FETES DES SAINTS
parmi tant d'autres ...

du 2 au 17 novembre

selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe





Jeudi 2 novembre
LES FIDELES DEFUNTS

"
Jour où l'Eglise intercède pour ses membres endormis dans la mort et qui souffrent dans une ultime purification avant d'entrer dans la Gloire " (Martyrologe de Solesmes). Saint Odilon, abbé de Cluny, établit, dans le millier de monastères qui dépendaient de la grande abbaye bourguignonne, un office liturgique à l'intention de tous les frères défunts. L'extension de l'influence clunysienne étendit cette coutume à l'Eglise universelle en même temps que se précisait la doctrine concernant les âmes du Purgatoire.

Vendredi 3 novembre
SAINT MARTIN DE PORRES (+ 1639)

Fils d'une ancienne esclave noire péruvienne et d'un noble espagnol castillan qui ne voulut pas le reconnaître, il supportera, toute sa vie, les humiliations et le mépris que lui attiraient sa naissance illégitime et la couleur de sa peau. Dès son adolescence, il partageait son pain avec plus pauvre que lui dans les rues de Lima. A 22 ans, il entre comme tertiaire laïc dominicain à Lima, où il accomplira avec beaucoup de délicatesse et de patience sa charge d'infirmier. Sa bonté envers les chiens, les chats et même les dindons est immense, ce qui le rend très populaire auprès des populations indiennes. Un jour qu'il apprend que son couvent est couvert de dettes, il supplie le prieur de le vendre comme esclave puisqu'il est le fils d'une ancienne esclave : " pour être utile au moins à quelque chose dans la communauté. " Ses journées se passent à recevoir, écouter et aider les pauvres. Ses nuits se passent en prière. Bientôt, malgré ses ruses de sioux, tous les frères savent qu'il " ne faut pas s'étonner des extases de frère Martin " à qui le Seigneur donne tant de grâces mystiques.

Samedi 4 novembre
SAINT CHARLES BORROMEE (+ 1584)

Carl, Carlos, Charley, Charly, etc ...Fils cadet d'une noble famille italienne, il avait tout pour se laisser entraîner dans une vie facile et fastueuse. Neveu d'un pape, nommé cardinal à 22 ans, il est submergé de charges honorifiques très lucratives : son revenu annuel était de 52.000 écus soit plus de mille tonnes d'or fin. Il reçoit les revenus du diocèse de Milan, des abbayes de Mozzo, Folina, Nonatella, Colle et de quelques autres légations : Bologne, Spolète, Ravenne, etc ... Il reste laïc, grand amateur de chasse et de musique de chambre. Mais la conscience de son devoir est telle qu'il s'impose dans la vie mondaine et brillante de Rome, par sa rigueur et son travail. Il collabore efficacement à la reprise du Concile de Trente, interrompu depuis huit ans. Au moment de la mort subite de son frère aîné, alors qu'il pourrait quitter l'Eglise pour la charge de chef d'une grande famille, il demande à devenir prêtre. Désormais il accomplit par vocation ce qu'il réalisait par devoir. Devenu archevêque de Milan, il crée des séminaires pour la formation des prêtres. Il prend soin des pauvres alors qu'il vit lui-même pauvrement. Il soigne lui-même les pestiférés quand la peste ravage Milan en 1576. Il demande à tous les religieux de se convertir en infirmiers. Les années passèrent. Malgré le poids des années, il n'arrête pas de se donner jusqu'à l'épuisement. "Pour éclairer, la chandelle doit se consumer, " dit-il à ceux qui lui prêchent le repos.

Dimanche 5 nvembre
SAINT GREGOIRE D'ALEXANDRIE (9ème s.)


Consacré pasteur par le choix du synode des évêques et du peuple chrétien unanime, ce patriarche d'Alexandrie, tout en étant austère et exigeant, savait être humble, miséricordieux et guide des égarés. Il défendit la foi orthodoxe à l'époque où l'empereur Léon l'Arménien pourchassait les confesseurs des saintes icônes. Lui-même, saint Grégoire, fut arrêté à Alexandrie et transféré à Constantinople, chargé de chaînes. Il fut condamné à la flagellation puis exilé. Trois ans plus tard, il rendait son âme à Dieu.

Lundi 6 novembre
SAINT LEONARD (6ème s.)


Ermite au diocèse de Limoges, son culte se répandit en particulier dans les pays anglo-saxons et en Ile-de-France car son sanctuaire était sur le chemin des pèlerinages de saint Jacques de Compostelle. Les échoppes se multiplièrent comme les auberges. Il en naquit une petite ville : Saint Léonard de Noblat-87400. Le Moyen Age éprouva le besoin de lui donner quelques détails pour lui " faire une vie " : il aurait été filleul de Clovis et saint Remi en fit un clerc de l'Eglise. Il aurait aidé par sa prière la reine d'Aquitaine lors de la naissance difficile de son petit prince et ce serait la raison de la création de ce monastère.

Mardi 7 novembre
SAINT WILLIBRORD (+ 739)


Originaire de l'Est de l'Angleterre, il fut confié par sa famille au monastère de Ripon dirigé alors par saint Wilfrid d'York. A vingt ans, il gagne en Irlande le monastère de " l'île des saints ". En 690, on l'envoie évangéliser la Frise avec onze moines anglo-saxons. Il acquiert l'amitié du père de l'empereur Charlemagne, Pépin le Bref qu'il convertit et qui, à partir de ce jour, le soutiendra sans faillir. Fidèle à l'obéissance de l'Eglise, Willibrord se rend à Rome demander au Pape Serge 1er un mandat officiel pour prêcher l'Evangile. Nommé évêque d'Utrecht, il fonde l'abbaye d'Echternach au Luxembourg et c'est à partir de là qu'il accomplit des missions en Frise et au Danemark. Il revient à Echternach où il est enterré et vénéré par un pèlerinage dont la danse et la procession sont célèbres depuis le 14ème siècle et encore de nos jours.

Mercredi 8 novembre
SAINTE ELISABETH DE LA TRINITE (+ 1906)

Cette berrichonne passera sa vie à Dijon où son père militaire avait été envoyé en garnison. Elle est très vive, passionnée, coléreuse. Elle a sept ans quand meurt son père. C'est un drame pour elle et elle veut se convertir, soutenue par sa mère qui l'aide à lutter contre son caractère difficile. Dans la bonne société dijonnaise, c'est une charmante jeune fille, premier prix de piano, recherchée par les bonnes familles pour l'un de leurs garçons. Mais elle a choisi une autre orientation pour sa vie. Elle veut vivre " en oraison continuelle ", puisque Dieu est présent en son cœur. Malgré sa mère très possessive, elle peut entrer au Carmel de Dijon " pour se livrer à la vie des Trois, à l'union à Dieu ". Cinq ans d'union intime avec le Dieu-Trinité qui lui confère paix, joie et gaieté malgré la grave maladie qui l'accable bientôt et l'emportera à 26 ans dans l'amour éternel qu'elle a cherché " Pacifiez mon âme, a-t-elle écrit, faîtes-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice. "

Jeudi 9 novembre
BIENHEUREUSE HELENE DE HONGRIE (+ 1270)


ou Ilona. Religieuse dominicaine de Vezszprem, elle fut même la maîtresse des novices de sainte Marguerite de Hongrie qui, fille du roi Béla IV, devint à son tour religieuse dominicaine. La bienheureuse Hélène aurait porté les stigmates de la Passion du Christ. Les Hongrois et l'Ordre dominicain la vénèrent comme bienheureuse.

Vendredi 10 novembre
SAINT LEON LE GRAND (+ 461)


Il devint Pape à une époque troublée. C'était la lente agonie de l'empire romain sous les coups des invasions des Barbares, des Francs, des Wisigoths, des Vandales, des Huns, des Burgondes. Pour l'Eglise, c'est le risque d'éclatement en de nombreuses hérésies. En particulier les monophysites qui acceptaient la divinité du Christ mais refusaient qu'il soit vraiment homme ; les nestoriens qui acceptaient que Jésus soit vrai homme, mais pas vraiment le Verbe de Dieu. Il apporta son soutien à Flavien, le patriarche de Constantinople par une lettre dogmatique " le tome à Flavien ", qui sera la base de la définition du concile christologique de Chalcédoine (451) quelques années plus tard : Le Christ-Jésus réunit en sa seule personne toute la nature divine et toute la nature humaine. En 452, il sauve Rome des hordes d'Attila, mais ne peut empêcher le sac de Rome par les Vandales en 455. Dans cet Occident démoralisé, il resta le seul et vrai recours moral.

Samedi 11 novembre
SAINT MARTIN DE TOURS (+ 397)

que les Eglises d'Orient appellent aussi " saint Martin le Miséricordieux ". Il est né en Pannonie, l'actuelle Hongrie, sur les frontières de l'empire romain où son père était en garnison. A 15 ans ans, il est soldat car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s'enrôler dans l'armée. Il est muté en Gaule et c'est là, qu'à Amiens, il rencontre le pauvre grelottant à qui il donne son manteau et dont il apprend durant la nuit que c'est le Christ qui lui a fait cette demande. Il hésitait à devenir chrétien, il s'y décide enfin. Il quitte l'armée pour rejoindre saint Hilaire à Poitiers. Avec lui, il fonde le premier monastère des Gaules, à Ligugé, en Poitou. C'est là qu'il sera enlevé par les habitants de Tours qui en font leur évêque. Mais l'ancien soldat devenu chrétien ne s'enfermera pas dans sa cité. Il évangélisera parcourant les campagnes jusqu'à sa mort, à Candes, sur les bords de Loire, en disant cette parole :"Seigneur, s'il ne faut, garde-moi en vie, car je ne refuse pas le labeur." En France, près de 500 localités et bourgades portent son nom.

Dimanche 12 novembre
SAINT JOSAPHAT (+ 1623)


Né en Volhynie, il est encore adolescent à l'époque de l'Union de Brest (1596) où une partie de l'Eglise d'Ukraine se rattache à Rome et constitue l'Eglise gréco-catholique ou Eglise ruthène. A vingt ans, il entre au monastère de la Sainte Trinité à Vilnius, alors dans le royaume polono-lituanien, dans un monastère de l'ordre basilien. A trente ans, il en devient l'un des supérieurs. Déchiré en lui-même par cette séparation entre catholiques romains et orthodoxes, il se dévoue à la cause de l'unité, polémique avec les orthodoxes tout en gardant une grande douceur. Nommé évêque de Polock en 1617, il se trouve dans une région où les antagonismes exacerbés plus encore par des considérations politiques et culturelles que des points de vue religieux. Au cours d'une émeute provoquée par des intégristes orthodoxes, alors qu'il accomplissait une visite pastorale à Vitebsk, il est lynché et jeté dans le fleuve, martyr pour son attachement à l'Eglise romaine. Ses reliques se trouvent dans la basilique Saint-Pierre-du-Vatican.

Lundi 13 novembre
SAINT JEAN CHRYSOSTOME (+ 407)


C'est en ce jour que les Eglises d'Orient font mémoire de ce saint Docteur de l'Eglise que l'Eglise en Occident fête le 13 septembre. Il mourut en exil à Soukhoumi en Abkhazie (Géorgie) puis son corps fut transféré à Rome.

Mardi 14 novembre
SAINT GREGOIRE PALAMAS (+ 1360 )


Etudiant, il fut touché par la quête spirituelle très ardente que connût cette fin de l'empire byzantin. A vingt ans, il se rend au Mont-Athos et se fait moine dans un petit ermitage, en retrait des grands monastères. C'est là qu'il découvre la contemplation fondée sur la paix du cœur et la répétition du nom de Jésus Sauveur. Ce courant mystique est attaqué par un philosophe calabrais qui veut le faire déclarer hérétique. Saint Grégoire lui tient tête et il prend la défense des moines qu'on appelle " hésychastes " en fondant cette expérience spirituelle sur une théologie fondamentale distinguant en Dieu l'inaccessible (l'essence) et le participable (les énergies). Une grande controverse s'ensuivit, mais après plusieurs années de luttes, la doctrine de Palamas fut officiellement adoptée par l'Eglise byzantine. Saint Grégoire devient même évêque de Thessalonique. Même si la théologie est encore discutée entre l'Orient et l'Occident, la spiritualité hésychaste est adoptée actuellement par de nombreux fidèles de l'Eglise d'Occident.

Mercredi 15 novembre
SAINT ALBERT LE GRAND (+ 1280)


Jeune étudiant issu d'une famille noble de Bavière, les premières années de sa vie nous sont mal connues. Il naquit à Lauingen ville située sur les bords du Danube. Il entra dans l'Ordre des Prêcheurs ou dominicains. Très doué pour les études, il ne passe par inaperçu et très vite il est chargé d'enseignements tout en poursuivant ses recherches personnelles. Sa grande préoccupation est de rendre accessible au monde latin la pensée du philosophe grec Aristote, redécouvert à travers la tradition arabe de Cordoue. Il veut l'harmoniser avec la pensée chrétienne. Professeur à Paris, il se prend d'amitié avec un de ses étudiants tout aussi doué que lui : saint Thomas d'Aquin, amitié fidèle et sans faille. Lorsqu'Albert se rend à Cologne poursuivre son enseignement, son disciple saint Thomas le suit. Quand son disciple sera accusé d'hérésie, le vieux maître Albert fera le voyage de Cologne pour prendre sa défense. Il aurait aimé consacrer toute sa vie à la pensée et à l'enseignement. Mais il est religieux, alors par obéissance, il devient provincial dominicain et bientôt évêque de Ratisbonne (Regensburg). Deux années suffisent pour qu'on se rende compte que le dévouement est insuffisant, alors on le rend à ses chères études. Son savoir est quasi encyclopédique (38 volumes) au point qu'on veut en faire un maître de l'ésotérisme. Mais sa foi est encore plus grande que sa théologie et sa philosophie : " C'est pourquoi on le dit Notre Père, il n'est pas de prière douce et familière qui commence d'une manière plus familière et plus douce ", écrit-il dans son commentaire de saint Matthieu. L'Eglise l'a proclamé docteur de l'Eglise et patron des scientifiques.

Jeudi 16 novembre
SAINTE AGNES D'ASSISE (+ 1253)


Sœur cadette de sainte Claire, elle dût vaincre les oppositions violentes de sa famille pour embrasser cette vie de pauvreté à la suite du " Petit Pauvre. " Après quelques années à Assise, il ira gouverner à Florence l'un des monastères des " Pauvres Dames " de saint François. Elle le fit avec bonté pour sa communauté et charité pour les pauvres. Elle fonda également des monastères à Venise et à Mantoue. Elle revint mourir à Assise, à Saint Damien, selon son plus cher désir.

Vendredi 17 novembre
SAINTE ELISABETH DE HONGRIE (+ 1231)


Princesse de Hongrie, elle est fiancée à l'âge de quatre ans et mariée à quatorze au landgrave de Thuringe. Ce sera une épouse aimante pour ce mari qu'elle n'a pas choisi, se parant pour lui faire honneur, alors qu'elle n'aime que la simplicité. Des franciscains venus d'Allemagne lui font connaître l'esprit de saint François et elle se met au service des pauvres et des familles éprouvés par la guerre. En 1227, son époux tant aimé meurt au moment de s'embarquer pour la croisade. Elisabeth se retrouve veuve à 20 ans, enceinte d'un troisième enfant. Comme on veut la remarier, elle refuse et, pour cette raison, connaît l'injustice de sa famille qui la chasse avec ses trois enfants et l'héberge dans une porcherie. Son oncle l'évêque de Bamberg calme le jeu et elle peut revêtir l'habit du tiers-ordre franciscain. La famille ducale se charge des enfants. Elle met alors tous ses revenus au service des pauvres et ne garde pour elle qu'une pauvre demeure. Elle leur fait construire un hôpital. Joyeuse de tout ce qu'elle devait endurer, elle disait : " Je ne veux pas faire peur à Dieu par une mine sinistre. Ne préfère-t-il pas me voir joyeuse puisque je l'aime et qu'il m'aime ? " Elle meurt à 24 ans ayant voué sa vie et sa santé à rendre heureux les misérables.