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FETES DES SAINTS
parmi tant d'autres ...

du 13 au 30 juin

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe




Mardi 13 juin
SAINT ANTOINE DE PADOUE (+ 1231
)

Né à Lisbonne, ce contemporain de saint François d’Assise s’appelait en réalité Fernando. De famille noble aux traditions militaires, il entra tout jeune chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin à Coïmbra où il fut ordonné prêtre. En 1220, quand les restes des premiers martyrs franciscains furent ramenés du Maroc au Portugal, il entra chez les Frères Mineurs et prit le prénom d’Antoine. Il désirait lui aussi aller au Maroc afin d’y mourir martyr. Tombé malade pendant le voyage, il dut rentrer en Europe. En 1221, il est à Assise au chapitre de l’Ordre et ses frères découvrent alors ses talents de prédicateur et de théologien. Ayant remplacé "au pied levé" un prédicateur empêché, il étonne sesfrères qui, désormais, l’envoient prêcher plutôt que de balayer. Avec la permission de saint François, li enseigne à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. A Brive-la-Gaillarde, on conserve même le souvenir des grottes où il se retira quelque temps dans la prière solitaire. C’est aussi dans cette ville qu’il retrouva miraculeusement un manuscrit dérobé, y gagnant du même coup sa spécialité posthume pour lui faire retrouver les objets perdus. En 1229, il est élu provincial de l’Italie du Nord. La fin de sa vie est dominée par la prédication où il excelle. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C’est là qu’il meurt d’épuisement à 36 ans, dans cette ville qui le vénère et qui lui donne son deuxième nom, saint Antoine de Padoue. Il est "Docteur de l’Eglise", mais la piété populaire préfère en lui l’intercesseur efficace.

« Le buis qui ne monte pas en hauteur, ne porte pas de fruits comestibles. Mais il reste toujours vert et ressemble ainsi aux chrétiens qui gardent la foi comme perpétuelle verdure. En effet le mot vert s’applique à celui qui garde sa vertu. » (Sermon de saint Antoine)

Mercredi 14 juin
SAINT METHODE (+ 847)


Ce futur patriarche de Constantinople est né à Syracuse en Sicile et se rendit à Constantinople pour y parfaire ses études. Il voulait faire brillante carrière, mais la rencontre avec un moine lui fit préférerla perfection monastique. Comme il était un intellectuel, on lui confia la charge de copiste. C’était l’époque de la persécution iconoclaste.Il prit la défense du culte des saintes images, et, pour cette raison, il dut s’enfuir et se réfugier à Rome auprès du Pape. Mais le pape le renvoie à Constantinople soutenir les partisans des Images, les icônes. Méthode est arrêté, flagellé et enfermé durant 9 ans dans un étroit cachot. Libéré à la mort de l’empereur, il est cependant mis en liberté surveillée car le nouvel
empereur craint son esprit d’indépendance. Devenu patriarche de Constantinople, il fait triompher les Images, cherchant à ramener la paix dans l’Eglise, indulgent envers ceux qui ont failli durant la persécution. Des moines intransigeants l’accusent. Malgré cela, il restera conciliateur jusqu’à sa mort.

Le jeune Méthode débarque à Constantinople et un moine l’aborde : « Bel adolescent, tu viens ici pour acquérir faveurs et dignités. Recherche donc plutôt une gloire qui dure et que nul remords n’accompagne. » Et l’adolescent est devenu ainsi saint Méthode.

Jeudi 15 juin
SAINTE GERMAINE DE PIBRAC (+ 1601)


Germaine Cousin était née scrofuleuse, laide et difforme. Sa mère mourut quelque temps après sa naissance et son père n’avait qu’aversionpour elle. Il se remaria et la belle-mère la haïssait. Ils l’obligèrent à coucher sous l’escalier sur des sarments, lui donnant le minimum de nourriture et lui faisant défense d’adresser la parole aux enfants de sa belle-mère. Il en fut ainsi de l’âge de neuf ans jusqu’à celui de vingt-deux ans où elle mourut. Elle passait son temps avec les bêtes, aux champs. Ne sachant pas lire, elle récitait son chapelet. Mais tous les matins, elle entendait la sainte Messe laissant son troupeau qui jamais ne causa de dégâts chez les voisins, restant dans les limites qu’elle lui marquait avant de partir. Elle parlait avec Dieu et cela était pour elle toute joie. On la surnomme la bigote, mais son unique réponse aux railleries est une inlassable charité. Ele ne fut rien d’autre toute sa vie qu’une pauvre bergère et ne connut que les prés et les bêtes. Un matin son père la trouva morte sous l’escalier et, à partir de ce moment, les miracles ne cessèrent d’authentifier sa sainteté. Elle fut canonisée en 1867.

« Vous avez été souffrant comme beaucoup. Vous avez été patiente. Vous n’avez ni juré ni blasphémé. Vous avez été courageuse et vaillante. Vous n’avez gardé que des moutons. Vous avez sué aux labours et aux fenaisons. Vous n’avez pas gémi. Vous avez souri. Conservez-nous le sourire. » (Cardinal Saliège. Prière à sainte Germaine)

Vendredi 16 juin
SAINT JEAN FRANCOIS REGIS (+ 1640)


Né à Fontcouverte dans l’Aude, ce gentilhomme terrien était aussi intelligent que séduisant et fort. Il entra très tôt dans la Compagnie de Jésus et il avait rêver d’aller missionner chez les Iroquois. Il fut envoyé dans les Cévennes, où il fut l’un des plus grands prédicateurs du 17ème siècle, parcourant le Velay, le Vivarais et le Forez, des régions qui avaient été très marquées par les Guerres de Religion. Il meurt d’épuisement au bourg de La Louvesc et depuis les pèlerins ne cessent d’y affluer.

« Dieu vous a placé dans l’opulence pour être les ministres de sa providence et les économes des miséreux. » (Répartie de saint François Régis à des riches) »Cher ami, ce n’est pas à vous, c’est à moi de vous remercier. Pardonnez-moi d’avoir songé si tard à vous secourir. » (Répartie de saint François Régis à un malade)

Samedi 17 juin
SAINT HERVE (+ 568)


A part saint Yves de Tréguier, il n’est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne. Il était né dans une famille de bardes. Guidé par un loup, selon la légende, il mena une vie de pèlerin. Un jour cependant, il se fixa à Plouvien, puis à Lan-Houarneau (Herwan ou Hervé en breton) où il se consacra à Dieu pour en chanter les louanges dans le monastère qu’il y fonda. Saint Hervé-22460.

« Lorsque saint Hervé rendit l’âme, avec moult évêques alentour, Christine était à son chevet, à genoux, tête inclinée. Une alouette fut ouïe qui chantait : Voici la barque qui rentre au port. » (Cantilène bretonne)

Dimanche 18 juin
SAINT LEONCE (4ème s.)


Soldat phénicien en garnison à Tripoli au Liban, il fut inculpé du crime de prosélytisme car il ne craignait pas de prêcher l’Evangile par la parole et par l’exemple. Ce qui lui valut d’être décapité après d’affreuses tortures dont celle d’être pendu, nu, la tête en bas, avec une lourde pierre attachée au cou, qui l'étouffe lentement. Son culte devint rapidement populaire dans l’Eglise syrienne qui était la sienne.

« Contre toute perversion de l’Evangile, il nous faut souvenir ce qu’est la vie évangélique. L’Evangile en lui-même comporte plus que tout. En lui se trouve la vie nouvelle que l’Esprit sème en nous avec tant de générosité. » (Lectionnaire Emmaüs)

Lundi 19 juin
SAINT ROMUALD (+ 1027)


Ce jeune homme plein d’avenir de la noblesse de Ravenne assiste à 20 ans au meurtre d’un de separents. Bouleversé, il se fait moine au monastère bénédictin de Saint-Apollinaire « in Classe ». Ne trouvant pas au monastère l’austérité parfaite que recherche sa soif d’absolu, il le quitte au bout detrois ans et se fait ermite, pérégrinant dans la lagune vénitienne. En, 978, avec quelques compagnons, il part pour le monastère de Saint Michel de Cuxa dans les Pyrénées où il vit en ermite une dizaine d’années. Lorsqu’il décide de regagner Ravenne pour des raisons familiales, sa réputation de sainteté est si bien établie que des paysans pyrénéens tentent de l’assassiner pour garder au moins ses reliques.
Romuald parcourt alors l’Italie, ramenant nombre d’ermites à une vie régulière en adaptant la Règle de Saint Benoit aux exigences de la vie solitaire. Sa rigueur, effrayante parfois, est à la mesure de sa soif d’absolu toujours plus délirante. Vers 1012, un grand seigneur lui fait don d’un domaine à Camaldoli en Toscane, dont il fera le premier ermitage des Camaldules. Troublé dans sa solitude par de nombreux visiteurs, il se retire dans un monastère isolé où il mourra. Saint Pierre Damien, l’un de ses plusillustres disciples, écrira sa vie.

« Romuald, mon garçon, si tu laissais faire la divine grâce en ton âme, que ne réaliserais-tu pas ! Mais tu veux agir par toi-même et tu gâtes tout ! » (Vie de Romuald par Pierre Damien)
« Ne pleurez pas trop ! les larmes troublent la vue et peuvent obscurcir l’intelligence. » (Vie de Romuald)

Mardi 20 juin
SAINT NICOLAS CABASILAS (+ 1391)


Dès sa jeunesse, il reçut la formation spirituelle d’un des disciples de saint Grégoire Palamas et fréquenta les cercles de Thessalonique qui s’adonnaient à la prière de Jésus. Puis il alla poursuivre sesétudes à l’Ecole de Philosophie de Constantinople, mais il resta très soucieux des problèmes sociaux et politiques de son époque. Lors des émeutes de la guerre civile à Thessalonique contre le pouvoir impérial, il réussit de justesse à échapper à la mort. Plus tard, il se déclara favorable à un concile d’Union avec l’Eglise latine, mais sans compromis doctrinal. La guerre civile reprit et saint Nicolas se retira des affaires publiques en venant à Constantinople et composa deux livres majeurs
"L’interprétation de la sainte Liturgie" et une "Vie de Jésus". Empruntant la voie hésychaste, ilrappelle que la déification et l’union au Christ constituent le but de la vie spirituelle de tout chrétien, transfigurant ainsi la culture humaniste de son temps pour se faire le docteur de "l’hésychasme sacramentel".

«  O grandeur des mystères ! Il est donc possible que l’esprit du Christ se fonde avec notre esprit et son vouloir avec notre vouloir, que son corps soit mélangé à notre corps et son sang à notre sang ! Que devient notre esprit quand l’esprit divin s’en est rendu maître ! que devient notre vouloir quand le vouloir bienheureux le subjugue ! » (Saint Nicolas Cabasilas - La vie en Christ)

Mercredi 21 juin
SAINT LOUIS DE GONZAGUE (+ 1591)


C’est un saint rayonnant de pureté qu’il nous est donné de fêter. Promis aux plus hautes destinées car il était fils de la haute aristocratie italienne, il fut d’abord page à la cour de Florence. Il avait 9 ans. Dans cette atmosphère fastueuse et corrompue des cours italiennes de la Renaissance, il répond aux dépravations qui l’entourent par un voeu de chasteté. Il rencontre saint Charles Borromée qui lui donne sa première communion. Envoyé à la cour de Madrid pour parfaire son expérience princière, il revient décidé à devenir jésuite. Il a 17 ans. Son père s’y oppose farouchement, mais doit se plier à la volonté inébranlable de son fils. Novice à Rome, saint Louis y sera l’élève de saint Robert Bellarmin. Il multiplie les austérités au point d’avoir un mal de tête lancinant. Il étudie intensément. Sa vie spirituelle est alors douloureuse et tourmentée. A 22 ans, il reçoit la révélation que sa vie sera brève. et abandonnée à Dieu. En 1591, la peste ravage Rome. Louis se dévoue auprès des malades et meurt, pestiféré à son tour, à 23 ans, dans l’allégresse en s’écriant :"Quel bonheur !"

« Une âme agitée par le vent des passions ne peut refléter Dieu. » (Saint Louis de Gonzague)
« La bonté divine est un immense océan. Plus je m’y plonge, plus je m’y perds. » (Saint Louis de Gonzague)

Jeudi 22 juin
SAINT THOMAS MORE (+ 1535)


Fils d’un haut magistrat londonien, il se distingue par son intelligence, sa bonne humeur et sa piété. Une apparente vocation religieuse le conduit à la Chartreuse de Londres, mais il n’est pas fait pour la solitude contemplative. Il est bâti pour la vie active dans le monde. Très vite, il se révèle un des plus grands juristes et un des humanistes les plus cultivés de son temps. L’amitié d’Erasme et la publication de "L’Utopie" (une vision humoristique d’une république idéale) le placent au premier rang de la nouvelle culture et des aspirants à un renouveau religieux. Avec cela, son réalisme, son humour, sa clairvoyance souriante le font reconnaître du roi Henri VIII d’Angleterre comme un magistrat exceptionnel. D’où sa promotion aux fonctions de Lord-chancelier du Royaume. Mais les années de rêve dans sa résidence de Chelsea, au milieu d’une nombreuse famille, débordante de gaieté, de ferveur et d’hospitalité, ne se prolongent pas longtemps. Ni sa lucide intégrité ni sa foi éclairée ne lui permettent de suivre Henri VIII dans le schisme où les errements conjugaux du roi allaient s’engager. Sir Thomas More, fidèle à la
foi catholique, bien qu’ayant renoncé à ses haute fonctions pour garder sa liberté de jugement, paiera de sa tête cette fidélité.

« On me reproche de mêler boutades, facéties et joyeux propos aux sujets les plus graves. Avec Horace, j’estime qu’on peut dire la vérité en riant. Sans doute aussi convient-il mieux au laïc que je suis, de transmettre sa pensée sur un mode allègre et enjoué, plutôt que sur le mode sérieux et solennel, à la façon des prédicateurs. » (Saint Thomas More - L’Utopie)

Vendredi 23 juin
SAINTE MARIE D’OIGNIES (+ 1213)


Marie appartenait à une famille aisée de Nivelles en Belgique. Elle ressent très jeune l’appel à une vie consacrée, mais ses parents la marient à 14 ans. A cette époque, c’était est difficile d’en discuter. Pour son bonheur, son époux, Jean, partage sa soif d’absolu. Tous deux vivront comme frère et soeur. Ce n’est pas suffisant : ils distribuent leurs richesses et se dévouent auprès des lépreux. Ce n’est pas encore assez :Jean et Marie se séparent, à grand chagrin sans doute mais pour eux c’est la volonté de Dieu. Ils mèneront chacun de leur côté la vie contemplative et apostolique. Marie se retire dans un ermitage du prieuré Saint Nicolas d’Oignies, près de Namur. Des disciples se rassemblent autour d’elle.
Parmi eux, Jacques de Vitry, son futur biographe, qui deviendra un ardent prédicateur et l’évêque de Saint Jean d’Acre. Tout en pratiquant une ascèse digne des Pères du Désert, elle éprouve des extases mystiques et des visions évangéliques. Marie sert ses compagnons et continue de soigner les lépreux. Elle fait partie de ces béguines, nombreuses dans le Nord, mais aussi en Provence, en Catalogne, en Sicile, qui vivent dans le monde, y menant une vie de consacrée.

« Elle se mit à désirer à tel point la pauvreté qu’elle prit avec elle un simple sac pour y mettre les aumônes qu’on lui donnait, un gobelet pour boire de l’eau et elle se contenta de haillons pour vêtements. » (Jacques de Vitry)

Samedi 24 juin
SAINT JEAN BAPTISTE (1er s.)


L’ange Gabriel dit à Marie au jour de l’Annonciation :" Voici qu’Elisabeth, ta parente, en est à son sixième mois." Trois mois plus tard, l’Eglise fête donc la naissance de Jean-Baptiste, le précurseur du Messie. Parce qu’un doute l’avait saisi, lors de l’annonce de l’ange, sur la fécondité tardive de sa femme, Zacharie l’époux d’Elisabeth, avait perdu l’usage de la parole. La naissance de Jean lui délie sa langue afin qu’elle proclame " Son nom est Jean." Nom qui signifie, Dieu fait grâce. A Jean, Jésus rendra ce témoignage :" Parmi les enfants des femmes, il n’en est pas un de plus grand que Jean-Baptiste." Dès avant sa naissance, Jean avait reconnu le Christ et tressailli d’allégresse en sa présence. Plus tard, il le baptisera et guidera vers lui ses meilleurs disciples, s’effaçant pour lui laisser la place "Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite. Il faut qu’il grandisse et que je diminue."

« Jean naît d’une vieille femme stérile. Il est au terme des Prophètes. Le Christ naît d’une jeune vierge. Il est l’avenir Dieu. La naissance de Jean affronte l’incrédulité et son père devient muet. Marie croit à la naissance du Christ et elle l’engendre par la foi. » (Saint Augustin - Sermon sur la naissance de Jean Baptiste)

Dimanche 25 juin
SAINT GEORGES D’ATTALIA (+ 1823)


Capturé par l’aga de la région, il se convertit à l’Islam et l’aga le maria à sa propre fille. Mais il voulut revenir à la foi de sa famille. Après plusieurs années, il s’enfuit sous le prétexte de se rendre en pèlerinage à La Mecque. Il s’installa à Krinée et se maria avec une jeune chrétienne. Lors de la Révolution grecque, le pacha reconnut Georges, lui reprocha d’avoir abandonné sa fille. Quand il entendit qu’il était désormais chrétien, il le fit emprisonner, le soumit à la torture en lui versant de l’huile bouillante sur le corps, puis il le fit pendre. Des chrétiens en cachette avaient pu faire parvenir à saint Georges le Corps et le Sang du Christ. Son corps fut recueilli par un navire grec qui le transporta en Russie.

«  C’est vous, ô Jésus, qui mettez ces paroles en ma bouche et qui m’accordez la grâce de les accomplir. De moi-même je n’ose rien promettre : toutes mes espérances sont en vous. Vous nous commandez de lutter et vous nous faîtes vaincre. » (Saint Prosper d’Aquitaine, fêté aussi de 25 juin)

Lundi 26 juin
SAINT ANTHELME (+ 1178)

Il était né au château de Chignin en Savoie non loin de Chambéry et préféra la solitude de la prière avec le Christ à la vie mondaine et chasseresse des grands seigneurs. Il reconstruisit la Grande-Chartreuse qu’une avalanche avait détruite et en devint le septième prieur. Ce fut lui qui fonda les premières chartreuses pour les femmes désireuses de mener une vie érémitique. Comme il avait dû punir deux de ses moines qui le méritaient, ceux-ci firent appel au pape Alexandre III, qui d’abord les soutint. Pour que règne la paix, saint Anthelme donna sa démission et rentra joyeusement dans le rang. Mais son bonheur dura peu. Le pape, mieux informé, revint sur sa décision, et pour comble, le nomma
évêque de Belley. Il s’était pareillement brouillé avec l’empereur Frédéric Barberousse pour avoir refusé Victor IV, un antipape de fabrication impériale.. L’empereur se réconcilia avec saint Anthelme et l’éleva, lui et ses successeurs, à la dignité de prince-électeur du Saint Empire romain germanique. Il tenta en vain de servir de médiateur entre saint Thomas Beckett et le roi Henri II d’Angleterre.

« Nous recevons l’esprit d’amour qui vient en aide à notre faiblesse afin que nous chantions la joie d’être aimés de Dieu et de l’aimer. Le reste importe peu de ce que pensent de nous les hommes si nous restons fidèles à l’amour que Dieu nous demande de vivre et de transmettre. » (Lectionnaire d’Emmaüs)

Mardi 27 juin
SAINT CYRILLE D’ALEXANDRIE (+ 444)

Docteur de l’Eglise. Patriarche d’Alexandrie en Egypte, comme l’avait été son oncle, il fut un écrivain fécond et un grand pourfendeur d’hérésies. Il était violent, intransigeant et de tempérament dictatorial. Il contribua ainsi à persécuter et à faire destituer saint Jean Chrysostome. Il fit
fermer les églises des "schismatiques" d’Alexandrie et chasser les juifs de cette ville. Il ameuta les moines de Nitrie contre le préfet impérial qu’il détestait. Plus que pour ces mérites douteux, sa gloire est sans aucun doute d’avoir été l’âme du concile d’Ephèse en 431 où fut condamné Nestorius, le patriarche de Constantinople, pour qui le Verbe de Dieu avait habité dans la chair "comme dans une tente" et n’était pas homme véritablement. C’est le concile d’Ephèse qui proclama la bienheureuse Vierge Marie, "Mère de Dieu" ou "Theotokos". Comme quoi aussi, les mauvais caractères peuvent devenir des saints.

« Je trouve très surprenant qu’il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l’a porté et mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? Telle est la foi que nous ont transmise les Saints Apôtres, même s’ils n’ont pas employé cette expression. » (Saint Cyrille - Lettre aux moines d’Egypte en 431)

Mercredi 28 juin
SAINT IRENEE (+ 202)

Irénée venait d’Asie Mineure comme beaucoup d’autres dans cette vallée du Rhône. Dans sa jeunesse, il avait été disciple de saint Polycarpe de Smyrne qui avait été lui-même un disciple de saint Jean l’Apôtre. C’est peut-être ce qui lui donna le sens aigu de la tradition dans l’Eglise : transmission d’homme à homme du dépôt de la foi. On le retrouve à Lyon. On ne sait pourquoi, car il ne s’est pas expliqué sur les raisons de son voyage. On ne sait pas non plus comment il échappe à la grande persécution qui décime les Eglises de Lyon et de Vienne. Etait-il en mission à Rome comme on l’a dit ? En tous cas, il succède à saint Pothin l’évêque de Lyon , mort martyr pendant cette persécution. Il ne cesse
de se dépenser au service de la paix des Eglises. Un grand danger le préoccupe : les doctrines gnostiques qui se répandent dangereusement. Elles nient l’Incarnation du Fils de Dieu et mettent en péril l’intégrité de la foi. Saint Irénée les étudie très minutieusement, enquête, interroge, lit. Armé par cette connaissance approfondie de l’adversaire, il rédige un important traité "Contre les hérésies" pour réfuter ces doctrines ésotériques. En même temps, il intervient auprès du pape pour l’empêcher d’exclure de la communion de l’Eglise les communautés qui fêtent Pâques à une autre date que l’Eglise romaine. Il n’oubliait pas que son nom signifie :"le pacifique". L’intelligence, la charité et le sens de la
Tradition apostolique resplendissent dans ses oeuvres. Il fut le premier grand théologien de l’Eglise d’Occident et mourut peut-être martyr.

« Il est meilleur et plus utile d’être ignorant et de peu de savoir, mais de s’approcher de Dieu par l’amour, que de se croire savant et habile au point de se trouver blasphémateur à l’égard de son Seigneur pour avoir imaginé un autre Dieu et Père que Lui. » (Saint Irénée - Contre les hérésies II.26)

Jeudi 29 juin
SAINT PIERRE ET SAINT PAUL (1er siècle)

On ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l’Eglise et jamais la Tradition ne les a fêtés l’un sans l’autre. L’Eglise romaine, c’est l’Eglise de Pierre et de Paul, l’Eglise des témoins directs qui ont partagé la vie du Seigneur. Pierre était galiléen, reconnu par son accent, pécheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Paul était un juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure, mais pharisien et, ce qui est le plus original, citoyen romain. Tous deux verront leur vie bouleversée par l’irruption d’un homme qui leur dit ;"Suis-moi. Tu t’appelleras Pierre." ou "Saul, pourquoi me persécutes-t-? Simon devenu Pierre laisse ses filets et sa femme pour suivre le rabbi. Saul, devenu Paul se met à la
disposition des apôtres. Pierre reçoit de l’Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde :"Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Paul, ravi jusqu’au ciel, entend des paroles qu’il n’est pas possible de redire avec des paroles humaines. Pierre renie quand son maître est arrêté, mais il revient :"Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime." Paul, persécuteur des premiers chrétiens, se donne au Christ :" Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi." Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l’Eglise :"Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise." Paul devient l’apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité.

« En un seul jour, nous fêtons la passion des deux Apôtres, mais ces deux ne font qu’un. Pierre a précédé, Paul a suivi. Aimons donc leur foi, leur existence, leurs travaux, leurs souffrances ! Aimons les objets de leur confession et de leur prédication ! » (Saint Augustin - Sermon pour la fête des saints Pierre et Paul)

Vendredi 30 juin
SAINT GEORGES D’IVIRON (+ 1065)


Né à Trialéti en Géorgie, il fut consacré à Dieu au monastère de Jhakhouli et initié aux Saintes Ecritures par son oncle. Attaché ensuite au service d’un noble géorgien de Constantinople, il reçut une instruction grecque très complète auprès des philosophes et des hommes d’Eglise. De retour en Géorgie il prit l’habit monastique, s’en fut en Terre Sainte et resta quelque temps au monastère Saint Romain d’Antioche. C’est de là qu’il partit pour le Mont-Athos. Il fut d’abord chargé des plus humbles tâches, mais on reconnut sa science et il se remit aux études, tout en devenant higoumène. Dix ans plus tard nous le retrouvons dans la région d’Antioche, chargé par le roi Bagrat IV de Géorgie de missions
diplomatiques. Il repartit ensuite pour l’Athos au monastère d’Iviron (Monastère des Ibères ou géorgiens). Il traduisit les oeuvres des Pères de l’Eglise en langue géorgienne et il est honoré comme l’un des maîtres de la langue et de la littérature géorgiennes.

« La grâce de l’apostolat ne se limite pas à la prédication de la Bonne Nouvelle. Elle s’étend tous les saints qui ont contribué à l’édification de l’Eglise par leur témoignage de la Résurrection. » (Synaxaire de l’Eglise orthodoxe)