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FETES DES SAINTS
parmi tant d'autres ...

du 16 au 30 avril

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe





Lundi 17 avril
SAINT BENOIT JOSEPH LABRE (+ 1783)


Confesseur. Il est l’aîné d’une famille de quinze enfants d’un laboureur d’Amette dans le nord de la France. Il passe sa jeunesse dans les champs avec son père et ses frères. Mais il rêve d’être moine pour ne vivre que de Dieu. A 19 ans, il se présente dans plusieurs monastères de chartreux. L’un ne prend pas de novices à cause d’un incendie récent. Dans l’autre, on le trouve trop jeune. Admis à la chartreuse de Montreuil-sur-Mer, il n’est pas gardé à cause de sa santé trop fragile. A pied, il se rend à la Grande-Trappe de Soligny : il est toujours trop jeune. Il revient à Montreuil, c’est un nouvel échec. La Grande Trappe de Sept-Fons ne l’accepte pas non plus et le Père Abbé lui dit :"Dieu vous veut ailleurs." Désormais c’est "ailleurs" qu’il vivra dans l’errance et le pèlerinage perpétuel. Il ne cherche plus à se fixer. Son monastère sera la route, son seul compagnon de prière sera Dieu seul. En sept ans, il parcourut près de 30.000 kilomètres d’un sanctuaire à l’autre, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et jusqu’en Pologne, vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres, les soupes populaires et les humiliations, toujours en oraison et toujours patient. Les prêtres qui le confessent sont émerveillés par sa vie mystique et son humilité. Mais son lieu de prédilection, c’est Rome où il passe ses journées en prière dans les églises, logeant avec tant d’autres pauvres dans les ruines du Colisée, distribuant à de plus pauvres ce qu’on lui donne. Dans les rues, les gamins se moquent de lui. Il les entend et rend grâces à Dieu. Le mercredi saint 1783, on le ramasse mourant sur les marches d’une église. Dès sa mort connue, les gamins et le peuple de Rome s’en vont par les rues de Rome en criant :"Le saint est mort!" Les miracles se multiplient sur son tombeau. Bénéficiant ainsi d’un culte précoce et populaire, il est un défi au matérialisme d’une société vouée à l’argent. Il est le saint des sans-domicile fixe, des pauvres et des exclus.

« Pour aimer Dieu, il faut trois cœurs réunis : un cœur qui ne soit qu’amour et tendresse envers Dieu. Un cœur de charité et de zèle envers le prochain. Un cœur de pénitence et de haine contre soi-même. » (Saint Benoît-Joseph, cité par l’un de ses contemporains) « Comme l’Eglise est bonne en ce siècle de haine, d’orgueil et d’avarice et de tous les péchés, d’exalter aujourd’hui le caché des caché à l’ignorance humaine, le doux entre les doux ! Quelle pierre d’achoppement pour nos titubantes cervelles d’aujourd’hui. » (Verlaine pour la canonisation de saint Benoît-Joseph. 1873)

Mardi 18 avril
SAINT ETIENNE HARDING (+ 1134)


Confesseur. Il était né en Angleterre et regagnait son pays après un voyage en Italie et en France. Passant par la Bourgogne, il rencontra sur sa route l’abbaye de Molesme. Il y entra et s’y fit moine. En 1098, il quitta Molesme, avec une vingtaine de moines, dont le futur saint Robert de Molesme, pour essaimer et fonder à 100 kilomètres de là un monastère plus austère. Ainsi naquit Citeaux dont il devint le Père abbé. Il venait d’entrer dans cette charge quand saint Bernard et ses trente compagnons arrivèrent (1112). L’abbaye reprit vie et la réforme cistercienne ne tarda pas à se répandre dans toute l’Europe. Un de ses moines écrit de lui :

"C’était un bel homme, toujours abordable et toujours de bonne humeur." « En tant que moines, vous devez montrer que vous êtes de ces hommes qui ne mettent pas leur espoir dans les vanités passagères de ce monde, mais cherchent du fond du cœur Celui qui est l’Absolu : Dieu seul, le Dieu éternel qui est le Bien suprême. » (Paul VI aux moines - 1973)

Mercredi 19 avril
BIENHEUREUSE MARIE DE L’INCARNATION (+ 1618)


ou Madame Acarie. Barbe Avrillot était fille d’un conseiller du Roi et, pour obéir à ses parents, elle épouse Pierre Acarie, maître des comptes, certainement très pieux mais d’humeur contrariante. Elle lui donnera six enfants. Elle sera une épouse parfaite, paisible et joyeuse. Elle a un charme extrême qui fait d’elle une exquise dame de la haute société qui l’appelle "la belle Acarie". Elle a une vie intérieure intense. Son rayonnement spirituel est grand et son salon devient le rendez-vous des universitaires de l’époque et des grands hommes d’Eglise comme saint Vincent de Paul et le cardinal de Bérulle. Elle contribue à l’installation des Ursulines et à celle des Prêtres de l’Oratoire. Surtout, séduite par la lecture de sainte Thérèse d’Avila, elle introduit en France le Carmel réformé, projet approuvé par saint François de Sales et par Bérulle. Les carmélites arrivent à Paris en 1604. Avec l’aide de "Madame Acarie", les fondations vont se succéder : Pontoise, Dijon, Amiens, Tours, Rouen. A la mort de son mari bien-aimé, ayant établi ses enfants, elle entre au Carmel d’Amiens où elle est Marie de l’Incarnation, simple soeur converse dont l’obéissance et la charité sont admirables. Transférée au Carmel de Pontoise, elle rentre dans la paix de ce Dieu qui tant lui suffisait.

« Trop est avare à qui Dieu ne suffit. Quand on donne du temps à Dieu, on en trouve pour tout le reste. » (Madame Acarie) « Le seau du puits ne s’emplit pas à moins qu’il ne s’abaisse. Quant à moi, je reste vide, faute de m’abaisser. » (Madame Acarie) « Maintenant, mon Dieu, je suis toute à vous. C’est pourquoi je prendrai la hardiesse de demander non seulement vos dons et vos grâces, mais aussi vous-même et spécialement en la réception de votre très précieux Corps, en ce saint Sacrement que je désire recevoir pour être plus parfaitement conjointe et unie à vous. » (Madame Acarie)

Jeudi 20 avril
BIENHEUREUX MARCEL CALLO (+ 1945)


Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné, en 1943, par l’occupant allemand pour le Service du travail obligatoire, il lui faut partir pour l’Allemagne. Il décide de s’y comporter « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C’est alors qu’il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable s’exprimer en français. Marcel entraîne avec lui à ces messes des camarades français qui ne sont guère familiers de l’Eglise. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l’attention de la Gestapo qui n’aime guère cette "action catholique". Arrêté, il est déporté à Mathausen. Soumis à la soif, la faim, battu, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d’autres prisonniers. Bientôt, à bout de force, il est envoyé à l’infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continuera de soutenir ses compagnons de misère, jusqu’au bout, alors que lui-même se meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie. « Je ne pars pas comme travailleur, je pars comme missionnaire. Le Christ a été très exigeant pour ses apôtres. Il leur a demandé de tout quitter. Il leur a même annoncé qu’ils mourraient pour lui. Ils sont morts martyrs. » (Lettre de Marcel Callo)

Vendredi 21 avril
BIENHEUREUSE ODETTE (+ 1158)


ou Ode. Née dans une illustre famille du Brabant, en Belgique, ses parents voulurent la marier malgré elle. Traînée devant l’autel, elle répondit au prêtre "Non, pas du tout" au moment de déclarer si elle consentait à prendre pour époux le chevalier Simon que ses parents lui destinaient. Pour éviter tous les autres prétendants attirés par sa beauté, elle se coupa le nez, entra chez les religieuses de Prémontrée, à Rivroelles au couvent de Bonne-Espérance, en Belgique, dont elle devint la prieure. C’est là qu’elle meurt, elle avait à peine vingt-cinq ans. « Mon amour et ma foi sont engagés à Jésus-Christ. Je lui ai consacré ma virginité. Rien ni personne ne pourront m’en séparer. » (Sainte Odette)

Samedi 22 avril
SAINT ANSELME DE CANTORBERY (+ 1109)


Originaire du Val d’Aoste, il veut se faire moine alors qu’il a 15 ans. Mais son adolescence le fait changer d’avis : la vie mondaine lui semble plus amusante et attirante, plaisant à tous et à toutes. A la mort de sa mère, il quitte son père dont le caractère était invivable et gagne la France "à la recherche du plaisir". Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre en même temps ses études. Et c’est ainsi qu’à 27 ans, sa vocation de jeunesse se réveillera à l’abbaye du Bec en Normandie où il était venu simplement pour étudier, attiré par la renommée de cette école dirigée par Lanfranc. A peine moine profès, le voilà choisi comme prieur, n’en déplaise aux jaloux. Mais sa douceur gagnera vite les coeurs. Il est élu abbé et mènera de front cette charge et une intense réflexion théologique : selon lui, puisque Dieu est le créateur de la raison, celle-ci, loin de contredire les vérités de la foi, doit pouvoir en rendre compte. A cette époque, des relations étroites existaient entre l’abbaye du Bec et les monastères anglais proches de Cantorbery. En 1093, lors d’une visite de ces monastères, saint Anselme se retrouve élu évêque de Cantorbery. Son attachement à l’indépendance de l’Eglise contre les prétentions des rois d’Angleterre lui vaudra plusieurs exils. Il aspire à retrouver la paix du cloître, mais le pape ne l’autorise pas à quitter sa charge. C’est donc au milieu des tracas occasionnés par sa réforme de l’Eglise d’Angleterre qu’il mène à bien l’oeuvre théologique qui lui vaudra le titre de "Docteur magnifique".

« Celui qui n’a pas cru n’expérimente pas. Celui qui n’aura pas expérimenté ne comprendra pas. La science de quiconque a expérimenté l’emporte sur la connaissance purement intellectuelle. » (Saint Anselme) « Je n’essaie pas, Seigneur, de pénétrer ta hauteur puisque je ne puis en rien lui comparer mon intelligence. Toutefois, dans la mesure du possible, je désire comprendre ta Vérité que croit et aime mon cœur. » (Saint Anselme - Prologion) « Je t’en prie, Seigneur, fais-moi goûter par l’amour ce que je goûte par la connaissance. Puissé-je éprouver dans mon cœur ce que j’éprouve en mon intelligence. » (Saint Anselme - Méditation sur la Rédemption)

Dimanche 23 avril
SAINT EPIPODE et SAINT ALEXANDRE (+ 177)


Martyrs à Lyon. Deux jeunes chrétiens qui avaient échappé au carnage dont fut victime saint Pothin, leur évêque. Saint Epipode fut décapité et saint Alexandre crucifié. « Je confesse que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Il est juste que je lui rende mon âme, à lui mon créateur et mon sauveur. Ainsi la vie ne m’est pas ôtée, elle est transformée en une vie meilleure. Peu importe la faiblesse du corps, par laquelle il se dissout finalement, du moment que mon âme, transportée aux cieux, soit rendue à son créateur. » (Saint Epipode au moment de sa condamnation) Lundi 24 avril SAINT GEORGES (+ 303) Martyr. Au 4ème siècle, tous les sujets de l’empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l’empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux. A Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il est exécuté pour refus d’obéissance. La popularité de son culte sera telle que la piété populaire ne pourra se contenter des maigres données de l’histoire. On le fait couper en morceaux, jeter dans un puits, avaler du plomb fondu, brûler dans un taureau de bronze chauffé à blanc, donner en nourriture à des oiseaux de proie. Chaque fois, saint Georges ressuscite et en profite pour multiplier les miracles. A ces fiorutures morbides, s’ajoute au 11ème siècle, la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon. Ce dont on est sûr, c’est qu’au 4ème siècle, l’empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople. Cent ans après, on en compte une quarantaine en Egypte. On les voit s’élever en Gaule, à Ravenne, en Germanie. En France, 81 localités se sont placées sous sa protection et portent son nom. On ne compte pas avec précision le millier d’églises dont il est le titulaire. Il est le patron céleste de l’Angleterre et de l’Ethiopie. On a voulu nier son existence. L’absence de précisions ne font pas disparaître la mémoire de ce martyr de Palestine. « Le fier chevalier devient un symbole, le héros du Bien triomphe, par la force de Dieu, du prince des ténèbres et du mal. » (Jacques de Voragine - La Légende dorée)

Lundi 24 avril
SAINT FIDELE DE SIGMARIGEN (+ 1622)


Confesseur. Marc Roy est né à Sigmaringen en Souabe (Allemagne). Il étudia d’abord la philosophie et le droit et commença à Colmar une brillante carrière d’avocat. Il l’abandonne à 34 ans pour entrer chez les Capucins de Fribourg-en-Brisgau, se dépouillant de tous ses biens et prenant le nom de Fidèle. En ce temps-là, la réforme protestante s’étendait dans les pays germaniques. Fidèle se lança dans la controverse, par le ministère de la prédication. Sa parole et son exemple gagnèrent de nombreuses conversions. Même les protestants convaincus étaient séduits par ses paroles et l’appelaient "l’ange de la paix". Pendant dix ans, il parcourut ainsi l’Allemagne du Sud, l’Autriche et la Suisse. Soucieux de la vie spirituelle des fidèles, il rédigea des "Exercices spirituels" selon l’esprit franciscain. Il fut finalement victime de son zèle apostolique. Au cours d’une mission dans le canton des Grisons en Suisse, il fut mis à mort par un petit groupe de protestants fanatiques.

« Allons où la grâce divine nous appelle. La moisson presse ! » (Prière de saint Fidèle) « De nos jours, qu’est-ce qui entraîne les chrétiens à rejeter la facilité, à renoncer au confort, à supporter les épreuves, à souffrir une vie pénible ? C’est la foi vive qui agit par la charité. » (Testament de saint Fidèle)

Mardi 25 avril
SAINT MARC (+ 68)


Second dans l’ordre des évangiles synoptiques, serait-il l’inventeur du genre évangélique ? C’est possible puisque son livre, en mauvais grec, semé de sémitimes, fut composé très tôt à Rome, selon les données orales de Saint Pierre. Sans doute au plus tard en 70. L’auteur en serait le jeune Jean, surnommé Marc, fille de Marie chez qui la première communauté chrétienne de Jérusalem se réunissait pour prier (Actes 12. 12). Il accompagne Paul et Barnabé dans leur mission à Chypre. Peu après, il refuse de suivre Paul, en partance pour l’Asie Mineure. Il préfère rentrer à Jérusalem. Sur le moment, saint Paul lui en voudra de ce lâchage : il préféra se séparer de Barnabé plutôt que de reprendre Marc (Acte 15. 39) Mais Marc se racheta et deviendra le visiteur du vieux prisonnier à Rome. Dans le même temps, saint Pierre le traite comme un fils (1ère lettre de Pierre 5. 13). Certains considèrent que saint Marc aurait été l’évangélisateur de l’Egypte. Ce n’est pas invraisemblable. D’autres affirment que son corps serait désormais à Venise. Après tout, pourquoi pas ? En tous cas, il fut un fidèle secrétaire pour saint Pierre dont il rédigea les "Mémoires", qui sont l’évangile selon saint Marc, à l’intention des Romains.

C’est le Christ du « terrible quotidien » qui nous est montré. Le Messie, solitaire au milieu du groupe humain de ses apôtres et disciples, enseigne inlassablement. Ce « fils de l’homme » qui est « fils de Dieu » ne trompe jamais ses auditeurs. Il sera « le crucifié ». (Jean Huscenot sur saint Marc)

Mercredii 26 avril
SAINT PASCHASE RADBERT (+ 865)


Confesseur. Enfant abandonné sous le porche de la cathédrale de Soissons et recueilli par des religieuses, dont la mère abbesse n’était autre qu’une cousine de l’empereur Charlemagne, il fugua pour mener une vie dissolue, puis il revint pour entrer dans la célèbre abbaye de Corbie où "il se nourrit de la philosophie, de la Sagesse chrétienne et de l’Ecriture Sainte" selon ses propres paroles. Il fut en effet un personnage important pour son époque, cherchant à "éclaircir " le mystère de la présence eucharistique de Jésus, ce qui le range parmi les grands témoins de la foi de l’Eglise sur ce mystère. Professeur aux écoles théologiques de Corbie, il leur donna un grand rayonnement et ses moines le choisirent comme Abbé. Mais quelque temps après, ses collègues théologiens l’obligèrent à partir et il se réfugia à l’abbaye de Saint-Riquier dans la Somme. Ce qui ne le fâcha pas, car il put ainsi davantage se consacrer à ses études. Les moines de Corbie finirent enfin par le rappeler. Il retourna dans son monastère et y vécut le reste de ses jours dans la plus grande humilité.

« Ne perds pas ce que la puissance divine t’a accordé…Conserve dans ton cœur le sacrement de la divine Ecriture. Que ta prière brûle toujours comme un encens agréable à Dieu. Prends le glaive de l’Esprit-Saint. Que ton cœur soit l’autel où tu pourras, sans craindre Dieu, porter ton corps pour en faire la victime. » (Saint Pierre Chrysologue)

Jeudi 27 avril
BIENHEUREUSE ZITA (+ 1278)


Une petite vendeuse de légumes qui s’en allait au marché de Lucques pour ses parents. A douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus. Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d’aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, discrètement et avec délicatesse. Elle supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Sa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.

« Une servante paresseuse ne peut être pieuse. Quelqu’un de notre condition, qui affecte la piété sans bellement besogner, n’est qu’une hypocrite. » (Sainte Zita) « Seule la charité ne tolère aucun délai. Partage ton pain avec l’affamé, héberge le sans-abri et fais-le de bon cœur. Votre empressement double la valeur de votre bienfait. » (Saint Grégoire de Nazianze - De l’amour des pauvres)

Vendredi 28 avril
SAINT LOUIS MARIE DE MONTFORT (+ 1716)


Aîné des dix-huit enfants d’un avocat breton, Louis naît à Montfort près de Rennes. A 9 ans, il entre au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Prêtre en 1700, il devient aumônier de l’hôpital de Poitiers. Il partage la table des pauvres malades et regroupe les jeunes filles désireuses de servir les pauvres. Parmi elles, Marie-Louise Trichet, fille d’un haut magistrat qui, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Les réformes de Louis-Marie indisposent la bourgeoisie de la ville qui le congédie de l’hôpital. Mais les missions attirent Louis-Marie. Il se rend à Rome pour demander d’être envoyé au loin. Le Pape l’envoie... en France comme prédicateur des missions paroissiales. Là encore il déchaîne l’enthousiasme des uns et la colère des autres :"Monsieur de Montfort est fou." Entièrement voué à la Mère de Dieu, il écrit "l’Amour de la Sagesse éternelle" et surtout "le Traité de la vraie dévotion à Marie." Il mène les foules à Jésus par Marie. Vient le temps des fondations. Les jeunes filles de l’hôpital de Poitiers deviennent l’oeuvre des "Filles de la Sagesse". Il rêva aussi d’une petite compagnie de prêtres pour les missions populaires : les Missionnaires de la "Compagnie de Marie" qui ne verront le jour qu’après sa mort.

« Je vous livre et consacre mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. » (Saint Louis-Marie - Amour de la Sagesse éternelle)

Samedi 29 avril
SAINTE CATHERINE DE SIENNE (+ 1380)


Catherine, benjamine d’une famille très nombreuse (24 frères et soeurs) entend très jeune l’appel à se consacrer à Dieu. A seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant sa vie d’austérité et de prière au milieu de sa famille. Elle fait voeu de virginité, mais le petit groupe des amis qui l’écoutent et la soutiennent (les Caterini) l’appelle "maman". Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec le Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Elle vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne, elle écrit aux grands de son temps. Son principal souci est l’unité de l’Eglise. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI et déploiera des trésors d’activité et de diplomatie pour rassembler l’Eglise autour de lui. Elle prend aussi partie dans les luttes où s’affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, elle voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l’Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n’est pas le tout de sainte Catherine. Ce n’est que la face apparente d’une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s’échappent de ses lèvres. Son "Dialogue", qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ., qu’elle rejoignit à 33 ans, dans la vision béatifique. Elle a été proclamée docteur de l’Eglise en 1970.

« Le monde aime l’orgueil. Dieu aime l’humilité. » « Je vous ai créés sans vous, dit Dieu. Je ne vous sauverai pas sans vous. » « Nul n’est si éclairé qu’il puisse faire l’économie de la lumière des autres. » (Méditations de sainte Catherine de Sienne)

Dimanche 30 avril
SAINT PIE V (+ 1572)


Antonio Ghislieri était un petit berger gardant les moutons dans la campagne lombarde. La générosité d’un voisin l’enverra à l’école chez les dominicains. A 14 ans, il entre dans l’Ordre des Prêcheurs sous le nom de Michele. Toute sa vie, il sera fidèle à ses voeux religieux et gardera la pauvreté jusque dans les fastes pontificaux. En 1550, il est nommé Grand Inquisiteur dans un diocèse très exposé à la prédication protestante. Six ans plus tard, il sera pape, grâce à l’opiniâtreté de saint Charles Borromée, archevêque de Milan qui sera d’ailleurs l’un de ses plus fidèles collaborateurs. Pie V consacrera son pontificat à l’application de la Réforme Catholique définie au Concile de Trente, dans toute l’Eglise, avec une attention particulière pour les diocèses du Nouveau Monde. Les prêtres doivent donner l’exemple de la pureté des moeurs et du dévouement. Les laïcs doivent fréquenter les sacrements et s’instruire dans la foi. Pour favoriser cette restauration de la piété, le pape fait refondre le missel, achever et traduire en plusieurs langues nationales le catéchisme officiel. Il lui faut aussi contrer la diffusion des thèses protestantes. Il encourage les théologiens, crée la Congrégation de l’Index pour protéger les fidèles contre les thèses hérétiques. Il n’hésite pas à excommunier la reine d’Angleterre Elisabeth 1ère. Il appelle les princes chrétiens à une croisade contre les Ottomans musulmans qui, un siècle plus tôt, avaient anéanti l’Empire chrétien d’Orient. La flotte turque, réputée invincible, sera écrasée à Lépante le 7 octobre 1571. Il est le pape dynamique de la réforme romaine qui marquera l’Eglise durant plusieurs siècles.

« Je préfère passer à la postérité par des exemples de vertu plutôt que de me trouver, en marbre ou en airain, sur une place publique ! » (Saint Pie V) « Seigneur, augmentez mes maux, si vous le jugez bon. Mais augmentez en même temps ma patience. » (Saint Pie V)