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FETES DES SAINTS
parmi tant d'autres ...

du 13 au 31 mai

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe



Samedi 13 mai
SAINTE AGNES DE POITIERS (6ème s.)


Elevée à la cour par sainte Radegonde, elle suivit la reine à l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers. Elue abbesse de ce monastère, elle y introduisit la règle de saint Césaire. Sous son gouvernement, vécut sainte Diosciole, vierge, qui laissa le souvenir d’une religieuse humble et disponible. Elle était liée d’une amicale estime à l’égard de saint Venance Fortunat.

« O Crux ave ! Salut, ô croix notre unique espérance. En ce temps de la Passion donne plus de justice aux bons et le pardon aux coupables. O Trinité souveraine, que tout esprit te glorifie. Ceux que tu sauves par la croix, règne sur eux à jamais. » (saint Venance Fortunat pour les liturgies du monastère de la Sainte-Croix)

Dimanche 14 mai
SAINT MATTHIAS (1er s.)


Judas vient de se pendre. Il lui faut un successeur pour compléter le chiffre de 12 apôtres choisis par le Maître pour marquer les 12 tribus d’Israël. Parmi les témoins de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, le conseil présente deux candicats possibles. Saint Matthias est choisi par Dieu lui-même, le maître du sort et de l’existence. Il suivait Jésus depuis le baptême du Jourdain. On en fait l’évangélisateur de l’Ethiopie, d’autres le font mourir martyr en Judée. « Nous ne savons rien de cet ami de Jésus qui l’a suivi dès les premiers jours. Il n’a été choisi par hasard, même si cela paraît ressemble au tirage au sort d’une loterie.

" Les décisions de Dieu ne sont pas faites au hasard. Il connaît le cœur des hommes et c’est pour cela qu’il nous appelle. » (Lectionnaire Emmaüs)

Lundi 15 mai
SAINTE DENISE (+ 251)


Vierge, martyre avec ses compagnons les saints Pierre, André et Paul. Au proconsul qui l’invitait à sacrifier à la déesse Vénus, Pierre répliqua :"Il est plus nécessaire et plus glorieux pour moi d’offrir le sacrifice de l’adoration au Dieu vivant et véritable." Denise apprenant que l’un des accusés, Nicomaque, venait d’apostasier, s’écria :"Il s’est perdu à jamais dans l’autre monde." Les gardes s’aperçurent ainsi que cette jeune fille de 16 ans était chrétienne. Elle fut arrêtée, torturée puis décapitée.

« J’ai un ami plus puissant que toi qui m’assistera dans les tortures. » (sainte Denise à son juge)


Mardi 16 mai
SAINT EMAN (6ème s.)


On dit qu’il venait de Cappadoce, de Galatie sans doute. Ce qui n’est peut-être pas faux, car les traditions sont nombreuses et convergentes pour beaucoup d’autres saints dans ces régions de France, par exemple saint Grégoire, arménien, de Pithiviers en Beauce. Après un pèlerinage à Rome, il fut attiré à Autun où des moines originaires de Césarée de Cappadoce suivaient la règle monastique de saint Basile. Il partit évangéliser le pays chartrain. C’est au cours d’une de ses pérégrinations qu’il fut arrêté par de "sectateurs" du druidisme et massacré. La localité de Saint Eman dans le pays chartrain garde sa mémoire.

Mercredi 17 mai
SAINT PASCAL BAYLON (+ 1592)


Pascal est né dans le pays d’Aragon en Espagne, dans une famille de cultivateurs fort modestes. Durant son enfance, tout en gardant les moutons, il se plongeait avec délices dans la prière silencieuse qui lui donnait le désir de se consacrer à Dieu. Mais n’étant pas accepté dans la vie religieuse à cause de son manque d’instruction, il se place comme berger près du couvent pour participer aux offices, au moins de loin, quand sonnait la cloche. Finalement, il put entrer comme frère convers chez les franciscains et il y remplit la tâche de portier. Il rayonnait par son amabilité et sa douceur envers tous ceux qui se présentaient à la porte du couvent. Beaucoup de gens pour cette raison venaient lui demander conseil, même des prédicateurs qui estimaient que sa théologie était celle du coeur et non pas celle d’un intellectuel. Maltraité par les Huguenots au cours d’une mission dans la France déchirée par les guerres de religion, il leur pardonna en disant que c’est pour servir Dieu qu’ils l’avaient ainsi traité. Il puisait sa force dans sa ferveur pour l’Eucharistie et passait de longues heures en adoration silencieuse devant le Saint Sacrement. Après sa mort, les miracles se multiplièrent sur sa tombe. Le Pape Léon XIII le nomma patron des Congrès eucharistiques.

« Rendre grâce à Dieu, ce n’est pas autre chose qu’un acte intérieur de l’âme par lequel on reconnaît Dieu pour Seigneur infini et universel, de qui découle tout bien. C’est se réjouir de toute la gloire de Dieu quand on reçoit quelque bien céleste car on voit que ce bienfait nous rend capable de mieux aimer et de mieux servir le donateur de tout bien. » (Sanctoral franciscain)

Jeudi 18 mai
SAINT ERIC (+ 1160) ou Henri.


Martyr d’origine anglaise. Eric IX était roi de Suède depuis 1150. Il usa de toute son influence pour évangéliser ses sujets par la codification des lois de son royaume qu'il rédigea dans un esprit chrétien, sans vouloir les forcer à la conversion. Il décida de conquérir la Finlande, autant pour l'expansion de son domaine que pour y porter l'Evangile. Il fut assassiné à la sortie d’une messe à Turku, port situé au sud-est de la Finlande.

« Nous ne sommes pas tous appelés à subir le martyre. Mais nous sommes tous appelés à posséder la vertu chrétienne. Et toute vertu chrétienne exige de l’énergie. » (Pie XII)

Vendredi 19 mai
SAINT YVES (+ 1303)

Il était le fils d’un pauvre chevalier breton. Orphelin très jeune, il est élevé par sa mère. Puis il s’en vient à l’Université de Paris. Très doué, il y étudie les arts, c’est-à-dire les lettres, la théologie pour être prêtre, et le droit. Ayant parachevé ses études dans la prestigieuse faculté de droit d’Orléans, il revient au pays. On le nomme à la fois curé de Trédrez, petite paroisse près de Saint Michel en Grèves et official (juge ecclésiastique) à Tréguier. Sous l’influence de moines franciscains avec qui il a de longues discussions sur la perfection et la pauvreté, il se décide à partager ses ressources avec les pauvres. Juge, il assume ses fonctions dans un esprit de conciliation et de justice et, gratuitement, se fait le conseiller ou le défenseur des plaideurs démunis, gardant, sous les attaques parfois acerbes de ses collègues d’en face, une joyeuse égalité d’humeur. Fidèle à l’exemple des saints, saint Martin entre autres, à une vie de prière centrée sur l’Eucharistie et l’étude de l’Ecriture Sainte, il s’adonne aussi à la prédication, souvent dans plusieurs paroisses le même jour, et à l’assistance spirituelle. Sa maison, le manoir de Minihy, devient un abri pour les pauvres. On l’appelle “le prêtre saint”. Après sa mort, il connaîtra un culte populaire très fervent, en Bretagne et bien au-delà.

« Je marchais avec échasses et béquilles. Passant par la cité de Tréguier et ne trouvant personne pour me donner l’hospitalité pour l’amour de Dieu, je suis arrivé à la maison de Dom Yves à Ker Martin. Il manifesta une grande joie, joignit les mains, les leva au ciel et me dit : Béni soit Dieu qui m’a envoyé un messager ! Tout de suite on a dressé la table et il m’a servi du pain, du potage et de l’eau. » (de l’enquête pour sa canonisation)

Samedi 20 mai
SAINT BERNARDIN DE SIENNE (+ 1444)


Il naît dans une famille noble près de Sienne en Italie. Orphelin, il est élevé par son oncle. Très doué il fait de savantes études. Très pieux, il appartient à une confrérie de prière. Sa charité trouve à s’exprimer pleinement au cours de l’épidémie de peste qui ravage la ville en 1400. Il a 20 ans et tel est son dévouement qu’on lui confie la direction provisoire de l’hôpital. Deux ans plus tard, il entre chez les franciscains, y devient prêtre et son prieur lui donne la charge de la prédication. Ce sera désormais sa vocation principale. Saint Bernardin parcourt toute l’Italie, prêchant sur les places publique car les églises sont trop petites. Parfois ce sont des milliers de personnes qui s’écrasent pour l’entendre et qui l’entendent, même sans micro, tant sa voix est forte. Il parle d’une manière concrète, directe, alerte, insistant sur la vie chrétienne et sur la primauté absolue du Christ. Vie mystique, vie morale et vie sociale sont, chez lui, inséparables. Il aura également un rôle important dans la transformation de l’ordre franciscain connue soue le nom de “réforme de l’observance”.

« Parle-t-on mal de toi ? Supporte-le volontiers et avec patience. As-tu une tentation ? Surmonte-la et réjouis-toi de la porter pour la vaincre. Accepte-la joyeusement pour l’amour de Dieu. Accepte avec patience toutes les adversités pour l’amour de ton créateur qui souffrit tant de toi. » (saint Bernardin de Sienne)
« Imitez le bœuf quand il a pâturé. Il rumine, rumine et ce ruminement lui paraît meilleur que de pâturer. Faites de même avec la Parole de Dieu quand vous l’entendez. Ruminez-la beaucoup, afin qu’elle vous paraisse meilleure à ruminr qu’à entendre. (saint Bernardin de Sienne)


Dimanche 21 mai
SAINT CHARLES EUGENE MAZENOD (+ 1861)


Né à Aix-en-Provence en 1782, il vit en exil en Italie durant la Révolution française. A son retour, après une période de réflexion, il entre en 1080 au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Trois ans après, il est ordonné prêtre et revient à Aix exercer son ministère auprès des pauvres. En 1816, il fonde les Missionnaires de Provence qui deviendront les Oblats de Marie Immaculée. Nommé vicaire général de son oncle, archevêque de Marseille, il lui succède en 1837 et, tout en s’occupant des Oblats, il développe la vie de son diocèse, marqué par les suites de la Révolution et les secousses sociales de l’époque. Il dirige les Oblats vers les missions les plus difficiles comme celles du Grand Nord. « Chaque fois qu’un homme de Dieu annonce la parole et dit ce mot qui semble usé : « mes frères ! » il annonce en toute vérité que ceux qui font la volonté du Père sont d’authentiques frères de Jésus. » (Lectionnaire Emmaüs)

Lundi 22 mai
SAINTE RITA (+ 1456)

Le culte de sainte Rita est mieux attesté que sa vie. On peut cependant en reconstituer les grandes lignes. Née dans un petit village italien, elle fut l’enfant inespérée de la vieillesse. Toute jeune, elle veut se consacrer à Dieu contrairement au projet de ses parents. Elle se laisse marier à Fernandino, un homme violent dont elle a deux fils. Elle est une épouse et une mère sans reproche. Mais les querelles de clans sont féroces dans l’Italie du XVème s. Fernandino est assassiné après 18 ans de vie conjugale pendant lesquelles la douceur de Rita ont peu à peu converti à la paix et à la charité le mari brutal. C’est un déchirement pour Rita, mais plus encore lorsqu’elle voit que ses deux fils, pour venger leur père, sont prêts à assassiner à leur tour. Rita supplie Dieu de les rappeler à lui plutôt que de les laisser devenir assassins. Dieu exauça sa prière. Demeurée seule, Rita s’emploie à réconcilier les clans ennemis, pardonnant aux assassins, avant d’entrer chez les Augustines de Cascia. Elle y vivra une vie mystique intense et recevra les stigmates de la Passion du Christ. A sa mort, les miracles se multiplient sur son tombeau, faisant naître un culte populaire qui se répand rapidement.

Sainte Rita a reçu le titre de “sainte des causes désespérées ». « Une très honnête sœur, la dame Rita, dans le cloître de Sainte-Marie-Madeleine de Cascia, y ayant vécu quarante ans comme moniale, vivant avec amour, au service de Dieu… elle passa sa vie, servant Dieu par des jeûnes et des prières. » (Introduction au recueil de ses miracles)

Mardi 23 mai
SAINT DIDIER (+ 606)


Evêque de Vienne à partir de 595, au temps où Brunehaut gouvernait l’Austrasie pour le compte de son petit-fils, roi nominal de 15 ans. Didier, soutenu par le pape saint Grégoire le Grand, s’élevait contre les moeurs et les scandales de la cour. Pour le faire taire, la reine convoqua un concile à Châlon-en-Bourgogne et y fit comparaître une certaine Justa qui se plaignit d’avoir été violée par saint Didier en présence d’un témoin, domestique de la cour royale. Les évêques de la province de Lyon déposèrent leur collègue, mais trois ans plus tard, la reine troublée par la mort des deux accusateurs, fit revenir Didier qui n’en continua pas moins à admonester la vieille criminelle qui n’arrêtait ni ses débauches ni ses tueries. Pour en finir, elle envoya des soldats qui allèrent tirer saint Didier de sa cathédrale et le tuèrent à coups de pierres. Six ans plus tard, Clotaire II fit attacher Brunehaut par un bras et une jambe derrière un cheval lancé au galop et c’est ainsi qu’à quatre-vingt ans périt la meurtrière de saint Didier. La localité de Saint-Didier-sur-Chalaronne-01140 rappelle que ce fut là que saint Didier donna sa vie pour la vérité.

« Sa vie est digne de louange ainsi que sa parole brillante. Nous croyons que nous l’avons comme intercesseur auprès de Dieu, parmi les autres pères et confesseurs. (saint Théodore Stoudite)

Mercredi 24 mai
SAINT VINCENT DE LERINS (+ 450)


Vincent était originaire d’une bonne famille gauloise. Il fait de bonnes études tant profanes que théologiques. Mais les choses religieuses ne l’attirent guère. Il avouera lui-même n’être arrivé que fort tard “au port de la religion” après avoir été entraîné longtemps “dans le tourbillon amer et incohérent de la vie du monde.” En ce temps-là, Honorat avait fondé, dans une des îles de Lérins, au large de Cannes, une petite communauté qui devint l’abbaye de Lérins. C’est là que Dieu appelle Vincent, dans “ce lieu écarté (la petite île s’appelle aujourd’hui Saint-Honorat) et, dans ce lieu, la cellule d’un monastère.” Dans cette retraite, la culture acquise dans sa jeunesse trouvera à s’employer. Il rédigera plusieurs écrits : un recueil de morceaux choisis de saint Augustin et surtout, sous le pseudonyme de Peregrinus (l’étranger, le migrant), le “Commonitorium” ou aide-mémoire dont le but est de donner une règle sûre permettant “de distinguer la vraie foi catholique de l’erreur des hérésies.” Ce fut longtemps une des lectures des hommes d’Eglise dans l’Occident. Elle mériterait de l’être encore dans notre monde moderne.

« Qu’il en soit de la religion des âmes comme du développement des corps. Ceux-ci se déploient et étendent leurs proportions dans les années, et pourtant ils restent constamment les mêmes .. Ces lois du progrès doivent s’appliquer également au dogme chrétien. Les années les consolident, le temps le développe. Il n’admet aucune atteinte à ses caractères spécifiques, aucune variation dans ce qu’il a défini. » (saint Vincent - Commonitorium)

Jeudi 25 mai
SAINTE MARIE MADELEINE SOPHIE BARAT (+ 1865)


Son père était un petit vigneron de la Bourgogne à Joigny. Elle reçut sa formation de son frère prêtre qui avait onze ans de plus qu’elle et qui était un homme étrange. Il lui apprit à fond le grec et le latin,ne lui passait rien, la giflant à l’occasion, lui interdisant toute effusion du coeur et toute récréation. A vingt ans, elle arrive à Paris. La grâce de Dieu l’y attendait. Heureusement, elle y rencontre un père jésuite, le père Varin, qui la sauve en devenant son père spirituel. Il rêvait d’un institut voué à l’éducation chrétienne des jeunes filles du “monde”, de la noblesse et des bourgeois enrichis. Avec elle, dès l’année suivante, les Dames du Sacré-Coeur comme il les appela, eurent un pensionnat à Amiens en Picardie. En 1815, l’institut reçut ses constitutions, calquées sur celles des jésuites. En 1850, l’institut possédait soixante-cinq maisons en France et à l’étranger. C’était une grande éducatrice à qui il suffisait de faire le contraire de ce qu’elle avait subi de son frère : “Epanouir et libérer les âmes au lieu de les tyranniser et corseter”.

« Ne considérer dans les enfants que les qualités et les titres qui les rendent vraiment grandes et nobles aux yeux de Dieu…des âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ et destinées à régner éternellement avec lui. » (sainte Marie Madeleine Sophie Barat)
«  Il y a des sources qui restent inconnues. Elles existent : enlevez un peu de terre et aussitôt vous voyez apparaître une eau limpide. » (sainte Marie Madeleine Sophie Barat)


Vendredi 26 mai
SAINT PHILIPPE NERI (+ 1595)


Florentin de naissance, il passa les trois-quarts de sa vie à Rome et y devint si populaire et d’une sainteté si universellement reconnue qu’il deviendra, après saint Pierre, un second patron de la Ville Eternelle. Il présente cette étonnante combinaison d’une piété nourrie des Pères du Désert, avec un ministère actif , spécialement auprès de la jeunesse. Chez lui, la bonne humeur, voire l’hilarité, s’allie à l’évangélisme le plus limpide. S’étant laissé élever à la prêtrise, il y gagna les plus fervents de ses jeunes convertis. La jeune communauté qu’ils formèrent autour de lui, tire son nom :” l’Oratoire”, des soirées de très pieuses mais très libres et très joyeuses méditations dont il était l’animateur. Ce saint étonnant qui allie à la culture la plus raffinée à une sainteté évangélique et une bonne humeur qui ne se refuse pas à la mystification, enchantera ses compatriotes contemporains puis ravit en France, au siècle suivant, ceux qui fonderont à leur tour l’Oratoire de France : le futur cardinal de Bérulle et le Père de Condren. Et si même un sceptique aussi inguérissable que Goethe a pu se sentir un dévot de saint Philippe sans en arriver à partager la foi, il est tout aussi typique qu’un grand universitaire d’Oxford, J.H. Newman, converti lui pour de bon, n’ait pas cru pouvoir se mettre à une autre école que celle de saint Philippe Néri. Pour son action auprès des jeunes et sa gaieté contagieuse, il fut avec saint François de Sales, l’un des saints préférés de saint Jean Bosco.

« Veillez à la pureté du cœur : l’Esprit Saint habite les âmes simples et candides. C’est lui le maître de la prière qui nous fait demeurer en vraie paix et joie constante, avant-goût du ciel. » (saint Philippe Néri)
« Que la joie dans le Seigneur augmente toujours. Que la joie selon le monde diminue toujours jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Je ne dis pas cela parce que, vivant en ce monde, nous ne devrions jamais nous réjouir. Mais afin que, même vivant en ce monde, nous soyons joyeux dans le Seigneur. » (saint Philippe Néri)

Samedi 27 mai
SAINT AUGUSTIN DE CANTORBERY (+ 604)


Augustin était prieur du monastère de Saint-André du Mont Coelius, l’une des sept collines de Rome quand le pape saint Grégoire le Grand vint le soustraire à la paix du cloître. Le pape se souciait fort du salut des Anglo-Saxons, ces barbares païens qui avaient envahi le brumeux pays des Bretons et que ces Bretons refusaient d’évangéliser. Pour eux, ils étaient leurs occupants envahisseurs. Avec quarante compagnons, moines comme lui, saint Augustin est envoyé par le pape en Angleterre, avec une escale à Lérins, une à Paris et d’autres encore, car la route est longue de Rome à Cantorbery. La mission romaine reçoit l’appui d’Ethelbert, roi du Kent dont la femme est chrétienne. Il les installe à Cantorbery. La ferveur et l’éloquence des moines romains impressionnent le roi qui demande, à son tour, le baptême. Saint Augustin échoua par contre auprès des Celtes chrétiens du pays de Galles par manque de tact selon saint Bède le Vénérable. Lorsqu’il convoqua leurs évêques pour les amener à le reconnaître comme primat nommé par le pape et à adopter la liturgie romaine, il crut bon de rester sur son siège au lieu d’aller à leur rencontre. Les clercs bretons, irrités par l’ingérence de ces moines romains dans leur pays et par cette absence de geste fraternel, repartirent sans rien céder. Saint Augustin continua d’opérer de nombreuses conversions chez les Anglais et fonda le siège de Cantorbery dont il devient l’évêque. Il se dépense alors pour asseoir la jeune Eglise d’Angleterre et multiplie les tentatives pour réconcilier les chrétiens bretons et anglais. Il y faudra cent ans.

« Je sais que le Dieu tout puissant, à cause de ton amour pour ce peuple qu’il a voulu choisir, a montré de grands miracles. Il est donc nécessaire que ce don céleste te donne de la joie en même temps que de la crainte, de la crainte en même temps que de la joie… Nous devons nous rappeler la réponse du Divin Maître à ses disciples qui revenaient tout joyeux de leur prédication : « Ne vous réjouissez pas de cela, mais de ce que vos noms sont inscrits dans le ciel. » (lettre du pape saint Grégoire à saint Augustin de Cantorbery)

Dimanche 28 mai
SAINT GERMAIN DE PARIS (+ 576)


Saint Germain voit le jour près d’Autun. On raconte que sa mère ne le désirait pas et voulut se faire avorter. Elle n’y parvint pas et l’enfant vécut. Après des études à Avallon, il est, durant quinze ans, moine dans une petite communauté locale. C’est là que l’évêque d’Autun, Agrippin, vient le chercher pour en faire un prêtre : il y a tant à faire dans ce pays des Francs si peu évangélisés. On le voit un temps, abbé de Saint-Symphorien d’Autun, mais les moines ne sont pas enchantés de cet abbé qui donne leur pain aux pauvres. Le roi de Paris, Childebert, fils de Clovis et de sainte Clotilde, le découvre et se prend d’amitié pour lui. Voilà saint Germain évêque de Paris. Il s’y illustre par une série de guérisons miraculeuses ou non, par la libération systématique des prisonniers et des esclaves. Il fonde aussi l’abbaye de Sainte-Croix-Saint-Vincent qui deviendra Saint-Germain des Prés. Son action en faveur des parisiens ne s’arrêta pas avec sa mort.

« Souvent il se contentait d’une tunique et du reste de son habit, il en vêtait un pauvre nu, pour que le gueux fut réchauffé tandis que son bienfaiteur gelait. » (saint Venance Fortunat - Vie de saint Germain de Paris)

Lundi 29 mai
SAINTE URSULE LEDOCHOWSKA (+ 1939)


Elle connut une Europe déchirée par les guerres et les frontières. Elle naquit en Autriche et fit ses études chez les Ursulines de Cracovie. Elle fonde à Pniewy près de Poznan, quelques années plus tard, une nouvelle congrégation religieuse, les “Ursulines du Coeur de Jésus” pour rayonner l’Evangile. A 42 ans, elle part à Saint-Petersbourg pour y exercer son apostolat. En 1914, obligée de quitter la Russie, elle continue en Scandinavie et elle est appelée à Rome par le pape pour y établir sa congrégation. C’est dans la Ville éternelle qu’elle conclut son existence terrestre.

« Accorde-nous de donner aux mots leur véritable sens. Prodigue la lumière à notre esprit, la beauté de l’expression à notre style. Etablis notre foi dans la vérité. Accorde-nous de dire ce que nous croyons, selon le devoir qui nous incombe après avoir appris des prophètes et des apôtres que tu es un seul Dieu le Père et qu’il y a un seul Seigneur Jésus-Christ. » (saint Hilaire de Poitiers)

Mardi 30 mai
SAINTE JEANNE D’ARC (+ 1431)


Fille d’humbles paysans de Lorraine, elle entendit des voix mystérieuses alors qu’elle n’avait que 13 ans. Saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite pendant trois ans lui demandèrent de libérer la France et de faire sacrer le roi à Reims. A Chinon, premier prodige, le roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante des lois de la guerre. En huit jours, au début du mois de mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré roi à Reims. Après les réussites difficiles, vint le temps des épreuves. Le roi abandonne Jeanne, un an après Orléans, elle est faite prisonnière, livrée aux Anglais, passe un an en prison, courageuse, héroïque dans sa pureté devant les tentatives des soldats. Sous prétexte qu’elle s’habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule lui reste la foi, pas même la communion qui lui est refusée. Elle meurt brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

« Mes voix me disent : prends tout en gré, ne te chaille de ton martyre, tu t’en viendras enfin au Royaume de Paradis. » Cela, mes voix me le disent simplement et absolument. C’est à savoir sans faillir. J’appelle cela martyre pour la peine et adversité que je souffre en prison et ne sais si j’en souffrirai de plus grande. Mais je m’en apporte du tout à Notre-Seigneur. » (sainte Jeanne durant son procès)

Mercredi 31 mai31
LA VISITATION DE LA VIERGE


La Mère de Dieu ne pouvait contenir la joie de l’annonce qui lui avait été faite. Elle ne pouvait pas encore la partager avec Joseph qui, pour le moment, n’aurait pu la comprendre. Elle va donc rejoindre sa cousine Elisabeth, enceinte comme elle. Et Jean-Baptiste partage cette allégresse en tressaillant dans le sein de sa mère. La sainte Rencontre de deux enfants à naître et le Magnificat de Marie qui jaillit de son exultation.

« Pour qu’un sermon sur la Vierge Marie porte du fruit, il faut qu’il montre sa vie réelle telle que l’Evangile nous la fait entrevoir et non pas sa vie supposée. On montre la sainte Vierge inabordable. Il faudrait la montrer imitable, pratiquant les vertus cachées, dire qu’elle vivait de foi comme nous. » (sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus)
« Je préfère passer à la postérité par des exemples de vertu plutôt que de me trouver, en marbre ou en airain, sur une place publique ! » (Saint Pie V)
« Seigneur, augmentez mes maux, si vous le jugez bon. Mais augmentez en même temps ma patience. » (Saint Pie V)