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FlashPress - Infocatho

Du 20 fevrier 2018

 

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Vers une restitution des monastères chrétiens en Turquie Marie Malzac , le 19/02/2018 à 6h00 Envoyer par email 5 0 Après quatre ans de bras de fer judiciaire, Ankara pourrait achever la restitution de plusieurs propriétés de la minorité turque syrienne-orthodoxe, au cœur d’une épineuse controverse foncière. Vers une restitution des monastères chrétiens en Turquie ZOOM Les derniers moines de Turquie orientale auraient-ils gagné leur combat ? En 2014, une cinquantaine de biens appartenant à l’Église syrienne-orthodoxe avaient été expropriés par le gouvernement turc dans le sud-est de la Turquie. Parmi ces biens, des monastères très anciens où vivent encore une dizaine de religieux. Depuis, ces derniers ont multiplié les recours afin de récupérer leurs propriétés. Un récent décret pourrait leur donner gain de cause, selon des informations révélées début février par le quotidien turc Hürriyet Daily News. Si ce texte était effectivement adopté, trente biens situés dans la province de Mardin, dans le sud-est de la Turquie, pourraient ainsi revenir à la Fondation du monastère de Mor Gabriel, du nom de l’un des plus emblématiques de ces hauts lieux du christianisme turc. Parmi les propriétés concernées, on compte notamment Mor Malke, Mor Ya’qub et Mor Dimet, toutes trois « très importantes », a estimé dans la presse turque Rudi Sumer, l’avocat de cette fondation. Ces lieux font partie des quelques ermitages encore en activité dans une région, la haute Mésopotamie, où ils s’étaient multipliés avec une rare vigueur dans les premiers temps du christianisme. Cette densité a même valu à ce relief le surnom de « deuxième Sinaï ». Niché aux marges du Kurdistan historique, le Tur Abdin (« montagne des serviteurs de Dieu » en syriaque) est le berceau de la spiritualité syrienne-orthodoxe. Une évolution positive de la situation est à noter depuis quelques mois. La rétrocession de Mor ­Gabriel, fondé au IVe siècle, elle, a notamment été annoncée au mois de novembre. À ce jour, ses habitants attendent toujours qu’elle soit effective, a indiqué à La Croix le secrétaire de l’évêque du lieu, saluant toutefois un développement positif. Le bras de fer qui a opposé pendant quatre ans l’Église syrienne-orthodoxe au gouvernement turc est né d’un imbroglio administratif. Alors qu’une nouvelle loi exigeait l’enregistrement des biens de l’Église au sein de fondations, certaines propriétés n’ont pas été déclarées, par négligence ou parce que cela n’a pas été explicitement demandé. À défaut d’enregistrement, ces lieux sont donc restés, à la faveur des changements du cadastre, la propriété des villages. Or, en 2014, la ville de Mardin a acquis un nouveau statut administratif de métropole. Les villages environnants, devenus des quartiers de cette métropole, ont vu leur entité juridique disparaître et leurs propriétés liquidées. Leurs églises et monastères ont ainsi été transférés au Trésor public turc, tandis que leurs cimetières devenaient propriétés de la métropole de Mardin. Ces querelles juridiques interminables s’inscrivent sur fond de craintes de la communauté chrétienne de voir l’étau du gouvernement se resserrer autour d’elle, alors que les signaux démocratiques sont inquiétants dans le pays. Pourtant, selon Sébastien de Courtois, spécialiste des chrétiens d’Orient et depuis peu directeur de l’Institut français d’Ankara, il ne faut pas voir dans l’attitude turque une forme de « persécution » des minorités, mais plutôt de « l’incurie » des autorités, qui ne se préoccupent guère du sort des chrétiens de cette région aux confins de la Syrie.Information-infocatho du jeudi 28 janvier

Plus de 3'200 projets soutenus par la Fondation Jean Paul II pour le Sahel 19.02.2018 par I.MEDIA La Fondation Jean Paul II pour le Sahel examinera les projets en cours de financement lors de sa réunion annuelle qui se tient à Dakar, au Sénégal du 19 au 23 février 2018, a indiqué le 19 février un communiqué du Saint-Siège. En 34 ans, plus de 3’200 projets ont reçu l’aide de la Fondation. Depuis sa création le 22 février 1984, cette fondation a apporté plus de 38 millions de dollars dans des projets de lutte contre la pauvreté et la sécheresse au Sahel. En 2017, 127 projets ont bénéficié de cette aide, représentant 3,2 millions de dollars. Les fonds viennent principalement de dons de catholiques allemands et italiens. Créée à la demande de Jean Paul II (1978-2005), cette fondation soutient des projets au Tchad, au Burkina-Faso, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée-Bissau, en Gambie et au Cap-Vert. La Fondation Jean Paul II pour le Sahel dépend du Dicastère pour le Service du développement intégral. Celui-ci est représenté à la réunion de Dakar par Mgr Segundo Tejado Muñoz, sous-secrétaire. (cath.ch/imedia/mp)




Ordination du premier évêque catholique en Azerbaïdjan 16 février 2018 par Cath.ch Mgr Vladimir Fekete, un religieux salésien slovaque, a été ordonné premier évêque catholique en République d’Azerbaïdjan, dans le Caucase. Cette ancienne république soviétique, devenue indépendante lors de l’éclatement de l’URSS en 1991, compte moins de 5% de chrétiens, dont quelques centaines de catholiques, au sein d’une population musulmane majoritairement chiite. La petite communauté catholique est constituée pour une bonne part de familles étrangères présentes pour le travail (pétrole, diplomatie). Les fidèles sont concentrés dans une seule paroisse, le Christ-Rédempteur à Bakou. Préfet apostolique en Azerbaïdjan, élevé à la dignité épiscopale par le pape François le 8 décembre dernier, Mgr Vladimir Fekete, a été ordonné évêque le dimanche 11 février 2018, dans l’église de l’Immaculée Conception de Bakou, la capitale. Famille salésienne La cérémonie d’ordination était présidée par Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les rapports avec les Etats. Etaient aussi présents à la cérémonie un certain nombre de prélats de la famille salésienne, comme Mgr Alois Kothgasser, archevêque émérite de Salzbourg et Mgr Ludwig Schwarz, évêque émérite de Linz. Mgr Paolo Pezzi, archevêque de Moscou, et Mgr Giuseppe Pasotto, administrateur apostolique du Caucase des Latins, avaient fait le déplacement dans la capitale azérie. Le Père Josef Izold, supérieur de la Province salésienne de la Slovaquie, dont dépendent les salésiens d’Azerbaïdjan, a également participé à la cérémonie, ainsi que divers représentants de l’Eglise orthodoxe et d’autres communautés chrétiennes présentes en Azerbaïdjan. « Avec cette décision, le pape désire que l’Eglise en Azerbaïdjan progresse sous la direction paternelle de l’évêque », a plaidé Mgr Gallagher dans son homélie. Et de rappeler que la vie de Mgr Fekete représentait « l’aventure de la foi ». Quand il découvrit sa vocation, dans sa terre natale, la Slovaquie, a-t-il poursuivi, le futur salésien ne pouvait pas vivre en liberté. « Il vécut ses premières années de sacerdoce dans la clandestinité. Cet homme qui est ordonné aujourd’hui, a montré un grand courage, qui se traduit dans un vrai et propre esprit de service, comme un authentique fils de Don Bosco ». Conflit avec l’Arménie Le premier évêque de l’Eglise azerbaïdjanaise a choisi la première partie de la devise salésienne « Da mihi animas », comme intention à travailler toujours pour le salut des âmes qui lui sont confiées. En Azerbaïdjan, Mgr Gallagher a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères ainsi que Mehriban Alieva, première dame et vice-Présidente du pays. Au cours des échanges, le cas de l’Arménie a été évoqué. Pour rappel, avec l’Azerbaïdjan est en conflit depuis plusieurs décennies avec son voisin arménien, notamment pour le contrôle du Haut-Karabakh. Lors de sa visite pastorale en Azerbaïdjan, le 2 octobre 2016, le pape François a souhaité ouvrir des « pistes originales » pour la paix au Haut-Karabakh, une région que se disputent les deux voisins. La foi catholique pénètre en Azerbaïdjan au XIVe siècle Ce n’est qu’au XIVe siècle que la foi catholique pénètre en Azerbaïdjan, avec l’arrivée de missionnaires dominicains, franciscains, carmélites et augustiniens. Malgré l’opposition farouche des musulmans et de l’Eglise apostolique arménienne, l’expansion fut considérable au XVIIe siècle, avec l’aide des jésuites.


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En route pour le Panama ! 19 février 2018 par Manu Van Lier Ce dimanche 25 février aura lieu à Namur la grande soirée de lancement des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) 2019. Celles-ci se dérouleront au Panama fin janvier, et vu des dates choisies pour ce grand pèlerinage, celles-ci concernent plus particulièrement les jeunes (jusqu’à 35 ans) déjà dans la vie active ou en année sabbatique. Au cours de cette soirée animée en musique par le groupe Feel God, les organisateurs présenteront les différentes formules que l’Eglise de Belgique à mises en place ainsi que les événements prévus dans le cadre de ce voyage au Panama, histoire de mettre l’eau à la bouche. Mais il s’agira également de proposer ce qui se vivra en parallèle à Bruxelles les 26 et 27 janvier 2019, à l’occasion du weekend live, destiné à ceux qui n’auront pas pu partir. C’est Mgr Kockerols qui procédera à « l’envoi » des jeunes pèlerins. Il reste encore quelques places pour partir. Mais il faut vite s’inscrire, la date limite étant fixée au 2 mars… De 18 à 21h au Cinex de Namur, rue Saint-Nicolas 121. Un repas est prévu! Inscriptions sur www.jeunescathos.org Le Panama accueillera les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) du 22 au 27 janvier 2019. Après l’Argentine en 1987 et le Brésil en 2013, c’est la troisième fois que les JMJ se dérouleront en Amérique Latine. Dimanche 11 février, le pape François a symboliquement ouvert les inscriptions pour ce rassemblement. C’est entouré de deux jeunes, et pourvu d’une tablette tactile que le pape s’est inscrit symboliquement « comme pèlerin », aux prochaines JMJ. « J’invite tous les jeunes du monde entier à vivre avec foi et enthousiasme cet événement de grâce et de fraternité, soit en se rendant au Panama, soit au sein de leurs propres communautés », a-t-il déclaré. Le thème de ces journées sera « Voici la servante du Seigneur: qu’il m’advienne selon votre parole! » (Lc 1,38). Le site officiel Au mois d’août, le site officiel des JMJ 2019 a été mis en ligne. A cette occasion, le pape François adressait un message aux jeunes « Votre vision des choses, votre courage, vos rêves et vos idéaux, abattent les murs de l’immobilisme et ouvrent des voies qui nous conduisent vers un monde meilleur, plus juste, moins cruel et plus humain ». https://www.panama2019.pa/fr/bienvenu



CHINE - L’Eglise en Chine vers un nouvel élan missionnaireavec plus de 48.000 baptêmes en7 en 2017 Pékin (Agence Fides) – En 2017, la Chine continentale a compté 48.556 nouveaux baptisés. Les statistiques publiées par la Société culturelle Faith à la veille du Nouvel An chinois et envoyées à l’Agence Fides, « ne sont pas complètes – affirme Faith – à cause du manque de données relatives aux communautés catholiques vivant dans les zones rurales les plus reculées, mais « elles reflètent la vitalité et le dynamisme missionnaire d’une communauté qui vit la foi en plénitude ». Selon les données parvenues à l’Agence Fides, la province du He Bei, place forte du Catholicisme chinois, occupe, pour la énième fois, la première place avec ses 11.899 baptêmes célébrés l’an dernier. On notera en particulier la communauté de Xing Tai qui a célébré 3.645 baptêmes et le Diocèse de Han Dan 3.059. En outre, même la communauté perdue de la province du Hai Nan a célébré 38 baptêmes. Dans la zone qui enregistre une forte présence musulmane, comme l’administration autonome de Xin Jiang – dans l’ouest de la Chine continentale – ont été enregistrés 66 baptêmes alors que ceux de la province du Ning Xia ont été au nombre de 128 et ceux de Qing Hai 54. La minuscule communauté catholique présente au Tibet, immergée dans le milieu du bouddhisme tibétain, a accueilli 11 nouveaux catholiques. Pour sa part, le Diocèse de Pékin a célébré 1.099 baptêmes. Selon la Société culturelle Faith, « malgré les chiffres encourageants et l’importante action missionnaire menée au sein des communautés locales de toute la Chine, nous devons toujours nous sentir appelés à un engagement missionnaire renouvelé. L’évangélisation en Chine est une route longue et difficile à parcourir ». Dans le même temps, affirme-t-elle, les statistiques publiées représentent « une invitation et un appel selon lesquelles nous devons fortifier notre foi et aller toujours de l’avant dans notre cheminement en direction du Christ ». Faith invite enfin toutes les communautés à améliorer et à tenir toujours en ordre leurs archives et les registres paroissiaux, de manière à pouvoir toujours disposer de données certaines et à raconter avec clarté l’histoire de leurs propres communautés mais aussi celle de l’ensemble de l’Eglise en Chine. Les données sur les baptêmes, conclut Faith, constituent également un moyen « pour constater la croissance de l’Eglise et l’œuvre d’évangélisation accomplie par le Christ ». (NZ) (Agence Fides 16/02/2018)








Ordination du premier évêque catholique en Azerbaïdjan 16 février 2018 par Cath.ch Mgr Vladimir Fekete, un religieux salésien slovaque, a été ordonné premier évêque catholique en République d’Azerbaïdjan, dans le Caucase. Cette ancienne république soviétique, devenue indépendante lors de l’éclatement de l’URSS en 1991, compte moins de 5% de chrétiens, dont quelques centaines de catholiques, au sein d’une population musulmane majoritairement chiite. La petite communauté catholique est constituée pour une bonne part de familles étrangères présentes pour le travail (pétrole, diplomatie). Les fidèles sont concentrés dans une seule paroisse, le Christ-Rédempteur à Bakou. Préfet apostolique en Azerbaïdjan, élevé à la dignité épiscopale par le pape François le 8 décembre dernier, Mgr Vladimir Fekete, a été ordonné évêque le dimanche 11 février 2018, dans l’église de l’Immaculée Conception de Bakou, la capitale. Famille salésienne La cérémonie d’ordination était présidée par Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les rapports avec les Etats. Etaient aussi présents à la cérémonie un certain nombre de prélats de la famille salésienne, comme Mgr Alois Kothgasser, archevêque émérite de Salzbourg et Mgr Ludwig Schwarz, évêque émérite de Linz. Mgr Paolo Pezzi, archevêque de Moscou, et Mgr Giuseppe Pasotto, administrateur apostolique du Caucase des Latins, avaient fait le déplacement dans la capitale azérie. Le Père Josef Izold, supérieur de la Province salésienne de la Slovaquie, dont dépendent les salésiens d’Azerbaïdjan, a également participé à la cérémonie, ainsi que divers représentants de l’Eglise orthodoxe et d’autres communautés chrétiennes présentes en Azerbaïdjan. « Avec cette décision, le pape désire que l’Eglise en Azerbaïdjan progresse sous la direction paternelle de l’évêque », a plaidé Mgr Gallagher dans son homélie. Et de rappeler que la vie de Mgr Fekete représentait « l’aventure de la foi ». Quand il découvrit sa vocation, dans sa terre natale, la Slovaquie, a-t-il poursuivi, le futur salésien ne pouvait pas vivre en liberté. « Il vécut ses premières années de sacerdoce dans la clandestinité. Cet homme qui est ordonné aujourd’hui, a montré un grand courage, qui se traduit dans un vrai et propre esprit de service, comme un authentique fils de Don Bosco ». Conflit avec l’Arménie Le premier évêque de l’Eglise azerbaïdjanaise a choisi la première partie de la devise salésienne « Da mihi animas », comme intention à travailler toujours pour le salut des âmes qui lui sont confiées. En Azerbaïdjan, Mgr Gallagher a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères ainsi que Mehriban Alieva, première dame et vice-Présidente du pays. Au cours des échanges, le cas de l’Arménie a été évoqué. Pour rappel, avec l’Azerbaïdjan est en conflit depuis plusieurs décennies avec son voisin arménien, notamment pour le contrôle du Haut-Karabakh. Lors de sa visite pastorale en Azerbaïdjan, le 2 octobre 2016, le pape François a souhaité ouvrir des « pistes originales » pour la paix au Haut-Karabakh, une région que se disputent les deux voisins. La foi catholique pénètre en Azerbaïdjan au XIVe siècle Ce n’est qu’au XIVe siècle que la foi catholique pénètre en Azerbaïdjan, avec l’arrivée de missionnaires dominicains, franciscains, carmélites et augustiniens. Malgré l’opposition farouche des musulmans et de l’Eglise apostolique arménienne, l’expansion fut considérable au XVIIe siècle, avec l’aide des jésuites.

En Israël, les crèches de l’Eglise pour aider les migrants Salomé Parent , le 20/02/2018 à 6h00 Envoyer par email 0 0 Après l’annonce par le gouvernement israélien d’un programme d’expulsion de 38 000 migrants, les patriarches chrétiens ont condamné la mesure. À Tel-Aviv et à Jérusalem, le Patriarcat latin a ouvert des crèches pour accueillir les enfants de ces hommes et femmes en difficulté. Des enfants de migrants jouent dans l’une des crèches du Centre Notre-Dame-de-Valeur, dans le sud de Tel-Aviv. ZOOM Des enfants de migrants jouent dans l’une des crèches du Centre Notre-Dame-de-Valeur, dans le sud de Tel-Aviv. / Olivier Fitoussi pour La Croix Tel-Aviv De notre correspondante « Tout en reconnaissant la nécessité de contrôler le flux des demandeurs d’asile, nous ne pouvons pas rester indifférents face au sort de tant de réfugiés qui fuient la dictature, la guerre et d’autres conditions terribles. Le bien-être de la société israélienne ne peut être atteint au détriment de tant (…) de vies exposées au danger et à un avenir très incertain. » Rendue publique le 18 janvier dernier, la déclaration, signée par les sept patriarches chrétiens de la région, est sans ambiguïté : l’Église n’accepte pas la décision prise par le gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou, le 3 janvier, d’expulser d’Israël près de 40 000 migrants érythréens et soudanais, entrés illégalement sur le territoire au cours des années 2000. À Tel-Aviv, le Patriarcat latin a choisi d’apporter son soutien à ces populations en ouvrant une crèche dans le sud de la ville pour accueillir leurs enfants, Notre-Dame-de-Valeur. Depuis l’extérieur, l’endroit ressemble à n’importe quel autre immeuble de ce quartier pauvre. Mais, en plus d’une chapelle, ce centre ouvert en 2014 accueille en son sein un « club pour jeunes » ainsi qu’une crèche. Érythréens, Indiens, Philippins ou encore Soudanais, chaque jour une vingtaine d’enfants de 3 mois à 3 ans sont pris en charge par les nourrices du centre. Dès 7 heures, les puéricultrices prennent soin des bébés pendant que leurs parents, migrants, travaillent dur. « La crèche a ouvert en 2014, et aujourd’hui on accueille chaque jour une vingtaine de bébés », explique Katrin Straub, assistante sociale pour le centre depuis trois ans. Sous le regard de leurs deux puéricultrices d’origine philippine et de Vanessa, une jeune bénévole allemande, les petits sont entièrement absorbés par leur activité. « En 2013, sept enfants de migrants sont morts dans des ”crèches pirates” après avoir été pris en charge par des femmes, elles aussi migrantes et non qualifiées, dans de mauvaises conditions pour les bébés. Après ces événements, la municipalité nous a donc demandé de l’aide », poursuit la jeune femme. Dans la cuisine de la crèche, Leilani (1), Philippine de 31 ans, s’affaire. « J’ai commencé à travailler dans le centre en novembre 2017. Ici je fais un peu de tout, et le soir je discute avec les mamans », sourit la nourrice. Car si tous les migrants ne partagent pas la même langue maternelle, l’hébreu et l’anglais permettent de communiquer plus facilement. « Le gouvernement israélien veut obliger les hommes érythréens et soudanais à quitter Israël sous peine d’aller en prison. Mais ici les gens ont déjà fait leur choix. Quitter le pays c’est risquer la mort », poursuit Leilani. En effet, selon l’ONU, parmi les 4 000 « infiltrés » (vocable officiellement utilisé par le gouvernement israélien) ayant déjà accepté de partir « volontairement » vers le Rwanda ou l’Ouganda, beaucoup ont témoigné de maltraitances commises sur place. « L’inquiétude des parents déteint sur les enfants », analyse Katrin Straub. Car même si elles ne sont pas forcément concernées directement par cette mesure qui, pour l’instant, ne concerne que les hommes seuls, les familles de réfugiés érythréens et soudanais vivent dans un état de stress permanent comme l’explique sœur Aziza, connue pour son engagement en faveur de la protection des réfugiés érythréens. « Pour pouvoir subsister, les familles sont très unies. Le départ des hommes, qu’ils soient frères, cousins ou proches, créera forcément un trou, une source de revenu en moins. » Depuis son lancement, le projet du Patriarcat latin a pris de l’ampleur. Ainsi, en septembre 2016, le Centre Sainte-Rachel a vu le jour à Jérusalem : chaque jour, des dizaines d’enfants s’y rendent. « Nous recevons beaucoup de demandes, un nouveau centre va bientôt ouvrir et un autre est en projet », explique le père Rafic Nahra, vicaire patriarcal latin pour les catholiques hébréophones. « Notre action n’est peut-être qu’une goutte d’eau au milieu de la mer, mais elle n’en est pas moins importante. »
CHINE - L’Eglise en Chine vers un nouvel élan missionnaire avec plus de 48.000 baptêmes en 2017 Pékin (Agence Fides) – En 2017, la Chine continentale a compté 48.556 nouveaux baptisés. Les statistiques publiées par la Société culturelle Faith à la veille du Nouvel An chinois et envoyées à l’Agence Fides, « ne sont pas complètes – affirme Faith – à cause du manque de données relatives aux communautés catholiques vivant dans les zones rurales les plus reculées, mais « elles reflètent la vitalité et le dynamisme missionnaire d’une communauté qui vit la foi en plénitude ». Selon les données parvenues à l’Agence Fides, la province du He Bei, place forte du Catholicisme chinois, occupe, pour la énième fois, la première place avec ses 11.899 baptêmes célébrés l’an dernier. On notera en particulier la communauté de Xing Tai qui a célébré 3.645 baptêmes et le Diocèse de Han Dan 3.059. En outre, même la communauté perdue de la province du Hai Nan a célébré 38 baptêmes. Dans la zone qui enregistre une forte présence musulmane, comme l’administration autonome de Xin Jiang – dans l’ouest de la Chine continentale – ont été enregistrés 66 baptêmes alors que ceux de la province du Ning Xia ont été au nombre de 128 et ceux de Qing Hai 54. La minuscule communauté catholique présente au Tibet, immergée dans le milieu du bouddhisme tibétain, a accueilli 11 nouveaux catholiques. Pour sa part, le Diocèse de Pékin a célébré 1.099 baptêmes. Selon la Société culturelle Faith, « malgré les chiffres encourageants et l’importante action missionnaire menée au sein des communautés locales de toute la Chine, nous devons toujours nous sentir appelés à un engagement missionnaire renouvelé. L’évangélisation en Chine est une route longue et difficile à parcourir ». Dans le même temps, affirme-t-elle, les statistiques publiées représentent « une invitation et un appel selon lesquelles nous devons fortifier notre foi et aller toujours de l’avant dans notre cheminement en direction du Christ ». Faith invite enfin toutes les communautés à améliorer et à tenir toujours en ordre leurs archives et les registres paroissiaux, de manière à pouvoir toujours disposer de données certaines et à raconter avec clarté l’histoire de leurs propres communautés mais aussi celle de l’ensemble de l’Eglise en Chine. Les données sur les baptêmes, conclut Faith, constituent également un moyen « pour constater la croissance de l’Eglise et l’œuvre d’évangélisation accomplie par le Christ ». (NZ) (Agence Fides 16/02/2018)
RD Congo: les évêques font part de leurs préoccupations 19 février 2018 par Jean-Jacques Durré La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est réunie en assemblée plénière extraordinaire du 15 au 17 février 2018. Dans une déclaration, ils rappellent que l’Eglise n’est inféodée à aucune organisation politique et font part de leurs préoccupations. La crise politique que traverse la République Démocratique du Congo (RDC) s’aggrave chaque jour. Trois mois à peine après avoir tenu une assemblée plénière extraordinairee, les évêques congolais se sont à nouveau retrouvés du 15 au 17 février. A l’issue de cette assemblée, la CENCO a publié un communiqué dans lequel elle déclare d’emblée que ces « retrouvailles » ont eu lieu en raison « de la persistance et de l’aggravation de la crise sociopolitique du pays. » Le texte des évêques conholais poursuit en rappelant que « Corps du Christ, l’Eglise n’est inféodée à aucune organisation politique. Sa seule préoccupation, c’est de contribuer au bien-être du peuple congolais tout entier, à la sauvegarde et à la promotion de la dignité de la personne humaine, au respect de la vie, des libertés et des droits fondamentaux. » Constats douloureux « Alors que nous sommes censés nous préparer à la tenue des élections en vue d’une alternance pacifique au pouvoir, nous sommes profondément inquiétés par des faits très graves et des attitudes hostiles », poursuit le texte. La CENCO dresse la liste de ce qu’elle nomme des « constats douloureux »: la répression sanglante des marches pacifiques des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, la campagne de dénigrement et de diffamation de l’Eglise catholique et de sa hiérarchie, l’extension inquiétante des zones d’insécurité dans le pays, l’application « sélective et biaisée » des dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre conclu en 2016 et, enfin, la polémique autour de la « machine à voter ». « Pourquoi tant de morts, de blessés, d’arrestations, d’enlèvements, d’attaques des paroisses et des communautés ecclésiastiques, d’humiliations, de tortures, d’intimidations, de profanations des églises, d’interdictions de prier?« , s’interrogent les prélats. Ils réaffirment leur soutien et leur proximité au cardinal-archevêque de Kinshasa mettant en exergue une série de campagnes de dénigrement, voire de diffamation visant à affaiblir la force morale de l’Eglise. Les évêques y voient un objectif de « détourner l’attention du peuple de vrais enjeux ». « Nous n’abandonnerons jamais notre engagement pour l’avènement d’un Etat de droit en République Démocratique du Congo. » Urgence d’aller aux élections en 2018 Les membres de la CENCO pointent du doigt la progression des zones d’insécurité dans différentes provinces, en se demandant à qui profite cette déstabilisation du pays, à ce stade du processus électoral? Et de rappeler que seuls les accords dits de la Saint-Sylvestre, conclus le 31 décembre 2016, doivent encadrer le processus électoral et ne pas passer outre. « S’obstiner sur cette voie ne peut que conduire à des élections contestables et à de nouvelles crises. Nous en appelons au sens de responsabilité de tous et de chacun. » La CENCO réaffirme l’urgence d’aller aux élections en 2018 et demande avec insistance l’application intégrale et effective des dispositions en souffrance de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment le parachèvement des mesures de décrispation du climat politique, la redynamisation de la CENI, les dispositions relatives au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Elle demande aussi aux autorités compétentes d’annuler les édits interdisant les manifestations pacifiques, et d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de ceux qui ont commis des actes délictueux à l’occasion des marches organisées par le Comité Laïc de Coordination (CLC). « Au peuple congolais, la CENCO recommande de demeurer débout et vigilant, de prendre son destin en main notamment par la prière et par des initiatives de nature à barrer pacifiquement la route à toute tentative de confiscation ou de prise de pouvoir par des voies non démocratiques et anticonstitutionnelles. A la communauté internationale, la CENCO demande de continuer à accompagner la République Démocratique du Congo dans le processus électoral et à placer le bien du peuple congolais au-dessus de ses intérêts. » Les évêques congolais rendent aussi hommage aux morts, aux blessés, et expriment leur proximité et compassion aux familles éprouvées par la perte des leurs durant les marches du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018. J.J.D. Lire la déclaration des évêques congolais
PRIER POUR L'UNITE DE L'EGLISE La Pologne bannit le travail du dimanche Jean-Baptiste FrançoisReportage photo de Kasia Strek pour La Croix , le 17/02/2018 à 6h00 Envoyer par email 5 0 Alors que bien des pays européens libéralisent progressivement le travail du dimanche, la Pologne tente de faire marche arrière. Reportage à Katowice, en Silésie, où, dans une ancienne mine, un centre commercial abrite une paroisse qui prêche la pause dominicale, en attendant la fermeture progressive des magasins le dimanche voulue par la loi. Le centre commercial Silesia City Center a été construit sur une ancienne mine de charbon à Katowice, en Pologne. ZOOM Le centre commercial Silesia City Center a été construit sur une ancienne mine de charbon à Katowice, en Pologne. / Kasia Strek pour La Croix Le jeune père Bogdan Kania a tout vu, ou presque, depuis trois ans qu’il officie à la paroisse Sainte-Barbara. Il faut dire que le lieu de culte a son charme, logé sur le parking du Silesia City Center de Katowice, le cinquième plus gros centre commercial de Pologne. Une fois, une femme est entrée dans l’église avec son chariot de supermarché : il a fallu lui demander de rester à l’extérieur, pendant la messe. Le prêtre n’a pas eu besoin de sévir, un autre jour, lorsque deux hommes encombrés d’un écran plat géant n’ont pas réussi à passer la porte. Ni non plus lorsqu’il s’est rendu compte que quelqu’un avait oublié ses courses de la semaine dans le confessionnal. Et pourtant, le père Bogdan Kania le dit : « C’est un endroit qui appartient à Dieu ». L’endroit lui appartiendra peut-être davantage dans les années à venir. Car, à l’heure où la France libéralise le travail du dimanche, la Pologne suit le chemin inverse, avec la fermeture progressive des commerces le jour du Seigneur. Une loi a été adoptée fin novembre. Cette année, à partir du 1er mars, les magasins devront tirer leur rideau deux dimanches par mois, puis trois sur quatre en 2019, puis l’ensemble des dimanches à partir de 2020. Au Silesia City Center, seul le cinéma multiplexe restera ouvert. Le centre commercial a été bâti sur les vestiges d’une ancienne mine de charbon. La chapelle, elle, a trouvé sa place sous un hangar de brique rouge qui abritait autrefois la pompe à chaleur du site d’extraction. À l’entrée, Sainte-Barbara, patronne des mineurs, rend hommage au passé du lieu. C’est le propriétaire hongrois du complexe, TriGranit, qui a eu l’idée de proposer la création de la paroisse à l’évêché il y a treize ans. Après réflexion, l’archevêque précédent, Mgr Damian Zimo?, avait donné son accord. La paroisse dispose d’un bail à titre gratuit pour 99 ans. Le dimanche, à la messe du matin comme à celle du soir, il faut arriver en avance pour trouver une place assise. « Qui vient ici pour la première fois ? », questionne le père Bogdan. Au moins la moitié de l’assemblée lève la main. Beaucoup sont venus écouter les enfants de chœur chanter la Nativité, fêtée jusqu’en février en Pologne. À la fin de la cérémonie, un jeune couple ressort avec ses emplettes, avec le sentiment d’être pris les mains dans le pot de confiture. « En principe, j’évite de faire des achats le dimanche, mais là j’avais juste des chaussures à échanger, c’était tentant… », rougit Barbara. Le père Bogdan aime bien ce côté insolite. « C’est une chance à saisir, dans l’esprit de la nouvelle évangélisation de 1983. Ce n’est plus seulement aux gens d’aller à l’église, mais à l’Église d’aller vers les gens. » Le prêtre vient d’achever un master en management par un mémoire faisant l’étude comparative entre les atouts marketing du centre commercial et ceux de sa paroisse. Le jeune prêtre rivalise d’inventivité pour fidéliser ses ouailles. Il organise chaque année, pendant le Carême, la « nuit des confessions ». Il donne des messes thématiques, avec par exemple des prières pour « un bon mari » ou une « bonne épouse », qui attirent une foule de jeunes. Sur son site Internet, hébergé par celui du centre commercial, toutes les actualités de la paroisse sont disponibles. « La direction accepte même que nous organisions des actions d’évangélisation dans les galeries marchandes », dit-il encore. Le prêtre n’oublie pas pour autant la lettre apostolique de Jean-Paul II, rédigée en 1998, rappelant que le dimanche « doit permettre à l’homme de se soustraire au cycle des tâches terrestres, parfois bien trop absorbant, et de reprendre conscience du fait que tout est œuvre de Dieu ». Alors, le dimanche, il met les points sur les i. « Je n’ai pas peur de parler de l’importance de chômer et d’éviter les achats. J’essaie seulement de le faire avec délicatesse », souligne-t-il. L’actuel archevêque de Katowice, Mgr Wiktor Skworc, a été parmi les plus actifs, pour défendre le dimanche comme jour chômé, avec l’appui du syndicat Solidarno??. « Avant 1989, l’Église était la seule voix à s’élever pour protéger les mineurs contre la productivité à laquelle ils étaient soumis, raconte-t-il. Nous pensions que cela changeraitavec la chute du communisme, mais la question du temps libre n’a pas été abordée, ni dans la Constitution, ni dans le concordat. » Dans la région, la mobilisation n’a jamais faibli cependant. Depuis les années 1980, le dernier dimanche de mai, le pèlerinage de Piekary ?l?skie, près de Katowice, donne l’occasion à 100 000 ouvriers de se regrouper sous le slogan « Le dimanche appartient à Dieu et à nous ». La revendication est finalement réapparue, il y a deux ans, via une proposition d’initiative civile. Cela a pris la forme d’une pétition : elle devait être signée par 100 000 personnes pour que son examen soit enclenché au Parlement ; elle en a récolté 500 000… « Nous ne pouvons accepter de vivre comme des robots qui passent sans discontinuer du travail à la consommation sans avoir un temps pour la réflexion, y compris spirituelle », se félicite Mgr Skworc. À l’intérieur du Silesia City Center, tout le monde ne voit pas d’un bon œil la fermeture progressive des magasins le dimanche. Sous l’atrium géant, bordé de 850 magasins, les enfants courent librement autour des fontaines. Le circuit géant de voitures électriques, principale attraction de la galerie, provoque des attroupements. Le petit Franek, lui, fait du vélo sous la surveillance de ses parents, Monika et Lukasz. Ils viennent de Tychy, une petite ville située à 15 km. « On travaille déjà du lundi au samedi, alors où irons-nous faire nos courses ?, interroge Monika. Nous venons ici aussi pour partager du temps en famille. Nous sommes au chaud, le petit peut jouer en toute sécurité. » D’autres visiteurs ne regretteront rien. Kasia et Pawel, attablés avec leurs deux enfants dans l’une des cafétérias, ne font que passer pour des courses d’appoint. « On vient là parce que la piscine est à côté, mais ça n’a rien d’indispensable. » Parmi les salariés de la galerie, une partie y trouvera même son compte. « Je vais enfin pouvoir passer plus de temps avec ma fille », jubile Tamara Dulik, directrice adjointe du magasin de prêt-à-porter Zara. Elle ajoute : « En Europe de l’Ouest, la règle du dimanche chômé marche très bien, alors pourquoi pas ici  ? » À l’entendre, la suppression du dimanche travaillé ne changera rien au chiffre d’affaires, malgré des ventes 50 % plus importantes le week-end. « Lorsqu’il y a des jours fériés, les ventes sont un peu plus importantes avant et après. Finalement, cela revient au même. » Pendant des mois, les enseignes d’hypermarchés ont essayé de convaincre le gouvernement de renoncer à sanctuariser le dimanche. En vain. Selon Renata Juszkiewicz, du syndicat de la grande distribution en Pologne, ce sont surtout les plus petits magasins et les commerces dépendant des acheteurs transfrontaliers qui souffriront. « Une loi similaire a été votée en Hongrie. Elle a été si impopulaire qu’elle a finalement été abandonnée. Nous espérons que les Polonais réagiront de la même façon », affirme Renata Juszkiewicz. Ce n’est pas impossible. La Pologne, qui n’a pas oublié les rayons désespérément vides de la période communiste, tient à la liberté de consommer. Les ménages y ont d’ailleurs un des taux d’épargne les plus bas d’Europe. Le détournement des nouvelles règles est donc déjà dans les esprits. Et, les stations-service, qui, comme 30 autres types d’activités (gares, boulangeries, magasins en ligne…), bénéficieront d’une exception et pourront ouvrir le dimanche se frottent les mains. La plupart se préparent à agrandir leur supérette pour accueillir les acheteurs compulsifs. Et la chapelle Sainte-Barbara, qui seule sera ouverte ici à l’avenir le dimanche, sur son grand parking vide ? Le père Bogdan ne s’inquiète pas pour son avenir. « Je continuerai de dire des messes le mardi, le jeudi, et pour des événements en semaine. Mais il y aura toujours du monde le dimanche. » Pour la suite, le prêtre a son idée. Si « seules » les 40 salles de cinéma restent ouvertes le dimanche, il calera ses célébrations sur l’horaire des séances. Jean-Baptiste François

Le pape François reconnaît le travail de la Curie romaine
16.02.2018 par Prrecueillis à Rome par Aymeric Pourbaix, I.MEDIA Le pape François reconnaît le travail de la Curie romaine dans son nouveau motu proprio ‘Apprendre à se retirer’, promulgué le 15 février 2018. Dans sa lettre apostolique, le pape assouplit les normes canoniques de renonciation pour raisons d’âge, notamment pour les responsables de dicastère à la Curie romaine, afin de pouvoir les prolonger plus facilement. L’abbé Frédéric Fermanel, canoniste du diocèse d’Avignon et doctorant à Rome, en décrypte la portée pour l’agence I.MEDIA. Quel est le sens général de ce motu proprio selon vous ? La Curie est un instrument de gouvernement. Et le pape a besoin d’un outil qui soit apte à travailler, et à travailler dans son sens à lui. D’ailleurs il le dit lui-même dans ce motu proprio, quand il nomme quelqu’un en Curie ou quand il lui demande de partir, c’est un acte de gouvernement. C’est très fort comme manière de dire. Or aujourd’hui, la difficulté est de trouver du personnel en capacité de travailler à la Curie, de comprendre aussi la logique dans laquelle le pape souhaite faire les réformes. C’est un travail de long terme. Il s’agit donc que les personnes engagées actuellement dans ce travail puissent continuer à le faire. Est-ce une marque de reconnaissance pour la Curie de la part du pape ? Effectivement. On a souvent dit du pape qu’il critiquait la Curie, mais il a bien conscience aussi du travail qu’elle accomplit, sans lequel il ne pourrait rien faire. Ce motu proprio est ainsi un moyen de reconnaître la valeur de ces personnes, de leur travail au quotidien, parfois de manière très ingrate, inconnue, et parfaitement silencieuse. Est-ce aussi une question d’âge du personnel curial, qui a tendance à augmenter ? C’est effectivement un signe fort pour le monde, et qui va à contre-courant du monde de la performance. Aujourd’hui, une génération montante de quadras, de quinquas, est en train d’occuper l’ensemble des postes à responsabilité, ce qui montre leurs capacités. Mais faut-il pour autant mettre de côté tous ceux qui ont acquis de l’expérience avec les années ? C’est peut-être aussi le sens de ce motu proprio de dire que cette expérience est un capital. Les seniors sont un trésor pour l’Eglise L’Eglise dans sa sagesse affirme que les seniors sont un trésor pour elle. Car cela lui permet d’avoir un regard plus vaste, plus ample. La compétence s’acquiert aussi sur le long terme, et ne sort pas d’un diplôme. C’est un ensemble de situations vécues, mûries dans la prière, qui vont apporter la décision ou le choix. Du point de vue du droit canon, voyez-vous une grande continuité dans cette réforme ? Il est tout à fait dans la logique définie par le Concile Vatican II, complétée ensuite par Paul VI dans la constitution apostolique Ecclesiae Sanctae. La règle est que chacun à 75 ans, de manière responsable, doit donner sa démission au pape. C’est à lui d’accepter ou non cette démission, en fonction des intérêts de l’Eglise. Dans les années 60, nous étions dans un schéma où l’évêque était quasiment ‘marié’ avec son diocèse. Aujourd’hui, il faut bien voir aussi que l’épiscopat est une charge assez lourde. (cath.ch/imedia/ap/)

FRANCE - Pré-synode des jeunes: le cardinal Baldisseri et la polémique franco-française sur le MRJC 16.02.2018 par I.Media Le secrétaire général du Synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, a répondu le 16 février 2018 aux critiques surgies en France concernant la participation de l’un des trois représentants choisis par les évêques français à la réunion pré-synodale qui se tiendra à Rome, sept mois avant le véritable synode sur les jeunes. Le prélat italien, évoquant les critères de choix des jeunes à la rencontre pré-synodale du mois de mars, a affirmé: “Nous avons laissé la liberté aux conférences épiscopales de choisir leur représentants”, a-t-il expliqué en évoquant la polémique sur la participation d’un jeune de 24 ans, membre du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). Notre coeur de métier, l’animation des territoires ruraux Dans un communiqué du 19 janvier, cette association avait affirmé un droit à l’avortement, avant de nuancer sa position contraire à l’enseignement de l’Eglise. Ce jeune homme, a expliqué le prélat, n’est pas un dirigeant du MRJC. “Il vient à titre personnel, ne représente pas le MRJC mais la Conférence des évêques de France”, a-t-il insisté. (cath.ch/imedia/xln/be)

LA VOIX DES JEUNES AU SYNODE DES EVEQUES EN OCTOBRE

Trois jeunes Français iront à Rome en mars, pour participer au pré-Synode, une initiative du pape François pour impliquer les jeunes dans la préparation du Synode des évêques d’octobre sur la jeunesse. Ce pré-Synode se déroulera du 19 au 24 mars, et rassemblera environ 300 jeunes.

du 3 au 28 octobre 2018, se réunira à Rome le Synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».

Un rassemblement d’évêques, certes, mais à l’occasion duquel l’Église cherche à impliquer au maximum les jeunes, pour mieux comprendre leurs modes de vie, leurs aspirations et leurs attentes vis-à-vis d’elle.

C’est dans cet objectif que le pape avait annoncé, il y a quelques mois, la tenue d’un « pré-Synode », qui prendra la forme d’une réunion de jeunes du monde entier pour leur donner la parole, et donner matière à réflexion aux pères synodaux.

Parmi eux, trois Français, dont l’identité a été dévoilée vendredi par la Conférence des évêques de France.

Un homme et deux femmes, tous âgés de moins de 30 ans, choisis par Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins (Allier) et président du Conseil pour la pastorale des jeunes, en lien avec le Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations (SNEJV).

La première, Eugénie Paris, 25 ans, est responsable de la pastorale étudiante du diocèse de Rouen (Seine-Maritime). Elle était en BTS sanitaire et social lorsqu’elle a découvert la pastorale des jeunes, et a eu envie de se mettre davantage au service de l’Église. Salariée du diocèse depuis l’âge de 20 ans, elle suit en parallèle des études de théologie.

Adrien Louandre, 22 ans, pense pour sa part avoir été choisi en raison de son profil de nouveau converti. Cet étudiant en cinquième année d’histoire a reçu le baptême à 20 ans, « le 4 avril 2015.et prend des responsabilités à l’aumônerie étudiante d’Amiens, puis s’engage au Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC).

Membre de l’équipe nationale de la pastorale étudiante, il a également été marqué, dans son parcours de jeune chrétien, par un voyage en Terre sainte, et par les JMJ de Cracovie à l’été 2016.

« Cela m’a donné de la force », témoigne celui qui admet avoir eu « énormément de mal à assumer (sa) foi » auprès de ses nombreux amis athées.

Enfin, Claire Caralp, 29 ans, complète la délégation. Originaire du diocèse d’Arras (Pas-de-­Calais), ingénieure dans les produits de la mer à Boulogne-sur-Mer, elle préside la Coordination des jeunes professionnels catholiques (CoJP).

Passée par le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), organiste et engagée en paroisse, la jeune femme espère faire entendre à Rome la voix des « jeunes pros », dont on parle trop peu dans l’Église.

« Nous sommes une génération souvent oubliée, entre la pastorale étudiante et la pastorale familiale », souligne-t-elle.



. Les évêques dénoncent un nationalisme religieux autodestructeur Les évêques dénoncent un nationalisme religieux autodestructeur 15/02/2018 - par Par Bijay Kumar Minj, New Delhi La conférence des évêques indiens s’est rassemblée du 2 au 9 février pour sa session bisannuelle dans le Sud du pays, à Bangalore. Les évêques, dans leur déclaration finale, ont averti que la promotion d’un nationalisme basé sur la religion serait autodestructrice pour l’Inde. La défense d’un nationalisme religieux est destructrice pour l’Inde, ont prévenu les évêques indiens dans leur déclaration finale, lors de leur rassemblement bisannuel à Bangalore. Ils ont lancé cette alerte après une série d’attaques de groupes hindous extrémistes contre des chrétiens et d’autres minorités religieuses. Parmi ces attaques, une foule de jeunes hindous ont tenté d’organiser des rituels patriotiques dans des universités catholiques, incluant notamment la personnification de « Mère Inde » ( Les quelques 200 évêques, originaires de 174 diocèses indiens, ont averti du danger d’un nationalisme se basant sur la culture ou la religion, quelle qu’elle soit : « De telles erreurs ne peuvent conduire le pays que sur un chemin d’autodestruction. » Les évêques rassemblés à Bangalore ont notamment échangé sur « l’unité dans la diversité, pour une mission de miséricorde et de témoignage ». Ils se sont accordés sur le fait qu’il fallait, pour promouvoir la paix et le progrès, soutenir et mettre en valeur la richesse de la culture indienne et sa diversité religieuse. Des groupes militants hindous se sont agités contre les minorités ddepuis la prise de pouvoir du parti Bharatiya Janata (BJP) il y a quatre ans. En 2017, l’Inde a enregistré 736 cas de violence contre des chrétiens, selon un rapport d’un forum œcuménique contre les persécutions religieuses, « Persecution Relief ». Certains hindous extrémistes accusent les chrétiens et les musulmans d’être loyaux envers des puissances étrangères. Nombre de responsables hindous ont appelé publiquement les musulmans à quitter le pays vers des pays à majorité islamique, tout en appelant les catholiques à se rendre à Rome… Toutefois les évêques indiens ont souligné que la foi chrétienne en Inde est aussi ancienne que le christianisme lui-même. « Nous sommes fiers d’être indiens » Leur déclaration a été signée par le président de la conférence, le cardinal Baselios Cleemis de l’Église Syro-Malankare, une Église orientale dont les origines remontent à l’apôtre saint Thomas, qui aurait, selon la tradition, prêché sur la côte occidentale de l’Inde en 52 après Jésus-Christ. Les évêques ont ajouté que l’Inde a toujours besoin des services procurés par les chrétiens en termes d’éducation, de soins et de bien-être social. Les chrétiens continuent d’aimer l’Inde, de construire la paix et de lutter pour la vérité, la justice et la liberté, tout en restant à l’écoute de Jésus. La violence finira par rebondir sur les auteurs des violences un jour ou l’autre, affirment les évêques, déplorant particulièrement la victimisation des femmes et les violences communautaires, qui tiennent une place importante dans les violences faites aux chrétiens. Les évêques ont soutenu qu’un patriotisme authentique respecte la dignité humaine de tous les citoyens, sans distinction de culture, de religion, d’origine, de langue ou de statut social. Les évêques indiens continuent donc de défendre les plus pauvres de la société indienne, dont les Dalits, connu autrefois comme les intouchables, entre autres minorités ethniques marginalisées. Les évêques se sont en outre engagés à collaborer avec le gouvernement pour maintenir la loi et l’ordre, pour poursuivre le développement économique et pour protéger l’environnement : « Malgré les nombreuses épreuves abimant l’unité du pays, nous sommes fiers d’être indiens », a déclaré l’assemblée.Inde Imprimer Les évêques dénoncent un nationalisme religieux autodestructeur Les évêques dénoncent un nationalisme religieux autodestructeur 15/02/2018 - par Par Bijay Kumar Minj, New Delhi La conférence des évêques indiens s’est rassemblée du 2 au 9 février pour sa session bisannuelle dans le Sud du pays, à Bangalore. Les évêques, dans leur déclaration finale, ont averti que la promotion d’un nationalisme basé sur la religion serait autodestructrice pour l’Inde. La défense d’un nationalisme religieux est destructrice pour l’Inde, ont prévenu les évêques indiens dans leur déclaration finale, lors de leur rassemblement bisannuel à Bangalore. Ils ont lancé cette alerte après une série d’attaques de groupes hindous extrémistes contre des chrétiens et d’autres minorités religieuses. Parmi ces attaques, une foule de jeunes hindous ont tenté d’organiser des rituels patriotiques dans des universités catholiques, incluant notamment la personnification de « Mère Inde » ( Les quelques 200 évêques, originaires de 174 diocèses indiens, ont averti du danger d’un nationalisme se basant sur la culture ou la religion, quelle qu’elle soit : « De telles erreurs ne peuvent conduire le pays que sur un chemin d’autodestruction. » Les évêques rassemblés à Bangalore ont notamment échangé sur « l’unité dans la diversité, pour une mission de miséricorde et de témoignage ». Ils se sont accordés sur le fait qu’il fallait, pour promouvoir la paix et le progrès, soutenir et mettre en valeur la richesse de la culture indienne et sa diversité religieuse. Des groupes militants hindous se sont agités contre les minorités ddepuis la prise de pouvoir du parti Bharatiya Janata (BJP) il y a quatre ans. En 2017, l’Inde a enregistré 736 cas de violence contre des chrétiens, selon un rapport d’un forum œcuménique contre les persécutions religieuses, « Persecution Relief ». Certains hindous extrémistes accusent les chrétiens et les musulmans d’être loyaux envers des puissances étrangères. Nombre de responsables hindous ont appelé publiquement les musulmans à quitter le pays vers des pays à majorité islamique, tout en appelant les catholiques à se rendre à Rome… Toutefois les évêques indiens ont souligné que la foi chrétienne en Inde est aussi ancienne que le christianisme lui-même. « Nous sommes fiers d’être indiens » Leur déclaration a été signée par le président de la conférence, le cardinal Baselios Cleemis de l’Église Syro-Malankare, une Église orientale dont les origines remontent à l’apôtre saint Thomas, qui aurait, selon la tradition, prêché sur la côte occidentale de l’Inde en 52 après Jésus-Christ. Les évêques ont ajouté que l’Inde a toujours besoin des services procurés par les chrétiens en termes d’éducation, de soins et de bien-être social. Les chrétiens continuent d’aimer l’Inde, de construire la paix et de lutter pour la vérité, la justice et la liberté, tout en restant à l’écoute de Jésus. La violence finira par rebondir sur les auteurs des violences un jour ou l’autre, affirment les évêques, déplorant particulièrement la victimisation des femmes et les violences communautaires, qui tiennent une place importante dans les violences faites aux chrétiens. Les évêques ont soutenu qu’un patriotisme authentique respecte la dignité humaine de tous les citoyens, sans distinction de culture, de religion, d’origine, de langue ou de statut social. Les évêques indiens continuent donc de défendre les plus pauvres de la société indienne, dont les Dalits, connu autrefois comme les intouchables, entre autres minorités ethniques marginalisées. Les évêques se sont en outre engagés à collaborer avec le gouvernement pour maintenir la loi et l’ordre, pour poursuivre le développement économique et pour protéger l’environnement : « Malgré les nombreuses épreuves abimant l’unité du pays, nous sommes fiers d’être indiens », a déclaré l’assemblée. (Ucanews)

Les miracles se multiplient dans le plus important sanctuaire bangladais Les miracles se multiplient dans le plus important sanctuaire bangladais 16/02/2018 - par Stephan Uttom and Rock Ronald Rozario, Gazipur Les plans d’une nouvelle basilique commencent à voir le jour alors que les foulent continuent d’affluer chaque année au sanctuaire de Saint-Antoine de Padoue de Gazipur. Jolekha Begum est enceinte de huit mois. Pourtant, cette institutrice d’une école primaire musulmane a parcouru plus de 150 kilomètres un matin d’hiver, fin janvier, pour venir prier au sanctuaire faiseur de miracles, aujourd’hui connu dans tout le Bangladesh. La jeune femme de 31 ans a roulé depuis le nord du district de Siranjganj jusqu’au sanctuaire de Saint-Antoine de Padoue, dans le village de Panjora, situé au centre du district de Gazipur. Elle voulait remercier le saint portugais pour une « grande grâce ». « Je me suis mariée il y a sept ans mais je n’arrivais pas à tomber enceinte. Mes beaux-parents étaient frustrés et ont fini par me menacer verbalement et physiquement », confie Jolekha. « J’ai entendu parler du pouvoir miraculeux de saint Antoine, et je suis venue visiter le sanctuaire l’année dernière en demandant à tomber enceinte. Mes vœux ont été entendus. » Jolekha confie qu’elle a également prié pour un enfant en bonne santé : « Je continuerai de venir ici pour rendre grâce aussi longtemps que le pourrai. » Rajesh Das, 38 ans et Sunita Debi, 25 ans, un couple hindou, sont aussi venus prier au sanctuaire. Le couple, qui vit dans le district de Munshiganj à environ 100 kilomètres, a visité le sanctuaire avec leur fils de dix ans. Ils ont amené avec eux, en guise de bénédiction, une paire de pigeons. « Il y a deux ans, notre fils est tombé malade et les médecins n’arrivaient pas à poser de diagnostic. Sa santé empirait », explique Sunita, mère au foyer. « Un chrétien m’avais parlé de saint Antoine, nous sommes donc venus ici pour le prier, pour que notre fils retrouve la santé. Aujourd’hui, il est complètement guéri. » À Panjora, les histoires de miracles et de guérisons sont de plus en plus nombreuses. Des centaines de fidèles, toutes religions et ethnies confondues, s’y rendent toute l’année. Durant la fête annuelle, célébrée en février, le sanctuaire devient le plus grand rassemblement chrétien du Bangladesh, pays à majorité islamique. 50 000 fidèles Cette année, près de 50 000 fidèles ont afflué pour participer à la fête du 2 février, qui était présidée par le cardinal Patrick D’Rozario. La fête est célébrée, traditionnellement, en amont du carême plutôt que le 13 juin, jour de la Saint-Antoine selon le calendrier liturgique. La plupart des fidèles catholiques viennent de l’archidiocèse de Dhaka, la capitale, l’un des principaux « bastions » catholiques du pays, couvrant sept paroisses. Le village de Panjora fait partie de la paroisse de Nagari, Saint-Nicolas de Tolentino. Le jour de la fête, des milliers de fidèles font la queue et attendent des heures pour pouvoir toucher la statue du saint. Beaucoup de fidèles amènent un cadeau en remerciement pour une grâce reçue : bougies, ornements dorées, pigeons, biscuits… On trouve au Bangladesh une douzaine de sanctuaires, mais la dévotion fervente que l’on trouve à Saint-Antoine est sans comparaison. Durant les neuf premiers jours de février, environ cinq ou six mille personnes y ont participé à deux neuvaines. Les non-chrétiens comme Jolekha et Sunita, qui ne croient pas en Jésus, considèrent saint Antoine comme un « demi-dieu ». Alexander Ascension, 74 ans, un catholique de Panjora, est lui aussi témoin des miracles du saint : « Saint Antoine aide à trouver les objets perdus. Un jour, mon bateau a été volé, mais j’ai pu le retrouver après avoir prié le saint. » Saint Antoine est aussi un symbole d’harmonie interreligieuse, pense Abdul Kadir Mian, musulman et prédicateur au conseil syndical de Nagari, un organisme gouvernemental local : « C’est un saint pour tous, nous sommes fiers et honorés de recevoir les gens venant de tout le pays. Cette fête est un bel exemple d’harmonie interreligieuse au Bangladesh. » Les origines de cet afflux de pèlerins au sanctuaire sont incertaines, mais les locaux affirment que cette pratique dure depuis environ deux cent ans. Une légende raconte qu’une petite statue de saint Antoine est apparue et réapparue à sept reprises à l’emplacement du sanctuaire actuel, ce qui aurait conduit les gens à venir y prier. Prince et prédicateur Plus tard, une bangladaise catholique, Catherine Peries, donna le terrain et l’Église bâtit une petite chapelle. Dom Antonio da Rosario, prédicateur catholique bangladais au XVIIe siècle et fils d’un roi hindou, aurait également aidé à faire connaître le sanctuaire. Des pirates arakanais l’auraient enlevé alors qu’il était enfant pour le vendre à un missionnaire catholique portugais. Le garçon fut baptisé plus tard et on le nomma Dom Antonio, « Dom » désignant en portugais son titre de prince. Antonio étudia le catéchisme, les langues, la musique et la danse. Il devint un enseignant accompli. Sa prédication éloquente, souvent accompagnée de ses chants ou de ses danses, amena des milliers d’hindous de Bkawal et d’ailleurs, de castes inférieures, à se convertir. Cette région est devenue l’archidiocèse de Dhaka. Antonio aurait aussi composé la chanson « Thakurer Geet », un air populaire évoquant la vie de saint Antoine, toujours très célèbre dans la région. « Dom Antonio n’a pas fait que prêcher et convertir les gens. Il a aussi fait connaître saint Antoine. Mais peu de gens le connaissent » raconte le père Proshanto T. Rebeiro, professeur de droit canon au grand séminaire du Saint-Esprit de Dhaka. L’année dernière, en reconnaissance pour cette dévotion populaire inébranlable, deux frères franciscains de la basilique Saint-Antoine de Padoue en Italie, ont fait une tournée du Bangladesh avec une relique du saint, vieille de 800 ans. Le père Rebeiro pense qu’il est temps de reconnaître à quel point sont révérés le saint et le sanctuaire : « Saint-Antoine de Padoue de Panjora a besoin de s’étendre, une nouvelle basilique doit être construite. Nous avons besoin de soutiens nationaux et internationaux. J’ai été à Padoue, et je peux dire que Saint-Antoine de Panjora surpasse Saint-Antoine de Padoue ! » Le père Joyanto S. Gomes, curé de la paroisse Saint-Nicolas de Tolentino, assure que l’archidiocèse va développer le sanctuaire : « Il y a déjà des projets d’extension, prévoyant de faire construire une basilique. Nous voulons qu’un prêtre puisse y être assigné pour veiller sur le sanctuaire. Il faut aussi un lieu permanent pour loger les pèlerins. » Saint Antoine est né à Lisbonne, au Portugal, le 15 août 1195. Il fut ordonné prêtre et rejoignit, plus tard, l’ordre franciscain. Il été célébré pour son amour inlassable pour les pauvres et les malades, ainsi que pour sa connaissance des Écritures. Il est mort en 1231, à l’âge de 35 ans à Padoue, en Italie. Le saint a été déclaré docteur de l’Église en 1946.


FRANCE : ETATS GENERAUX DE LA BIOETHIQUE

Les États généraux de la bioéthique sont officiellement lancés ce jeudi 18 janvier 2018 en France. Les catholiques comptent faire entendre leur voix lors des débats organisés partout en France, notamment pour défendre les intérêts des enfants.

Procréation médicalement assistée (PMA), gestation pour autrui (GPA), mais aussi don d’organes et données informatiques de santé: les sujets de cet épineux chantier sont nombreux et variés, polémiques aussi parfois.

Les questions liées à la fin de vie, qui font pourtant l’objet d’une loi spécifique distincte des lois de bioéthique, seront même au programme de certaines régions. Car la réflexion débutera au niveau local avec des débats publics organisés partout en France.

Des rapports régionaux seront ensuite transmis au printemps au Comité consultatif national d’éthique, qui en fera une synthèse. Ce document servira alors de base au nouveau projet de loi qui devrait être finaliser durant l’été, soumis au Parlement à l’automne et adopter au premier semestre 2019- 20

L’Église catholique compte faire entendre sa voix dans un débat qu’elle souhaite ouvert, explique l'abbé Pierre-Hervé Grosjean, en charge des questions éthiques et politiques au diocèse de Versailles.