiques et orthodoxes appellent ce dimanche, le dimanche de Thomas. Elles veulent ainsi souligner que l’attitude de l’apôtre incrédule mais profondément croyant doit être aussi la nôtre.

REUNIS AU CENACLE.

La journée de Pâques que les apôtres viennent de vivre, a été faite de bouleversements depuis le matin. Des femmes sont venues leur dire que le tombeau est vide. Pierre l’a constaté et Jean croit déjà à la résurrection. Une discussion est née dans le groupe qui met à jour les divergences d’interprétation qui les divisent.

Le départ des deux disciples vers Emmaüs le prouve. Ceux-là n’ont pu accepter les dires de ces femmes. Ils ne croiront les dires de Pierre et de Jean que s’ils en font la preuve. Leur espérance est déçue, car aucune preuve n’est venue durant toute la journée.

Les autres s’enferment pour éviter les importuns, dont ils ont peur sans doute. Mais saint Jean souligne ce détail afin de montrer aussi que le Christ, qui les rejoint au soir du premier jour de la semaine, use désormais de son pouvoir d’une façon surnaturelle.

Durant les trois années de sa vie publique, il n’en a jamais usé ainsi avec eux, sauf au sommet du Thabor, pour quelques-uns et pour quelques instants.

Ce soir, ils sont ensemble parce qu’ils ne peuvent se séparer après trois années partagées avec Jésus de Nazareth, trois années intenses. Ils viennent aussi de vivre trois journées bouleversantes et ils ont besoin de reprendre les paroles de Jean, de Pierre et de Marie Madeleine pour les accorder avec les enseignements reçus sur les routes de Palestine : « Je suis la Résurrection et la Vie. » et tant d’autres paroles entendues qui ne sont pas seulement des rumeurs d’illusions.

IL EST LA AU MILIEU D’EUX

Jésus se trouve soudain au milieu d’eux. Nous pouvons certes donner une signification mystique à cette venue, toutes portes closes. Ils ne l’attendaient pas.

Ainsi pénètre-t-il dans nos vies, même si elles se ferment parfois à sa grâce.

" Lorsque vous serez réunis, deux ou trois en mon nom, je serai au milieu de vous" (Matthieu 18. 20) Ce soir, il n’est pas une présence mystique, mais une réalité humaine et divine tout à la fois. Il a conservé sur son corps ressuscité la trace des blessures et, sans mettre en avant le mérite de ses souffrances, il donne aux apôtres le témoignage de qu' il est en plénitude.

Il ne leur rappelle pas des souvenirs. La petite communauté apostolique l’a peut-être fait durant cette journée où elle est repliée sur elle-même au risque de ne plus vivre que d’espoirs déçus et même de se disperser, comme cela vient de commencer avec Cléophas et son compagnon qui marchent vers Emmaüs.

Il leur démontre l’identité de l’homme qu’ils connaissent depuis trois ans avec l’homme ressuscité qu’il est devant eux.

S’il est là au milieu d’eux, c’est pour l’avenir de l’Évangile, c’est pour les entraîner à sa suite. Ils seront les témoins et les envoyés. Par cette deuxième transmission de sa paix, il leur confirme immédiatement qu’ils doivent aussi la transmettre aux autres. Remettre les péchés, c’est donner la vie spirituelle à qui l’a perdue ou à qui l’a amoindrie.

RECEVEZ L’ESPRIT SAINT

Il leur en avait parlé, au soir du Jeudi-Saint. Trois jours après, en ce soir de Pâques, il insiste sur son action en eux et parmi les hommes. L’Esprit Saint est latent en eux et la Pentecôte rendra manifeste cette présence par sa venue. De même pour nous. L’Esprit peut reposer en nous sans que nous ayons conscience de sa force en nous. Il nous faudra toujours renouveler cette grâce de la Pentecôte.
.
En rappelant qu’il est le Christ souffrant, qu’il est le Christ uni à son Père qui l’a envoyé, le Christ dont l’action sera poursuivie et amplifiée par l’Esprit, Jésus relie, dans la pensée et la foi de ses apôtres, tout ce qu’il leur avait dit et ce dont il a témoigné avec eux.

Ils ne reconnaissent pas ainsi seulement l’ami avec qui ils ont tant partagé, ils reconnaissent le Fils de Dieu, le Seigneur.

Et c’est ainsi d’ailleurs qu’ils en témoigneront auprès de Thomas :"Nous avons vu le Seigneur." Avec toute la force qu’une telle appellation peut avoir dans la foi religieuse des vrais Juifs croyants.

THOMAS A BESOIN DE PREUVES

Mais Thomas a besoin de preuves qui s’appuient sur une expérience concrète. Ce n’est pas qu’il soit un homme récalcitrant. Il est un homme de bonne volonté et tout d’une pièce. C’est lui qui, lors de l’annonce de la montée à Jérusalem, avait bousculé les apôtres inquiets des événements qu’ils pressentaient. C’est lui qui les avait entraînés dans sa générosité (Jean 11. 16) :"Allons nous aussi et mourons avec lui."

Mais il juge les choses à sa façon. Il a toujours eu du mal à entrer dans la pensée de son Maître (Jean 14. 5) et aujourd’hui, encore, il veut des preuves concrètes, même s’il n’est pas question pour lui de quitter pour autant le groupe des apôtres.

Jésus revient huit jours après, il salue ses amis et immédiatement s’adresse à Thomas. Il ne le blâme pas.

D’ailleurs les autres disciples seraient aussi à blâmer, car, eux aussi, ils n’ont cru à la résurrection qu’après avoir vu le Ressuscité. Jésus admet qu’un acte de foi soit précédé par l’adhésion de l’esprit humain à certains éléments qui entraînent la crédibilité. La foi, même si elle dépasse la raison, n’est pas irraisonnable.

En ouvrant ses deux mains ("Vois mes mains."), il l’invite même à le toucher en une épreuve à laquelle Thomas avait dit attacher une grande importance. Rien ne dit qu’il exécute le geste que Jésus lui propose de faire. Mais son mouvement va plus loin. Il reconnaît la divinité de Jésus. Non seulement il est Seigneur. Mais il est Dieu !

***

En nous faisant souvenir de la première communauté de Jérusalem, l’Eglise nous rappelle que nous pouvons servir tous ceux qui sont dans le besoin, la misère, la souffrance, la solitude. C’est désormais en eux que nous est donné la possibilité de rejoindre le Christ souffrant de la croix, solitaire du jardin de Gethsémani, abandonné, méprisé. C’est ainsi qu’il nous ouvre ses mains :’Avance ton doigt ici."

"Augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître et quel sang nous a rachetés." (Prière d’ouverture de la liturgie de ce dimanche)

DIMANCHE 30 AVRIL 2017
TROISIEME DIMANCHE DE PAQUES


Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 2. 14 à 33 : “Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu...Dieu l’a ressuscité.”
Psaume 15 : “Tu m’apprends le chemin de la vie.”
Première lettre de saint Pierre: 1. 17 à 21 : “Dieu l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné la gloire. Ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.”
Evangile selon saint Luc : 24. 13 à 35 : “ Comme votre coeur est lent à croire !”

***

La liturgie de ce dimanche nous invite à réfléchir sur notre attitude devant le mystère qui est le nôtre et que nous vivons aujourd’hui. Le Christ ressuscité est au milieu de nous. Il est avec nous, il est en nous par la grâce qui nous est donnée. Nous ne transposerons jamais assez dans notre vie, la plénitude cette réalité qu’est la vie divine que nous avons reçue.

En cela nous sommes bien les frères de ces disciples d’Emmaüs avec les mêmes interrogations, avec les mêmes doutes. Soyons-le aussi avec le même enthousiasme quand notre coeur se réchauffe en recevant la Parole de Dieu et quand nous en témoignons.

NOUS NOUS SERIONS TROMPES DE CHEMIN

Il y a trois ans, lorsqu’il les avait appelés, ils avaient pris la route avec lui. Ils l’avaient suivi avec enthousiasme et espérance. Le vendredi de sa mort, à 3 heures de l’après-midi, quand les ténèbres envahirent leurs horizons, ils pouvaient espérer encore :”Il avait dit que le troisième jour...” Alors, en ce matin du premier jour de la semaine, c’est peut-être ce jour annoncé par le Seigneur. Mais leur foi est bien fragile.

Marie, haletante, revient au Cénacle. Elle a vu un ange, qui lui a dit qu'il est vivant. Cléophas hausse les épaules. Mirage de femme admiratrice ! Pierre se sent le devoir d'aller constater le fait et Jean, entraîné par son amitié, l'accompagne. Tout est en ordre dans un tombeau vide dont la pierre est roulée.

C'est donc vrai. Il n'a pas été enlevé, car les bandelettes n'auraient été pliées ainsi. Il est donc vivant !

A leur retour, les deux apôtres disent ce qu'ils ont vu et les conclusions qu'ils en tirent :"Il est vivant !" Cléophas hausse encore les épaules. Ils ont vu un tombeau vide. « Mais lui, ils ne l'ont point vu. » 

La discussion a dû être vive tout au long de cette journée. Thomas est d'accord avec Cléophas. Il faut le voir et constater. Sinon ce peut n'être qu'une illusion. Thomas reste avec ceux qu’il a rejoint, il y a trois ans, en Galilée. Il ne quittera pas Pierre et Jean. Par contre Cléophas et l’un de ses amis s'en vont et quittent Jérusalem. Le chemin de ce prophète n’était pas le bon chemin à prendre....

UN TOUR D’HORIZON DESABUSE

Les voilà donc tous deux sur la route, en cet après-midi. Ils discutent entre eux. Ils ressassent leurs souvenirs, et recherchent les quelques paroles auxquelles ils pourraient s’accrocher. Mais peu à peu ils s’éloignent de Jérusalem et de ce qu’ils y ont vécu. Jésus de Nazareth était un prophète. Et quelle puissance dans ses paroles et ses actions ! et ces foules qui le suivaient ! et puis la situation s’est retournée. Crucifié, mort, peut-il être encore le libérateur d’Israël, car c’est bien d’indépendance que nous rêvions.

Les événements de ce matin paraissent étranges, mais peut-on faire confiance à cette enthousiasme de femmes au dévouement inconditionnel ? Elles disent mais c’est peut-être bien subjectif, car elles n’ont rien vu. Pas plus que Pierre d’ailleurs.

Les kilomètres se succèdent avec cette relecture des événements passés, une relecture qui les attriste, les enferme et les empêch ede s’ouvrir au témoignage des autres disciples qui annoncent déjà la résurrection.

IL LES REJOINT EN LEUR DESESPERANCE

Pour mettre d’accord Pierre, Thomas, Madeleine, Cléophas et les autres, le Christ aurait pu, dès les premiers moments de la matinée, venir l’interrompre cette discussion, les rendre à l’évidence et confirmer par son apparition l’enthousiasme des uns et réduire à néant le doute des autres. Il aurait peut-être emporter leur adhésion. A moins qu’ils n’aient continué à tergiverser pour sous-peser le pour et le contre avec lui.

Mystère du silence de Dieu. Jésus laisse au contraire le temps calmer les choses. Il donne à chacun la liberté de se placer devant sa propre réalité, devant ses propres conclusions et sa propre décision. La redécouverte n’en sera que plus profonde et plus assurée.

Aux disciples du Cénacle, il apparaîtra quand les apôtres n’auront plus rien à dire ni à se dire. Ils sont dans l’attente, une attente de ce qu’ils ne peuvent imaginer. Ayant épuisé leurs arguments, ils peuvent le recevoir tel qu’il est désormais et non pas uniquement comme l’homme qu’ils ont quitté il y a trois jours après le repas pascal dans cette même chambre haute.

Ce qu’il avait dit à Madeleine s’applique aussi à eux :”Ne me touche pas, je monte vers mon Père. Va l’annoncer à tes frères.” (Jean 20. 17)

Sur le chemin d’Emmaüs, là-bas, les deux amis n’ont plus rien de nouveau à se dire, plus rien à envisager qu’un retour en arrière au point où ils sont rendus de leur désespérance et de leur obscurité. Et c’est alors qu’il les rejoint et c’est lui qui prend l’initiative, qui va « dire » et révéler.

Peu à peu en effet, Jésus va leur dévoiler le sens des événements et les inviter à la lumière de l’Ecriture, à relire leur histoire et l’histoire du salut dans laquelle ils avaient inscrit leur foi, mais selon un contresens du message : “libérateur d’Israël.”

C’est le début du retournement. Ils abandonnent peu à peu leur interprétation, acceptant de recevoir celle de cet inconnu qui brise leur enfermement. Etrange sensation qui est alors la leur, mais dont ils ne peuvent encore savoir d’où elle provient.

ILS NE VOIENT PAS, ILS RECONNAISSENT.

Au terme de cette étape de doute, leur geste d’accueil amical à la porte de l’auberge, les conduit à retrouver le Seigneur. Le repas marque l’étape décisive de l’acte de foi. Ils n’ont pas vu le Christ qu’ils accueillaient. Ils l’ont reconnu dans un geste familier, celui du partage au soir du Jeudi-Saint ou de la multiplication des pains.

Désormais la résurrection est à la fois l’événement dont ils ont la certitude et l’événement qui les fait ressusciter eux-mêmes. Paradoxalement, c’est au moment où le Christ disparaît de leurs yeux que précisément “leurs yeux s’ouvrent.”

Ils reprennent alors la route en sens inverse. C’est maintenant le chemin joyeux de la vie. Ils retournent vers la communauté des Apôtres qui est l’Eglise. Ils la réintègrent et y découvrent qu’il n’ont pas vécu une illusion. Elle va devenir le lieu de la foi partagée. Pierre et les autres leur disent cette évidence :”Il est ressuscité !” Cet acte de foi croise et rejoint le leur.

NOTRE EXPERIENCE

L’Ecriture sur la route, l’Eucharistie à Emmaüs, l’Eglise au Cénacle. Il est clair que ce récit pose les fondements de la vie chrétienne. La route de disciples d’Emmaüs est bien l’image de celle de tous les croyants.

Qui n’a fait cette expérience d’une désillusion de la foi lorsque l’espérance placée en un Dieu qui paraît terriblement absent s’étiole et disparaît au moment où l’épreuve traverse sa vie ? Qui n’a été tenté alors de fuir la communauté qui ne comprend pas et continue de proclamer un message sans en donner les preuves de vérité ? L’on en vient à s’éloigner de l’Eglise, et même à la quitter.

Mais qui n’a fait aussi l’expérience de la présence du Christ attentif aux cris de ses enfants et réveillant leur mémoire de croyants par la révélation de sa Parole vivante ? Qui n’a jamais vécu, dans une célébration eucharistique, la rencontre qui “restaure » et le corps et le coeur ? Qui n’a jamais découvert que la communauté chrétienne à laquelle il appartient est le lieu indispensable où l’on trouve à la fois le réconfort dans le partage fraternel en Jésus-Christ et la force nécessaire pour la mission ?

***

Route d’espérance et de foi retrouvées, la route d’Emmaüs est aussi pour nous, route de la Vie, une route de joie paisible et chaleureuse, génératrice d’un dynamisme renouvelé.

“Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse. Tu nous as rendu la dignité de fils de Dieu. Affermis-nous dans l’espérance de la résurrection.” (Prière d’ouverture de la messe de ce dimanche)

DIMANCHE 7 MAI 2017
QUATRIEME DIMANCHE DE PAQUES


Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 2. 14 à 41 : “C’est pour vous que Dieu a fait cette promesse.”
Psaume 22 : “Je ne crains aucun mal car tu es avec moi.”
Première lettre de saint Pierre : 1 Pierre 2. 20 à 25 : “ Il vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces.”
Evangile selon saint Jean : 10. 1 à 10 : “Il marche à leur tête et elles le suivent car elles connaissent sa voix.”

***

De l’Evangile du Bon Pasteur, nous pouvons faire plusieurs lectures selon que nous l’éclairons par le psaume, par la lettre de saint Pierre, par les Actes des Apôtres ou par d’autres paroles du Christ. Chacune de ces lectures est en elle-même un message qui conduit à la réalité essentielle : "Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient surabondamment." (en grec :"périsson", qui dépasse toute mesure.) (Jean 10. 10).

- Il est la porte et "nul ne peut aller au Père si ce n’est en passant par moi." (Jean 14. 6)
- Il est le berger dont les brebis reconnaissent la voix quand il les appelle chacune par leur nom et elles suivent ses traces (Saint Pierre).
- Il connaît les pâturages "Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre." (Psaume)

IL EST LE CHEMIN

Si le Bon Pasteur peut conduire ses brebis hors de la bergerie, c’est-à-dire vers les pâturages, c’est que lui-même y est entré et sort avec elles. Le Christ peut nous conduire vers la Vie éternelle parce qu’il est « entré » lui-même en notre humanité et la divinise, lui-même, par sa Pâque et sa Résurrection ou, selon le beau texte de l’offertoire de la messe : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. »

Pâques, son passage "de ce monde à son Père" (Jean 13. 1) Et il n’est pas d’autre chemin que Lui pour nous joindre à son Père. Il est le Chemin, la Vérité, la Vie.

Toutes les autres portes, toutes les autres possibilités sont des chemins d’égarement. Lui seul peut donner la Vie, sa Vie divine, en abondance, en surabondance infinie. Les religions à la mode, qui sont sans un Dieu personnel et sans le Christ, New Age, bouddhisme ou autres, ne mènent qu’à une impasse après nous avoir égarés puisqu’elles ne nous conduisent pas à Lui. Il en est de même pour les idéaux humanitaires sans-Dieu, si nobles en soient les motivations affectives. "La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ" (Jean 17. 3).

Il n’est pas un prophète, fut-il le plus grand, un prophète qui nous parle de Dieu. Il est lui-même « Parole de Dieu », le Verbe » car il est Dieu fait homme en Jésus-Christ par amour pour nous conduire au Père.

"Nul ne peut aller au Père si ce n’est en passant par moi."

Cette intransigeance n’est pas une intolérance, même si elle choque les mentalités modernes prêtes à accepter toutes les ambiguïtés, toutes les confusion, tous les compromis. Nous ne pouvons pas dire : "A chacun sa vérité", ou "Toutes les religions se valent".

Le Christ est le seul épanouissement possible de notre vie car il est le seul à nous donner la plénitude de la Vie Divine. En le recevant, nous recevons la Vie trinitaire du Père, par le Christ dans l’Esprit.

IL EST LA VERITE

C’est Lui qui donne accès à la liberté. Il n’est pas une porte qui isole, se referme et enferme. Avec lui et à sa suite, chacun « pourra aller et venir. Il trouvera un pâturage... Il les appelle chacune par son nom et il les fait sortir."

Il connaît chacun de nous personnellement, puisqu’il nous appelle "par son nom ». Nous sommes, chacun, unique à ses yeux et dans le cœur.

Grâce à quoi nous pouvons le reconnaître. Comme Marie de Magdala quand elle s’entendit nommer par le ressuscité dans le jardin devant le tombeau vide. Comme Zachée quand il fut appelé du haut de son arbre. Comme Simon-Pierre bouleversé par le :"Simon, m’aimes-tu" ? avant d’être appelé à sa charge pastorale :"Sois le pasteur de mes brebis."

Nous sommes appelés par « un nom nouveau que nul ne connaît sinon celui qui le reçoit. » (Apocalypse 2. 17), un nom qui vient de l’amour, de Dieu qui est Amour. La Vérité ne jaillit pas d’une discussion dans une masse anonyme. Elle vient du don de deux êtres qui se rejoignent en personnalisant pleinement le don d’elles-mêmes. Elles reconnaissent la voix qui les unit dans un unique appel "vécu dans la justice." (Saint Pierre 2. 24)

IL EST LA VIE

Cette surabondance que donne la vie en Christ est l’un des thèmes souvent repris par saint Jean. Le vin des noces de Cana remplit six cuves jusqu’au bord (Jean 2. 6). L’eau vive offerte à la Samaritaine jaillit éternellement pour étancher toute soif (Jean 4. 14). Le pain multiplié, qui est le Christ Pain de Vie, laisse douze corbeilles (Jean 6. 12). La pêche miraculeuse fait déborder la barque de Pierre (Jean 21. 6). Les paroles du Christ sont plénitude de paix et de joie (Jean 17. 13).

Cette surabondance de vie, lui seul peut la donner :"Selon le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés" (Jean 17. 2).

Mais cette vie ne peut être vécue individuellement, comme des brebis qui quittent leur errance. Le don de l’Esprit et la promesse qui s’accomplit par le baptême (1 Pierre 2. 25), nous agrège au troupeau du Seigneur pour « se retrouver persévérants dans l’enseignement des apôtres, la communion, la fraction du pain et la prière. »

DANS L’EGLISE

Si le Christ est celui par qui advient le salut, s’il est le lieu de passage vers le Père, il a confié cette même mission à ses apôtres. "Comme tu m’as envoyé, je les envoie dans le monde" (Jean 17. 18). Aujourd’hui l’Eglise est le lieu de passage qui donne accès au salut en Jésus-Christ. Le baptême en est l’entrée, la porte ouverte qui donne accès à la liberté du Royaume (1 Pierre 2. 24-25).

L’Eglise ne peut être une bergerie close vers laquelle il faudrait entrer pour nous mettre à l’abri du monde. Elle est la porte ouverte qui nous permet d’y entendre la voix du Christ et de le suivre quand le berger nous conduit hors de l’enclos afin de nous situer dans le monde comme fils de Dieu. Chacun de nous « pourra aller et venir et il trouvera un pâturage ... pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient surabondamment." (Jean 10. 10)

***

"Que les mystères de Pâques continuent en nous ton oeuvre de rédemption. Qu’ils soient une source intarissable de joie." (Prière sur les offrandes)

"Père tout-puissant et pasteur plein de bonté, veille sur tes enfants avec tendresse. Tu nous as sauvés par le sang de ton Fils. Ouvre-nous une demeure dans le Royaume des cieux". (Prière de communion de ce dimanche)

DIMANCHE 14 MAI 2017
CINQUIEME DIMANCHE DE PAQUES


Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 6. 1 à 7 : " Estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de Sagesse."
Psaume 32 : " Criez de joie pour le Seigneur ! Hommes droits, à vous la louange !"
Première lettre de saint Pierre : 1 Pierre 2. 4 à 9 : " Il est la pierre vivante ... Soyez les pierres vivantes."
Evangile selon saint Jean. 14. 1 à 12 : " Là où je suis, vous serez vous aussi. »

***

Avec les chapitres 14 à 16 de l’Evangile selon saint Jean, nous entrons dans la révélation du mystère de la personne de Jésus, ce mystère qui nous donne accès à la vie divine.

A LA LUMIERE DE LA RESURRECTION

Ces chapitres sont une longue méditation où s’entremêlent les paroles du Christ et la relecture qu’en fait l’apôtre Jean à la lumière de Pâques. Car les Evangiles ne sont pas seulement des récits anecdotiques. Ils sont porteurs du message du Christ que les disciples ont découvert et qu’ils ont voulu transmettre à ceux qui les écoutaient.

Ils ne sont pas descriptifs d’un épisode. Ils sont essentiellement un éclairage qui veut nous conduire à la lumière dont Dieu nous illumine par son Fils venu parmi nous. " Celui qui m’a vu a vu le Père." Ces signes ont été rapportés « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant vous ayiez la vie en son nom. » (Jean 20.31)

La vision qu’ils nous apportent du Christ est inséparable de l’ensemble de sa vie. La parole de l’enfant de douze ans qui répond à ses parents "Je me dois aux affaires de mon Père" résonne non pas comme un reproche, mais comme volonté fondamentale de Jésus :" Je vis uni à mon Père... je suis en mon Père." (Jean 14. 20)

Ce n’est qu'après la résurrection de Jésus que leur apparaît clairement la personne du Fils de Dieu, du Verbe de Dieu fait chair, en communion avec le Père. Chacune de ses paroles comme chacun de ses actes prennent alors tout leur sens dans cette réalité unique où l’humanité et la divinité sont un tout indissociable en Jésus-Christ.

CROYEZ EN MOI

Jésus propose à chacun d’entre nous et à tous les hommes d’entrer eux-mêmes dans cette communion de Vie divine. Il n’est pas là pour nous indiquer seulement le chemin comme le souhaite et l’attend de saint Thomas (Jean 14.5). Il n’est pas une simple signalisation. C’est lui qui nous introduit, qui nous fait entrer avec lui, par lui et en lui. Il est le chemin. Pour rejoindre le Père, il nous faut rejoindre le Fils, le Christ., notre Seigneur.

Comprendre avec notre intelligence déductive ne suffit plus. Pas plus d’ailleurs que de voir seulement :"Montre-nous le Père, cela nous suffit." lui dit Philippe. Il n’est pas question de voir pour voir. La foi n’est pas une constatation ou une évidence au terme d’un raisonnement.

C’est une connaissance plus intime que seule la foi réalise. "Vous me connaissez." (Jean 14. 9) Une foi qui saisit toute la personne à laquelle on adhère et qui détermine non seulement des convictions mais détermine le sens de notre vie, nous saisissant à notre tour en nous donnant la plénitude spirituelle et le dynamisme de notre action. C’est une communion parce qu’elle est rencontre personnelle.

JE REVIENDRAI VOUS PRENDRE AVEC MOI

Dans sa lettre, saint Pierre exprime d’une autre manière cette communion en Dieu et avec nos frères. Le Christ est la pierre vivante. Nous le sommes également. Le Christ s’est présenté en offrande à son Père. Nous aussi présentons des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter, non pas en raison de nos mérites, mais à cause du Christ-Jésus. (1 Pierre 2. 5)

Jésus l’ avait dit à Pierre :" Celui qui croit en moi, accomplira les mêmes oeuvres que moi." (Jean 14. 12) "Vous êtes chargés d’annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière." (1 Pierre 2. 9)

"Les merveilles "... Au travers de ces mots nous sentons l’enthousiasme contenu, la joie profonde de Pierre qui a connu ces moments de rencontre, « d’admirable lumière » qui répondaient à sa quête de la vie : Je vous ai dit cela pour que la joie qui est la mienne soit en vous, en plénitude » (Jean 15. 11, Jean 17. 13).

Nous aussi, nous aspirons au bonheur, nous sommes en quête d’un mieux vivre, nous voulons déployer notre désir dans des dimensions qui dépassent en espérance la réalité que nous vivons au quotidien. Nous le répétons en chaque Eucharistie : "Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre sauveur." (Prière après le Notre Père)

Oui, nous ne pouvons plus désormais séparer la plénitude de notre bonheur de cet avènement du Christ en nous et en nos frères. " Là où je suis, vous serez vous aussi." (Jean 14. 2), à la Croix, à la Résurrection, dans la Gloire. (Jean 17. 22 et 23)

***

En les éclairant les uns par les autres, ces textes nous apportent une richesse immense. Ils ne sont pas à commenter. Ils sont à pénétrer.

Par exemple, la juxtaposition du chapitre 14 avec le chapitre 1er de ce même Evangile.. "A ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu... De sa plénitude, nous, nous avons reçu grâce sur grâce." (Jean 1. 12 à 17)

Alleluia ! alleluia ! "Tu nous fais participer à ta propre nature divine." (Prière sur les offrandes de ce dimanche)



DIMANCHE 21 MAI 2017
SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES

Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 8. 5 à 17 : “Ils leur imposèrent les mains et ils recevaient l’Esprit-Saint.”
Psaume 65 : “Acclamez Dieu toute la terre !”
Première lettre de saint Pierre : 3. 15 à 18 :”Dans l’Esprit, il a été rendu à la vie.”
Evangile selon saint Jean : 14. 15 à 21 :”Il vous donnnera un autre Défenseur.”

***

VOUS RESTEREZ FIDELES

Nous ne pouvons lire, méditer et recevoir dans nos vies ces paroles du Christ, sans avoir conscience que les apôtres les ont entendues dans l’intensité des dernières heures terrestres du Verbe Incarné, qu’ils les ont méditées dès le moment de la Passion et de la Résurrection avec leurs compréhensions différentes, selon le moment qu’ils vivaient, le moment immédiat de l’échec qu’est la crucifixion, puis celui de l’enthousiasme de la Résurrection, et enfin la lente progression de leur foi, tout au long des années de leur prédication.

Le questionnement de leurs auditeurs engendrait aussi en eux-mêmes d’autres questionnements dont la réponse passait par leur connaissance du Christ, le Fils de Dieu qui avait partagé sa vie d’homme avec la leur.

Cette expérience vécue et transmise n’était pas sans provoquer en eux un approfondissement qu’ils ne traduisaient pas en longues dissertations théologiques ou mystiques, mais en reprenant fidèlement les paroles du Christ.

Elles pouvaient leur apparaître incompréhensibles au début, mais elles s’éclairaient avec le temps et la grâce de l’Esprit. Saint Pierre nous donne ce que pouvait être leur psychologie évangélique, si l’on ose parler ainsi, quand il dit :” Rendez compte de l’espérance qui est en vous.”

Voilà ce qui est la raison d’être de toute leur vie. Et quand il ajoute :“Faîtes-le avec douceur et respect”, Voilà ce qui est la pédagogie dont ils ont reçu le sens par le Christ qui leur avait dit :”Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur.”

A quoi saint Pierre ajoute :”Ayez un conscience droite”, non pas pour écraser vos adversaires ou pour les bousculer. C’est seulement “au moment où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ,” qu’il faut leur faire honte, les gêner dans leurs convictions fausses, sans violenter leurs consciences.

LA FIDELITE A L’ESPRIT SAINT

Saint Pierre, comme saint Jean, nous disent ce qu’est la fidélité “aux commandements de Jésus (Jean 14. 20) “Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal.” ...”C’est ainsi que le Christ est mort...Dans sa chair il a été mis à mort. Dans l’Esprit, il a été rendu à la vie.” Nous avons donc à vivre dans l’Esprit du Christ, l’Esprit de Vérité, qui est en nous.

La relation à Dieu est telle que l’homme ne peut vivre sa filiation divine sans que Dieu ne la lui confère par le Christ, dans le Christ, par l’Esprit, dans l’Esprit.

Les paroles de Jésus, au soir du Jeudi-Saint, nous révèlent tout le mystère de la Trinité si nous les mettons ensemble, en une réalité unique, parce que la réalité trinitaire est celle de l’unité la plus totale. “Je prierai le Père et il vous donnera l’Esprit...L’Esprit demeure auprès de vous et il est en vous... Je suis dans le Père, vous êtes en moi et moi en vous.

Ce mystère est celui-là même de l’Incarnation qui se réalisa par l’acceptation virginale de Marie :”L’Esprit-Saint viendra sur toi. La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. C’est pourquoi celui qui va naître sera Saint et sera appelé Fils de Dieu.” (Luc 2. 35) “Dans l’Esprit, il a été rendu à la vie.” (saint Pierre 3. 18)

UN “AUTRE” DEFENSEUR

Et qui donc est le premier ? Sinon le Christ lui-même, médiateur, intercesseur, avocat des pêcheurs que nous sommes, pour obtenir notre réconciliation.

Il est en effet caractéristique que tous ces moments où Jésus parle de l’unité entre lui et son Père, de lui-même avec nous, s’accompagnent comme une conséquence inéluctable de ces paroles :”Aimez-vous les uns les les autres comme je vous ai aimés.”

L’unité des disciples entre eux est inséparable de l’unité de Dieu en lui-même. L’amour est unique comme Dieu que nous aimons, parce qu’il nous aime.

La fidélité aux commandements n’est pas une fidélité à des lois contraignantes. C’est vivre la fidélité à la vérité dans la liberté de l’amour. D’ailleurs, le sens que l’on donne habituellement au terme de défenseur, en français, en limite en fait la réalité. Le mot grec, “paraclet”, est intraduisible parce qu’il est multiple par ses significations. S’il veut dire avocat, il veut dire, en même temps, qu’en restituant la vérité, il redonne à celui qui est considéré comme responsable ou coupable, toute sa dignité et toute sa richesse d’homme.

S’il peut être défendu, il peut être réhabilité car il vaut plus c’est qu’il est plus que l’acte immédiat qu’il a posé. Il peut tôt ou tard reprendre sa vie dans sa dimension réelle :”Vous êtes en moi et je suis en vous.”

Il se peut qu’à un moment donné, par faiblesse ou par aveuglement, nous nous soyons éloignés de cet amour de Dieu. Mais, lui, ne nous abandonnera pas. “Je ne vous laisserai pas orphelins” à condition de reconnaître de quel amour nous sommes aimés, et de quelle espérance nous vivons. « Qui nous séparera de l’amour que Dieu nous porte… rien » s’écriait saint Paul.

COHERENCE ET PROXIMITE

Les Actes des Apôtres qui sont lus pendant ce temps pascal nous apportent un enseignement fondamental sur l’expérience de l’Esprit-Saint dans l’Eglise après la Résurrection.

L’événement rapporté en ce dimanche pour les Samaritains convertis et baptisés par le diacre Philippe, est significatif. Ils n’ont pas reçu l’Esprit-Saint. Ce sont les apôtres qui, par l’imposition des mains, leur donnent cet Esprit-Saint qu’ils ont reçu du Seigneur pour le transmettre.

Cet acte devient le signe efficace, non seulement de leur adhésion à Dieu, mais de leur intégration dans l’Eglise.

Nous recevons, comme l’ont reçu les Samaritains, cette Vie divine, dans sa réalité trinitaire. L’Esprit-Saint est présence de Dieu qui nous permet de devenir et de vivre comme des fils, comme le Fils du Père. Il nous permet, Esprit de Vérité, d’être vivant avec celui qui est la Vérité.

Esprit qui donne la Vie, il nous permet d’être associé à celui qui est la Vie. Lorsque saint Paul donne de nombreux conseils d’ordre moral, ce n’est pas pour reconstruire une Loi dépassée, c’est pour faire vivre la cohérence de nous-mêmes avec ce don gratuit, dans l’accueil de l’Esprit, sans que rien ne puisse devenir un obstacle.

Le sacrement de confirmation n’est pas non plus le sacrement de la militance chrétienne. Il est le sacrement de la proximité de Dieu qui accueille ses enfants dans sa famille en leur donnant son Esprit.

La tradition des Eglises d’Orient, catholiques et orthodoxes, n’a jamais dissocié cette réalité, puisqu’elle réunit les sacrements qui “initient” la vie chrétienne en un même moment : le baptême, la confirmation et l’Eucharistie, quel que soit le degré de conscience de l’enfant qui en est marqué.

Qui peut en effet avoir conscience de l’infini du mystère reçu ? qui peut minimiser la richesse de ce don ? Nous ne pouvons seulement, (malheureusement hélas !) qu’en limiter ou qu’en contrecarrer l’apport en notre vie d’homme. Mais dès le moment où nous avons conscience de l’espérance qui est en nous, comme dit le P. Dimitri Doudko, nous avons à en témoigner.

Nous sommes fait pour répondre à la mission qui nous est donnée par la confiance que Dieu nous porte en nous faisons partager sa Vie par le Christ et dans l’Esprit

***

Que le mystère de Pâques reste présent dans notre vie et la transforme. (Prière d’ouverture de ce dimanche.) C’est le Seigneur, le Christ que vous devez reconnaître dans vos coeurs comme le seul saint ... dans l’Esprit, il a été rendu à la vie. (Saint Pierre)



DIMANCHE 28 MAI 2017
SEPTIEME DIMANCHE DE PAQUES

Références bibliques :

Lecture des Actes des Apôtres : 1. 12 à 14 : "D’un seul coeur, ils participaient à la prière."
Psaume 26 : "La seule chose que je cherche, c’est d’habiter la maison du Seigneur."
Lettre de saint Pierre : 1 Pierre 4. 13 à 16 :" afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera."
Evangile selon saint Jean : 17. 1 à 11 : "La vie éternelle, c’est de te connaître."

***

REVE OU UTOPIE ?

Cette petite communauté qui attend la venue de l’Esprit de Dieu nous paraît bien loin de celles dans lesquelles nous vivons. Les conditions ne sont pas les mêmes. Ils sont encore proches de Jésus, apôtres ou disciples qui sont là autour de la Mère de Jésus, Marie, et même les frères de Jésus qui ne l’avaient pas compris à Nazareth ou à Capharnaüm ( cf. Matthieu 12. 48)

Mais, après la Résurrection, ils rejoignent les disciples qu’ils ont connus durant la vie publique de Jésus. La description que donne saint Luc de la réalité vécue par la communauté de Jérusalem n’est peut-être pas celle qui est vécue dans nos communautés paroissiales ou ecclésiales

." Assidus à la prière"…..Nos rassemblements du dimanche connaissent des arrivées tardives, des participations irrégulières, des fidèles parfois les uns éloignés des autres, malgré le rite du "baiser de paix".

Les concentrations urbaines ne favorisent pas cet esprit communautaire, mis à part un petit groupe "dévoué ».

Jean Paul II l’a souvent évoqué d’ailleurs dans ces Lettres Apostoliques aux Eglises des divers continents, où l’Eglise connaît l’anonymat des mégapoles deshumanisantes.

Ce n’est peut-être pas le lieu d’en parler ici, mais ces textes de Jean Paul II sur la vie des communautés chrétiennes dans les mégapoles européennes ou américaines méritent qu’on les connaisse, s’y arrête, qu’on les médite, si l’on veut redonner un même cœur, vivre une même prière dans ces « immeubles de solitude » où les hommes attendent, sans la connaître, la Vie de Dieu.

TE CONNAITRE

L’Evangile de ce dimanche nous confie ce que la Tradition appelle, « la prière sacerdotale de Jésus. »

Au moment d’entrer dans le grand silence de sa Passion, le Christ, à haute voix, parle à son Père et ces paroles ont une grande signification. "La vie éternelle, c’est qu’il Te connaissent, Toi et Celui que tu as envoyé." Cette vie éternelle n’est pas la survie après la mort, puisqu’elle est, dès notre propre existence, une naissance, une « con-naissance » de Dieu.

Nul ne peut vivre de solitude pour s’épanouir. Il doit naître de l’autre, naître par l’autre dans le même temps qu’il donne à l’autre une véritable naissance quotidienne.

L’échange, le don et le partage créent la vie, comme elle est engendrée dans l’échange unique du Père, du Fils et de l’Esprit.

Saint Jean a retenu et médité cette parole de Jésus à son Père :" Je T’ai glorifié sur la terre...Je leur ai donné la Gloire que Tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux comme toi en moi, pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite" (Jean 17. 23).

En la reprenant, saint Irénée écrivait vers 180, cette formule célèbre :"La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu".

Cette gloire, maintes fois évoquée dans ces dernières paroles du Christ, signifie que c’est la plénitude de la vie qui se réalise en Dieu. C’est cela la Gloire. Et elle peut aussi se réaliser dans les disciples. La vie trinitaire est une vie d’unité. Quand nous vivons cette unité dans le Christ, nous sommes unis à dans la vie trinitaire. Et c’est une unité qui n’a rien à voir avec une simple sociabilité de bon aloi.

Il est difficile, même impossible d’exprimer ce mystère en quelques phrases. Et plus on en parlera sans le vivre dans le Christ, plus on risque de le « diluer ». Nous avons à le faire pressentir en une méditation priante et c’est à chacun de s’y introduire par la contemplation de la réalité vivante du Christ.

Pour reprendre les termes de saint Irénée, nous sommes des hommes vivants avec le seul Dieu, avec le vrai Dieu. « Ce que Tu m’as donné, je veux qu’ils soient eux aussi avec moi et qu’ils contemplent la Gloire qui est mienne et que tu m’as donnée." (Jean 17. 24) .... "La Vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent, Toi le seul Dieu, le vrai Dieu."

UNE DOUBLE DEMARCHE

"J’ai fait connaître Ton nom aux hommes... Ils ont gardé fidèlement Ta parole.... maintenant, ils savent... ils ont cru..." (Jean 17. 8)

Cette Vie éternelle résulte d’une double démarche : celle de Jésus qui la donne et celle de l’homme qui accepte de la recevoir et en vit au quotidien par la Foi. Plusieurs verbes actifs sont ici additionnés : connaître, garder, savoir, recevoir, croire.

La connaissance de Dieu est à prendre au sens vital : « Celui qui connaît Dieu par le Fils a déjà la vie éternelle », nous dit saint Jean.

Elle n’est pas à prendre et à comprendre au sens intellectuel du terme, elle ne s’impose pas de l’extérieur. Elle s’accueille librement. Si elle naît par la grâce de Dieu dans le mystère de la foi, elle s’épanouit dans la lumière d’une vie quotidienne toute disponible à cet accueil de la grâce. "La lumière est venue dans le monde et les ténèbres ne l’ont pas accueillie." (Jean 1. 5 à 11)

En chacun d’entre nous, il y a une part de ténèbres, celles du monde au sens johannique du terme. Une part de ténèbres qui, parfois, n’accueille pas le Christ selon son attente. C’est pourquoi il ne peut pas prier pour que ce monde reste comme il est, un monde de ténèbres.

Il ne peut que demander à son Père que la lumière existe afin qu’elle vienne en chaque homme : "Pour qu’ils aient ma joie en plénitude... Je prie pour ceux que Tu m’as donnés parce qu’ils sont à Toi. Garde-les dans Ton nom." (Jean 17. 13) « Pour qu’ils aient la Vie en abondance » avait-il dit à ses disciples (Jean 10. 10).

Judas s’est enfoncé dans la nuit. (Jean 13. 30) Au moment où les ténèbres couvrent le Calvaire, le bon larron, lui, entre dans la plénitude de la Gloire, parce qu’il a refusé de s’enfoncer dans la nuit de sa faute :"Garde-le dans Ton nom."

J’AI ACCOMPLI L’OEUVRE QUE TU M’AS DONNE A FAIRE

Au soir du Vendredi-Saint, Jésus pouvait terminer ainsi sa dernière prière sur la croix :" Tout est accompli" (Jean 19. 30). C’est le mot même qu’il avait prononcé, le soir du Jeudi-Saint, dans sa prière au Cénacle :"Je t’ai glorifié sur la terre, car j’ai accompli l’oeuvre que Tu m’avais donnée à faire." A nous maintenant d’accomplir cette oeuvre parmi et pour les hommes, nos frères :" Comme Tu m’as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde...je prie pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi." (Jean 18 à 20)

Il confie sa mission de Sauveur aux croyants que nous sommes.

"Nous Te rendons grâce car Tu nous as choisis de servir en Ta présence." (prière eucharistique 2) " Remplis de l’Esprit-Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. (prière eucharistique 3) "

*** "L’Esprit de Gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous", repose sur nous, nous dit saint Pierre en ce dimanche qui précède l’effusion de l’Esprit. (1 Pierre 4. 14) « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à Ta Gloire." (prière eucharistique 3) Quelle richesse pour notre vie spirituelle si nous méditions, à la lumière de la prière du Christ en sa dernière heure, ces prières eucharistiques que l’Eglise nous propose !....


DIMANCHE 4 JUIN 2017
LA VENUE DE L'ESPRIT-SAINT

Célébration de la Pentecôte
Références bibliques :


Lecture des Actes des Apôtres. 2. 1 à 11 : "Nous entendons dans nos langues proclamer les merveilles de Dieu."
Psaume 103 : "Tu envoies ton souffle. Ils sont créés; tu renouvelles la face de la terre."
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens : 12. 3 à 13 : "Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit."
Evangile selon saint Jean : 20. 19 à 23 : " Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : recevez l’Esprit-Saint."

***

UN ACHEVEMENT ET UN DEBUT

Il n’y a aucune discontinuité entre le Christ-Seigneur de la Transfiguration et l’Esprit de feu qui vient sur les apôtres au matin de la Pentecôte.

La différence est que ce jour-là, l’Esprit descendit "avec puissance". Les Actes nous disent que depuis plusieurs jours, ils étaient réunis en prière. Nul doute qu’ensemble ils aient évoqué avec la Vierge Marie, les événements, les paroles et les gestes du Christ Jésus durant les trois années qu’ils ont passées avec lui.

Ensemble, ils échangent, approfondissent, renouvellent le message vécu au quotidien et dont, sur le moment, ils n’avaient pas saisi toute la portée.

A la lumière de la Résurrection, ils relisent tout cela. Avec leurs caractères, avec leur expérience de la vie qui était la leur avant le Christ insère sa vie divine dans la leur, de leur enfance, à l'adolescence,de la virilité.

"Le jour de la Pentecôte étant arrivé..." c’est à la fois un achèvement et un début. Une voie nouvelle s’ouvre devant eux et ils s’y étaient préparés.

Nous aussi nous ne pouvons entrer dans la Pentecôte à l’improviste. Il nous faut comme eux durant cinquante jours avoir assimilé toute la substance spirituelle de cette période pascale. Il nous faut avoir eu l’expérience du Christ ressuscité.

UNIS A LA FOI DE TOUTE L’EGLISE

‘Ils se trouvaient tous ensemble... unis dans la prière". C’était l’Eglise naissante. Ils priaient tous ensemble et ils trouvent les conditions nécessaires à la réception du Saint-Esprit.... Il y a 50 ans que tout s'est changé par cette résurection du Seigneur.

Il nous faut, à certains moments, nous retirer et nous enclore dans la chambre haute de notre âme. Mais nous ne pouvons les vivre séparés du Corps qu’est l’Eglise.

"Les fonctions... les activités ... les dons sont variés. C’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps" (Saint Paul aux Corinthiens. 12. 13) Qui veut ignorer l’autorité des apôtres ou se passer de la présence maternelle de Marie ne peut recevoir l’Esprit-Saint dans la vérité.

CHACUN D’EUX LES ENTENDAIT DANS SA LANGUE.

La Pentecôte rétablit l’unité du langage et de la compréhension. L’orgueil des hommes les avait divisé aux jours de la tour de Babel. L’humble disponibilté nous met à l’écoute de Dieu et chacun peut entendre cette unique Parole.

Le langage de l’Esprit - du moins dans son sens intérieur - est aujourd’hui encore accessible à tous les hommes, à toutes les races, à toutes les nations. Le même Esprit transmet un message universel que chaque âme reconnaît cependant comme le sien propre.

Différent selon les révélations et les Sagesses que nos limites humaines ont découvert.

Mais l’Esprit de Dieu est à l’œuvre « en tout homme qui le cherche avec droiture » selon la prière eucharistique. Mais ce langage n’est pas le nôtre. Il est " selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer..."

Il nous faut là souligner l’importance de cette parole donnée par l’Esprit. Un danger serait de la recevoir comme si c’était notre bien propre, et la transmettre comme si elle émanait de nous. La Parole est donnée à l’Eglise pour tous les temps.

Nous n’avons donc pas à nous approprier nos charismes, ni à interpréter cette Parole hors de l’Eglise. C’est elle qui est l’assurance de la fidélité à la pensée de Dieu, lui seul est charismatique, lui seul est la Vérité. C’est à cette condition que la Parole « donnée » gardera sa valeur d’universel.

ASSOCIES AUX LITURGIES QUOTIDIENNES

Nous sommes associés à cet Esprit par les Pentecôtes déjà nombreuses auxquelles, chaque année, nous nous sommes liturgiquement associés.

Mais à nous de ne jamais cesser de vivre et de transmettre dans l’Esprit, l’exigence missionnaire du Seigneur :"Vous serez mes témoins..."

C’est dans cette perspective que nous devons entendre les textes des prières eucharistiques quotidiennes, les entendre et leur donner toute leur résonance spirituelle :

- Prière eucharistique 2 :"Que nous soyons rassemblés par l’Esprit-Saint en un seul corps." pas seulement nous les fidèles, mais l’Eglise qui est corps du Christ.
- Prière eucharistique 3 : "C’est toi qui donnes la vie, c’est toi qui sanctifie toutes choses par ton Fils Jésus-Christ notre Seigneur ... avec la puissance de l’Esprit-Saint." - "Remplis de l’Esprit-Saint, accordes-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ."
- Prière eucharistique 4 : "Il a envoyé d’auprès de toi, comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification." -

"Rassemblés par l’Esprit-Saint en un seul corps pour qu’il soient eux-mêmes dans le Christ une vivante offrande à la louage de ta Gloire." La liturgie rénovée par Vatican II redonne à l’Esprit-Saint son œuvre de consécration. Ce n’est pas le souffle des mots prononcés par le prêtre célébrant qui donne présence au Corps et au Sang du Christ.

C’est l’Esprit-Saint lui-même à qui le prêtre demande d’être le consécrateur, le Sanctificateur.

***
Puissions-nous, par-delà la répétition de ces prières, ne jamais les entendre d’une manière indifférente. Elles devraient au contraire nous laisser dans un long silence de contemplation, d’admiration, d’adoration, selon la salutation qui ouvre chaque liturgie :"La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit-Saint soient toujours avec vous."
 


retour à la page d'accueil