Pour vivre au rythme de l'Eglise universelle.
Infocatho
du mardi 1 au vendredi 11 avril 2014
fêtes des saints selon le martyrologe romain
et le synaxaire orthodoxe
 

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Mardi 1 avril
SAINTE MARIE L’EGYPTIENNE (5ème s.)


Dans le désert proche de Jérusalem se trouvait le tombeau d’une ermite, une solitaire. Autour de ce fait historique s’est constitué une des légendes hagiographiques les plus populaires des premiers siècles. Marie aurait été une courtisane d’Alexandrie. Un groupe de pèlerins venant de Lybie se rendait en Terre Sainte. Elle les accompagnait pour des motifs "professionnels". Arrivée devant le Saint Sépulcre du Christ, elle ne put y entrer. Bouleversée, elle va se prosterner devant une icône de la Mère de Dieu et la supplie de la faire admettre dans l’église pour y vénérer la croix. La Mère de Dieu obtient à la fois l’entrée de Marie au Saint Sépulcre et sa conversion. Marie gagne alors le désert où elle vivra, pénitente, quarante sept ans, dit-on, avec quelques petits pains seulement de temps à autre.

« Quand j’aurai vu le bois de la croix de ton Fils, aussitôt je renoncerai au monde et à tout ce qui est dans le monde et je sortirai tout de suite, pour aller là où tu me diras, toi ma garante, et où tu me conduiras. » (Prière à la Vierge Marie, attribuée à sainte Marie l’Egyptienne)

Mercredi 2 avril
SAINT FRANCOIS DE PAULE (+ 1507)


Confesseur. Considéré par ses parents comme l’enfant d’un miracle accompli par le Poverello, saint François d'Assise, il en reçut le prénom. François Martotelli est né dans le villa de Paola en Calabre d’où son nom. Tout jeune, il entre chez les Cordeliers (une branche de la famille franciscaine). Il s’y distingue bien vite par des grâces exceptionnelles, comme de se retrouver en deux endroits en même temps. Après un pèlerinage, il se retire dans une grotte à quelque distance du couvent. D’autres solitaires le rejoignent : ils deviendront en 1460, l’Ordre des Minimes, religieux voués à l’humilité. François continue bonnement ses humbles excentricités : on dit qu’il traversa le détroit de Messine en marchant sur la mer. Sur injonction du Pape Sixte IV, il se rend à Plessis-lès-Tours, au chevet du roi de France Louis XI. Après le décès du monarque, le fondateur va rester un quart de siècle à la cours de France. Affectueusement surnommé "le bonhomme" par le peuple qui le vénère, ce simple frère-laïc bénit inlassablement cierges et chapelets. Pourtant il gouverne à merveille la vie spirituelle des prêtres, évêques et rois.

« Pour l’amour de Dieu, je vous en supplie : observez les commandements. Conformez-vous aux divines volontés, en tout ce qui peut vous arriver, prospérité ou épreuves. » (Lettre à un ami)
« Bon Jésus, bon Pasteur, conservez les justes. Justifiez les pécheurs. Ayez pitié de tous les fidèles vivants et morts. Soyez favorable au pauvre malheureux que je suis. » (Saint François de Paule)

Jeudi 3 avril
SAINT RICHARD DE CHICHESTER (+ 1253)


Confesseur et évêque de Chichester. Gentleman anglais, né à Wiche dans le Worcestershire, le second fils des châtelains locaux se montre d’abord secourable à ses parents ruinés, en travaillant à la ferme familiale. Devenu adulte, il peut enfin assouvir sa passion des études à Oxford, Paris et Bologne, les trois perles universitaires de l’époque. En 1235, il devient chancelier de l’Université d’Oxford. Il n’a pas 40 ans. Juriste réputé, le voilà conseiller des trois archevêques successifs de Cantorbéry : Edmond, Riche et Boniface de Savoie. Il défend l’indépendance de l’Eglise face au pouvoir royal. Tardivement ordonné prêtre en France, il est d’abord curé de paroisse avant de redevenir chancelier de l’archevêque. Promu évêque de Chichester, chef-lieu du Sussex Occidental, il y restera une décennie, persécuté par Henri III, mais vénéré de ses diocésains.

« Il n’est point nécessaire d’avoir le superflu, mais il est indispensable que Jésus-Christ ne souffre point la faim et la soif dans ses membres, les pauvres. Mieux vaut vendre ses chevaux et sa vaisselle d’argent plutôt que de laisser dans la misère les membres de Jésus-Christ. » (Saint Richard)

Vendredi 4 avril
SAINT ISIDORE DE SEVILLE (+ 636)


Evêque et confesseur. Son père Severianus avait dû fuir Carthagène devant les Wisigoths qui, non contents d’être des barbares, avaient adopté l’hérésie arienne et persécutaient les catholiques. Il se réfugia à Séville. Ses quatre enfants deviendront des saints : Léandre, Florentine, Fulgence et Isidore. A la mort de ses parents, Isidore est encore bien jeune, mais son frère aîné, Léandre, devenu évêque de Séville, l’élève comme un fils. Isidore se nourrit, se gave, des livres dont regorge la bibliothèque fraternelle. En 599, à la mort de Léandre, Isidore lui succède comme évêque de Séville. Il présidera des conciles et travaillera à la conversion des Goths à la vraie foi. Son "Histoire des Goths" nous est très utile car, sans elle, nous ne saurions presque rien des Goths et des Vandales. Tout en gouvernant avec un grand dévouement son diocèse, il écrit sans relâche. Toutes les richesses de la culture classique qui ont enchanté sa jeunesse, il les sent menacées par les invasions barbares. Or ce sont des trésors qui peuvent être utiles pour une meilleure compréhension des Ecritures. Il rédige donc de très nombreux ouvrages, dont le plus connu "les Etymologies" (de l’origine des choses) est une encyclopédie qui transmettra aux siècles suivants l’essentiel de la culture antique. C’est à lui, avant les Arabes, que l’Occident doit sa connaissance d’Aristote. Ce sera une des bases des études en Occident jusqu’à l’époque de la Renaissance. Il occupera le siège épiscopal de Séville durant quarante ans, y fonda de grands collèges et influença les conseils royaux. On le considère aussi comme l’un des initiateurs de la liturgie mozarabe. Il meurt dans sa cathédrale, étendu sur le sol, tout en continuant de parler à l’assistance.

« Sans le secours de la grâce, l’enseignement a beau entrer dans les oreilles, il ne descend jamais jusqu’au cœur. La parole de Dieu, entrée par les oreilles, parvient au fond du cœur lorsque la grâce e Dieu touche intérieurement l’esprit pour qu’il comprenne. » (Saint Isidore – Le livre des sentences)

Samedi 5 avril
SAINT VINCENT FERRIER (+ 1419)


Confesseur. Né à Valence en Espagne, Vincent entre chez les dominicains à 17 ans. En ce temps là l’Eglise d’Occident était déchirée par le Grand Schisme : un pape à Avignon, un pape à Rome. Maître en théologie, Vincent soutient d’abord les papes d’Avignon. Mais pour que se fasse l’unité, il adjura Benoît XIII, dernier pape avignonnais, de renoncer à sa charge pour que l’Eglise puisse se rassembler autour d’un nouveau Pape. Prédicateur populaire, il sillonne la France, l’Italie et la Suisse. Les foules le suivent. Il les exhorte à se convertir : le retour du Christ est proche, les calamités du temps (la Grande Peste !) l’annoncent. Vincent est, dans l’imagination populaire, "le prédicateur de la fin du monde". Il meurt à Vannes en Bretagne. Partout où il a prêché, les populations, qui le vénéraient déjà de son vivant, l’invoquent après sa mort.

« C’est par l’esprit de douceur que vous ferez du bien à vos auditeurs, tandis qu’ils seront peu touchés si vous vous contentez de considérations générales sur les vices et les vertus. » (Saint Vincent – Traité de la vie spirituelle)
« Certaines irréfléchis ne savent pas se taire. Lorsque Dieu leur accorde une grâce ou une lumière, ils se hâtent de le publier partout, souvent fort mal. Ces gens ressemblent à une poule qui ne cesse de caqueter : elle trahit l’œuf qu’elle vient de pondre et, sur le champ, on le lui ravit. » (Saint Vincent – Sermon sur la Nativité)

Dimanche 6 avril
SAINT MARCELLIN (+ 413)


Quand les empereurs romains persécutaient les chrétiens, beaucoup sacrifièrent leur vie ou leur liberté pour la foi. Mais il y en eut, même des prêtres, qui renièrent le Christ, la mort dans l’âme sans doute, mais par peur ou par faiblesse de caractère. Quand revint la paix de l’Eglise, on se posa la question suivante : fallait-il réintégrer dans l’Eglise et dans le sacerdoce ceux qui ont abjuré leur foi sous la menace ? Les donatistes (du nom de leur meneur, Donat) jugeaient que non. Quand l’Eglise choisit de faire miséricorde, ils firent sécession. Un siècle plus tard, la guerre civile entre catholiques et donatistes durait toujours dans la province d’Afrique. L’empereur Honorius chargea alors le légat impérial Marcellin d’organiser une conférence contradictoire entre les deux partis. C’était un homme très cultivé et ce fut pour répondre à ses questions que saint Augustin écrivit plusieurs de ses ouvrages comme "De la rémission des péchés". La conférence de 410 à Carthage, que Marcellin préside avec équité malgré les pressions, condamne les donatistes. Ils ne lui pardonneront pas. Peu après, ils accusèrent le fidèle fonctionnaire romain de complot contre l’empereur. Malgré les intervention de saint Augustin, son ami qui lui dédie "la Cité de Dieu", le légat sera exécuté à Carthage en 413.

« Probité de mœurs, fidélité en amitié, zèle pour la doctrine, sincérité en matière religieuse, chasteté en son ménage, retenue dans l’exercice de la justice, patience envers ses ennemis, affabilité envers ses amis, promptitude à rendre service, retenue dans ses requêtes, amours des bonnes actions et douleur devant les péchés : voilà quelles étaient ses qualités. » (Saint Augustin – Eloge funèbre de saint Marcellin)

Lundi 7 avril
SAINT JEAN BAPTISTE DE LA SALLE (+ 1719)


Confesseur. Né à Reims dans une famille bourgeoise, il est chanoine à 16 ans au chapitre de la cathédrale. Son avenir est assuré. Il est jeune séminariste quand il doit prendre en charge ses six frères et soeurs plus jeunes, à la mort de ses parents. A cause de ces responsabilités familiales, il hésite à poursuivre jusqu’au sacerdoce. Poussé par son père spirituel, il accepta de devenir prêtre à 27 ans. L’éducation de la jeunesse le passionne. Il ouvre des écoles gratuites pour les petites filles puis pour les petits garçons. Pour les éduquer, il fonde une congrégation : les Frères des Ecoles chrétiennes. Pour s’y consacrer, il renonce à sa charge de chanoine qui lui assurait des ressources et distribue aux pauvres sa part d’héritage. Le bon bourgeois rémois partagera désormais la pauvreté de ses frères. Malgré les procès que lui font les maîtres d’écoles pour concurrence illicite, malgré les contradictions à l’intérieur même de son Ordre, saint Jean-Baptiste poursuit son oeuvre, inventant une spiritualité et une pédagogie nouvelles. C’est ainsi que l’apprentissage de la lecture se fait dans ses écoles, non sur le latin, mais sur le français ! Au milieu des tribulations, l’oeuvre s’étend à travers la France et aujourd’hui encore, à travers le monde. Il meurt un Vendredi Saint, lui dont le coeur, des années durant, avait été transpercé par les trahisons et les calomnies. Le pape Pie XII l’a déclaré "patron de tous les éducateurs chrétiens."

« Priez instamment le Dieu des cœurs que, du vôtre et e celui de vos frères, il n’en fasse qu’un dans celui de Jésus. » (Saint Jean-Baptiste de la Salle - 39ème méditation)
« C’est le seul esprit de Jésus-Christ qui doit animer toutes nos actions pour les rendre saintes et agréables à Dieu. » (Saint Jean Baptiste de la Salle - Les règles de la bienséance)

Mardi 8 avril
SAINTE JULIE BILLIART (+ 1816)


Vierge. A 7 ans, elle transmettait déjà le catéchisme à ses camarades. A 16 ans, elle travaillait aux champs pour venir en aide à ses parents. Paralysée à 22 ans, elle fonda, malgré cela, la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame pour l’enseignement et l’éducation des jeunes filles pauvres. Des difficultés avec les autorités diocésaines et l'évêque du lieu l’obligèrent à transférer sa communauté d’Amiens à Namur.

« Sans religion, il n’y a pas, dans le monde, de vrai bonheur. Eduquez, non de petites dévotes, mais de bonnes chrétiennes. » (Sainte Julie Billiart - à ses sœurs)
« Souvenez-vous, mes filles, que le mieux est l’ennemi du bien. Si l’on voulait trop exiger de certaines personnes, on gâterait tout. Jamais les outrances ne réussissent. » (id)

Mercredi 9 avril
SAINT ACACE (5ème s.)


Evêque et confesseur. Il était évêque d’Amida en Mésopotamie (Irak). En 419, l’empereur Théodose II l’envoie en ambassade auprès du roi des Perses. Le premier fruit de cette ambassade sera la réunion, par le catholicos nestorien, d’un concile des Eglises perses. En 421, la guerre éclate entre les deux empires. 7000 Perses sont faits prisonniers par les Byzantins. Ces prisonniers meurent de faim car leur nombre est trop grand. L’évêque Acace vend les vases sacrés de son église pour payer leur rançon et les libère. Beaucoup en deviendront chrétiens. Reconnaissant, le roi de Perse, Bahram V, cesse de persécuter les chrétiens nestoriens de son empire. C’est encore Acace qui lui sera envoyé pour négocier la paix en 422.

Acace rassembla le clergé de son Eglise et lui dit : »Notre Dieu n’a besoin ni de patènes ni de calices. Il ne mange ni ne boit puisqu’il se suffit à lui-même. Donc, puisque notre Eglise, grâce à la générosité de ses fidèles, possède un grand nombre de vases d’or et d’argent, elle doit s’en servir pour libérer et nourrir ceux qui ont été faits prisonniers par nos soldats » Et il ordonna de faire fondre les vases et en donna la valeur pour le rachat des captifs. (Patrologie grecque N° 67)

Jeudi 10 avril
SAINT FULBERT DE CHARTRES (+ 1028)


Confesseur. Nous connaissons l’origine germanique de son nom : "Fulc" peuple et "Bert" brillant. Tel fut bien l’évêque carnute, à la fois musicien, savant et hagiographe. On ne sait d’où il vient, mais on sait que Gerbert fut son maître à l’école de Reims. Gerbert devint pape sous le nom de Sylvestre II. Celui qui est le "pape de l’an mille" le fait venir à Rome. Précepteur du fils du roi Hugues Capet, il fonde à Chartres une école appelée à une grande notoriété. On n’y apprend pas seulement la théologie, mais encore la géométrie, la médecine, la philosophie. Nombreux et fidèles seront ses disciples. Le roi le fait nommer évêque de Chartres en 1007. Il sera un évêque consciencieux et intègre, soucieux de l’indépendance de l’Eglise, mais aussi de paix et de concorde dans le respect des personnes. C’est ainsi qu’il cherche à réconcilier le comte de Blois avec le roi de France. En 1020, la cathédrale de Chartres disparaît dans les flammes. Fulbert se démène pour financer la construction d’une nouvelle basilique. La crypte en subsiste encore. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu’il contribue à développer, Notre-Dame était souveraine à Chartres.

« Marie est la mère du Créateur de tout, incomparablement conjointe avec Lui. » (Saint Fulbert)
« M’est avis que tous les psaumes seraient bien superflus, si ne les fondait la dévotion de ceux qui les chantent. » (Saint Fulbert)

Vendredi 11 avril
SAINT STANISLAS DE CRACOVIE (+ 1079)

Martyr. "Sois et glorifie (Dieu") s’exclama son père à sa naissance, d’où l’origine de son nom. Celui qui le porta devait glorifier Dieu par toute sa vie. Après ses études à Cracovie et à Gniezno, il part durant sept années pour les compléter chez les bénédictins de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il noue ainsi des liens particuliers entre l’Eglise de Pologne et l’Eglise de France. C’est à Paris qu’il découvre la réforme de Cluny qui germait à peine. De retour en Pologne, il devient le prédicateur infatigable de cette réforme. A 36 ans, il est élu évêque de Cracovie. Il aime ses prêtres et, chaque année, il tient à rendre visite à chacun d’eux. Soucieux de la foi de l’Eglise de Pologne, alors à peine centenaire, il n’hésite pas à rappeler à l’ordre le roi Boleslas dit le Cruel, débauché sans vergogne. L’évêque l’excommunie et lui interdit l’entrée dans les églises tant qu’il ne se sera pas repenti. Cela lui vaudra le martyre. Le roi en personne l’égorge au pied de l’autel alors qu’il célébrait la messe. Ainsi glorifie-t-il Dieu une dernière fois. Il est le patron de la Pologne.

« Il s’est battu pour la justice, ne cédant pas au roi furieux. Comme un soldat du Christ en armes, il défend à lui seul, le peuple outragé. » (Hymne polonais en son honneur)
« Si vous avez le souci de sauver votre âme, vous devez écouter mes conseils. C’est l’unique moyen de vivre en paix avec Dieu et de régner glorieusement sur vos sujets. » (Saint Stanislas au roi Boleslas )
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