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FlashPress - Infocatho

Du 19 avril 2018

 

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VERS UN SYNODE DES EVEQUES SUR LES FEMMES DANS L'EGLISE

Après une Assemblée plénière consacrée à la place des femmes dans l’Église, la Commission pontificale pour l’Amérique latine suggère au Pape de convoquer un Synode des évêques sur le thème de « la femme, pilier de l’édification de l’Église et de la société en ­Amérique latine ».

Répondant à l’appel du Pape qui, en septembre dernier à ­Bogota (Colombie), insistait sur le « devoir sérieux de comprendre, de respecter, de valoriser, de promouvoir la force ecclésiale et sociale » des femmes, la Commission s’était réunie début mars, invitant une quinzaine de femmes engagées dans l’Église et la société du continent à contribuer à ses travaux.

Ils souhaitaient notamment que les communautés chrétiennes « demandent pardon pour toutes les situations où elles sont complices d’attentats à la dignité » des femmes et s’engagent à « dénoncer toutes les formes de discrimination, d’oppression, de violences et d’exploitation » dont celles-ci souffrent. (Sva)



LE PAPE FEMINISE LA CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

Le Pape vient de renouveller et de féminiser le collège des consulteurs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Trois femmes y font leur entrée:

Laetitia Calmeyn, professeur au Collège des Bernardins de Paris; Linda Ghisoni, sous-secrétaire du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie ; et Michelina Tenace, professeur à l’Université grégorienne.

Les Pères Sergio Paolo Bonanni, professeur à l’Université grégorienne, et Manuel Jesús Arroba Conde, de l’Université du Latran ont également été nommés le 21 avril 2018.

Laetitia Calmeyn, vierge consacrée dans le diocèse de Paris, a notamment enseigné la théologie morale au Collège des Bernardins de 2009 à 2017. Originaire de Belgique, où elle est née en 1975, elle a notamment été infirmière en soins palliatifs, avant de suivre des études à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles. Elle s’est notamment spécialisée dans la théologie du corps de Jean-Paul II.

Les 30 consulteurs sont nommés pour cinq ans, et collaborent avec les cardinaux et évêques membres de la Congrégation. Les consulteurs se réunissent habituellement de manière hebdomadaire pour discuter et préparer les textes et documents soumis ensuite aux membres de la Congrégation qui, elle, se réunit mensuellement. (cath.ch)



100.000 JEUNES DEJA INSCRITS AUX JMJ DE PANAMA

Parmi ces inscriptions, les pays les plus représentés sont la Colombie, le Brésil, le Mexique, l’Argentine et le Panama. Pour Mgr Ulloa, deux raisons expliquent cette surreprésentation de l’Amérique latine.

Tout d’abord, la distance et donc le coût du voyage depuis l’Europe. Mais surtout le fait que ces JMJ se dérouleront au mois de janvier, qui n’est pas une période de vacances en Europe et aux Etats-Unis, contrairement à l’Amérique latine.

Pour loger ces participants, plus de 60.000 places – soit la moitié de l’objectif – ont déjà été identifiées, essentiellement au sein de familles d’accueil.

Celles-ci ne sont pas seulement catholiques, a tenu à souligner le prélat, mais aussi d’autres confessions, notamment juives, musulmanes ou protestantes.

Etaient également présente à cette réunion organisée par l’observatoire Mediatrends America, Miroslava Rosas, ambassadeur du Panama près le Saint-Siège, a indiqué que son gouvernement avait décidé de faciliter la délivrance des visas.

La venue de dizaines de milliers de jeunes au Panama ne bénéficiera pas en effet seulement à l’Eglise, mais aussi à différents secteurs économiques, à commencer par ceux liés au tourisme.

Au cours de son séjour à Rome, Mgr Ulloa a également rencontré le Pape François, le 18 avril. A cette occasion, il lui a présenté l’affiche de la rencontre ainsi que l’hymne composé pour l’occasion. Celui-ci met en valeur le thème de cette rencontre, pour la première fois marial : “Voici la servante du Seigneur,” (Lc 1,38). (cath.ch)


COREE DU SUD - LA SECULARISATION INQUIETE L'EGLISE

La conférence épiscopale coréenne a publié, le 13 avril, un rapport dévoilant des chiffres inquiétants sur l’Église en Corée du Sud. Les fidèles sont de plus âgés, à l’image de la population coréenne.

Quant au nombre de baptisés, il diminue depuis 2008. Seule exception, l’année 2014, quand le pape François est venu célébrer la messe à Séoul en présence d’un million de fidèles.

Pour les catholiques sud-coréens, un nouvel effort d'évangélisation semble plus urgent que jamais. Au 31 décembre 2017, l’Église catholique en Corée du Sud comptait 5,8 millions de fidèles, soit 11 % de la population du pays (51,8 millions d’habitants).

Le nombre de fidèles a augmenté de 1,3 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres publiés le 13 avril par la conférence épiscopale coréenne. Mais ces nouvelles statistiques révèlent aussi qu’il s’agit là de la croissance la plus faible de toute la dernière décennie, ce qui inquiète les évêques coréens pour l’avenir.

L’année dernière, 96 794 jeunes catholiques ont été baptisés dans le pays, mais il s’agit aussi d’une baisse de 12,9 % par rapport aux chiffres de 2016. Le nombre de baptisé baisse de façon continue depuis 2008, à l’exception de l’année 2014, quand le pape François s’est rendu en Corée du Sud.

Le taux de pratiquants se rendant régulièrement à la messe, a également baissé de 19,4 % en 2017, par rapport aux chiffres de 2016. 18,4 % de plus de 65 ans en 2017 De telles tendances ne peuvent qu’inquiéter l’Église coréenne alors que les paroissiens deviennent de plus en plus grisonnants, à l’image de la population coréenne dans son ensemble.

Parmi les catholiques coréens, 18,4 % sont âgés de plus de 65 ans, tandis que seulement 6,6 % des baptisés sont âgés de 10 et 19 ans. Il y a dix ans, la situation était bien différente. Les personnes âgées représentaient alors 12,6 % des fidèles.

Au niveau diocésain, l’archidiocèse de Séoul est de loin celui qui compte le plus de baptisés, 1 527 951 catholiques étant affiliés à l’une des paroisses de la capitale coréenne. Le diocèse de Suwon vient en second, avec 900 764 catholiques, suivi de celui d’Incheon (510 923 fidèles) et celui de Daegu (503 551 fidèles). L’Institut pastoral catholique de Corée (Catholic Pastoral institute of Korea), sous l’autorité de la conférence épiscopale coréenne, a fait part de ses inquiétudes à propos de ces tendances.

Celles-ci semblent indiquer que le nombre de catholiques en Corée du Sud va continuer à diminuer, alors que de moins en moins de jeunes Coréens se sentent attirés vers l’Église. Pour les catholiques sud-coréens, un nouvel effort d'évangélisation semble plus urgent que jamais. (Avec Ucanews, Séoul)


A L'APPROCHE DU SOMMET INTERCOREEN

Alors que se profile la rencontre entre les deux dirigeants de la péninsule coréenne, l’Église de Corée du Sud espère que le sommet mettra officiellement fin à la Guerre de Corée (1950-1953). et pour cela Mgr Peter Lee Ki-heon, évêque d'Uijeongbu et président du Comité pour la réconciliation du peuple coréen de la Conférence épiscopale coréenne,invite à la prière et fait part de son espérance.

Cela fait des années que l’évêque d’Uijeongbu, Mgr Peter Lee Ki-heon, attend ce moment, et c'est pourquoi alors qu’une rencontre au sommet entre les dirigeants des deux Corées est prévue le 27 avril sur le territoire sud-coréen. il a publié un communiqué le 13 avril, afin de partager sa conviction que la rencontre peut mettre fin à des décennies de luttes et ouvrir une nouvelle ère de paix pour la péninsule.

« Aujourd’hui, la péninsule coréenne s’apprête à vivre une nouvelle période de turbulences. Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel », écrit l’évêque. « Avec le sommet intercoréen, qui sera suivi du sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, les attentes s’intensifient, espérant que le conflit qui dure depuis 65 ans prenne fin pour ouvrir une nouvelle ère de paix. »

« Nos prières sont en train de réaliser un grand miracle grâce à Dieu, qui rend possible l’impossible », assure l’évêque. En 2015, à l’occasion des commémorations des 70 ans de la séparation des deux pays, l’Église catholique coréenne avait déjà déclaré la première « année de la paix ». Cette année-là, les catholiques étaient invités à se rassembler chaque soir à 21 heures pour prier pour la paix.

Mgr Lee a également encouragé les catholiques à renoncer à l’attitude « hostile » qui s’est installée dans la société coréenne depuis la Guerre de Corée. « À cause de la longue période de ‘guerre froide’ coréenne, les sentiments hostiles entre les deux Corées se sont profondément enracinés dans notre société, et notre Église n’est pas épargnée par ce malheur. Ce climat de lutte et de division au sein même de la société sud-coréenne est un obstacle majeur aux futurs succès du peuple coréen. »

Le prochain sommet intercoréen marquera l’entrée, pour la première fois depuis des décennies, d’un dirigeant nord-coréen dans le territoire sud-coréen. Kim Jong-un doit en effet rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in dans la partie sud-coréenne de la Zone commune de sécurité, située juste au sud de la Zone démilitarisée. (Ucanews, Séoul)





PAKISTAN - LES MINORITES RELIGEUSES SONT VISEES

La paix religieuse n'est pas générale. La commission nationale "Justice et Paix" de la conférence épiscopale du Pakistan a condamné, dans un communiqué publié le 16 avril, les attaques répétées contre les minorités religieuses.

Le 15 avril, deux chrétiens étaient tués par balles alors qu'ils sortaient d’une église de Quetta. Le même jour, un incendie détruisait un temple protestant de Shahdara, non loin de Lahore.

La Gospel of Jesus Mission Church se trouve dans une rue étroite d’un « basti » (bidonville) chrétien de Shahdara, non loin de Lahore, la capitale de la province du Pendjab. Le pasteur Yousaf Aziz John a déposé plainte auprès de la police de Shahdara, où un accord de paix avait été signé le 21 février par plusieurs responsables de la communauté chrétienne. Un plan de sécurité a été mené pour protéger les quatorze églises de Shahdara enregistrées par la police, mais rien n’a été prévu pour celles qui ne sont pas enregistrées »,

En janvier, à Abbottabad dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, six églises aménagées à domicile ont été fermées puis rouvertes. La police a averti qu’elle ne pouvait pas être tenue responsable pour tout accident survenu lors de célébrations organisées dans des zones résidentielles.

Ces églises domestiques sont courantes dans les ghettos chrétiens. À Lahore, où l'on trouve Youhanabad, le plus grand quartier chrétien du Pakistan, plus de cent églises non enregistrées sont identifiées. En général, il s’agit d’une seule pièce.

Pour la Commission "Justice et Paix", « Ces événements montrent que le plan d’action national est incapable de lutter contre le terrorisme et contre l’intolérance. Le gouvernement doit s’assurer que les coupables de ces crimes odieux soient poursuivis. Les forces de l’ordre doivent prendre des mesures concrètes contre la persécution religieuse. Les organisations terroristes ne doivent pas être libres d’agir dans le pays. » ( Ucanews)



PAKISTAN - UNE ETONNANTE CHAPELLE

Il existe désormais une chapelle chrétienne au sein de l’Université publique de Faisalabad et il s’agit là du premier lieu de culte chrétien présent dans une Université publique au Pakistan.

Elle a été inaugurée le 15 avril dernier dans le complexe de l’Université agraire de Faisalabad en présence de Mgr Joseph Arshad, administrateur apostolique du diocèse de Faisalabad, et de Muhammad Iqbal Zafar, vice-chancelier, de nombreuxux professeurs, religieux et étudiants.

L’archevêque s’est félicité avec toute la communauté chrétienne de l’Université agraire pour avoir promu la construction d’un lieu de culte chrétien dédié à la Vizegz Marie à côté du lieu de culte islamique déjà existant. « La construction d’une église à l’intérieur du complexe de l’Université lance un message d’amour et d’harmonie dans tout le pays. Le peuple chrétien viendra dans cette église et priera pour le progrès et la prospérité de l’Université et du Pakistan » a-t-il déclaré.

« Aujourd’hui – a-t-il ajouté – se réalisent les paroles de Muhammad Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan qui, dans son discours à la nation de 1947, déclara : Vous êtes libres, libres d’aller dans vos temples. Bous êtes libres d’aller dans vos mosquées ou dans tout autre lieu de culte du Pakistan. Vous pouvez professer toutes les religions ou credo ».

L'archevêque a remercié les autorités civiles et universitaires pour avoir fait preuve de sensibilité et d’intérêt en offrant des lieux de culte pour les chrétiens, respectant ainsi la liberté religieuse. Le vice-chancelier de l’Université, Muhammad. Zafar a affirmé quant à lui : « Cette église a été construite afin de répondre aux besoins spirituels des étudiants. La mosquée ou l’église constituent toutes deux des lieux sacrés pour le culte de Dieu. Nous croyons dans l’harmonie interreligieuse.

La construction de la chapelle constitue un exemple concret de fraternité entre chrétiens et musulmans. C’est la première fois dans l’histoire du Pakistan qu’une église est construite dans une Université publique. Nous souhaitons que les autres institutions suivent ce chemin pour garantir les droits des minorités religieuses comme cela est affirmé dans la Constitution du Pakistan. Les chrétiens sont nos frères et sœurs parce que Dieu a rendu tous les êtres humains égaux ».

Mgr Joseph Arshad a également célébré la Messe dans la nouvelle église, consacrant l’autel et bénissant le lieu. Dans son homélie, il a rendu grâce à Dieu et remercié ceux qui ont travaillé pour porter à terme le projet. Il a par ailleurs invité les jeunes à « accorder de l’importance à l’instruction supérieure et à contribuer activement au bien commun du Pakistan ».




CUBA - L'EGLISE ET LE CHANGEMENT DE PRESIDENT

« Personne ne s’attend à un changement politique substantiel après l’élection de Miguel Díaz-Canel comme nouveau Président cubain » qui s'est tenu dans l’indifférence générale à cause de la situation économique et d’un climat pessimiste.

María C. López, responsable de la communication de l’archidiocèse de Santiago de Cuba, fait remarquer . « La nouveauté la plus significative est la présence de trois femmes sur les cinq membres du groupe des vice-présidents », au sein d’un Conseil d’Etat qui ne conserve que deux dirigeants historiques sur un total de 30 membres.

Miguel Díaz-Canel a été élu le 17 avril par l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire – parlement monocaméral – en tant que Président des Conseils d’Etat et des Ministres. Son mandat durera cinq ans.

Dans son discours d’installation, il a tranquillisé l’establishment. « Je ne viens pas pour promettre quoi que ce soit. Je viens pour porter à son terme le programme que nous nous sommes imposés, avec les lignes directrices du Socialisme et de la Révolution ».

Il a encore précisé : « Il n’y aura pas de place pour ceux qui aspirent à une restauration capitaliste ».

Raul Castro demeurera Premier Secrétaire du Parti communiste de Cuba jusqu’en 2021 – et le premier Chef de l’Etat à être né après l’arrivée au pouvoir des "barbus de la Sierra Maestra," le 8 janvier 1959.

Les catholiques de l’île, tout comme la majorité de la population, ont appris la nouvelle dans l’indifférence. Les raisons de cette attitude résident dans « la très mauvaise situation économique, qui contraint la majorité de la population occupée à survivre, le pessimisme qui naît de la conviction que rien ne changera si ce n’est le visage du Chef de l’Etat ».

L’Eglise catholique conservera l’ouverture au dialogue qui a caractérisé surtout la période de la présidence de Raul Castro.

« Au cours de près de 11 ans au pouvoir du frère de Fidel Castro – rappelle Maria López s’est ouvert une période de rencontre entre l’Etat et l’Eglise, avec différents moments d’échanges entre les responsables concrets et visibles au travers de la remise en liberté d’un grand nombre de prisonniers à partir de 2010, en particulier au printemps 2013, et des visites des Papes Benoît XVI (2012) et François (2015) ».

Ces événements ont été l’occasion de colloques et d’accords de travail entre les deux parties, conduites par le Président et par le Cardinal Jaime Ortega, archevêque de San Cristobal de La Havane, qui n’aurait certes pu se réaliser en l’absence d’une volonté politique précise.

« Ma perception – commente encore Maria López – est qu’au cours de ces 20 dernières années a été concédée, de manière très lente et progressive, une plus grande liberté religieuse. L’Eglise catholique ne l’a jamais réclamée seulement pour elle mais pour toutes les expressions de religiosité du peuple – qu’elles soient évangéliques, syncrétistes etc. – au profit de tous les cubains ».

Dans tous les cas, il manque encore quelque chose. Il faut remarquer l’absence presque totale de « personnes ouvertement chrétiennes au sein des structures publiques, sauf de rares évangéliques ».

Pour être parlementaire, par exemple, il faut en général faire partie du Parti communiste de Cuba même si des exceptions ont pu exister tout comme des surprises ont pu se produire
ces dernières législatives du 11 mars dernier. (Fides)

UNE LECON DE L'HISTOIRE : LE CONCILE DE CONSTANCE

Il y a 600 ans, le 22 avril 1418, le pape Martin V clôturait le Concile de Constance qui, après quatre ans de travaux, a mis fin à l’un des plus graves crises de l’Eglise catholique: le Grand Schisme d’Occident.

Un siècle avant la Réforme de Luther, l’assemblée de Constance avait longuement débattu d’une question de fond : qui du pape ou du concile détient l’autorité suprême dans l’Eglise ?

En 1414 trois Papes se disputent l’autorité sur l’Eglise catholique: Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII, chacun régnant sur une partie de la chrétienté catholique latine. Cette division qui menace la survie même de l’Eglise devient insupportable, et l’empereur d’Allemagne, Sigismond, veut y mettre fin.

Il décide de convoquer pour cela un concile œcuménique et choisit la ville d’empire de Constance. Pendant quatre ans, de 1414 à 1418, la cité des rives du Bodan connaîtra une effervescence extraordinaire. La ville qui ne comptait guère plus de 5.000 habitants accueille soudain jusqu’à 60.000 personnes. 300 prélats et 600 théologiens venus de toute l’Europe, du Portugal à la Norvège, pour débattre des moyens de restaurer l’Eglise catholique proche d’un éclatement fatal.

En plus des questions théologiques et disciplinaires, les conflits politiques ne manqueront pas de s’inviter dans les débats. qui marquent l’Europe aujourd’hui encore, furent prises sur les bords du lac de Constance.

Convoqué par l’antipape Jean XXIII, qui a succédé à Alexandre V, c’est bien l’empereur Sigismond qui en est l’instigateur avec un triple objectif: mettre fin au schisme, réformer l’Eglise et défendre la foi.

Le discrédit sur la papauté, avec trois papes qui se disputent le pouvoir suprême, va accréditer l’idée que l’autorité dans l’Eglise appartient au concile et non pas au souverain pontife.

Jean XXIII, le seul des trois papes qui participe au concile, compte d’abord pouvoir s’y imposer comme pontife légitime grâce au soutien des Italiens. Mais l’empereur Sigismond ne l’entend pas de cette oreille.

Il a compris que seul le retrait des trois papes régnant peut permettre l’élection d’un nouveau pontife reconnu par tous. Les débats et les votes ne se feront donc pas par tête, mais par nation: Italie, France Allemagne, Angleterre puis Espagne. Jean XXIII accepte d’abdiquer à la condition que les deux autres antipapes en fassent de même.

Un moment déstabilisé par le départ des "Papes", le Concile se ressaisit et proclame le décret "Haec Santa" qui fait du concile l’instance suprême de l’Eglise universelle tenant son autorité directement de Jésus-Christ.

Si le deuxième antipape Grégoire XII accepte assez facilement de démissionner, il n’en est pas de même pour Benoît XIII, pape en Avignon. Déposé en 1417, il s’obstine.et un "conclave" élit le 11 novembre 1417, le cardinal romain Otto Colonna qui prend le nom de Martin V. En rétablissant l’autorité papale, cette élection marque la fin du Grand Schisme d’Occident.

Durant ses 14 ans de règne, Martin V s’efforce d’être le pape de la réconciliation et de la miséricorde. Il se consacre à redonner à Rome son rang au plan économique, artistique et culturel. Il condamne Jan Hus comme hérétique et le livre au bras séculier pour être aussitôt brûlé vif.

Le Grand Schisme est résorbé et l’unité de l’Eglise latine est globalement rétablie, même s’il y aura encore quelques antipapes jusque dans les années 1460.

Mais les réformes de l’Eglise ne sont qu’esquissées et la conduite des papes de la Renaissance sera une des causes de la Réforme protestante un siècle plus tard.

Si la défense de la foi se sera faite au prix de l’exécution de Jan Hus et de Jérôme de Prague et des persécutions et des guerres qui suivront, ledébat sur l’autorité du pape ou du concile, ne sera réglé qu’en 1870 avec le dogme de l’infaillibilité pontificale adopté par le concile Vatican I. Un dogme que les théologiens du XXe siècle, comme Hans Küng, ne manqueront pas de remettre en cause. (cath.ch)


iLE PRESIDENT DE LA COMECE RENCONTRE LE PRESIDENT DE L'UE

Le Président de la COMECE, l’archevêque de Luxembourg Mgr Jean-Claude Hollerich, s’est entretenu le 18 avril avec Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne..

A l’occasion de cette première rencontre officielle depuis l’élection comme Président de la COMECE de Mgr Hollerich en mars 2018, les deux dirigeants ont échangé sur les défis européens actuels et exploré les moyens de renforcer le dialogue entre l’Eglise et l’UE afin de replacer la personne humaine au centre des politiques publiques.


Le Président Juncker a salué le rôle positif que joue l’Église dans la société. De son côté, Mgr Hollerich a rappelé la nécessité de fonder le processus politique sur le dialogue et l’harmonie entre tous les acteurs politiques, sociaux, culturels et religieux.

Le Président de la COMECE a souligné l’importance du respect de l’Etat de droit et la réalisation de politiques au service du bien commun. Il a également souligné la nécessité de construire des ponts entre les différentes régions d’Europe.

Le même jour, Mgr Hollerich avait rencontré Mgr. Lebeaupin, Nonce apostolique auprès de l’UE, ainsi que M. Luca Jahier, Président nouvellement élu du Comité économique et social européen (CESE), afin de discuter des priorités sociales et économiques actuelles.

UN COMITE DE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

Au cours de sa visite en Arabie Saoudite, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a signé un accord établissant un groupe de travail avec la Ligue islamique mondiale, fait savoir le journal anglophone saoudien Arab News le 22 avril.

Ce groupe de travail sera présidé conjointement par le chef du dicastère romain et le président de la Ligue islamique mondiale. Ce groupe se réunira tous les deux ans, alternativement à Rome et dans une ville choisie par la Ligue islamique.

Ces réunions seront préparées par un groupe de coordination, composé de deux délégués de chaque partie. Ce second comité se réunira quant à lui annuellement

A l’occasion de la signature de cet accord, le cardinal Tauran a souligné le devoir des responsables religieux de refuser l’utilisation des religions par des idéologies. “Le terrorisme, a-t-il insisté, est un ennemi toujours présent qui rejette la coexistence et ne peut être justifié par des motifs religieux”. Pour le cardinal, est donc nécessaire de former à véritable éducation religieuse, de croire au pluralisme et de rejeter la violence.

Des propos exigeants, dans la lignée des discours fermes prononcés par le cardinal Tauran tout au long de sa visite en Arabie Saoudite, du 14 au 20 avril. A Riyad, le haut prélat français a notamment été reçu par le roi saoudien Salman. (xln/mp)