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FETES DES SAINTS

du 12 mars au 25 mars (Annonciation)

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe



Dimanche 12 mars
SAINT POL DE LEON (+ 573)

Evêque et confesseur. Originaire de Grande-Bretagne, il vécut la vie érémitique dès l’âge de quinze ans. Ordonné prêtre par l’évêque de Winchester à vingt-deux ans, il est appelé auprès du roi, mais il préfère traverser la Manche, espérant reprendre sa vie de solitaire. Le comte de Léon le voulait comme évêque. Il l’envoya donc à Paris où il fut consacré dans la cathédrale de Paris. Il donna à son diocèse une vive impulsion. Mais sur le tard, il voulut revenir à sa vie d’ermite et c’est dans l’île de Batz qu’il rendit son âme à Dieu.

« Viens, lumière sans couchant. Viens, joie éternelle. Viens au seul, toi le seul, puisque tu le vois je suis seul. Viens, consolation de ma pauvre âme. Viens, ma joie, ma gloire, mes délices sans fin. » (Saint Syméon le théologien) 1

Lundi 13 mars
SAINT RODRIGUE et SAINT SALOMON (+ 857)


Ils étaient trois frères vivant à Cordoue sous la domination arabe. Deux étaient chrétiens et le troisième était musulman. L’un des deux se prit de querelle avec le musulman. Le troisième qui est prêtre, cherche à les réconcilier, mais les deux, à leur tout, le prennent à partie et le laissent sans connaissance. Le musulman répand alors le bruit de la conversion de Rodrigue. Revenu à lui, Rodrigue va cacher sa honte dans la montagne. Mais les difficultés familiales ne sont pas pour autant terminées. Un jour qu’il descend en ville, son frère musulman le reconnaît et cherche à le convertir à l’Islam. Devant son refus, il l’accuse devant les tribunaux d’être un apostat. Ce qui lui vaut d’être condamné à mort. En prison, Rodrigue fait connaissance d’un autre chrétien, Salomon, lui aussi condamné à mort. Ils se soutiennent mutuellement jusqu’au dernier moment où ils sont tous deux décapités le même jour.

« Ils décident en commun de piétiner les sentiments du monde et de s’attacher à Dieu. Ils ont hâte de voir la face de celui qu’ils ont servi. C’est par amour pour lui qu’ils ont méprisé le temps qu’ils leur restait à vivre et qu’ils fuient la vie présente comme un délai haïssable. » (Euloge de Tolède - Vie des martyrs de Cordoue) 1

Mardi 14 mars
SAINTE MATHILDE (968)

ou Maud. Impératrice, épouse heureuse d’Henri l’Oiseleur, roi de Germanie, elle eut beaucoup à souffrir de ses deux fils après la mort de son mari. Othon, le premier empereur de Germanie, lui reprochait ses libéralités pour les pauvres et les monastères sous le prétexte qu’elle ruinait le pays. Elle pacifia ces querelles puis s’en remit à la paix de la vie monastique des moniales bénédictines en Saxe. Elle et son mari s’étaient beaucoup aimés pendant les vingt années de leur mariage, aussi demanda-t-elle à être transportée là où il était enterré, afin de reposer près de lui.

« Il est juste de considérer tant de grands exemples, de courber la nuque et de rester au poste que nous assigne l’obéissance. Ainsi ferons-nous cesser nos vaines querelles et parviendrons-nous sans tache au but où nous appelle la vérité, si vous coupez court aux emportements criminels où vous entraînent vos rivalités et entendez l’appel à la paix et à la concorde que vous lance notre lettre. » (Saint Clément, pape, - 1ère lettre apostolique) 1

Mercredi 15 mars
SAINTE LOUISE DE MARILLAC (+ 1660)

Louise est la nièce du chancelier royal Michel de Marillac et du maréchal Louis de Marillac, arrêtés tous deux et condamnés à mort par Richelieu après la "Journée des Dupes" du 10 novembre 1630. Fille naturelle d’un grand seigneur, elle est élevée par les religieuses dominicaines de Poissy. En 1613, mariée à un simple bourgeois, elle devient Mademoiselle Le Gras. Son fils Michel lui donne beaucoup de soucis. A 34 ans, elle se retrouve veuve. C’est alors qu’elle rencontre saint Vincent de Paul. Subjuguée par la charité contagieuse du prêtre, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions charitables. En 1633, ils fondent ensemble la "Compagnie des Filles de la Charité", appelée communément Soeurs de Saint Vincent de Paul. Louise, supérieure de la nouvelle communauté, oriente les soeurs vers tous les exclus de son temps : elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres; elle organise l’accueil et l’éducation des enfants trouvés; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres; elle envoie des soeurs auprès des galériens... Une passion l’habite : l’amour de l’homme créé à l’image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique. Comme Monsieur Vincent, elle mourra à la tâche. Son corps repose à Paris au 140 rue du Bac.

« Au nom de Dieu, mes chères sœurs, soyez bien affables et douces aux pauvres. Vous savez que ce sont nos maîtres et qu’il les faut aimer tendrement et les respecter fortement. Ce n'est pas assez que ces maximes soient en notre esprit, il faut que nous les témoignions par nos soins charitables et doux." (Sainte Louise de Marillac - Ecrits spirituels) 1

Jeudi 16 mars
SAINT GREGOIRE MAKAR (11ème s.)


Il s’en vint ermite dans la région de Pithiviers en France, après avoir été évêque de Nicopolis en Arménie. Il n’est pas le seul arménien qui soit venu ainsi en Occident. Les relations ont toujours existé entre les Gaules et cette région du Caucase. Nous en avons le témoignage à Talard dans les Alpes de Haute-Provence. Et l’influence arménienne à l’église carolingienne de Germigny des Prés sur les bords de la Loire est indiscutable par son architecture inspirée des monastères de la Haute-Arménie.

« Dieu n’abandonne jamais l’âme qui espère en lui au point qu’elle soit vaincue par les tentations puisqu’il connaît nos infirmités. Si les hommes ont tant de prudence, l’infinie prudence de Dieu n’est-elle pas beaucoup plus grande ? » (Saint Nil Sorski - Règle monastique) 1

Vendredi 17 mars
SAINT PATRICK (+ 464)


Confesseur. A 16 ans, Patrick, jeune gallois d’une famille chrétienne est enlevé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Il y passe six ans puis s’enfuit et retrouve ses parents. Après un séjour en France où il est consacré évêque, il se sent appelé à revenir dans cette Irlande de sa servitude pour l’évangéliser. Il y débarque en 432 et multiplie prédications et conversions dans une population dont, par force, il connaît bien les coutumes et la langue. Au Rock de Cashel, lors d’un sermon demeuré célèbre, il montra une feuille de trèfle : voilà la figure de la Sainte Trinité. Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra la symbole de l’Irlande. On pense que la plupart des druides devinrent moines, adoptant la religion chrétienne présentée avec tant de finesse et de conviction. Lorsque meurt Patrick, à Armagh, l’Irlande est chrétienne sans avoir compté un seul martyr et les monastères y sont très nombreux.

« Parmi les peuples, je ne cesse d’exulter et de magnifier ton nom, où que je puisse me trouver et pas seulement quand tout va bien, mais aussi dans les difficultés. Quoi qu’il m’arrive, d bien ou de mal, je dois en conséquence l’accepter d’une âme égale, et toujours rendre grâce à Dieu qui m’a montré comment avoir en lui une foi indéfectible et sans limite. » (profession de foi de saint Patrick) 1

Samedi 18 mars
SAINT CYRILLE DE JERUSALEM (+ 386)

Originaire des environs de Jérusalem, il devint prêtre en 345 puis évêque de Jérusalem en ce IVème siècle troublé par les querelles entre ariens et orthodoxes. Il fut, à trois reprises, chassé de son siège épiscopal par les ariens qui contestaient la pleine divinité du Christ. Il vivra en tout dix-sept années en exil. En 378, il revient enfin définitivement dans Jérusalem déchirée par les divisions. Il prêchera inlassablement pour enfanter un peuple chrétien dans la ville qui connut la Passion du Christ et sa Résurrection. Ce seront ses admirables catéchèses de la nuit pascale pour la formation des nouveaux baptisés. Il le faisait près des deux "grottes mystiques", celle du Tombeau du Christ près du calvaire, et celle du Mont des Oliviers. Elles lui ont valu d’être proclamé docteur de l’Eglise par Léon XIII.

« Sache que tu as une âme libre, chef d’œuvre de Dieu, car elle est à l’image de son créateur ; immortelle, parce que Dieu lui a donné l’immortalité. Elle est vivante, douée de raison, incorruptible, et cela grâce à Dieu qui lui a accordé ses faveurs. » (saint Cyrille de Jérusalem – Catéchèses) 1

Dimanche 19 mars
SAINT JOSEPH

"C’était un juste". selon l’évangile de saint Matthieu, chapitre 1, versait 19. Les évangélistes ne nous ont conservé aucune parole de ce" juste", le charpentier de Nazareth en Galilée, fiancé Marie, la Mère de Dieu, époux aussi discret que fidèle et chaste. Père nourricier et éducateur de Dieu le Fils, devenu homme parmi les hommes de ce village, il le fait tout simplement. L’ange lui avait dit :" Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse." et Joseph prit chez lui Marie son épouse. - "L’ange lui avait dit :" Lève-toi, prends l’enfant et sa mère." et Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et s’enfuit en Egypte. Il est un vrai fils d’Abraham : il croit et fait ce que Dieu lui dit. Lorsque Jésus disparaît pendant trois jours lors du pèlerinage à Jérusalem, Joseph accompagne la quête de Marie :" Ton père et moi nous te cherchions." Et Jésus, même s’il se consacre désormais "aux affaires de son Père" n’en est pas moins soumis à celui qui, sur terre, a autorité paternelle sur lui. Le Père savait à qui il confiait son Fils unique et sa Mère.

Les Orientaux honorent saint Joseph depuis toujours. Les Latins l’ont méconnu longtemps. « Cet homme selon le cœur de Dieu ne se montre pas au dehors et Dieu ne le choisit pas sur les apparences, ni sur le témoignage de la voix publique. Quiconque veut trouver Dieu, qu’il se détache de toutes choses, pour trouver celui qui veut être lui seul tout notre bien. » (Bossuet - méditation sur saint Joseph) 2

Lundi 20 mars
SAINT WULFRAN (+ 720)

Confesseur
. Il était le fils d’un officier de l’armée de Clovis II. Quand il perdit son père, il quitta la cour, vendit ses biens aux pauvres et donna ses terres à l’abbaye de Fontenelle. En 682, il fut nommé au siège épiscopal de Sens et de là, partit évangéliser la Frise où il obtint la conversion du chef de ce pays. Il rentra à Fontenelle pour y mourir. Ses reliques sont toujours vénérées à Abbeville.

« Incline-toi toujours, non au plus aisé mais au plus difficile, non au plus savoureux mais au plus insipide, non au repos mais à ce qui est pénible, pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas va par où tu ne possèdes pas. » (Saint Jean de la Croix - Montée du Carmel)

Mardi 21 mars
SAINT NICOLAS DE FLUE (+ 1487)


Cet herbager du centre de la Suisse, du canton d’Unterwald, eût une grande influence dans les cantons de langue germanique qui ont été à la naissance de la Confédération helvétique. Malgré son penchant pour la méditation solitaire, il ne suivit pas immédiatement ce qui était sa vocation première. Il épousa une femme courageuse, Dorothée Wiss qui lui donna cinq filles et cinq fils. Il tenait sa place dans la vie politique du canton comme conseiller, mais aussi comme officier dans l’armée. Mais ce bon père de famille, cet homme d’un grand civisme se retire dans un lieu solitaire pour prier chaque fois qu’il le peut. A cinquante ans, n’y tenant plus, celui qu’on appelle familièrement « Bruder Claus », frère Nicolas, se laisse happer par la contemplation. Il demande à sa femme et à ses grands enfants l’autorisation de se consacrer entièrement à Dieu. Permission accordée qui devrait mériter à Dorothée aussi la reconnaissance de l’Eglise pour l’héroïcité de ses vertus. Nicolas s’enfonce dans la prière. Les visions mystiques deviennent de plus en plus nombreuses. Son jeûne est absolu, scrupuleusement vérifié par des espions de l’évêque du lieu. Curieusement, plus il s’isole, plus il influence la politique de son pays. On vient lui demander conseil, il dicte ses recommandations, toujours en faveur de la paix et de la concorde. Et c’est ainsi qu’il sauva sa patrie en 1471, lors de l’invasion de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne qui voulait l’annexer et, en 1481, quand il rédigea en une nuit une constitution qui empêcha Unterwald de quitter les autres cantons, au risque de la désagrégation de la confédération.

« Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m’éloigne de vous. Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de vous. Prenez-moi à moi et donnez-moi tout à vous. » (Prière de saint Nicolas de Flüe)

Mercredi 22 mars
SAINT BASILE D'ANCYRE (+ 362)

Martyr. Prêtre d’Ancyre (actuellement Ankara), il est arrêté sous l’empereur Julien l’Apostat qui prétendait rétablir le paganisme dans son empire. Un long procès s’en suivit. Au milieu des tortures, Basile loue le Seigneur et refuse de sacrifier à la déesse Hécate. Il en donne le remords à ceux qui avant lui avaient renié le Christ pour sauver leur vie. L’empereur Julien l’interroge en personne; Basile lui reproche son apostasie. On ordonne qu’il soit découpé en lanières. Saint Basile en jette une à la figure de l’empereur. Il est alors totalement écorché vif. Il continue à louer Dieu et meurt de ses blessures.

« Le Mauvais a eu le pouvoir, par la main des tyrans, de déchirer et d’arracher la peau des martyrs du Christ, de hacher leurs membres, de broyer leurs os, de répandre leurs entrailles. Mais ôter ce vêtement-là, le Christ revêtu au baptême et dénuder du Christ les bienheureux, cela échappa si bien à ses artifices qu’à son insu, il les vêtit bien mieux qu’auparavant. » (Saint Nicolas Cabasilas - La vie en Christ)

Jeudi 23 mars
SAINT TURIBIO (+ 1606)

Turibio de Mongrovejo fut un grand bienfaiteur des indiens du Pérou, qui avaient fort à souffrir de la cupidité des Espagnols qui avaient conquis leur pays. Originaire de Mayorga en Espagne, il fut nommé, par le roi Philippe II, archevêque de Lima, un diocèse grand comme la moitié de la France. Il visita trois fois ses fidèles chrétiens d’origine indienne. Cela durait chaque fois sept ans. Il lutta contre les autorités royales, ouvrit un séminaire, fit prendre conscience aux chercheurs d’or qu’ils ne devaient pas les traiter comme des esclaves. Doux, patient, habile, d’un courage indomptable, il transforma l’état des choses au Pérou, rendant à tous leur dignité d’hommes.

« Depuis que je suis ici, je n’ai pas arrêté. Je parcourais activement les villages, je baptisais tous les enfants qui ne l’avaient pas encore été. Quant aux enfants, ils ne me laissaient ni réciter l’office divin, ni manger, ni me reposer tant que je ne leur avais pas enseigné une prière. » (Saint François Xavier - Lettre à ses frères)

Vendredi 24 mars
SAINTE CATHERINE DE SUEDE (+ 1381)


Elle appartenait à la famille royale de Suède, par sa mère, sainte Brigitte et par son père Ulf Gudmarson. Elevée dans un couvent, elle en sort pour épouser sagement le jeune noble qu’on lui destine, Edgar Lydersson qui est un invalide et qu’elle soigna avec un grand dévouement. D’accord avec lui, en 1350, pour le jubilé, elle rejoint à Rome sa mère qui y a fait sa demeure depuis son veuvage. Catherine, pendant son séjour, apprend la mort de son jeune époux. Elle décide à son tour de rester à Rome. Son extraordinaire beauté blonde lui cause bien des complications en Italie. A plusieurs reprises, des prétendants enthousiastes tentent de l’enlever. Quand sa mère meurt, Catherine revient en Suède pour l’ensevelir au couvent de Vadstena, où elle entre et dont elle sera bientôt l’abbesse. Elle retournera une fois encore à Rome pour obtenir la reconnaissance des Religieuses de l’Ordre du Très-Saint-Sauveur, les brigittines et pour la canonisation de sa mère qui n’aura lieu qu’en 1384, trois ans après la mort de sainte Catherine.

« Le fondement de la religion et du salut est la véritable humilité, la pure chasteté et la pauvreté volontaire. » (Saint Brigitte de Suède - Règle du Saint-Sauveur)

Samedi 25 mars
ANNONCIATION DU SEIGNEUR


La scène nous est bien connue. Dieu propose et attend une réponse de la Vierge. Ce sera " Qu’il me soit fait selon ta parole." Elle devient la Mère de Dieu et du Sauveur avant de devenir, au pied de la croix, la Mère de l’Eglise. Cette fête est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira ce minuscule embryon jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu.

« Voyez et apprenez de là comment Marie, élue au-dessus de toute créature pour être mère de Dieu, reine du ciel et de la terre, a néanmoins fait choix pour elle-même d’être la servante de Dieu et de tout le monde. » (Bienheureux Ruysbroek - dans « le Salut éternel »)