FETES DES SAINTS
parmi tant d'autres ...

du 16 au 31 août

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe





Mercredi 16 août
SAINT ETIENNE (+ 1038
)

Roi de Hongrie, il fut le premier à consacrer un royaume à la Vierge Marie. Il avait été baptisé lors de la conversion de son père vers 982. Il épousa sainte Gisèle, la soeur de l’empereur d’Allemagne Henri II. Couronné roi de Hongrie avec l’approbation du pape Sylvestre II, il
consacra les quarante années de son règne à organiser et christianiser son nouveau royaume, fondant huit évêchés et de nombreux monastères, faisant venir des missionnaires de Bavière ou de Bohême, construisant de nombreuses églises pour les fidèles. Il a laissé le souvenir d’un grand roi, d’un homme irréprochable et d’une immense bonté.

« Sois humble pour que ce soit Dieu qui t’élève, ici-bas et dans le monde futur. Sois modéré et ne châtie ni ne condamne personne outre mesure. Sois doux, pour ne jamais violer la justice. Aie le cœur noble et n’inflige jamais de honte à qui que ce soit, par un premier mouvement. » (Saint Etienne - Conseils à son fils)

Jeudi 17 août
SAINT DIMITRIOS LE JEUNE (+ 1808)


Originaire de Samarine en Epire, il parcourait la région en soutenant les populations après l'insurrection manquée contre les Turcs et en prêchant l'Evangile, jusqu'au jour où il fut arrêté. Il connut la torture des roseaux enfilés sous les ongles, puis il fut pendu par les pieds au dessus- d'une fournaise où brûlaient des bois résineux et enfin, il fut emmuré en laissant seulement la tête sortir à l'air libre, sans boire ni manger, ni pouvoir faire un mouvement. Il mourut après dix jours de cet horrible supplice.

« Quand Dieu nous tient, il n’est aucun lien qui ne nous fasse souffrir, puisque celui que nous impose les hommes nous attache à Dieu qui est amour suprême et joie à venir. » (Lectionnaire Emmaüs)

Vendredi 18 août
SAINTE HELENE (+ 300)


Impératrice et mère de l’empereur Constantin. Fille de domestiques et servante d’auberge , elle avait été choisie comme épouse de second rang par le centurion Constance Chlore qui la répudia vingt ans plus tard lorsqu’il devint César. Il la laissa dans un exil doré à Trèves avec son fils, né en Serbie à Nish. Il épousa une princesse impériale, mais se montra toujours bon pour saint Hélène. Quand ce fils fut porté au trône impérial de Rome par ses légions stationnées en Gaule sous le nom de Constantin, le nouvel empereur ne cessa de combler d’honneurs sa mère et la fit venir à Rome, lui construisant un palais magnifique, lui conférant des monnaies frappées à son effigie, couronnée du diadème royal. Chrétienne, elle se rendit en pèlerinage en Palestine où elle veut recueillir les précieuses reliques de la Passion et où elle lance la construction de trois basiliques pour protéger les Lieux Saints et les “grottes mystiques” chères aux chrétiens : celle de Bethléem, celle où le Christ fut déposé dans l’attente de la Résurrection, celle des enseignements. Elle meurt à Nicomédie au retour de la Terre Sainte. La servante d’auberge fut transportée à Rome où l’on voit encore au Vatican le sarcophage de porphyre qui contient ses reliques.

« Resplendis, vivifiante Croix du Seigneur . Des rayons de ta grâce, illumine le cœur de ceux qui te vénèrent et t’embrassent pieusement. Manifeste la splendeur de ta beauté, accorde tes dons et tes bienfaits aux fidèles qui implorent avec toi, ta puissante protection et la grâce du salut. » (Triode du Carême - Liturgie grecque)

Samedi 19 août
SAINT JEAN EUDES (+ 1680)


Il est contemporain de saint Vincent de Paul et sa vocation s’explique en grande partie par la situation religieuse de la France à son époque. Le peuple, écrit-il, «avait remplacé la foi par la sorcellerie et la superstition »; les puissants « donnaient l’exemple de tous les vices »; les prêtres étaient « ignorants et souvent corrompus, abandonnant leur troupeau dès qu’apparaissaient la peste ou une épidémie ». Pour y remédier, s’appuyant sur ses dons évidents pour la prédication, il organise des « missions paroissiales », en Bretagne, en Normandie, en Bourgogne et jusqu'à la cour du roi Louis XIV, pour une annonce systématique de l’Evangile, près de cent quinze missions entre 1632 et 1675. Pour mieux se consacrer à cet apostolat, il quitte l’Oratoire en 1643 et fonde, à Caen, « la Congrégation de Jésus et de Marie » (les Pères eudistes), qui se voue aux missions ainsi qu’à la fondation des séminaires pour la formation d’un meilleur clergé. En 1642, il crée également “l’Institut Notre-Dame de Charité”, dont les religieuses se consacreront, entre autres ministères, à la réhabilitation des femmes prostituées. Son action s’appuie sur la compassion du cœur de Marie et la miséricorde du coeur de Jésus. Ayant renoncé à la charge de premier supérieur général de sa congrégation, il s’éteint à Caen en 1680, à l’âge de soixante-dix neuf ans.

« Je désire que toutes les choses qui ont été, sont et seront, dans l’ordre de la nature, de la grâce et de la gloire, soient autant de voix qui vous disent continuellement et à jamais, pour moi et de ma part : je vous aime, je vous aime, ô Seigneur Jésus ! » (Prière de saint Jean Eudes)

Dimanche 20 août
SAINT BERNARD (+ 1152)


A quoi pouvait rêver dans l’éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne? De chasses ou de tournois ? de chants de guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l’âge de vingt-trois ans. D’autant qu’il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d’absolu...Dès 1115, après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l’abbaye dont il restera père-abbé jusqu’à sa mort. Mais loin de rester cloîtré il parcourt les routes d’Europe devenant, comme on a pu l’écrire, « la conscience de l’Eglise de son temps ». Il vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris. Sa correspondance abondante avec des princes, des frères moines ou des jeunes gens qui requièrent son conseil ne l’empêche pas de se consacrer à la contemplation tout autant qu’à l’action directe dans la société de son temps. Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d’Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel. Sa réforme monastique l’oppose à l’Ordre de Cluny dont il jugeait l’interprétation de la règle de saint Benoît trop accommodante. A sa mort, en 1153, ce sont trois cent quarante-trois abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.

Paroles de saint Bernard : « Si vous êtes sage, vous serez une vasque plutôt qu’un tuyau. » -
« On manque de tout, quand on se flatte de tout posséder. » - « Qui n’a d’autre maître que soi, est le disciple d’un sot. » - « Ne point aspirer à monter, c’est descendre. » - « Aussitôt qu’il est venu à moi, il a éveillé mon âme qui dormait. Il s’est mis à arracher, à détruire et à plante, à arroser ce qui était sec, à éclairer ce qui était ténébreux, à ouvrir ce qui était fermé, à enflammer ce qui était froid et a redresser ce qui était tortueux, si bien que mon âme bénissait le Seigneur et que tout en moi glorifiait son nom. »

Lundi 21 août
SAINT PIE X (+ 1914)


Enfant de la terre, né dans une humble famille de Vénétie, Joseph Sarto est le symbole de la simplicité et de la fermeté dogmatique suivant sa doctrine :”Tout rénover dans le Christ”. Curé, puis évêque de Mantoue, patriarche de Venise, pape enfin en 1903. L’époque était difficile. Ce début du 20ème siècle voit en France la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la montée du modernisme, les rapports difficiles de la religion et du politique. Saint Pie X a la réputation d’avoir beaucoup condamné : les prêtres modernistes qui sapent les fondements de la foi au Christ, comme “Le Sillon” qui voulait assimiler le christianisme au système politique de la démocratie. Il veut garder le cap, sans déviance. On retiendra surtout de ce petit paysan devenu berger de l’Eglise, le renouvellement de la liturgie et de la catéchèse, la béatification du Curé d’Ars qui lui permet de rappeler le rôle pastoral du clergé, et surtout son appel à la communion fréquente à laquelle il appelle désormais les petits enfants, bouleversant ainsi plusieurs siècles marqués par le jansénisme et le rigorisme sacramentaire.

« Toute la vie chrétienne et sociale ne doit être qu’une continuelle étude pour atteindre la beauté du Christ, pour recouvrer ainsi notre dignité et ramener dans le monde les dons originels, l’harmonie, la concorde et la paix. » (Saint Pie X - Homélie de Noël 1903)

Mardi 22 août
En la fête de saint Marie, reine.

SAINT SYMPHORIEN (3ème s.)

Originaire d’Autun, il appartenait à l’une des rares familles chrétiennes de la ville. Arrêté, il fut condamné à mort pour sacrilège et désobéissance. Il est vrai qu’il ne respectait pas Cybèle, la déesse des moissons, et que même, il s’en moquait ouvertement. Allant au martyre, il entendit sa mère, montée sur les rempart, lui dire, en gaulois, pour affermir sa foi :”Tu vas naître, car tu as en toi le Dieu vivant.”

« C’est déjà une merveille pour les saints de recevoir une grâce qui sanctifie leur âme. Mais la grâce que reçut l’âme de la Vierge fut une telle abondance qu’elle rejaillissait sur sa chair, afin que cette chair conçut le Fils de Dieu. » (Saint Thomas d’Aquin)

Mercredi 23 août
SAINTE ROSE DE LIMA (+ 1617)

Première sainte du Nouveau Monde, elle fut canonisée en 1671. Rose de Flores était la dixième enfant d’une pauvre famille espagnole de Lima au Pérou. Très vite, elle manifeste pour le Christ un amour si violent qu’elle multiplie les austérités. A 4 ans et demi, elle reçoit la grâce de savoir lire sans avoir appris, l’ayant simplement demandé dans la prière. Elle en profitera pour se nourrir de la vie de sainte Catherine de Sienne qui deviendra son modèle. A 5 ans, elle se consacre à Dieu. A 20 ans, elle prend l’habit des tertiaires dominicaines. Les onze années qui lui restent à vivre, elle les passera, à demi-recluse, dans un minuscule ermitage au fond du jardin de ses parents, dans la prière et une austérité effrayante. En échange, elle reçoit des grâces mystiques étonnantes. Dans le même temps, elle se dévoue au service des indiens, des enfants abandonnés et des vieillards infirmes. Ses visions éveillent les soupçons de l’Inquisition. Elle devra subir des examens et la sûreté doctrinale de ses réponses impressionnera ses interrogateurs. A sa mort, le petit peuple de Lima se presse sur sa tombe pour en recueillir un peu de terre.

« Sur l’ordre du Christ, en employant les paroles sorties de sa bouche, je vous en avertis : nous ne pouvons acquérir la grâce si nous ne souffrons pas d’afflictions ; il faut que les peines s’accumulent les unes sue les autres, pour obtenir de participer intimement à la nature divine, à la gloire des fils de Dieu, à la parfaite félicité de l’âme. » (Lettre de saint Rose à son médecin)

Jeudi 24 août
SAINT BARTHELEMY (1er s.)


Apôtre. Il ne méritait pas que son nom et sa fête soient surtout attachés dans la mémoire des français au massacre des protestants par les souverains catholiques pour des raisons plus politiques que religieuses. Originaire de Cana en Galilée, il est aussi le Nathanaël, ami de saint Philippe, qui vint l’évangéliser. Il est, selon la parole du Seigneur :”un vrai fils d’Israël”. Que s’était-il passé sous le figuier ? cela restera un secret entre le Christ et lui. La tradition veut qu’il ait évangélisé l’Inde.

« Discerne quel est le propos du ciel. Ce ne sont pas des sages qu’il a mis à part pour cette mission, ni des riches, ni des nobles, mais des pêcheurs et des publicains. Ainsi, nul ne peut prétendre que la prudence a converti celui-là, que la richesse a racheté cet autre, que le prestige de la naissance et du pouvoir a mené ceux-ci à la grâce. » (Saint Ambroise de Milan)

Vendredi 25 août
SAINT LOUIS (+ 1270)


La mémoire populaire française garde du roi Louis IX l’image d’un souverain rendant la justice à l’ombre d’un vieux chêne proche de son château à Vincennes. Saint Louis a en effet frappé ses contemporains par son sens de la justice, sa profonde piété et sa grande charité envers les pauvres. A vingt ans, il épouse Marguerite de Provence et leur amour sera tendre et fidèle. Quand il part pour délivrer la Terre Sainte en 1248, il s’embarque avec elle. Le roi est fait prisonnier. Une fois libéré et rentré dans son royaume, il y entreprend de grandes réformes en particulier l’interdiction du duel judiciaire. Il fonde des hôpitaux et des monastères. Il réalise son grand projet : construire la Sainte-Chapelle comme une châsse de lumière et de vitraux destinée à recueillir les reliques et la couronne d’épines qu’il a acquis auprès de l’empereur latin de Constantinople. Il donne à sa soeur, la bienheureuse Isabelle, le terrain de Longchamp pour y fonder une abbaye de religieuses de Sainte-Claire. Son royaume connaît une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. Saint Louis aime recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin. Avec Robert de Sorbon, il fonde la Sorbonne (1257). Il suit avec attention l’achèvement de la cathédrale Notre-Dame et surtout les grandes rosaces (1255) et les porches. Son plus grand souci est de pacifier, de réconcilier les ennemis et d’éteindre les conflits, en particulier entre la France et l’Angleterre (1258). Mais il rêve de retourner en Terre Sainte et de convertir le sultan d’Egypte. Il n’ira pas plus loin que Carthage, l’actuelle Tunis. La maladie a raison de lui le 25 août 1270.

« Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » (Saint Louis au sire de Joinville)

Samedi 26 août
SAINT CESAIRE D’ARLES (+ 543)


Il est originaire de la Bourgogne. Moine de Lérins, il tomba malade en raison de ses austérités. Son abbé l’envoya se faire soigner à Arles et c’est là qu’il se lia d’amitié avec l’évêque auquel il succéda en 503. Il connut trois invasions de barbares : les Wisigoths qui furent chassés en 507 par les Ostrogoths, à leur tour chassés en 536 par les Francs, qui, eux, ne partirent jamais. Face à eux, encore païens, il se fit l’avocat de la population gallo-romaine. Il présida d’importants conciles provinciaux et fonda le premier monastère de femmes en pays gaulois, rédigeant des Règles qui sont une synthèse des traditions égyptiennes et augustiniennes. Il fut un très grand évêque, un de ceux qui, au début d’une époque de barbarie, donnèrent à l’Eglise des Gaules une doctrine, une prédication, une discipline et une culture. Nous avons encore de lui deux cent cinquante sermons.

« Recoudre ce qui est décousu, raccommoder ce qui est déchiré, laver ce qui est sale, remplacer ce qui est détruit et fêter ce qui va bien » (Saint Césaire)
« Nous qui sommes en ce siècle des voyageurs et des étrangers, nous devons nous rappeler continuellement que nous ne sommes pas encore arrivés chez nous. » (Saint Césaire)

Dimanche 27 août
SAINTE MONIQUE (+ 387)


Née en Afrique du Nord dans une famille chrétienne, Monique est mariée très jeune à un notable païen de Thagaste, Patricius. Elle sera une épouse modèle pour ce mari infidèle et violent que sa douceur et son silence sous les reproches finiront par convertir. Elle a de lui trois enfants, dont le futur saint Augustin. Veuve en 371, elle se dévoue à ce fils qui semble “mal tourner”. Tout d’abord, il vit maritalement avec une femme dont il a un fils. Mais le plus douloureux reste l’adhésion à la secte manichéenne, si opposée à la foi chrétienne. Que de larmes cet enfant coûte-t-il à sa mère. Des larmes importunes pour cet esprit libre. Pour y échapper, Augustin s’enfuit en Italie et Monique le rejoint à Milan où elle se met à l’école de l’évêque saint Ambroise. C’est alors qu’elle a la joie immense d’assister à la conversion et au baptême du fils chéri. Désormais elle ne sera plus un reproche vivant, mais une aide et même une disciple quand s’affirmera l’ampleur intellectuelle et spirituelle du futur Père de l’Eglise. Un soir, à Ostie, ils ont le bonheur de partager une expérience spirituelle intense qu’Augustin n’évoquera qu’à demi-mots dans ses ”Confessions”. Elle mourra quelques jours plus tard, mère comblée de ce fils qui l’avait tant fait pleurer.

« Quand deux âmes étaient en dissentiment et en conflit, elle ne s’employait qu’à rétablir la paix entre elles. Quand en présence d’une amie, des ressentiments mal digérés se répandent en acides confidences sur le compte d’une ennemie absente, elle ne rapportait de l’une à l’autres que ce qui pouvait contribuer à les réconcilier. » (Saint Augustin parlant de sainte Monique dans les Confessions)

Lundi 28 août
SAINT AUGUSTIN (+ 430)


Né à Thagaste en Afrique du Nord, le fils de sainte Monique connaît une jeunesse dissipée. Professeur de rhétorique à Carthage, il se met en ménage, à 18 ans, avec une femme qui lui donnera un fils :Adéodat. Il adhère alors aux thèse manichéennes qui enseignent l’existence de deux dieux antagonistes :le dieu bon, créateur des esprits, et le dieu mauvais, créateur de la matière. Cette doctrine d’origine orientale satisfait à peu près ses interrogations intellectuelles mais ne répondent absolument pas à la soif spirituelle qui continue de s’exprimer en lui. Lassé des lamentations de sa mère et pour y échapper, il quitte l’Afrique du Nord et s’embarque pour l’Italie. Exerçant son métier d’enseignant à Rome puis à Milan, il est frappé par la prédication de l’évêque Ambroise. Un soir d’été 386, dans son jardin de Milan, son esprit s’ouvre à la Révélation chrétienne. Il a rencontré celui qu’il cherchait. Son coeur inquiet trouve enfin le lieu de son repos. A la suite de cette conversion subite et radicale, il se fait baptiser par saint Ambroise. De retour en Afrique, il fonde une petite communauté contemplative mais se voit bientôt appelé comme prêtre puis comme évêque à Hippone. Sa vie devient un combat continuel contre les déviations de la foi (donatisme, pélagianisme) au milieu des raids barbares de cette fin de l’empire romain. Le sac de Rome en 410 lui inspire un de ses écrits les plus célèbres avec ses “Confessions” : “la Cité de Dieu”. Il meurt durant le siège de sa ville Hippone par les Vandales.

« Aime et ce que tu veux, fais-le ! Si tu te tais, tais-toi par amour. Si tu parles, parle par amour. Si tu corriges, corrige par amour. Si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour, de cette racine ne peut naître que le Bien. » (Saint Augustin - Commentaires de saint Jean)

Mardi 29 août
DECOLLATION DE SAINT JEAN BAPTISTE


Jean, le dernier Prophète, n’a jamais mâché ses mots, pas plus quand il traitait les pharisiens de “races de vipères” sur les bords du Jourdain, que lorsqu’il rappelait à Hérode Antipas qu’il n’avait pas le droit de vivre avec Hérodiade, la femme de son frère Philippe. A présent, il est en prison, car on n’a pas le droit de faire impunément des reproches publics aux grands de ce monde. Il sait qu’Hérodiade lui en veut à mort. Mais ce n’est pas ce qui le préoccupe. C’est Jésus. Est-il bien le Messie que lui, Jean, annonçait ? A-t-il eu raison de lui faire confiance, de lui donner ses propres disciples ? Sa conduite est si étrange. “Il tient dans sa main la pelle à vanner.” Pourquoi ne vanne-t-il pas avec gloire et majesté ? La réponse est venue. Aux disciples de Jean venus l’interroger, Jésus a répondu :”Allez annoncer à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles voient, les boîteux marchent ...” Jean n’a plus de doutes. Il peut à présent rendre le dernier témoignage. Il a bien rempli sa mission. C’est l’anniversaire d’Hérode. Salomé danse et envoûte le roi ivre :” Demande-moi tout ce que tu voudras, fut-ce la moitié de mon royaume.” Ce sera la tête de Jean sur un plateau.

« Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d’une paix supérieure, est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l’obscurité d’un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière. Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le rédempteur du monde. » (Saint Bède le Vénérable - Homélie)

Mercredi 30 août16 au 31
SAINTE JEANNE JUGAN (+ 1879)


Fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres. “Dieu me veut pour lui, » répondit-elle à un jeune homme qui la demandait en mariage. Elle avait alors dix-huit ans et était employée de maison depuis deux années. Elle avait perdu son père, disparu en mer à Cancale alors qu’elle n’avait que quatre ans. Ayant fait dès son enfance, l’expérience de la pauvreté, elle fut confrontée à une misère plus grande encore lorsqu’elle vint travailler à Saint Servan. Durant l’hiver de 1839, elle accueillit chez elle, dans son petit logement, une femme âgée, aveugle et paralysée qui survivait seule dans un taudis. D’autres jeunes femmes s’associèrent à elle et, en 1842, elles s’appelèrent :”Les servantes des pauvres.” Pauvres elles-mêmes, la quête fut leur ressource essentielle et l’occasion de demander aux personnes aisées de partager leurs biens avec les pauvres que Jeanne appelait “les membres souffrants de Jésus-Christ.” La congrégation connut un grand développement en Europe et même dans d’autres continents. A partir de 1852, une cabale de quelques religieuses la firent exclure de la direction de sa congrégation et elle fut soumise, ignorée, à une sorte de réclusion. “Je ne vois plus que Dieu seul”, disait-elle. On reconnut son humilité et sa sainteté au moment de sa mort.

« La suprême pauvreté de Jeann Jugan fut de n’être qu’une recluse ignorée des autres. Cette pauvreté nous est souvent demandée. » (Lectionnaire Emmaüs)

Jeudi 31 août
SAINT RAYMOND NONNAT (+ 1240)


Religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, il se livra lui-même en otage pour obtenir la libération d’un prisonnier à Tunis. Il se consacra à l’évangélisation de ses compagnons d’infortune. Pour cette raison ses geôliers lui mirent aux lèvres un cadenas qu’on n’ouvrait que pour les repas. Il fut libéré grâce à une rançon, et revint à Rome comme procureur de son Ordre. Il rencontra saint Louis, envoyé par le Pape pour décider le roi de France à partir en croisade. Quelques mois avant sa mort, il fut nommé cardinal et mourut à Barcelone.

« Je tourne le dos à tout ce que j’ai cherché et suivi. Je rejette dans le passé tout ce qui ne peut s’intégrer au grand mystère de ta Pâque, où tu veux que j’accède. Voici, je monte avec toi à Jérusalem. Que toute chair fasse maintenant silence. » (Un moine de l’Eglise d’Orient - Regard sur le Sauveur.)